3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Pourquoi cette approche est particulièrement adaptée aux blocages profonds.
Vous arrive-t-il de repousser sans cesse ce que vous avez à faire, au point que cela empoisonne votre quotidien ? Pas simplement remettre au lendemain une corvée ménagère, mais des semaines, des mois, parfois des années à éviter des tâches essentielles : lancer ce projet professionnel qui vous tient à cœur, prendre rendez-vous pour ce problème de santé qui vous inquiète, ou simplement répondre à un message important. Vous savez que c’est irrationnel, vous connaissez les conséquences, et pourtant, une force invisible vous paralyse dès que vous approchez de l’action. Si cette description vous parle, vous avez peut-être dépassé le stade de la « simple flemme ». Vous êtes peut-être confronté à ce que j’appelle une procrastination sévère, un blocage profond qui résiste aux listes, aux applications de productivité et même aux bonnes résolutions.
Depuis 2014, dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui viennent me voir avec cette plainte : « Je n’y arrive pas, et je ne comprends pas pourquoi. » Souvent, ils ont tout essayé : la méthode Pomodoro, les to-do lists, la visualisation positive, la culpabilité comme moteur. Rien n’y fait. C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu. Ce n’est pas une baguette magique, mais une approche douce, respectueuse de votre rythme, qui va chercher la cause là où elle se trouve vraiment : dans les recoins de votre inconscient. Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi cette méthode est particulièrement adaptée aux blocages profonds, comment elle fonctionne, et surtout, ce que vous pouvez faire dès maintenant pour amorcer un changement.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut que l’on se mette d’accord sur un point essentiel : vous n’êtes pas paresseux. La procrastination sévère n’a rien à voir avec la flemme ou le manque de discipline. C’est un mécanisme de régulation émotionnelle, souvent inconscient, qui vous protège d’une souffrance perçue. Quand vous repoussez une tâche, ce n’est pas parce que vous ne voulez pas la faire, mais parce que votre cerveau associe cette tâche à une menace : peur de l’échec, peur du jugement, perfectionnisme paralysant, ou même une peur plus ancienne liée à une expérience passée.
Prenons un exemple anonymisé, mais très représentatif. Un patient, appelons-le Julien, est venu me voir pour une procrastination qui durait depuis des années. Il devait finaliser un dossier pour une formation qui lui aurait permis d’évoluer dans son travail. Chaque soir, il ouvrait son ordinateur, et chaque soir, il se retrouvait à regarder des vidéos sur son téléphone, le cœur serré, la nuque tendue. Il se traitait de « bon à rien », se promettait de « s’y mettre demain », et le cycle recommençait. En séance, nous avons découvert que son inconscient associait cette formation à un souvenir d’enfance où il avait été humilié par un professeur après avoir échoué à un examen. Son cerveau, pour le protéger de cette humiliation, activait une réponse d’évitement. Ce n’était pas de la paresse : c’était une stratégie de survie émotionnelle.
La volonté, ici, est impuissante. Vous pouvez vous répéter « je dois le faire », vous pouvez mettre en place des récompenses, mais tant que l’inconscient perçoit la tâche comme dangereuse, il trouvera toujours un moyen de vous en éloigner. C’est là que l’hypnose ericksonienne se distingue : elle ne lutte pas contre le symptôme, elle va dialoguer avec la partie de vous qui résiste.
L’hypnose ericksonienne, développée par le psychiatre Milton Erickson, repose sur un principe simple mais puissant : votre inconscient est un allié, pas un ennemi. Contrairement à l’hypnose de spectacle ou à certaines approches directrices, elle n’impose rien. Elle utilise le langage métaphorique, les suggestions indirectes et la confusion créative pour contourner les résistances conscientes et accéder aux ressources qui sont déjà en vous.
Concrètement, quand vous venez me voir pour de la procrastination sévère, je ne vais pas vous dire : « Vous allez arrêter de procrastiner. » Cela reviendrait à demander à un arbre de ne plus produire de feuilles. Je vais plutôt explorer avec vous le paysage intérieur de votre blocage. Par exemple, je peux vous inviter à fermer les yeux et à imaginer la tâche que vous repoussez. Je vais vous demander où vous ressentez cette résistance dans votre corps. Est-ce une boule dans le ventre ? Une tension dans les épaules ? Un vide dans la poitrine ? Puis, je vais utiliser des métaphores qui parlent à votre inconscient : « Et si cette résistance était comme une porte qui grince, et que nous pouvions simplement l’huiler un peu, sans la forcer ? »
Ce qui rend cette approche si efficace pour les blocages profonds, c’est qu’elle respecte votre rythme. Vous n’avez pas à « lâcher prise » ou à « faire confiance » immédiatement. L’hypnose ericksonienne travaille avec ce qui est là, même avec votre scepticisme. Un patient m’a dit un jour : « Je suis venu en me disant que ça ne marcherait pas, et pourtant, sans que je sache comment, j’ai arrêté de repousser mes appels clients. » C’est exactement cela : le changement se produit en douceur, souvent en dehors de votre conscience immédiate.
« L’hypnose ericksonienne ne vous demande pas de vouloir changer. Elle vous invite à écouter ce qui, en vous, sait déjà comment guérir. »
Pour comprendre pourquoi l’hypnose ericksonienne est si adaptée, il faut identifier les mécanismes sous-jacents. J’en vois trois qui reviennent systématiquement dans mon cabinet.
Le perfectionniste ne procrastine pas parce qu’il ne veut pas bien faire, mais parce qu’il ne supporte pas l’idée de faire imparfaitement. Son inconscient lui dit : « Si tu ne peux pas le faire parfaitement, ne le fais pas du tout. » Résultat : la tâche devient une montagne. L’hypnose ericksonienne va ici déconstruire cette équation. Par exemple, je peux utiliser une métaphore de jardinage : « Un jardinier ne plante pas une graine en exigeant qu’elle devienne un arbre parfait en un jour. Il arrose, il attend, il accepte les feuilles abîmées. » Cette image, acceptée par l’inconscient, permet de relâcher la pression. Le patient commence à tolérer l’imperfection, et donc à agir.
Parfois, la procrastination cache une peur plus profonde : celle de ne pas être à la hauteur si vous réussissez. Si vous lancez ce projet, vous devrez ensuite maintenir ce niveau. Si vous obtenez cette promotion, vous devrez assumer plus de responsabilités. L’inconscient préfère l’immobilisme, qui est connu et donc « sûr ». L’hypnose ericksonienne va ici créer une dissociation douce. Je peux dire : « Une partie de vous sait que cette peur est ancienne, qu’elle a peut-être été utile à un moment de votre vie. Mais aujourd’hui, une autre partie de vous est prête à explorer un nouveau chemin. » Cette approche permet de ne pas nier la peur, mais de la réduire à une simple partie parmi d’autres.
Le cas le plus fréquent dans la procrastination sévère est celui d’une émotion refoulée liée à la tâche. Un patient, par exemple, repoussait depuis six mois la rédaction d’une lettre de candidature. En séance, nous avons découvert que son père, disparu, avait toujours voulu qu’il soit « fonctionnaire ». Écrire cette lettre, c’était trahir son père. L’inconscient protégeait le patient de cette culpabilité. L’hypnose ericksonienne permet de revisiter cette mémoire avec un regard neuf, en utilisant par exemple une régression en âge adulte : « Imaginez que vous pouvez parler à votre père aujourd’hui, avec ce que vous savez maintenant. Que lui diriez-vous ? » Cette simple exploration, sans forcer, libère l’émotion bloquée.
Je veux être honnête avec vous, car je ne crois pas aux promesses miraculeuses. L’hypnose ericksonienne n’est pas une solution rapide qui vous « guérit » de la procrastination en une séance. Ce n’est pas non plus un outil pour vous transformer en machine à productivité. Ce qu’elle fait, c’est dénouer les nœuds inconscients qui vous empêchent d’agir. Elle vous redonne le choix.
Voici ce qu’elle fait concrètement :
Ce qu’elle ne fait pas :
Un patient m’a dit après trois séances : « Je ne comprends pas, je ne me suis pas forcé, mais j’ai fini mon dossier en deux jours. C’est comme si le frein à main était levé. » Voilà ce que permet l’hypnose ericksonienne : lever le frein à main. Le moteur, lui, est déjà là.
Si vous envisagez de venir me voir, ou de consulter un hypnopraticien, voici à quoi vous attendre. Une séance dure entre 60 et 90 minutes. Elle commence toujours par un échange. Je vais vous poser des questions précises : « Quand cette procrastination a-t-elle commencé ? À quoi l’associez-vous ? Qu’avez-vous déjà essayé ? » Ce n’est pas un interrogatoire, mais une exploration. Je cherche à comprendre votre carte du monde, votre façon unique de vivre ce blocage.
Ensuite, je vous explique le processus. L’hypnose ericksonienne n’est pas un sommeil. Vous restez conscient, vous entendrez ma voix, vous pourrez même ouvrir les yeux si vous le souhaitez. L’état hypnotique est un état de relaxation profonde et de focalisation intérieure, similaire à la rêverie que vous vivez quand vous êtes absorbé par un film ou une musique. Je vous guide avec des mots doux, des métaphores, et parfois des histoires. Par exemple, je peux raconter l’histoire d’un cheval qui refuse de franchir un pont, et comment son cavalier découvre que le cheval a peur d’un bruit ancien. Cette histoire, votre inconscient l’interprète à sa manière, et il trouve sa propre solution.
Pendant la séance, je peux utiliser des techniques comme l’ancrage : associer un geste simple (comme toucher votre pouce et votre index) à un état de calme et de motivation. Vous pourrez ensuite utiliser cet ancrage chez vous, avant de commencer une tâche. Je peux aussi faire des suggestions post-hypnotiques : « Dans les jours qui viennent, vous remarquerez que vous vous levez plus facilement pour faire ce qui est important pour vous. »
Après la séance, vous repartez avec une sensation de légèreté, parfois de confusion (c’est normal, l’inconscient continue de travailler). Je vous invite à noter ce qui se passe dans votre quotidien sans chercher à forcer. Le changement peut être immédiat, ou progressif sur plusieurs jours. Parfois, une seule séance suffit pour un blocage récent. Pour une procrastination sévère installée depuis des années, il faut compter 3 à 5 séances, espacées de 2 à 3 semaines.
« Une séance d’hypnose ne résout pas tout, mais elle ouvre une porte. Le reste du chemin, vous le parcourez avec vos propres pas. »
Ce qui rend l’hypnose ericksonienne si puissante pour les procrastinations sévères, c’est qu’elle ne s’attaque pas au symptôme (le comportement de report), mais à la cause racine. Les méthodes classiques de gestion du temps ou de motivation fonctionnent quand le blocage est léger, quand il s’agit simplement de mieux s’organiser. Mais quand la procrastination est liée à une peur profonde, à un traumatisme ou à une croyance limitante installée depuis l’enfance, ces méthodes sont comme un pansement sur une fracture.
Prenons un autre exemple anonymisé. Sophie, une femme de 42 ans, venait pour une procrastination qui mettait en péril son mariage. Elle repoussait sans cesse les conversations difficiles avec son conjoint. Elle savait qu’il fallait parler de leurs problèmes d’argent, mais chaque fois, elle trouvait une excuse. En séance, nous avons découvert que son père, quand elle était enfant, la punissait sévèrement quand elle osait exprimer un désaccord. Son inconscient avait généralisé : « Parler de sujets conflictuels = danger. » L’hypnose ericksonienne a permis de revisiter cette mémoire et de créer une nouvelle association : « Parler, c’est aussi se rapprocher. » Après deux séances, Sophie a pu initier la conversation. Elle m’a dit : « Ce n’était pas facile, mais je ne me suis pas effondrée. »
Ce qui est fascinant, c’est que l’hypnose ericksonienne respecte le rythme de l’inconscient. Elle ne force pas une prise de conscience brutale. Elle utilise des métaphores qui contournent la résistance. Par exemple, si un patient a une forte résistance à l’idée de « changer », je peux dire : « Vous n’avez pas à changer. Vous pouvez simplement ajouter une nouvelle possibilité à votre répertoire. » Cette reformulation désamorce la peur du changement.
Enfin, cette approche est douce parce qu’elle ne vous confronte pas à votre « échec ». Vous n’avez pas à vous sentir coupable de procrastiner. Au contraire, je vous invite à considérer cette procrastination comme un message de votre inconscient, un signal qu’il y a quelque chose à écouter. Cette posture, déjà, allège la pression.
Je ne veux pas que vous repartiez de cet article sans une piste concrète. Même si vous n’êtes pas prêt à consulter, vous pouvez commencer à observer votre procrastination avec un regard neuf. Voici trois exercices simples, inspirés de l’esprit ericksonien, que vous pouvez pratiquer seul.
1. Identifiez la sensation corporelle. La prochaine fois que vous repoussez une tâche, arrêtez-vous une minute. Ne vous jugez pas. Fermez les yeux et demandez-vous : « Où est-ce que je ressens cette résistance dans mon corps ? » Est-ce une tension dans la nuque ? Une lourdeur dans la poitrine ? Notez-la sans vouloir la changer. Parfois, le simple fait de nommer la sensation la dissout en partie.
2. Utilisez la métaphore du « chemin de traverse ». Imaginez que la tâche que vous repoussez est une route droite, ennuyeuse et intimidante. Maintenant, imaginez un petit chemin de traverse, sinueux, qui mène au même endroit mais qui est plus agréable. Par exemple, si vous devez rédiger un rapport, commencez par écrire une phrase bancale, ou dessinez un plan sur un bout de papier. L’important est de commencer, même imparfaitement. Votre inconscient accepte plus facilement un petit geste qu’un grand saut.
3. Posez-vous une question ouverte. Au
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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