3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le protocole pas à pas pour sortir du cercle vicieux du report.
Tu repousses encore. Ce dossier sur ton bureau, tu le regardes depuis trois semaines. Tu sais qu’il faudrait t’y mettre, mais à chaque fois que tu t’approches, une voix intérieure trouve une bonne raison : « pas maintenant », « je suis trop fatigué », « je le ferai mieux demain ». Alors tu fais autre chose. Tu ranges, tu scrolles, tu réponds à des messages urgents qui ne le sont pas vraiment. Et le soir venu, la culpabilité s’installe.
Si ce scénario te parle, sache que tu n’es pas seul, et surtout, que ce n’est pas un manque de volonté. Ce que tu vis s’appelle un cercle vicieux du report. Et derrière ce comportement, il y a un mécanisme neurologique bien précis, que l’hypnose éricksonienne peut t’aider à déprogrammer. Pas par la magie, mais par un travail concret sur la façon dont ton cerveau associe une tâche à une émotion. Voici comment.
Pour comprendre pourquoi tu fuis, il faut d’abord accepter une vérité inconfortable : ton cerveau n’est pas conçu pour te rendre heureux, il est conçu pour te maintenir en vie. Sa priorité absolue, c’est la survie. Or, face à une tâche qui te stresse (appeler un client mécontent, préparer un rapport, entamer une conversation difficile), ton système limbique – la partie émotionnelle et archaïque du cerveau – interprète ce stress comme une menace.
Ce n’est pas rationnel. Tu sais qu’un dossier ne va pas te dévorer. Mais sur le plan neurologique, l’amygdale, cette petite structure en forme d’amande, réagit de la même manière que face à un prédateur : elle active le mode « combat, fuite ou figement ». Dans ton cas, c’est la fuite qui domine. Tu te lèves pour boire un café, tu ouvres Instagram, tu vérifies tes mails encore une fois. Ce sont des comportements d’évitement.
Le problème, c’est que chaque fois que tu fuis, tu renforces un circuit neuronal. Tu apprends à ton cerveau que « cette tâche = danger », et que « fuir = soulagement temporaire ». Sur le coup, ça marche. Tu ressens un apaisement immédiat. Mais ce soulagement est une drogue. Il abaisse ton seuil de tolérance à l’inconfort. La prochaine fois, il te faudra encore moins de stress pour que la fuite s’enclenche. C’est le cercle vicieux : plus tu reportes, plus la tâche devient anxiogène, plus tu as envie de la fuir.
Ce que l’hypnose peut changer ici : elle ne va pas effacer la tâche, ni te transformer en robot sans émotion. Mais elle va t’aider à dissocier l’émotion de la tâche. Concrètement, tu vas pouvoir aborder ce dossier sans que ton amygdale s’emballe. L’hypnose ne supprime pas le stress, elle te donne un espace pour le regarder autrement.
« La fuite n’est pas une faiblesse. C’est une stratégie de survie qui a mal tourné. Ton cerveau essaie de te protéger. Le problème, c’est qu’il protège une version de toi qui n’a plus besoin de l’être. »
Ce qui rend le report si tenace, c’est que ton cerveau rationnel – le cortex préfrontal – se met au service de la fuite. Tu n’as pas juste une impulsion émotionnelle ; tu as toute une argumentation logique pour la justifier. « Je travaille mieux sous pression. » « Il me manque des informations. » « Je vais d’abord finir cette tâche plus simple. » Tu te racontes une histoire qui semble raisonnable, mais qui est en réalité un mécanisme de défense.
En hypnose, on appelle ça la partie procrastinatrice. Ce n’est pas toi. C’est une partie de toi qui a appris, à un moment donné, que reporter était une façon de gérer l’anxiété. Peut-être que cette partie s’est formée à l’école, face à une copie que tu ne savais pas commencer. Ou dans un contexte familial où l’échec était mal vu. Elle a été utile à l’époque. Aujourd’hui, elle te dessert.
Le problème, c’est que plus tu luttes contre cette partie, plus elle se renforce. La lutte mentale (te dire « arrête de procrastiner, bouge-toi ») active les mêmes zones cérébrales que le stress. Tu entres dans un conflit intérieur qui épuise ton énergie et renforce l’association entre la tâche et la souffrance. Tu passes de l’évitement à la lutte, puis à la culpabilité, puis à l’évitement à nouveau.
L’hypnose éricksonienne contourne ce piège : au lieu de lutter contre la partie qui fuit, tu vas entrer en dialogue avec elle. En état modifié de conscience, ton cortex préfrontal critique se met en veille. Tu n’es plus en train de te juger. Tu accèdes à une partie de toi plus créative, plus souple, capable de proposer des solutions que ta raison n’envisage pas. Et c’est là que la reprogrammation commence vraiment.
Quand on parle de « reprogrammer le cerveau », on ne fait pas de la science-fiction. On parle de neuroplasticité : la capacité de ton cerveau à créer de nouvelles connexions synaptiques, à modifier ses circuits en fonction de l’expérience. Chaque pensée, chaque émotion, chaque action laisse une trace physique dans ton cerveau. Les chemins que tu empruntes souvent deviennent des autoroutes. Ceux que tu n’utilises plus s’effacent.
L’hypnose est un outil puissant pour accélérer ce processus, parce qu’elle te place dans un état d’hyper-suggestibilité et de relaxation profonde. En état d’hypnose, ton cerveau produit davantage d’ondes thêta, associées à la mémoire, à l’apprentissage et à la créativité. Les blocages du cortex préfrontal s’atténuent. Les connexions entre l’amygdale (peur) et le cortex (raison) se détendent.
Concrètement, voici ce qui se passe lors d’une séance ciblée sur le report :
Ce travail ne se fait pas en une fois. Il faut répéter, comme pour tracer un sentier dans une forêt. Mais dès les premières séances, la plupart des personnes ressentent un changement : la tâche n’est plus aussi lourde. Le « mur » intérieur devient une porte.
« Sous hypnose, tu n’apprends pas à ne plus avoir peur. Tu apprends à avoir peur et à agir quand même. C’est la différence entre l’évitement et le choix. »
Je vais te donner une trame concrète, celle que j’utilise avec mes patients à Saintes. Elle ne remplace pas un accompagnement personnalisé, mais elle te donne une idée du cheminement. Si tu veux l’expérimenter seul, installe-toi dans un endroit calme, sans distraction, et prends cinq minutes.
Étape 1 : Identifier la tâche-épine Choisis UNE tâche que tu repousses depuis au moins une semaine. Pas toutes, juste une. Donne-lui un nom neutre : « le mail à Michel », « la déclaration fiscale », « le coup de fil au plombier ». Ne la qualifie pas (« chiant », « stressant »). Juste le nom.
Étape 2 : Ressentir le poids Ferme les yeux et visualise cette tâche. Où est-elle dans ton corps ? Une boule dans le ventre ? Une tension dans la mâchoire ? Une oppression dans la poitrine ? Accueille cette sensation sans la juger. Dis-toi : « C’est juste une sensation. Elle est là, elle passera. »
Étape 3 : Créer un espace de sécurité Souviens-toi d’un moment où tu t’es senti calme, compétent, en contrôle. Peut-être un souvenir de vacances, ou un moment de fierté. Revis-le pleinement : les images, les sons, les odeurs. Laisse cette sensation se déposer dans une partie de ton corps (la main, le sternum). C’est ton ancre.
Étape 4 : Projeter l’action sans la charge Toujours en imagination, regarde-toi faire la tâche. Mais cette fois, tu es calme. Tu vois tes gestes, tu entends ta voix, tu sens l’ordinateur sous tes doigts. Si l’anxiété revient, touche ton ancre. Répète l’opération trois ou quatre fois, jusqu’à ce que la visualisation devienne neutre, ou même légère.
Étape 5 : L’action réelle miniaturisée Après cette préparation mentale, passe à l’action réelle, mais en version minuscule. Tu n’as pas à finir le dossier. Juste l’ouvrir. Lire la première phrase. Appuyer sur « répondre » et écrire « Bonjour ». Souvent, la suite vient d’elle-même. Si ce n’est pas le cas, tu as déjà gagné : tu as brisé le cycle de l’évitement pur.
Ce protocole, tu peux le répéter chaque jour pour la même tâche. La clé, c’est la répétition sans pression. Chaque petite action réelle renforce le nouveau circuit neuronal.
Je veux être clair : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer les causes profondes de ton report, surtout si elles sont liées à un trauma ancien, à une dépression sévère ou à un trouble de l’attention non diagnostiqué. Dans ces cas, elle peut être un complément, mais pas un traitement unique.
L’hypnose ne te transforme pas en quelqu’un d’autre. Si tu es naturellement désorganisé, elle ne va pas te donner une mémoire d’éléphant ou un sens inné de l’organisation. En revanche, elle va libérer la capacité que tu as déjà à agir, en enlevant les freins émotionnels qui t’en empêchent.
Un autre point : l’hypnose ne te rend pas passif. Tu n’es pas « endormi » ni sous contrôle. Tu es en état de conscience modifié, mais tu restes aux commandes. Tu peux sortir de l’état hypnotique à tout moment. C’est toi qui fais le travail ; je suis juste un guide.
Ce qu’elle fait vraiment : elle abaisse le seuil de résistance. Elle rend le « premier pas » plus facile. Elle te permet d’agir non pas parce que tu t’es forcé, mais parce que la menace intérieure s’est dissipée. Et ça, c’est un changement durable, parce qu’il ne repose pas sur la volonté, mais sur une nouvelle association neurologique.
Je reçois Paul, 42 ans, chef d’une petite entreprise. Depuis six mois, il repousse la rédaction d’un bilan financier pour son associé. Chaque soir, il se dit : « demain ». Chaque matin, il trouve une urgence. Il dort mal, il est irritable, et son associé commence à s’impatienter.
En séance, on explore la sensation associée à ce bilan. Paul décrit une « boule dure dans le sternum », accompagnée d’une voix intérieure qui dit : « tu vas te planter, tu vas perdre de l’argent, tu es nul en chiffres ». On découvre que cette voix vient d’un souvenir d’école : à 12 ans, il avait eu une note catastrophique en maths, et son père avait dit « tu n’es pas doué pour ça ».
Sous hypnose, on ne va pas ressasser ce souvenir. On va plutôt recréer l’expérience : Paul se voit en train d’ouvrir le fichier Excel, mais cette fois, il est accompagné de la sensation de calme qu’il ressent quand il fait du vélo (son ancre). On répète la scène plusieurs fois. À la troisième, Paul sourit : « C’est bizarre, le fichier me semble moins lourd. »
Il sort de séance, et le lendemain, il m’envoie un message : « J’ai ouvert le fichier. Je n’ai pas écrit grand-chose, mais je l’ai ouvert. C’est la première fois en six mois. » La semaine suivante, le bilan est terminé.
Ce qui a changé ? Pas sa compétence en finance, ni son emploi du temps. Sa relation émotionnelle à la tâche. Le fichier n’était plus associé à l’échec et au jugement, mais à une sensation de calme et de contrôle. Le cerveau a suivi.
Tu as fait une séance, tu as ouvert le dossier, bravo. Mais comment faire pour que ça tienne ? Le report est une habitude ancienne, et les vieux circuits ne disparaissent pas. Ils s’affaiblissent, mais ils peuvent se réactiver en période de stress.
Voici trois stratégies que tu peux mettre en place dès maintenant :
1. Le rituel de transition Avant d’entamer une tâche que tu as l’habitude de fuir, prends 30 secondes pour respirer et toucher ton ancre (le souvenir calme). Ce simple geste envoie un signal à ton cerveau : « On change de mode, on passe en sécurité. »
2. La règle des deux minutes Si une tâche te paraît trop lourde, réduis-la à quelque chose que tu peux faire en deux minutes ou moins. Ouvrir un document, écrire un titre, poser un objet. L’important n’est pas la progression, mais l’action elle-même. Chaque micro-action affaiblit le circuit de la fuite.
3. L’auto-hypnose rapide Quand tu sens la panique monter face à une tâche, ferme les yeux, inspire profondément, et dis-toi mentalement : « Je peux ressentir cette tension et agir quand même. » Visualise ta main qui fait le geste. C’est une forme d’hypnose éclair. Plus tu la pratiques, plus elle devient automatique.
Ces outils ne sont pas magiques. Ils demandent un peu de discipline au début. Mais très vite, ils deviennent des réflexes. Et tu constateras que le cercle vicieux du report perd de sa force. Tu passes de la réaction (fuir) à l’action (choisir).
« Le cerveau ne distingue pas une action réelle d’une action intensément imaginée. Chaque fois que tu te visualises en train d’agir sans fuir, tu traces un chemin. Et un jour, sans prévenir, tes pieds suivent ce chemin tout seuls. »
Tu es arrivé jusqu’ici. Ce n’est pas un hasard. Quelque chose en toi veut sortir de ce cycle. Alors voici une invitation, pas une injonction.
Prends une feuille, ou un note sur ton téléphone. Écris le nom d’une tâche que tu repousses depuis longtemps. Juste le nom. Ne fais rien d’autre. Pose le stylo.
Maintenant, ferme les yeux trente secondes. Respire. Imagine-toi en train de faire cette tâche, mais sans stress. Juste les gestes. Tu n’as pas à la réussir, juste à la faire. Si une tension monte, respire encore.
Rouvre les yeux. Tu viens de faire un premier pas. Ce n’est pas un exploit, mais c’est une brèche dans le cercle vicieux. Et une brèche, ça s’agrandit.
Si tu sens que tu as besoin d’être accompagné pour creuser cette brèche, je suis là. Je reçois à Saintes, en cabinet ou en visio. On peut travailler sur cette tâche précise, ou sur le schéma plus large qui te pousse
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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