3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Libérez-vous des gestes qui vous gênent au quotidien.
Vous êtes au restaurant. La conversation est animée, les rires fusent. Soudain, vous sentez cette tension monter dans votre épaule, ce besoin irrépressible de hausser la nuque, de cligner des yeux trois fois de suite, ou de tousser pour rien. Vous essayez de retenir le geste, mais il finit par sortir. Et là, ce regard furtif de votre voisin de table. Ce petit rien qui vous fait honte, qui vous fait vous sentir différent, qui vous enferme dans une boucle silencieuse.
Je vois régulièrement des personnes comme vous dans mon cabinet à Saintes. Des adultes, souvent brillants, parfois sportifs de haut niveau, qui viennent me dire : « Thierry, je n’en peux plus. Ce tic me pourrit la vie. Il me trahit lors des entretiens, pendant mes matchs, ou juste quand je veux être tranquille. » Et derrière cette gêne, il y a une vraie fatigue. Celle de lutter contre son propre corps. Celle de se sentir jugé. Celle de croire qu’on ne pourra jamais s’en libérer.
Pourtant, il existe une voie. Une voie douce, respectueuse, qui ne cherche pas à « arracher » le tic comme on arrache une mauvaise herbe, mais qui va en comprendre la racine pour le laisser se dissoudre. C’est l’hypnose ericksonienne, souvent combinée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’intelligence relationnelle. Dans cet article, je vais vous montrer comment ces approches peuvent vous aider à reprendre le pouvoir sur ces gestes involontaires, sans violence, sans médicaments, et avec des résultats qui tiennent dans la durée.
Avant de chercher une solution, il faut comprendre ce qui se passe dans votre cerveau quand le tic survient. Beaucoup de personnes pensent que le tic est un « caprice » ou un « manque de volonté ». C’est faux. Un tic nerveux est un mouvement moteur ou vocal soudain, rapide, répétitif, non rythmique. Il est involontaire, même si vous pouvez parfois le réprimer un court instant.
Imaginez votre cerveau comme une grande gare de triage. Des milliers de signaux circulent en permanence. Normalement, un filtre (appelé « inhibition ») empêche les signaux parasites de passer. Mais chez une personne sujette aux tics, ce filtre est un peu poreux. Certains signaux moteurs « s’emballent » et sortent sans autorisation. C’est comme si, dans la gare, un petit train de marchandises partait tout seul sur un rail sans conducteur.
Ce mécanisme est souvent lié à une sensibilité particulière du système nerveux. Vous êtes peut-être une personne très réactive au stress, aux émotions, ou aux sensations physiques. Le tic n’est pas une maladie honteuse, c’est une stratégie de décharge. Votre cerveau, submergé par une tension interne (stress, excitation, ennui, fatigue), trouve un exutoire : le tic. Il libère une pression. Le problème, c’est qu’ensuite, cette libération crée une nouvelle tension : la gêne sociale, l’auto-jugement, la peur du prochain tic. Et ce cercle vicieux alimente le tic.
« Le tic n’est pas votre ennemi. C’est une partie de vous qui a appris à gérer une tension que vous n’arriviez pas à exprimer autrement. »
Vous avez peut-être déjà essayé de le contrôler en serrant les dents, en vous raidissant. Résultat ? La tension monte encore plus, et le tic revient en force. C’est normal. La lutte directe renforce le problème. L’hypnose va vous apprendre à faire exactement l’inverse : à lâcher prise sur la lutte, pour permettre au cerveau de reprogrammer ce réflexe.
Je reçois souvent des personnes qui ont tout essayé. Les techniques de « stop » : se dire « non » intérieurement, se pincer, se distraire. Les thérapies comportementales classiques (comme la HRT – Habit Reversal Training) qui consistent à remplacer le tic par un geste concurrent. Parfois, ça marche un temps. Mais souvent, le tic revient ailleurs, ou sous une autre forme. Pourquoi ? Parce que ces approches s’attaquent au symptôme, pas à la cause.
Prenons un exemple concret. J’ai accompagné un entrepreneur, appelons-le Marc. Marc avait un tic de clignement des yeux très prononcé. Il ne pouvait pas tenir une réunion sans cligner 10 fois de suite. Il avait essayé de se concentrer sur un point fixe, de respirer profondément, de porter des lunettes de soleil. Rien n’y faisait. Il était épuisé.
Ce que Marc ne voyait pas, c’est que son tic n’était pas un problème de paupières. C’était un problème de relation à la pression. Dans son enfance, il avait appris à être « parfait », à ne jamais montrer de faiblesse. Quand une émotion forte montait (colère, frustration, peur de l’échec), son corps la bloquait. Le tic était la seule soupape de sécurité qu’il avait trouvée. En luttant contre le tic, il luttait contre une partie de lui-même qui essayait de l’aider.
Les solutions volontaires échouent parce qu’elles sont en guerre contre le système nerveux. Or, vous ne pouvez pas gagner une guerre contre votre propre corps. L’hypnose, combinée à l’IFS, propose une trêve. Elle vous apprend à dialoguer avec cette partie de vous qui produit le tic, à comprendre ce qu’elle essaie de protéger, et à lui offrir un nouveau rôle.
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec un spectacle de foire. Vous ne perdez pas conscience, vous ne devenez pas une marionnette. Au contraire, vous entrez dans un état de conscience modifié, un peu comme lorsque vous êtes absorbé par un film ou une rêverie. C’est un état d’hyper-concentration intérieure, où votre esprit critique s’apaise et où votre cerveau devient plus réceptif aux suggestions.
Milton Erickson, le père de cette approche, disait que l’inconscient est un jardinier patient. Il ne force pas une graine à pousser, il crée les conditions pour qu’elle germe. L’hypnose ericksonienne fonctionne de la même manière pour les tics.
Comment ça se passe concrètement ?
Lors d’une séance, je vais d’abord vous aider à entrer dans un état de relaxation profonde. Pas une relaxation de plage, mais un état où votre corps se sent en sécurité. Ensuite, je vais utiliser des métaphores, des histoires, des suggestions indirectes. Je ne vais pas vous dire : « Vous allez arrêter de cligner des yeux. » Votre conscient se rebellerait. Je vais plutôt raconter l’histoire d’un vieux robinet qui goutte, et comment, en changeant un joint, l’eau s’écoule à nouveau calmement. Votre inconscient, lui, fera le lien.
Je vais aussi vous guider pour que vous puissiez « revisiter » le moment où le tic apparaît, mais cette fois avec une nouvelle ressource. Par exemple, si vous avez un tic de la nuque, je peux vous suggérer de ressentir une vague de chaleur qui descend dans cette zone, transformant la tension en une simple sensation de mouvement libre.
L’objectif n’est pas de supprimer le tic, mais de lui donner une nouvelle voie d’expression. Le cerveau apprend alors que la tension peut se dissiper autrement : par une respiration plus ample, par un relâchement musculaire, par une image mentale. C’est une reprogrammation en douceur. Les résultats ne sont pas toujours immédiats (parfois une à trois séances suffisent, parfois plus). Mais ils sont durables, parce que vous ne combattez plus votre nature, vous l’accompagnez.
L’hypnose est un outil puissant, mais elle devient encore plus efficace quand on la combine avec l’IFS (Internal Family Systems). L’IFS part d’une idée simple : notre psyché est composée de différentes « parties », comme des sous-personnalités. Chaque partie a une intention positive, même si ses actions sont destructrices.
Prenons votre tic. Au lieu de le détester, je vous propose de le considérer comme une partie de vous. Une partie qui s’est formée dans un contexte de stress, de fatigue ou de pression. Cette partie a pris le rôle de « pompier » : elle éteint un feu émotionnel en produisant un mouvement. Elle vous protège d’une angoisse plus grande. Si vous lui en voulez, elle se sent attaquée et se défend en s’activant plus fort.
Un exercice simple pour commencer :
La prochaine fois que le tic se manifeste, au lieu de le réprimer, arrêtez-vous une seconde. Posez-vous ces questions :
Vous serez peut-être surpris. Un jour, un patient m’a dit : « Mon tic de la gorge, c’est comme un gardien qui vérifie que rien de dangereux ne sort de ma bouche. » Cette simple prise de conscience a changé son rapport à son tic. Il a cessé de le combattre, il a commencé à le remercier pour son service. Et progressivement, le gardien a accepté de prendre sa retraite.
En cabinet, je guide les personnes dans un dialogue intérieur avec cette partie. En état d’hypnose, vous pouvez lui demander : « De quoi as-tu besoin pour te sentir en sécurité, pour lâcher ce rôle ? » Parfois, la réponse est surprenante : « J’ai besoin que tu t’autorises à dire non », ou « J’ai besoin que tu respires quand tu es stressé. » L’IFS permet de transformer un ennemi en allié.
Un des aspects les plus douloureux des tics, c’est la honte sociale. Vous anticipez le regard des autres, vous vous imaginez qu’ils pensent du mal de vous, vous vous jugez vous-même. Cette peur du jugement est un carburant puissant pour le tic. Plus vous avez peur de le faire, plus vous le faites. C’est le paradoxe de la suppression.
L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à naviguer dans vos relations avec les autres et avec vous-même. Elle vous apprend à désamorcer ce cercle vicieux. Comment ? En changeant votre rapport à l’autre.
Voici une stratégie que je propose souvent :
Imaginez la scène. Vous êtes en réunion. Vous sentez le tic arriver. Au lieu de le bloquer, vous décidez de l’accueillir. Vous pensez : « D’accord, mon corps fait ce mouvement. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas une faiblesse, c’est juste une information. » Vous relâchez la tension dans votre mâchoire, vos épaules. Vous respirez.
Ensuite, vous portez votre attention sur la personne en face de vous. Pas sur ce qu’elle pense de vous, mais sur elle. Vous l’écoutez vraiment. Vous êtes curieux de ce qu’elle dit. Ce simple déplacement d’attention – de votre intérieur vers l’extérieur – casse la boucle d’auto-surveillance. Le tic perd son carburant.
Un autre aspect est d’apprendre à communiquer sur votre tic, si vous le souhaitez. Vous n’êtes pas obligé de vous justifier. Mais parfois, une phrase simple comme : « Désolé, j’ai un petit tic nerveux, ça va passer tout seul » désamorce toute la tension. Vous reprenez le contrôle du récit. Vous n’êtes plus la victime du tic, vous êtes la personne qui le gère avec aisance.
L’intelligence relationnelle, c’est aussi apprendre à être bienveillant avec vous-même. C’est accepter que vous êtes humain, que votre corps a ses particularités, et que cela ne diminue en rien votre valeur. Quand vous cessez de vous juger, le tic perd son pouvoir de nuisance.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre tic en une séance si vous avez 20 ans de tics derrière vous. Elle ne va pas non plus vous rendre « normal » au sens où vous n’aurez plus jamais aucune tension. Ce n’est pas le but.
Ce que l’hypnose ne fait pas :
Ce que l’hypnose fait vraiment :
Un patient m’a dit un jour : « Je n’ai plus de tic, mais je sens parfois la tension monter. Maintenant, je sais quoi faire. Je respire, je parle à la partie qui s’inquiète, et ça passe. » C’est ça, le vrai succès. Pas l’absence de difficulté, mais la capacité à la traverser avec douceur.
Je ne veux pas vous vendre un rêve. Mais je veux vous donner une idée de ce qui est possible. J’ai vu des personnes arrêter de cligner des yeux après 20 ans de souffrance. J’ai vu des sportifs retrouver leur fluidité de mouvement, sans ce petit geste parasite qui les trahissait pendant une compétition. J’ai vu des mamans pouvoir lire une histoire à leur enfant sans tousser nerveusement.
Un exemple récent :
Un coureur de fond, appelons-le Antoine, venait me voir pour un tic de la mâchoire. Pendant ses efforts, il serrait les dents au point d’avoir des douleurs et de se déconcentrer. Il avait essayé des protège-dents, des techniques de relaxation, rien n’y faisait.
En hypnose, nous avons exploré l’origine de cette tension. Elle était liée à une peur de « ne pas en faire assez », de « lâcher prise ». Son tic était une tentative de contrôler l’effort. Nous avons travaillé sur l’acceptation de la vulnérabilité, sur le fait que courir, c’est aussi savoir se laisser porter. En trois séances, Antoine a appris à détendre sa mâchoire en courant. Son tic a disparu. Il a amélioré son temps de course, mais surtout, il a retrouvé du plaisir.
Ces résultats ne sont pas rares. Ils sont le fruit d’une approche respectueuse, qui ne force pas le changement, mais qui crée un terrain favorable. Votre inconscient sait ce qui est bon pour vous. L’hypnose lui donne simplement la permission de le faire.
Vous n’êtes pas seul. Ce tic qui vous gêne, qui vous isole parfois, qui vous fait honte, n’est pas une fatalité. Il est le signe d’une intelligence de votre corps, d’une adaptation que vous avez mise en place pour traverser des moments difficiles. Aujourd’hui, vous avez le choix. Vous pouvez continuer à lutter, à vous épuiser, à vous juger. Ou vous pouvez choisir une autre voie : celle de la douceur, de la compréhension, de la reprogrammation.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’intelligence relationnelle ne sont pas des techniques miracles. Ce sont des chemins. Des chemins qui
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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