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Hypnose et IFS : guérir la part de vous qui veut trop manger

Découvrez la partie émotionnelle cachée derrière vos comportements alimentaires.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Vous avez sûrement déjà vécu ça. Une fin de journée difficile. Vous êtes fatigué, un peu tendu. Vous ouvrez le placard, vous voyez ce paquet de biscuits. Et là, en quelques secondes, ce n’est plus vous qui décidez. Une force s’empare de votre main, vous mangez un, puis deux, puis la moitié du paquet. Et après, cette petite voix intérieure qui vous juge : « Mais qu’est-ce que tu as fait ? Tu n’avais même pas faim. » Ce scénario, je l’entends presque chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. Pas parce que vous manquez de volonté, mais parce qu’une partie de vous essaie de vous protéger, à sa manière. Et c’est là que l’hypnose ericksonienne combinée à l’IFS (Internal Family Systems) peut changer la donne. Pas en vous privant, pas en vous forçant à suivre un régime, mais en rencontrant cette part de vous qui veut trop manger, enfin, avec curiosité et bienveillance.

Qui est cette part qui grignote sans faim ?

Quand je travaille avec des adultes qui souffrent de compulsions alimentaires, la première chose que je leur dis, c’est : « Ce n’est pas vous qui voulez ce gâteau. C’est une partie de vous. » Et je vois souvent un mélange de soulagement et d’incrédulité dans leurs yeux. Soulagement, parce que cela enlève un poids de culpabilité. Incrédulité, parce que ça semble trop simple. Pourtant, l’IFS, développé par Richard Schwartz, nous apprend que notre esprit est composé de multiples « parties » – des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle, leur histoire, leur émotion. Imaginez votre psyché comme une famille intérieure. Il y a la partie critique, celle qui vous dit que vous n’êtes pas assez bien. Il y a la partie perfectionniste, celle qui vous pousse à tout contrôler. Et il y a celle qui veut trop manger.

Cette dernière, appelons-la la partie « mangeuse », n’est pas un ennemi. C’est une protectrice. Elle a souvent émergé à un moment de votre vie où vous aviez besoin de réconfort, de sécurité, ou simplement d’une pause face à une émotion trop forte. Peut-être que, enfant, vous avez appris que la nourriture était une source de plaisir fiable quand les adultes n’étaient pas disponibles. Ou que, adolescent, grignoter était votre seul moyen de gérer le stress scolaire. Cette partie n’est pas idiote. Elle est logique. Elle a développé une stratégie de survie émotionnelle. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, cette stratégie est devenue dysfonctionnelle. Elle vous emmène là où vous ne voulez pas aller : prise de poids, culpabilité, honte, et un sentiment d’impuissance.

En hypnose ericksonienne, on ne combat pas cette partie. On l’écoute. Milton Erickson disait que chaque comportement a une intention positive. Même celui qui vous fait finir le paquet de chips à 23h. L’intention, ici, est probablement de vous apaiser, de vous distraire d’une émotion inconfortable, ou de vous donner une sensation de contrôle quand tout semble chaotique. Mais cette intention, aussi bonne soit-elle, est maladroite. Elle utilise la nourriture comme un pansement sur une plaie qui a besoin d’être nettoyée.

Pourquoi la volonté seule ne suffit pas (et ce qui marche vraiment)

Vous avez probablement essayé. Vous vous êtes dit : « À partir de lundi, je stoppe le sucre. » Lundi arrive, vous tenez deux jours, et mercredi soir, vous mangez trois parts de fromage. Puis vous vous sentez nul. Ce cycle, je le connais bien. La volonté n’est pas une mauvaise chose, mais elle s’épuise. C’est comme un muscle : plus vous l’utilisez dans la journée pour résister, plus il faiblit le soir. Et le soir, votre partie mangeuse est souvent plus forte, car vous êtes fatigué, vulnérable, et vos défenses sont baissées.

L’hypnose ericksonienne, associée à l’IFS, agit différemment. Elle ne vous demande pas de résister. Elle vous invite à observer. En état d’hypnose, vous n’êtes pas endormi ni inconscient. Vous êtes dans un état de conscience modifiée, hyper-éveillé, où votre esprit critique est au repos. Cela permet d’accéder directement à l’inconscient, là où ces parties habitent. Vous pouvez alors dialoguer avec votre partie mangeuse, non pas pour la réprimer, mais pour comprendre ce qu’elle veut vraiment.

Je me souviens d’un patient, appelons-le Marc, 42 ans, manager stressé. Il venait me voir parce qu’il mangeait compulsivement chaque soir après le travail. Il se disait : « Je sais que ce n’est pas bon pour moi, mais je ne peux pas m’arrêter. » En séance d’hypnose, je l’ai guidé pour qu’il rencontre cette partie. Il l’a décrite comme une petite fille de 8 ans, assise seule dans une cuisine, qui mangeait des tartines de nutella parce que personne ne lui parlait. Cette partie n’avait pas faim de nourriture. Elle avait faim d’attention, de réconfort, de présence. Marc a alors compris que son comportement alimentaire n’était pas un problème de nourriture, mais un problème de lien. Une fois cette partie reconnue et rassurée, les compulsions ont diminué de façon spectaculaire. Non pas parce qu’il s’est forcé, mais parce qu’il a donné à cette partie ce dont elle avait vraiment besoin.

Les trois mécanismes qui vous piègent (et comment l’hypnose les désamorce)

Pour avancer, il faut comprendre ce qui se joue dans votre assiette. Voici trois mécanismes que je vois systématiquement chez les personnes qui veulent trop manger, et comment l’hypnose les transforme.

1. L’émotion non reconnue devient une faim Le cerveau humain a du mal à distinguer la faim physique de la faim émotionnelle. Quand vous êtes stressé, votre cortisol augmente, et votre corps réclame du sucre pour avoir de l’énergie rapide. C’est un réflexe ancestral. Mais aujourd’hui, ce réflexe est amplifié par vos parties. Si vous avez une partie qui a appris à apaiser l’anxiété avec du chocolat, chaque vague de stress déclenchera une envie de chocolat. L’hypnose vous apprend à reconnaître cette différence. Vous pouvez, par exemple, faire un scan corporel en hypnose : « Où est cette sensation dans mon ventre ? Est-ce une vraie faim ou une tension ? » En quelques semaines, vous devenez capable de faire la différence en quelques secondes, sans effort.

2. La culpabilité renforce la compulsion C’est le piège classique. Vous mangez un biscuit, vous vous sentez coupable, alors vous mangez le paquet entier pour vous punir ou pour « en finir ». Cette culpabilité est souvent alimentée par une partie critique intérieure, celle qui vous juge sans cesse. En IFS, on appelle ça la « partie manager » ou « partie perfectionniste ». Elle veut vous protéger du regard des autres, de l’échec, du jugement. Mais sa méthode est toxique. L’hypnose permet de désamorcer cette culpabilité en installant une nouvelle réponse : quand vous mangez un biscuit, au lieu de vous dire « je suis nul », vous pouvez vous dire « c’est intéressant, je vois que ma partie mangeuse est active. Qu’est-ce qu’elle veut me dire ? » Ce simple changement de perspective brise le cycle.

3. L’automatisme inconscient La plupart de vos décisions alimentaires sont inconscientes. Vous ne décidez pas de manger ce gâteau. Votre main bouge toute seule. C’est un conditionnement. L’hypnose ericksonienne est redoutable pour cela : elle utilise des métaphores et des suggestions indirectes pour reprogrammer ces automatismes. Par exemple, je peux suggérer à votre inconscient que lorsque vous ouvrez le frigo sans faim, une lumière intérieure s’allume, vous rappelant de faire une pause de trois respirations. Ce n’est pas magique, c’est du reconditionnement. Et ça marche parce que votre inconscient n’aime pas les ordres directs, mais il adore les images et les histoires.

« La nourriture n’est jamais le problème. Le problème, c’est ce que vous essayez d’engourdir en mangeant. » – Gabor Maté

Cette citation de Gabor Maté résume tout. Si vous voulez arrêter de trop manger, vous devez arrêter de vous focaliser sur la nourriture. Vous devez vous intéresser à ce que vous fuyez. Et c’est exactement ce que l’hypnose et l’IFS vous permettent de faire : aller voir la blessure, pas le pansement.

Comment l’hypnose ericksonienne prépare le terrain pour l’IFS

L’hypnose ericksonienne, c’est un peu comme un langage secret que vous parlez à votre inconscient. L’IFS, c’est la cartographie de ce que vous allez y trouver. Les deux sont complémentaires. En séance, je commence souvent par une induction hypnotique douce : je vous invite à vous installer confortablement, à fermer les yeux, à porter attention à votre respiration. Je parle de votre corps, de vos sensations, de l’espace autour de vous. Petit à petit, votre esprit critique se met en veille. Votre respiration ralentit. Vous entrez dans cet état de transe léger où les suggestions passent mieux.

Puis, je vous guide pour rencontrer une partie. Je pourrais dire : « Imaginez que vous êtes dans une pièce. Devant vous, il y a une porte. Derrière cette porte, il y a la partie de vous qui veut trop manger. Vous ne savez pas à quoi elle ressemble. Peut-être est-elle petite, peut-être est-elle grande. Peut-être est-elle un animal, ou une forme. Laissez-la apparaître comme elle veut. » Ensuite, je vous invite à dialoguer avec elle. Pas avec des mots compliqués. Simplement : « Demandez-lui ce qu’elle veut pour vous. » Et souvent, la réponse surprend.

Certaines personnes découvrent que cette partie veut les protéger d’un sentiment de vide. D’autres, qu’elle veut les empêcher de ressentir une colère qu’elles n’osent pas exprimer. D’autres encore, qu’elle est là pour leur rappeler un plaisir oublié. Une fois que vous avez compris son intention positive, vous pouvez la remercier, et lui proposer une nouvelle mission. Par exemple : « D’accord, tu veux me protéger de la tristesse. Mais maintenant, je suis adulte, je peux gérer cette tristesse autrement. Veux-tu essayer de me rappeler de respirer plutôt que de manger ? » La partie accepte souvent, car elle veut votre bien.

Ce processus n’est pas une thérapie express. Il demande plusieurs séances. Mais les résultats sont profonds. Je ne parle pas de perte de poids rapide, mais de libération. Les personnes que j’accompagne me disent souvent : « Je ne me bats plus contre la nourriture. Je me sens en paix. » Et c’est ça, la guérison.

Ce que l’hypnose ne fait pas (et pourquoi c’est important)

Soyons clairs. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne vous fera pas détester le sucre en une séance. Elle ne vous fera pas perdre 10 kilos sans effort. Si quelqu’un vous promet ça, méfiez-vous. Ce que l’hypnose fait, c’est créer un espace de sécurité intérieure où vous pouvez rencontrer vos parties sans jugement. Elle vous donne des outils pour désamorcer les automatismes, mais vous devez les utiliser. C’est comme un entraînement mental. Vous ne devenez pas un coureur de marathon en une course, mais en répétant le geste.

L’IFS, de son côté, n’est pas une thérapie de la parole classique. On ne passe pas des heures à analyser votre enfance. On va droit au but : identifier la partie, comprendre son rôle, la libérer de son fardeau. Parfois, cela implique de revisiter un souvenir douloureux, mais toujours en douceur, avec votre consentement. Je ne vous laisse jamais submergé par l’émotion. Je vous ramène à votre centre, à votre « Soi » – cette partie de vous qui est calme, curieuse, compatissante. C’est depuis ce Soi que vous pouvez guérir vos parties.

Trois choses que vous pouvez faire dès maintenant (avant même de prendre rendez-vous)

Si vous lisez cet article et que vous vous reconnaissez, voici trois petits gestes que vous pouvez poser aujourd’hui, sans matériel, sans engagement.

1. La pause des trois respirations La prochaine fois que vous sentez l’envie de grignoter sans faim, arrêtez-vous. Mettez votre main sur votre ventre. Prenez trois respirations profondes, en gonflant le ventre à l’inspiration, en le rentrant à l’expiration. Pendant ce temps, dites-vous intérieurement : « Je choisis de ressentir ce que je ressens, sans manger. » Cela casse l’automatisme. Vous verrez, l’envie diminue souvent de 50% en 30 secondes.

2. Tenez un journal de vos parties Prenez un carnet. Chaque soir, notez un moment où vous avez eu une envie alimentaire. Demandez-vous : « Quelle émotion était là juste avant ? Colère ? Tristesse ? Ennui ? Stress ? » Puis, écrivez une phrase à cette partie : « Merci d’essayer de m’aider. Je t’entends. » Pas de jugement. Juste de la reconnaissance. Cela commence à construire une relation différente avec vous-même.

3. Visualisez votre partie mangeuse Avant de dormir, fermez les yeux. Imaginez cette partie de vous qui veut trop manger. Donnez-lui une forme, un âge, une couleur. Posez-lui une question silencieuse : « Qu’est-ce que tu veux vraiment pour moi ? » Ne forcez pas la réponse. Laissez venir une image, un mot, une sensation. Parfois, la réponse est surprenante. Une patiente m’a dit que sa partie était un petit ours en peluche qui voulait juste un câlin. Depuis, elle lui fait une place dans son lit, et elle mange moins.

Quand ces outils ne suffisent pas (et pourquoi consulter peut être la bonne décision)

Ces petits gestes sont puissants, mais ils ne remplacent pas un accompagnement personnalisé. Si vos compulsions sont fréquentes, intenses, ou liées à des traumatismes anciens, il est sage de consulter. L’hypnose ericksonienne et l’IFS sont des approches qui s’apprennent et se pratiquent avec un professionnel formé. En cabinet, je peux adapter les métaphores à votre histoire, gérer les résistances inconscientes, et vous guider en toute sécurité dans des territoires émotionnels que vous n’oseriez pas explorer seul.

Je reçois des adultes de Saintes et des environs, mais aussi en visio pour ceux qui sont plus loin. Certains viennent pour des problèmes alimentaires, d’autres pour de l’anxiété, du stress, ou une préparation mentale sportive. Mais dans tous les cas, le cœur du travail est le même : rencontrer les parties qui souffrent, et leur redonner leur place.

Conclusion : vous n’êtes pas votre compulsion

Si vous lisez ces lignes, sachez une chose : vous n’êtes pas faible. Vous n’êtes pas un échec. Vous êtes une personne avec une partie qui essaie de vous protéger, mais qui a mal choisi son outil. La nourriture est un excellent réconfort à court terme, mais un piètre guérisseur à long terme. Vous méritez mieux qu’une vie rythmée par la culpabilité et les privations.

Alors, si vous sentez que le moment est venu de changer de regard sur votre rapport à l’alimentation, je vous propose une chose simple : prenez contact. Pas pour vous engager tout de suite, mais pour échanger. Une conversation de 15 minutes, sans pression, pour que vous puissiez sentir si ce que je propose résonne avec vous. Je ne vends pas de solution miracle. Je propose un chemin, avec des outils, de la présence, et une confiance dans votre capacité à guérir.

Vous pouvez m’écrire via mon site, ou me téléphoner. Je serai heureux de vous accueillir, que ce soit dans mon cabinet à Saintes ou par écran interposé. Après tout, la première partie à rencontrer, c’est peut-être celle qui hésite à franchir le pas. Et elle aussi, elle a besoin d’être entendue.

Prenez soin de vous. Et de toutes vos parties.

Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et intelligence relationnelle
Saintes – Visio

À propos de l'auteur

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Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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