HypnoseHabitudes Et Comportements

Hypnose et tabac : que se passe-t-il dans votre inconscient ?

Plongez dans l’esprit pour comprendre le changement durable.

TSThierry Sudan
24 avril 202611 min de lecture

Vous avez déjà fumé en vous disant : « Celle-ci est la dernière », tout en sachant au fond que ce n’était pas vrai. Peut-être même l’avez-vous répété des centaines de fois, avec une cigarette qui se consume entre les doigts, un goût amer en bouche, et cette petite voix qui insiste : « Pourquoi je continue alors que je ne veux plus ? »

Je reçois des personnes comme vous chaque semaine à Saintes. Des adultes, des sportifs, des parents, des actifs. Tous ont un point commun : ils ont déjà tout essayé. Patchs, gommes, cigarette électronique, volonté de fer, parfois même des applications qui comptent les jours d’abstinence. Et pourtant, un soir de stress, de fatigue, ou d’apéro entre amis, la main a retrouvé le geste. Comme un réflexe dont la tête ne veut plus, mais que le corps réclame encore.

Ce que je vais vous dire ici n’est pas une promesse de miracle. L’hypnose ne fait pas de magie. Mais elle fait quelque chose d’autre, de plus profond : elle va chercher dans votre inconscient ce qui maintient la cigarette en place, et elle lui offre une porte de sortie que votre volonté seule n’a jamais réussi à ouvrir.

Alors, que se passe-t-il vraiment dans cet espace intérieur quand on arrête de fumer avec l’hypnose ? Je vous propose d’entrer dans la mécanique, sans blabla ni jargon, avec des exemples concrets de ce que je vois en cabinet.

Votre inconscient n’est pas un ennemi, mais un gardien fatigué

Quand vous décidez d’arrêter de fumer, vous engagez un combat frontal. Votre conscient dit « stop », mais votre inconscient, lui, continue d’envoyer des signaux : « C’est l’heure de la pause, tu es stressé, allume une cigarette, tu as fini de manger, il te faut ce moment. » Ce décalage est épuisant. Vous vous sentez en guerre avec vous-même.

Pourtant, l’inconscient n’est pas un saboteur. C’est un système de protection archaïque, programmé pour maintenir des routines qui, à un moment donné, vous ont rendu service. La cigarette n’est pas arrivée par hasard. Peut-être qu’elle vous a aidé à gérer une période de pression au travail, à socialiser plus facilement, ou à vous couper d’une émotion trop forte. Votre inconscient a enregistré : « Ce geste = soulagement ». Et il le répète, même quand vous n’en avez plus besoin, parce que sa mission est de vous éviter l’inconfort.

Je pense à Julien, 42 ans, commercial. Il venait me voir en se traitant de « faible ». Il fumait depuis vingt ans, et chaque tentative d’arrêt le rendait irritable, anxieux, avec des insomnies. En séance, on a exploré ce que représentait la cigarette pour lui. Il s’est rappelé qu’à 18 ans, elle lui permettait de « faire le grand » avec ses collègues plus âgés. Plus tard, elle était devenue son seul moment de solitude dans une journée surchargée. Son inconscient n’était pas un ennemi : il avait simplement verrouillé une stratégie de survie sociale, puis une bouffée d’oxygène mental.

L’hypnose ne va pas arracher cette habitude par la force. Elle va dialoguer avec ce gardien fatigué, lui montrer qu’il existe d’autres moyens de répondre aux mêmes besoins. C’est un travail de négociation, pas de guerre.

L’hypnose ericksonienne : une porte d’entrée vers le changement sans lutte

Milton Erickson, le père de l’hypnose que j’utilise, disait que l’inconscient est comme un cheval : plus vous tirez sur les rênes, plus il se cabre. L’hypnose ericksonienne, c’est l’art de marcher à côté du cheval, de lui parler doucement, jusqu’à ce qu’il accepte de changer de direction sans même s’en rendre compte.

Concrètement, quand vous êtes en séance, vous n’êtes pas endormi ni inconscient au sens médical. Vous êtes dans un état de conscience modifié, un peu comme juste avant de vous endormir, quand votre esprit vagabonde et que les idées se connectent plus librement. Votre conscient lâche un peu la barre, et votre inconscient devient plus réceptif aux nouvelles suggestions.

Ce qui se passe alors dans votre inconscient, c’est une réorganisation. Les liens neuronaux qui associent « cigarette » à « plaisir », « pause », « gestion du stress » commencent à se défaire. On ne les efface pas – on ne peut pas faire comme si vous n’aviez jamais fumé – mais on crée de nouvelles associations. Par exemple, le geste de porter la main à la bouche peut être redirigé vers une respiration consciente. La sensation de manque peut être transformée en une vague d’énergie que vous utilisez pour autre chose.

« Ce que l’hypnose fait, ce n’est pas vous enlever quelque chose. C’est vous offrir une autre façon de répondre à ce que la cigarette venait combler. Votre inconscient n’est pas un mur, c’est une terre fertile. Si on plante autre chose, le tabac finit par ne plus avoir sa place. »

Je ne vous promets pas que vous ne penserez plus jamais à la cigarette. Mais vous n’aurez plus à lutter contre. Le désir s’éloigne, comme une vieille histoire qui cesse de vous hanter.

Le piège de la volonté : pourquoi votre cerveau conscient n’est pas le bon outil

Beaucoup de personnes arrivent en cabinet en disant : « J’ai une volonté de fer, mais ça ne marche pas. » Et c’est normal. La volonté, c’est votre conscient. Elle est utile pour prendre une décision, mais pas pour maintenir un changement dans la durée face à des déclencheurs émotionnels ou environnementaux.

Quand vous utilisez la volonté pour arrêter de fumer, vous activez une zone de votre cerveau (le cortex préfrontal) qui gère la prise de décision et l’inhibition. Mais cette zone se fatigue. Comme un muscle, elle s’épuise après une journée de travail, après une dispute, après une soirée arrosée. C’est à ce moment-là que la cigarette revient, parce que votre conscient n’a plus l’énergie de dire non.

L’inconscient, lui, ne se fatigue pas. Il fonctionne sur des boucles automatiques. L’hypnose ne remplace pas votre volonté, elle la soulage. Elle va reprogrammer les automatismes à un niveau plus profond. Vous n’aurez plus à « résister » à l’envie, parce que l’envie elle-même changera de nature.

Je me souviens de Claire, une enseignante de 38 ans. Elle avait arrêté de fumer pendant six mois avec des patchs, mais une crise familiale l’avait fait replonger. Elle se disait : « Je n’ai pas assez de force. » En réalité, sa volonté était intacte. C’est son système nerveux qui, sous stress, avait repris la seule stratégie de régulation qu’il connaissait : la cigarette. L’hypnose lui a appris à son inconscient d’autres stratégies : la respiration, l’ancrage dans le sol, un geste de recentrage. Aujourd’hui, quand elle est sous pression, sa main cherche une tasse de thé, pas un paquet.

L’IFS et l’Intelligence Relationnelle : quand fumer n’est pas qu’une habitude, mais une partie de vous

Je ne travaille pas qu’avec l’hypnose. J’utilise aussi l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Pourquoi ? Parce que parfois, la cigarette n’est pas qu’une addiction. Elle est liée à une partie de vous qui a un rôle spécifique, souvent protecteur.

En IFS, on considère qu’il y a en nous différentes « parties ». Par exemple, une partie qui veut arrêter de fumer pour votre santé, une autre qui a peur de prendre du poids, une autre encore qui utilise la cigarette pour gérer l’ennui ou la colère. Et souvent, la partie qui fume n’est pas une « mauvaise partie ». C’est une partie qui, à un moment de votre vie, a pris le relais pour vous éviter de ressentir quelque chose de plus douloureux.

Quand je reçois un sportif, un coureur ou un footballeur, la cigarette peut être un paradoxe : il veut performer, mais il fume. En explorant, on découvre parfois que fumer est une façon de « redescendre » après l’effort, ou de « gérer la pression » avant une compétition. L’hypnose seule peut travailler sur le geste, mais l’IFS permet de dialoguer avec cette partie, de comprendre ce qu’elle craindrait si elle arrêtait. Et l’Intelligence Relationnelle, elle, vous aide à repérer les schémas relationnels qui déclenchent l’envie : une dispute, un sentiment de solitude, un besoin de reconnaissance.

« Arrêter de fumer, ce n’est pas seulement perdre une habitude. C’est aussi apprendre à accueillir ce que la cigarette venait anesthésier. Et parfois, c’est là que le vrai changement commence. »

Prenons un exemple. Marc, 35 ans, footballeur amateur. Il fumait surtout après les matchs, avec l’équipe, pour « faire partie du groupe ». La cigarette était devenue un rite social. Quand on a exploré cela, on s’est rendu compte qu’il avait peur d’être exclu s’il arrêtait. L’hypnose a travaillé sur la confiance en lui, et l’Intelligence Relationnelle sur sa capacité à dire non sans perdre le lien. Aujourd’hui, il boit un verre d’eau avec ses coéquipiers, et personne n’a remarqué le changement.

Ce que l’hypnose ne fait pas (et pourquoi c’est important à savoir)

Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas si vous n’êtes pas prêt, si vous venez sous pression familiale, ou si vous attendez que je « fasse le travail à votre place ». Le changement, c’est vous qui le créez. Je suis un guide, un facilitateur, mais l’inconscient est le vôtre.

L’hypnose ne vous fera pas oublier que vous avez fumé. Elle ne supprime pas les souvenirs, ni les moments où la cigarette était associée à du plaisir. Ce qu’elle fait, c’est changer la charge émotionnelle de ces souvenirs. Vous pourrez repenser à une cigarette sur une terrasse en été sans avoir l’impression qu’il vous en manque un morceau. Mais le souvenir restera, et c’est normal.

Elle ne vous protégera pas non plus des déclencheurs externes. Si vous continuez à traîner dans des lieux où tout le monde fume, votre inconscient sera stimulé. L’hypnose vous donne des ressources pour gérer ces situations, mais elle ne les fait pas disparaître. C’est pour cela que je travaille aussi sur votre environnement et vos habitudes : qu’allez-vous faire à la place ? Quelle nouvelle routine allez-vous installer ?

Enfin, l’hypnose ne remplace pas un suivi médical si votre dépendance est très forte ou si vous avez des problèmes de santé liés au tabac. Je ne suis pas médecin. Je suis là pour accompagner le changement psychologique et comportemental, pas pour traiter des pathologies.

Ce que vous pouvez faire maintenant, avant même de venir en séance

Si vous lisez ces lignes et que vous sentez que le moment est venu de faire quelque chose, voici un petit exercice que vous pouvez essayer chez vous. Il ne remplace pas une séance, mais il ouvre une porte.

Prenez quelques minutes, seul, dans un endroit calme. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et portez votre attention sur votre respiration. Sans la modifier, observez l’air qui entre et qui sort. Puis, posez-vous cette question, à voix basse ou dans votre tête : « Qu’est-ce que la cigarette vient faire pour moi, à ce moment précis de ma vie ? »

Ne cherchez pas à répondre tout de suite. Laissez émerger une image, un mot, une sensation. Peut-être que vous verrez un visage, une situation, une émotion. Accueillez ce qui vient, sans jugement. Puis remerciez cette partie de vous qui a essayé de vous protéger, même si aujourd’hui vous souhaitez changer.

Cet exercice est un premier pas. Il montre à votre inconscient que vous êtes prêt à l’écouter, pas à le combattre. Et c’est exactement ce que l’hypnose va approfondir.

Conclusion : une main tendue vers votre propre changement

Arrêter de fumer, ce n’est pas perdre quelque chose. C’est gagner du temps, de l’énergie, de la liberté. Mais je sais que le chemin peut sembler long, surtout si vous avez déjà échoué. Ce que je veux que vous reteniez, c’est que vous n’êtes pas en échec. Vous avez juste essayé avec un outil (la volonté) qui n’était pas le bon pour ce travail profond.

L’hypnose, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle sont des outils différents. Ils ne vous demandent pas de vous battre, mais de vous comprendre. Et parfois, la compréhension est plus puissante que mille résolutions.

Si vous habitez à Saintes ou dans les environs, si vous lisez ces lignes et que vous sentez une petite vibration intérieure, un « et si je tentais autre chose ? », alors prenez contact. On peut se rencontrer, sans engagement, juste pour parler de ce qui se joue pour vous. Je ne suis pas là pour vous vendre une méthode miracle, mais pour vous accompagner sur un chemin que vous seul pouvez parcourir.

Je m’appelle Thierry Sudan, et je reçois à Saintes depuis 2014. Si vous voulez comprendre ce qui se passe dans votre inconscient, et lui donner une chance de vous surprendre, je suis là.

Faites le premier geste. Pas pour allumer une cigarette, mais pour ouvrir une conversation. Avec vous-même, d’abord. Et avec moi, si vous le souhaitez.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

Prendre contact

Cet article vous a parlé ?

Parlons-en — premier échange, sans engagement.

Premier échange gratuit