3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un protocole simple pour calmer l'envie de grignoter après le dîner.
Tu es allongé sur le canapé, la télé allumée sur une émission que tu ne regardes même plus vraiment. Le dîner est terminé depuis une heure à peine, et pourtant cette main qui plonge dans le paquet de chips ou ce geste machinal vers le placard à biscuits te semble incontrôlable. Tu te promets chaque soir d’arrêter, tu te répètes « ce soir, je ne grignote pas », et puis le scénario se répète, identique. Et le pire, c’est la culpabilité qui suit : « Je n’ai aucune volonté », « Je suis nul(le) », « Je n’y arriverai jamais ».
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes brillants, compétents dans leur travail, aimants dans leur famille, mais qui se sentent totalement impuissants face à cette petite voix qui les pousse vers la nourriture une fois la nuit tombée. Si tu lis ces lignes, sache une chose : ce n’est pas un problème de volonté. C’est un problème de mécanisme. Et les mécanismes, ça se démonte, ça se comprend, et ça se reprogramme.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis plus de dix ans, est particulièrement efficace pour ça, parce qu’elle ne lutte pas contre ton grignotage. Elle va plutôt aller voir ce qui se cache derrière, et lui offrir une autre voie. Dans cet article, je vais te partager un protocole simple, celui que j’utilise avec mes patients, pour que tu puisses commencer à reprendre le contrôle dès ce soir.
Tu n’es pas faible le soir. Tu es simplement épuisé. Pas seulement physiquement, mais surtout mentalement. Après une journée de travail, de décisions, d’interactions sociales, de contraintes, ton cerveau a épuisé ses ressources d’autocontrôle. C’est un phénomène bien connu en psychologie : la fatigue décisionnelle.
Imagine que ta volonté est comme un muscle. Le matin, il est frais et dispos. Tu peux résister à la tentation du pain au chocolat au petit-déjeuner, tu arrives à dire non à ce café en trop. Mais au fil de la journée, chaque petite décision l’épuise un peu plus. « Je réponds à ce mail », « Je reste calme avec ce collègue », « Je choisis le déjeuner le moins gras ». Chaque choix consomme de l’énergie mentale. Le soir, ce muscle est vide. Ta capacité à résister est au plus bas.
Et ce n’est pas tout. Le soir, tu es souvent seul, sans distraction structurée. Le travail est fini, les enfants sont couchés, les obligations sont en pause. Ce vide, ton cerveau l’interprète comme un manque. Un manque de stimulation, de réconfort, de récompense. Et qu’est-ce qui est le plus accessible, le plus immédiat, le plus fiable pour combler ce manque ? La nourriture. Surtout les aliments gras, sucrés, salés, ceux qui activent immédiatement le système de récompense de ton cerveau en libérant de la dopamine.
Le grignotage du soir n’est donc pas un acte de gourmandise ou de faiblesse. C’est un besoin profond de régulation émotionnelle et de compensation. Tu ne manges pas parce que tu as faim. Tu manges parce que tu as besoin de quelque chose que la journée ne t’a pas donné : du réconfort, du calme, une pause, une sensation de contrôle.
Le grignotage du soir n’est pas un acte de gourmandise ou de faiblesse. C’est un besoin profond de régulation émotionnelle et de compensation.
C’est là que l’hypnose entre en jeu. Au lieu de te battre contre ce besoin, l’hypnose va t’aider à le satisfaire autrement. À lui offrir une voie de sortie qui ne passe pas par la nourriture.
Beaucoup de personnes viennent me voir en espérant que l’hypnose va « effacer » leur envie de grignoter comme par magie. Je suis honnête avec elles : ce n’est pas comme ça que ça marche. L’hypnose n’est pas une baguette magique qui supprime les comportements. Elle est un outil qui va t’aider à dénouer les fils inconscients qui relient une situation (le soir, le canapé, la solitude) à une réponse automatique (grignoter).
En hypnose ericksonienne, on ne cherche pas à supprimer le comportement. On cherche à le comprendre et à le rediriger. Le grignotage a une fonction positive pour ton système nerveux : il t’apaise, il te récompense, il te permet de décompresser. Si tu l’enlèves brutalement sans rien proposer à la place, ton cerveau va hurler de frustration. C’est pour ça que les régimes restrictifs marchent rarement sur le long terme.
L’hypnose va plutôt t’aider à :
Mais elle ne va pas non plus te transformer en légume insensible aux biscuits. Elle va simplement te donner une pause, un espace de choix entre le stimulus (l’envie) et la réponse (le grignotage). Et dans cet espace, tu pourras décider en pleine conscience.
Le protocole que je vais te décrire maintenant repose sur cette idée : plutôt que de lutter, on va accueillir l’envie, la comprendre, et lui offrir une alternative.
Voici le protocole que je propose à mes patients. Il est simple à comprendre, mais il demande un peu de pratique pour être efficace. Ne t’attends pas à des résultats miraculeux du premier soir. L’hypnose, comme l’apprentissage d’une nouvelle habitude, se renforce avec la répétition.
Le grignotage du soir commence souvent par une absence de rituel. Tu passes directement du mode « actif » (travail, tâches) au mode « passif » (canapé, télé). Ce changement brutal crée un vide que la nourriture vient combler.
La première chose à faire est de créer un rituel de transition entre ta journée active et ta soirée. Cela peut être aussi simple que :
L’important est que ce rituel soit conscient et répété. Il envoie un signal clair à ton cerveau : « La journée est finie, on entre dans un espace différent. »
Pendant ce rituel, tu peux te poser la question : « Qu’est-ce que je ressens vraiment là, maintenant ? » Fatigue ? Stress ? Ennui ? Tristesse ? Cette prise de conscience est la clé.
Quand l’envie de grignoter arrive, la plupart des gens réagissent par la lutte intérieure : « Non, je ne dois pas », « Arrête », « Tu es nul(le) ». Cette lutte alimente l’envie. Plus tu résistes, plus l’envie devient forte.
L’hypnose ericksonienne propose une approche radicalement différente : accueillir l’envie. Au lieu de la combattre, tu vas t’asseoir avec elle, comme on accueille un invité un peu bruyant mais inoffensif.
Voici comment faire :
Ce simple geste de conscience désamorce l’automatisme. Tu passes d’un geste compulsif à une observation curieuse. Et souvent, en t’arrêtant quelques secondes, tu découvres que l’envie n’est pas une urgence absolue. Elle est juste une vague. Et les vagues, elles montent, puis elles redescendent.
L’envie de grignoter est comme une vague. Si tu la surfes consciemment, elle finit par se retirer. Si tu luttes contre elle, elle t’engloutit.
L’étape suivante est cruciale : proposer une alternative qui satisfait le même besoin. Si ton grignotage est motivé par le besoin de réconfort (besoin de sécurité), une alternative pourrait être de t’enrouler dans une couverture chaude, de boire une boisson chaude, de te masser les mains. Si ton grignotage est motivé par le besoin de stimulation (besoin d’éveil), une alternative pourrait être de mâcher un chewing-gum sans sucre, de grignoter des légumes croquants (carottes, concombres), de faire une petite promenade. Si ton grignotage est motivé par le besoin de calme (besoin de relaxation), une alternative pourrait être d’écouter une méditation guidée, de prendre un bain, de faire quelques étirements.
Le secret est de préparer ces alternatives à l’avance. Si tu attends d’avoir l’envie pour chercher une solution, tu es perdu. Le cerveau fatigué choisit toujours la solution la plus facile et la plus rapide : le grignotage.
Alors, chaque soir, avant de t’installer, prépare une ou deux alternatives. Mets une bouteille d’eau pétillante avec une tranche de citron à portée de main. Prépare une playlist de trois chansons qui te font du bien. Place un coussin de massage ou une balle de tennis sur la table basse. Crée un petit rituel qui devient ton nouveau réflexe.
C’est la pièce maîtresse du protocole. L’auto-hypnose est un outil puissant que tu peux utiliser seul(e) pour reprogrammer ton cerveau en douceur.
Voici un script simple que tu peux pratiquer chaque soir, allongé(e) dans ton lit ou confortablement installé(e) :
Ce protocole, pratiqué 5 à 7 soirs de suite, crée une nouvelle empreinte dans ton cerveau. Tu associes le soir non plus à l’anxiété ou à la compulsion, mais à un état de calme et de choix conscient.
Pour comprendre pourquoi ce protocole fonctionne, il faut comprendre le rôle de l’inconscient. L’hypnose ericksonienne considère que l’inconscient n’est pas un ennemi, mais un allié puissant qui cherche à te protéger et à t’adapter. Quand tu grignotes le soir, ton inconscient ne cherche pas à te faire grossir ou à te faire culpabiliser. Il cherche à répondre à un besoin immédiat : apaiser une émotion, combler un manque, te distraire d’une pensée désagréable.
Le problème, c’est que cette solution est à court terme et a des effets négatifs à long terme. Mais ton inconscient ne raisonne pas en long terme. Il raisonne en survie immédiate. Alors, pour changer, il ne suffit pas de lui dire « arrête ». Il faut lui montrer une autre solution, plus satisfaisante et plus durable.
L’hypnose permet de communiquer directement avec cette partie de toi qui a mis en place le grignotage comme mécanisme de régulation. En état d’hypnose, ton esprit critique est au repos, et ton inconscient est plus ouvert aux suggestions. C’est comme si tu pouvais négocier avec lui, lui proposer un nouveau contrat.
Le protocole que je t’ai décrit utilise plusieurs mécanismes :
Je vois régulièrement des patients qui, après quelques semaines de pratique, me disent : « Je n’ai même plus envie de grignoter. » Ce n’est pas qu’ils ont supprimé l’envie. C’est qu’ils ont trouvé autre chose, plus profond, qui comble le vide. Le grignotage n’a plus de raison d’être.
Comme pour tout changement, les premiers jours sont les plus fragiles. Voici les pièges les plus fréquents que je vois dans mon cabinet, et comment les éviter.
Piège n°1 : Vouloir arrêter du jour au lendemain. Tu as probablement des années de grignotage derrière toi. Ton cerveau a installé des autoroutes neuronales très solides. Ne t’attends pas à les démanteler en une nuit. L’objectif n’est pas de ne jamais grignoter, mais de grignoter moins, et surtout, consciemment. Si tu craques un soir, ce n’est pas un échec. C’est une donnée. Observe ce qui s’est passé, et continue.
Piège n°2 : Se juger sévèrement. La culpabilité est le pire carburant du grignotage. Plus tu te sens coupable, plus tu vas grignoter pour compenser cette culpabilité. C’est un cercle vicieux. Remplace le jugement par la curiosité : « Tiens, qu’est-ce qui s’est passé ce soir ? Qu’est-ce que j’ai ressenti ? » Sans te flageller.
Piège n°3 : Négliger le rituel de transition. Beaucoup de personnes sautent cette étape parce qu’elle leur semble trop simple, voire insignifiante. C’est une erreur. Le rituel de transition est le fondement de tout le protocole. Sans lui, tu restes en mode automatique. Prends-le au sérieux, même si ça te paraît étrange au début.
Piège n°4 : Ne pas préparer d’alternative. Si tu n’as rien de prêt quand l’envie arrive, tu vas retomber dans le grignotage par défaut. C’est mathémat
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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