3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un chemin pas à pas pour se libérer des pensées parasites sur la nourriture.
Tu ouvres ton frigo pour la troisième fois en une heure. Tu n’as pas faim, tu le sais. Pourtant, tes yeux scrutent les étagères comme si la réponse à un malaise intérieur allait surgir entre le pot de yaourt et la bouteille de ketchup. Tu refermes la porte, tu te dis « arrête, c’est débile », mais cinq minutes plus tard, te voilà debout devant le placard, à fixer un paquet de gâteaux entamé. Tu n’en veux même pas, de ces gâteaux. Mais ta main tend la mienne, la tête dit non, et le reste du corps obéit à une impulsion que tu ne comprends pas.
Si cette scène te parle, sache que tu n’es ni faible ni anormal. Tu es juste aux prises avec un système de survie qui s’est emballé. La nourriture n’est plus une alliée : elle est devenue le terrain d’un conflit intérieur épuisant. Et ce conflit, il se joue bien au-delà de l’assiette. Il se joue dans la manière dont tu gères tes émotions, ton stress, ton besoin de contrôle, et parfois même ta propre valeur. L’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’intelligence relationnelle, offre une voie concrète pour sortir de cette boucle. Pas en te privant, pas en ajoutant des règles, mais en comprenant ce qui, en toi, a pris le contrôle du volant.
La première chose que j’entends dans mon cabinet, c’est : « Je sais ce qu’il faut faire. Je connais les principes de l’alimentation équilibrée. Mais je n’y arrive pas. » Et c’est là que le bât blesse. On croit que le problème est un manque de connaissances ou de volonté. En réalité, c’est un problème de relation à soi.
Quand tu passes ta journée à calculer des calories, à culpabiliser après un écart, ou à te promettre que « demain, je commence », tu n’es pas en train de gérer ton alimentation. Tu es en train de gérer une anxiété. La nourriture devient un dérivatif, un anxiolytique de fortune. Le sucre calme temporairement le système nerveux, les glucides apportent une sensation de réconfort immédiat. Mais ce soulagement dure le temps d’une bouchée, et la culpabilité qui suit est souvent pire que l’émotion initiale.
Le piège, c’est que plus tu luttes contre ces pensées, plus elles s’enracinent. C’est le paradoxe de l’obsession : ce à quoi tu résistes persiste. Plus tu te dis « je ne dois pas penser à ce gâteau », plus ton cerveau le scanne, le mémorise, le désire. L’hypnose ne va pas effacer ton envie de sucre par magie. Elle va t’apprendre à désamorcer le mécanisme qui transforme une simple pensée en impulsion irrépressible.
« La libération ne vient pas du contrôle, mais de la capacité à observer sans agir. »
Quand tu es en hypnose, tu n’es pas endormi ni inconscient. Tu es dans un état modifié de conscience où le mental critique, celui qui analyse, juge et planifie, se met en retrait. Cela permet d’accéder directement à des parties de ton cerveau qui fonctionnent en pilotage automatique – celles qui déclenchent la main vers le paquet de chips sans même que tu aies pris une décision consciente.
L’hypnose ericksonienne que j’utilise, c’est une approche douce et indirecte. Je ne te dirai pas « tu n’auras plus faim ». Je ne te ferai pas de suggestions brutales qui entreraient en conflit avec ta réalité intérieure. À la place, je vais t’aider à créer un nouveau dialogue avec ton corps et tes émotions. Par exemple, tu peux apprendre à ressentir la différence entre une faim physiologique (celle de l’estomac qui gargouille) et une faim émotionnelle (celle qui monte dans la poitrine ou la gorge). Et surtout, tu peux apprendre à habiter cette sensation sans la fuir dans l’assiette.
Concrètement, l’hypnose agit sur plusieurs plans :
Je travaille beaucoup avec l’IFS, qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties » ou sous-personnalités. Il y a probablement en toi une partie qui cherche à te protéger en te faisant manger du sucre quand tu es stressé, et une autre partie qui te juge sévèrement ensuite. L’hypnose permet de créer un espace de dialogue entre ces parties, sans qu’aucune ne prenne le pouvoir de manière tyrannique.
J’ai reçu un jour un coureur amateur qui me disait : « Je suis capable de faire un marathon, mais je suis incapable de passer une soirée sans grignoter. » C’était un homme discipliné, structuré, performant. Pourtant, dès qu’il posait un pied dans sa cuisine le soir, il perdait tout contrôle. Son secret ? Il avait enchaîné les régimes restrictifs depuis l’adolescence.
Les régimes sont une promesse de liberté qui mène à une prison mentale. Quand tu te prives, tu actives un mécanisme de survie ancestral : la privation perçue par le cerveau déclenche une hypervigilance alimentaire. Tout devient important. Le sucre devient un Graal. La nourriture « interdite » devient magnétique. Ce n’est pas un manque de volonté, c’est une réaction biologique programmée.
Et il y a un autre effet pervers : la culpabilité. Tu as craqué ? Tu te punis. Tu doubles ta séance de sport, tu sautes le repas suivant, tu te promets que demain tu seras parfait. Cette oscillation entre contrôle et lâcher-prise maintient ton système nerveux en état d’alerte permanent. L’hypnose, elle, ne travaille pas sur la restriction. Elle travaille sur la régulation.
Je propose souvent à mes patients un exercice simple : pendant une semaine, tu ne t’interdis rien. Mais avant chaque bouchée, tu prends le temps de te poser trois questions :
Ce n’est pas un exercice moral. C’est un exercice de conscience. Et c’est là que l’hypnose devient un accélérateur : elle t’aide à ancrer cette conscience dans le corps, pas seulement dans la tête. Tu ne récites pas un mantra mental ; tu ressens le changement dans ton ventre, dans ta respiration, dans la détente de tes épaules.
Je reçois beaucoup de personnes qui viennent pour un « problème de poids » et qui, en creusant, découvrent un problème de relation. Relation avec leur mère, avec leur conjoint, avec leur patron, ou avec elles-mêmes. La nourriture est souvent un langage. Elle dit ce que les mots n’arrivent pas à exprimer.
L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à comprendre ce qui se joue dans l’interaction avec l’autre, mais aussi avec soi-même. Quand tu manges compulsivement, il y a toujours un message sous-jacent : « Je ne me sens pas assez bien », « J’ai besoin de réconfort », « Je suis en colère mais je n’ose pas l’exprimer », « Je suis submergé et je n’ai pas d’autre moyen de m’apaiser ».
Un exemple anonymisé : une patiente, cadre dans une entreprise, venait pour des compulsions sucrées en fin de journée. En travaillant avec l’hypnose et l’IFS, elle a identifié une « partie » d’elle qui se sentait invisible au travail. Cette partie avait appris dans l’enfance que le sucre était une récompense, une manière de se sentir exister. Chaque soir, la compulsion n’était pas un désir de sucre, mais un besoin de reconnaissance non satisfait. Une fois cette connexion faite, la compulsion n’a pas disparu du jour au lendemain, mais elle a perdu son automatisme. Elle pouvait désormais faire un choix : manger le gâteau en conscience, ou appeler une amie, ou écrire dans un journal, ou simplement respirer.
L’hypnose a permis de créer un lien direct entre la sensation de manque et la mémoire de ce manque. Et l’intelligence relationnelle a donné les mots et les gestes pour répondre à ce manque autrement.
« La nourriture n’est jamais le problème. Elle est la solution que tu as trouvée à un problème que tu n’as pas encore nommé. »
Voici comment je structure généralement un accompagnement, pour que tu puisses visualiser le chemin. Chaque personne est unique, mais il y a des étapes qui reviennent.
La phase d’observation sans jugement : Pendant une ou deux semaines, tu observes tes comportements alimentaires comme un scientifique. Sans te critiquer. Tu notes : à quel moment les pensées parasites arrivent ? Quelle émotion est présente ? Quelle intensité ? Ce simple geste d’observation crée déjà une distance. Tu n’es plus l’impulsion, tu es celui qui regarde l’impulsion.
L’identification des parties en conflit : Avec l’IFS, on va rencontrer les différentes « voix » intérieures. Il y a souvent un « manager » qui veut tout contrôler, un « pompier » qui éteint les émotions avec de la nourriture, et un « exilé » qui porte une blessure ancienne. L’hypnose permet de dialoguer avec ces parties sans les combattre. On ne cherche pas à éliminer la partie qui veut du sucre ; on cherche à comprendre ce qu’elle essaie de protéger.
La reprogrammation sensorielle : En état d’hypnose, tu peux revisiter une situation qui déclenche habituellement une compulsion. Tu peux, par exemple, imaginer une scène de stress au travail et, au lieu de laisser la main partir vers le placard, tu peux suggérer à ton cerveau une réponse alternative : une respiration, un verre d’eau, un mouvement. Le cerveau ne fait pas la différence entre une expérience réelle et une expérience imaginée vividement. Tu entraînes donc ton système nerveux à réagir différemment.
L’ancrage de la liberté : On installe un « ancrage » – un geste, un mot, une sensation – que tu peux utiliser dans la vie quotidienne pour te reconnecter à ton intention. Par exemple, quand tu sens la boucle obsessionnelle s’enclencher, tu poses ta main sur ton ventre, tu inspires profondément, et tu te rappelles : « Je peux choisir. »
L’intégration relationnelle : Enfin, on travaille sur les relations qui entretiennent le schéma. Comment dire non sans culpabilité ? Comment exprimer un besoin sans passer par l’assiette ? Comment accueillir l’émotion de l’autre sans l’avaler ?
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas te faire perdre du poids en trois séances. Elle ne va pas faire disparaître ton amour pour le chocolat ou le fromage. Elle ne va pas te transformer en une personne qui ne ressent plus jamais d’envie.
Ce qu’elle fait, c’est autre chose : elle te redonne le choix. Aujourd’hui, face à une envie de grignoter, tu n’as peut-être qu’une seule option : céder ou te priver, et dans les deux cas, tu es perdant (culpabilité ou frustration). L’hypnose t’offre une troisième voie : celle de l’observation consciente, du choix délibéré, de la satisfaction sans excès.
Elle demande aussi une participation active de ta part. Je ne vais pas « faire » le travail à ta place. Je vais t’accompagner, te guider, te proposer des outils. Mais c’est toi qui vas les utiliser dans ta vie quotidienne. La liberté ne se donne pas, elle se construit.
Un patient m’a dit un jour : « Je pensais que l’hypnose allait me débarrasser de mes compulsions. En fait, elle m’a appris à les écouter. Et en les écoutant, elles ont cessé de hurler. » C’est une jolie métaphore de ce qui se joue : les parties de toi qui utilisent la nourriture pour se faire entendre ont besoin d’être reconnues, pas réduites au silence.
Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer à changer. Voici une pratique simple que tu peux essayer ce soir.
Installe-toi tranquillement, assis ou allongé. Ferme les yeux. Porte ton attention sur ta respiration, sans la modifier. Laisse l’air entrer et sortir naturellement. Maintenant, amène une main sur ton ventre, l’autre sur ton cœur. Inspire en imaginant que l’air descend jusque dans ton ventre, puis remonte vers le cœur. Fais cela trois fois.
Ensuite, rappelle-toi une situation récente où tu as ressenti cette envie irrépressible de manger sans avoir faim. Mais au lieu de revivre la scène, observe-la comme si tu regardais un film. Tu vois la personne dans le film – toi – face au frigo. Regarde-la avec bienveillance, comme tu regarderais un ami qui souffre. Sans jugement. Et dis-lui, dans ta tête ou à voix basse : « Je te vois. Je sais que tu cherches quelque chose. Ce n’est pas de la nourriture. Mais ce que tu cherches, tu peux le trouver autrement. »
Ouvre les yeux doucement. Note sur un carnet ce que tu as ressenti. Ce n’est pas un exercice miracle, c’est un entraînement. Plus tu pratiques l’observation bienveillante, plus tu crées de l’espace entre l’impulsion et l’acte. Et dans cet espace, il y a la liberté.
« Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace se trouve notre pouvoir de choisir. »
Si cet article t’a parlé, si tu sens que la boucle obsessionnelle te fatigue et que tu aimerais enfin poser les armes, sache que l’accompagnement existe. Je travaille avec des personnes qui, comme toi, en ont marre de lutter contre leur assiette. On ne va pas ajouter une couche de règles ou de privations. On va dénouer ce qui s’est noué, avec douceur et respect pour tout ce que tu es.
Tu peux me contacter pour un premier échange, sans engagement. Juste pour parler, pour voir si ce que je propose résonne avec ce dont tu as besoin. Parfois, le simple fait de nommer le problème à quelqu’un qui comprend déjà le mécanisme est un premier pas vers l’apaisement.
Tu n’es pas ton obsession. Tu es bien plus que cette voix qui te dit « prends encore une part ». Et tu peux le découvrir, pas à pas, bouchée après bouchée, mais cette fois en pleine conscience.
Alors, si tu veux, on peut commencer ce chemin ensemble. Tu as déjà fait le plus difficile : reconnaître que quelque chose doit changer. Le reste, c’est juste une question de pas, un à la fois.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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