3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le mécanisme simple qui remplace les automatismes par de nouveaux réflexes.
Vous êtes là, devant le frigo, sans même vous souvenir d’avoir traversé la cuisine. La main sur la poignée, vous ouvrez, vous attrapez un morceau de fromage ou un pot de yaourt, et vous refermez. Parfois, vous mordez directement dans le pain, debout, les yeux dans le vague. Ce n’est pas de la faim. C’est un geste qui se répète, mécanique, comme si votre corps avait appris une chorégraphie sans vous demander votre avis. Vous n’êtes pas faible. Vous n’êtes pas gourmand. Vous êtes simplement aux commandes d’un cerveau qui a enregistré des automatismes, et qui les rejoue sans réflexion.
Je vois ce scénario plusieurs fois par semaine dans mon cabinet à Saintes. Des adultes qui viennent me voir avec une gêne, parfois une honte, à propos de leur rapport à la nourriture. Ils me disent : « Je sais ce qu’il faudrait faire, mais je n’y arrive pas. » Et ils ont raison. Le savoir ne suffit pas. Parce que le problème n’est pas dans la volonté. Il est dans le pilotage automatique de votre cerveau.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle offrent une autre voie. Pas celle du régime ou de la privation, mais celle de la reprogrammation en douceur. Je vais vous montrer comment cela fonctionne, à travers un mécanisme simple que vous pouvez commencer à expérimenter dès aujourd’hui.
Imaginez que votre cerveau fonctionne comme un système de navigation GPS. Il a en mémoire des itinéraires que vous avez empruntés des centaines de fois. Pour aller au travail, pour rentrer chez vous, pour ouvrir le frigo en rentrant du bureau. Ces itinéraires sont devenus des routines. Ils ne demandent presque plus d’énergie mentale. Le problème, c’est que certains de ces itinéraires mènent à des comportements que vous ne voulez plus.
Ce phénomène s’appelle le conditionnement. Vous avez associé un déclencheur (le stress, l’ennui, une heure précise, une émotion) à une action (manger). Votre cerveau a répété ce lien des centaines de fois, jusqu’à ce qu’il devienne automatique. Résultat : vous ne décidez plus de manger. Vous réagissez.
Prenons un exemple concret. Un patient, appelons-le Laurent, cadre commercial, venait me voir parce qu’il grignotait systématiquement en fin d’après-midi. Il rentrait de rendez-vous, fatigué, un peu frustré. Il posait sa sacoche, ouvrait le placard, attrapait des biscuits. Il me disait : « Je ne les aime même pas vraiment. » Pourtant, il les mangeait. Pourquoi ? Parce que son cerveau avait appris que « fin d’après-midi + fatigue = manger sucré ». Pas de décision, pas de choix. Juste une exécution.
Ce que l’hypnose va faire, c’est modifier ce GPS intérieur. Elle ne va pas effacer la mémoire de l’ancien chemin, mais elle va créer un nouveau tracé, plus court, plus satisfaisant, que votre cerveau empruntera naturellement à la place.
L’automatisme n’est pas une faiblesse. C’est une intelligence de votre cerveau qui a appris à économiser de l’énergie. Le problème, c’est qu’il a appris la mauvaise leçon. L’hypnose lui en propose une meilleure.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir avec un spectacle de scène ou un état de sommeil profond. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous rêvassez sous la douche, quand vous conduisez sur une autoroute familière sans vous souvenir du trajet, quand vous lisez un livre et que vous oubliez le temps.
Dans cet état, votre cerveau est plus réceptif aux suggestions. Pourquoi ? Parce que la partie critique, celle qui analyse, juge, compare et résiste, se met en retrait. Vous n’êtes pas endormi. Vous êtes simplement dans une écoute plus profonde, plus ouverte.
Voici les trois étapes que nous utilisons en séance pour reprogrammer votre rapport à la nourriture.
Étape 1 : Détecter le déclencheur précis
Avant de changer quoi que ce soit, il faut savoir ce qui déclenche l’automatisme. Ce n’est pas toujours la faim. C’est souvent une émotion, une sensation corporelle, un contexte. En séance, je vous aide à remonter le fil de vos gestes avec une précision d’horloger. Vous allez me dire : « À 18 heures, je ressens une tension dans la poitrine, je me sens vide, et ma main va vers le placard. » Ce n’est pas anodin. Cette tension, ce vide, c’est le signal qui allume le pilote automatique.
Étape 2 : Accéder à l’état hypnotique
Une fois le déclencheur identifié, je vous guide vers un état de relaxation profonde, mais éveillée. Vous êtes confortablement installé, vos yeux se ferment, votre respiration ralentit. Je ne vous endors pas. Je vous accompagne à descendre dans un état où votre inconscient devient plus accessible. Vous entendez ma voix, vous pouvez parler, bouger si besoin, mais vous êtes dans une bulle de calme.
Étape 3 : Proposer un nouvel itinéraire
C’est le cœur du travail. Je ne dis pas « vous n’aurez plus faim » ou « vous détesterez le chocolat ». Ce serait du forcing, et ça ne marche pas. Je propose à votre cerveau une alternative. Par exemple : « Quand vous ressentez cette tension dans la poitrine à 18 heures, votre respiration s’approfondit naturellement, vous sentez vos épaules se détendre, et vous prenez une grande inspiration avant d’ouvrir le placard. » Je ne supprime pas le geste, je l’intercale dans un nouveau contexte. Le cerveau apprend que le déclencheur peut être suivi d’autre chose que de manger.
Avec Laurent, nous avons travaillé sur cette séquence. Après quelques séances, il m’a raconté qu’il ouvrait le placard, prenait un biscuit, le regardait, le reposait, et se versait un verre d’eau. Il ne s’était pas forcé. C’était venu tout seul. Son cerveau avait intégré la nouvelle boucle.
L’IFS, ou Internal Family Systems, est un modèle que j’utilise souvent en complément de l’hypnose. Il postule que notre psyché est composée de plusieurs « parties », comme des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle, leur histoire, leur intention. Vous avez peut-être une partie qui veut absolument manger du sucré le soir, une autre qui vous culpabilise après, une autre qui se moque de vous, une autre qui veut vous protéger.
Ces parties ne sont pas des ennemis. Elles essaient de faire leur job, souvent avec des moyens datés. La partie qui vous pousse vers le frigo le soir ne cherche pas à vous faire grossir. Elle cherche à apaiser une angoisse, à combler un vide, à vous offrir un réconfort que vous n’avez pas trouvé ailleurs. Elle a appris, un jour, que manger calmait quelque chose, et elle continue.
L’hypnose permet d’entrer en dialogue avec ces parties. En état de conscience modifiée, vous pouvez les écouter sans jugement. Vous pouvez leur demander : « Qu’est-ce que tu essaies de faire pour moi ? » Et la réponse est souvent surprenante. Une patiente, Sylvie, a découvert que sa partie grignoteuse était en fait une petite fille qui se sentait seule après le départ des enfants. Manger était sa façon de se sentir exister. Quand elle a compris cela, elle a pu offrir à cette partie une autre forme d’attention, comme allumer une bougie, écouter une musique, ou simplement poser une main sur son ventre.
L’IFS ne cherche pas à éliminer les parties. Il cherche à les accueillir et à leur trouver un nouveau rôle. Votre cerveau n’est pas un champ de bataille, c’est une famille que vous apprenez à réorganiser avec douceur.
« Je ne veux plus grignoter » n’est pas une décision qui vient du cortex frontal. C’est un accord que vous passez avec toutes les parties de vous-même, y compris celle qui a besoin de réconfort. L’hypnose facilite cet accord.
Nous ne mangeons pas seulement avec notre estomac. Nous mangeons avec notre histoire, notre culture, nos relations. L’Intelligence Relationnelle, que j’intègre dans mon accompagnement, regarde comment vos interactions avec les autres influencent vos comportements alimentaires.
Vous avez peut-être remarqué que vous mangez différemment selon les personnes avec qui vous êtes. Seul, vous grignotez sans faim. En famille, vous finissez les assiettes par politesse. Au restaurant avec des amis, vous commandez le dessert même si vous n’en avez pas envie, pour ne pas paraître « coincé ». Ce ne sont pas des décisions isolées. Ce sont des réponses relationnelles apprises.
L’hypnose peut vous aider à défaire ces liens automatiques. Par exemple, si vous avez appris enfant que « faire plaisir à maman, c’est finir son assiette », votre cerveau a enregistré cette équation. Aujourd’hui, même sans maman à table, vous finissez votre assiette mécaniquement. En séance, nous pouvons revisiter cette scène, non pas pour la revivre douloureusement, mais pour lui donner un nouveau sens. Vous pouvez apprendre à votre cerveau que « faire plaisir » peut passer par d’autres canaux : un compliment, un sourire, une présence.
L’Intelligence Relationnelle vous offre aussi des outils pour dire non, pour poser vos limites, pour exprimer vos besoins sans culpabilité. Ce n’est pas de la nutrition, c’est de la psychologie relationnelle. Et pourtant, elle transforme votre relation à la nourriture, parce qu’elle transforme votre relation à vous-même et aux autres.
Je vais être honnête avec vous, parce que c’est ce que je dois à mes patients. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fait pas fondre les kilos en une nuit. Elle ne vous dégoûte pas du chocolat. Elle ne remplace pas une consultation médicale si vous avez un trouble du comportement alimentaire avéré, comme une boulimie ou une anorexie.
Ce qu’elle fait, c’est autre chose. Elle modifie les chemins neuronaux qui sous-tendent vos automatismes. Elle vous redonne du choix. Là où vous aviez une réaction, vous retrouvez une réponse réfléchie. Vous n’êtes plus passager, vous êtes conducteur.
Beaucoup de personnes viennent me voir en croyant que l’hypnose va « leur enlever l’envie de manger ». Ce n’est pas le but. Le but, c’est que vous puissiez manger quand vous avez faim, vous arrêter quand vous êtes rassasié, et ne pas manger quand vous n’avez pas faim. C’est le retour à un fonctionnement naturel, pas une lutte.
Prenons un exemple. Un patient, Marc, était persuadé que l’hypnose allait le faire détester le fromage. Il adorait le fromage. Je lui ai dit : « On ne va pas toucher à votre amour pour le fromage. On va juste faire en sorte que vous le mangiez quand vous le choisissez, pas quand votre stress vous pousse dessus. » Après quelques séances, il mangeait toujours du fromage, mais moins souvent, avec plus de plaisir, et sans culpabilité. Il avait retrouvé une liberté qu’il croyait perdue.
L’hypnose ne vous enlève rien. Elle vous rend votre pouvoir de décision.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour expérimenter ce mécanisme de reprogrammation. Voici un petit exercice que vous pouvez faire chez vous, en cinq minutes, debout devant votre frigo ou votre placard.
Arrêtez-vous avant d’ouvrir. La prochaine fois que vous sentez votre main partir vers la nourriture sans faim, suspendez le geste. Laissez votre main en l’air, ou posez-la sur la poignée sans l’actionner.
Prenez trois respirations profondes. Inspirez par le nez, expirez par la bouche, lentement. Pendant ces trois respirations, regardez ce que vous ressentez. Est-ce de la fatigue ? De l’ennui ? De la colère ? De la tristesse ? Nommez-le intérieurement, sans jugement.
Demandez-vous : « Qu’est-ce que je veux vraiment ? » Pas ce que vous voulez manger. Ce que vous voulez vraiment. Du réconfort ? Une pause ? De la chaleur ? Une distraction ? La nourriture est souvent un substitut à autre chose. Quand vous identifiez le besoin réel, vous pouvez chercher une autre réponse : un verre d’eau, une caresse sur votre bras, une courte marche, un appel à un ami, un moment de silence.
Faites un choix conscient. Si après cela, vous décidez de manger, mangez. Mais mangez en pleine conscience, en regardant ce que vous mangez, en le savourant. Vous aurez repris le contrôle.
Cet exercice est un début. Il ne remplace pas un accompagnement personnalisé, mais il vous montre que le changement est possible. Votre cerveau peut apprendre de nouveaux chemins. Il l’a déjà fait des milliers de fois. Il peut le refaire.
Si vous avez lu jusqu’ici, c’est que vous sentez que votre relation à la nourriture mérite une attention plus douce, plus intelligente. Vous n’êtes pas en guerre contre votre corps. Vous êtes en train de découvrir que vos automatismes ne sont pas des fatalités.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle vous offrent des clés pour sortir des boucles qui vous épuisent. Vous pouvez reprogrammer votre cerveau sans violence, sans privation, sans régime. Juste en lui montrant un nouveau chemin, plusieurs fois, avec patience.
Je reçois à Saintes depuis 2014. Je vois des adultes comme vous, qui arrivent avec une gêne et repartent avec une liberté retrouvée. Pas la liberté de tout manger sans conséquences, mais la liberté de choisir. C’est une sensation précieuse.
Si vous avez envie d’explorer cette piste, je vous reçois avec bienveillance. On commence par un premier rendez-vous où l’on parle, sans engagement, de ce qui se joue pour vous. Vous pouvez aussi écrire un mail, poser une question. Il n’y a pas de honte à demander de l’aide. Il y a juste la reconnaissance que vous méritez de vivre mieux avec vous-même.
À très bientôt, peut-être.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.