3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comparaison douce entre lâcher-prise et discipline pour enfin agir.
Tu as probablement déjà connu ça. Un dossier qui traîne sur ton bureau depuis des semaines. Cette conversation importante que tu remets à demain. Ce projet personnel qui reste au stade de bonne intention. Tu te dis qu’il te faut plus de volonté, plus de discipline. Tu t’énerves contre toi-même, tu te promets que cette fois, ça va changer. Et pourtant, le lendemain, le scénario se répète.
Je vois ça presque tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des gens intelligents, compétents, qui n’arrivent pas à faire ce qu’ils veulent faire. Ils pensent qu’ils sont faibles, paresseux, ou qu’il leur manque ce truc mystérieux qu’on appelle la volonté. Alors ils serrent les dents, ils tentent de se forcer, et ça marche un jour ou deux. Puis ça craque. Parce que la volonté, c’est comme un muscle : plus tu tires dessus sans comprendre ce qui se passe en dessous, plus elle se fatigue et finit par lâcher.
Mais il existe une autre voie. Une voie qui ne passe pas par la lutte contre toi-même. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (le travail avec les parties de toi), et l’Intelligence Relationnelle proposent quelque chose de radicalement différent : arrêter de te battre pour enfin agir. Pas en abandonnant, mais en comprenant ce qui, en toi, résiste. Et en transformant cette résistance en ressource.
Alors, hypnose ou volonté ? Laquelle gagne contre la procrastination ? La réponse va peut-être te surprendre : aucune des deux, si tu les opposes. Mais si tu apprends à les faire travailler ensemble, tu obtiens quelque chose de bien plus puissant que la simple discipline ou le simple lâcher-prise.
Quand tu te dis « il faut que je m’y mette », tu actives une partie de toi qui est en mode commandant. Celle qui veut bien faire, qui a des objectifs, qui sait ce qui est bon pour toi. Cette partie, je l’appelle souvent le Manager dans le modèle IFS. Elle est organisée, motivée, parfois un peu dure. Elle te pousse, elle te rappelle tes échéances, elle te compare à ceux qui ont déjà réussi.
Mais en face, il y a une autre partie. Celle qui a peur. Peur de l’échec, peur du jugement, peur de ne pas être à la hauteur. Peur que ce que tu vas produire ne soit pas parfait, ou pire, qu’il soit médiocre. Cette partie-là, elle ne parle pas fort. Elle n’argumente pas. Elle agit en douceur, en détournant ton attention. Elle te fait ouvrir une énième notification, te propose un café, te rappelle que tu as bien mérité une pause. Et avant que tu t’en rendes compte, deux heures ont passé.
C’est là que la volonté entre en conflit direct avec cette partie protectrice. Toi, tu veux avancer. Elle, elle veut te protéger de l’inconfort. Alors tu tires d’un côté, elle tire de l’autre. Et ce qui se passe, c’est que tu t’épuises. Plus tu forces, plus la résistance devient forte. C’est le principe de l’homéostasie : ton système nerveux cherche l’équilibre. Si tu pousses trop fort, il va compenser en te freinant encore plus fort.
Je pense à un client, appelons-le Marc, un commercial qui venait me voir parce qu’il n’arrivait pas à préparer ses rendez-vous. Pourtant, il adorait son métier. Il me disait : « Je sais que si je prépare, je vends mieux. Mais je reste scotché à mon canapé. » On a exploré ce qui se passait juste avant qu’il ouvre son ordinateur. Il ressentait une vague d’angoisse. Pas de la peur du client, non. La peur de ne pas être parfait dans sa préparation, de passer à côté d’un détail, de donner une mauvaise image. Sa partie protectrice préférait ne rien faire plutôt que de risquer une performance imparfaite.
La volonté seule ne peut rien contre ça. Parce que ce n’est pas un problème de motivation. C’est un problème de protection. Tu ne procrastines pas parce que tu es fainéant. Tu procrastines parce qu’une partie de toi estime que c’est plus sûr de ne pas agir. Et tant que tu n’auras pas écouté cette partie, elle continuera à gagner.
« La procrastination n'est pas un défaut de caractère. C'est une stratégie de survie de ton système nerveux. Il choisit le confort immédiat plutôt que le risque d'un inconfort futur. »
Quand je dis « hypnose » à mes patients, certains imaginent un spectacle de scène ou une personne qui dort. Rien de tout ça. L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, c’est un état de conscience modifié où ton attention est focalisée vers l’intérieur. Tu es pleinement éveillé, mais tu laisses de côté le bruit extérieur et les pensées automatiques pour écouter ce qui se passe en toi.
Dans le cas de la procrastination, l’hypnose permet une chose que la volonté ne peut pas faire : accéder directement à la partie qui résiste, sans la combattre. Quand tu es en état d’hypnose, ton critique intérieur (cette voix qui te juge) s’apaise un peu. Tu peux te connecter à la sensation dans ton corps, à l’émotion qui est là, sans avoir besoin de la chasser ou de la justifier.
Je guide souvent mes patients vers ce qui se passe dans leur corps quand ils pensent à la tâche qu’ils repoussent. Certains sentent une boule dans le ventre, d’autres une tension dans la mâchoire ou une oppression dans la poitrine. Cette sensation, c’est le signal de la partie protectrice. En hypnose, on ne lui dit pas de partir. On l’accueille. On lui demande ce qu’elle veut, ce qu’elle craint. Et souvent, la réponse est surprenante.
Une patiente, Sophie, qui procrastinait sur la rédaction de son mémoire depuis six mois, a découvert en hypnose que sa partie protectrice était en fait une petite fille de sept ans. Cette petite fille avait été humiliée par une institutrice devant toute la classe parce qu’elle avait mal répondu. Depuis ce jour, cette partie avait décidé que pour être en sécurité, il valait mieux ne rien montrer, ne rien finir, ne rien exposer au regard des autres. Le mémoire, c’était l’exposition ultime.
En hypnose, Sophie n’a pas forcé cette petite fille à grandir. Elle est allée la voir, lui a dit qu’elle comprenait sa peur, qu’elle était légitime. Et elle lui a proposé une nouvelle option : « Je peux t’écrire, je peux le faire de manière imparfaite, et ce sera okay. Tu n’es plus dans cette classe. Tu es adulte maintenant. » Ce n’est pas magique. Le lendemain, Sophie ressentait encore une petite résistance. Mais elle savait d’où elle venait. Et elle pouvait choisir de rassurer cette partie plutôt que de la combattre.
L’hypnose ne te donne pas une volonté de fer. Elle te donne une clé pour comprendre pourquoi tu n’agis pas. Et cette compréhension, c’est le premier pas vers un changement durable.
On idéalise beaucoup la discipline. On admire ceux qui se lèvent à 5h, qui enchaînent les tâches sans faiblir, qui ne cèdent jamais à la tentation. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est le prix à payer. La discipline forcée, celle qui vient d’une volonté qui écrase tout sur son passage, finit toujours par créer un contrecoup.
C’est comme un élastique. Plus tu tires, plus la tension monte. À un moment, soit tu lâches d’un coup et tout part en vrille (le fameux « J’ai craqué, j’ai passé trois jours à ne rien faire »), soit tu continues à tirer jusqu’à ce que l’élastique casse (burn-out, épuisement, dégoût de la tâche).
Je vois souvent des sportifs amateurs, des coureurs notamment, qui viennent me voir pour de la préparation mentale. Ils veulent être plus disciplinés dans leur entraînement. Ils se fixent des objectifs ambitieux, des séances quotidiennes, des régimes stricts. Au début, ça marche. Puis vient la première contrariété : une pluie battante, une petite douleur, une fatigue passagère. Et là, soit ils se forcent quand même (et ils se blessent), soit ils sautent une séance et se sentent coupables. La culpabilité les pousse à se forcer encore plus le lendemain, ce qui augmente le risque de blessure ou de démotivation.
La discipline forcée fonctionne sur le principe de la punition et de la récompense. Tu fais ce qu’il faut, tu te félicites. Tu ne le fais pas, tu te punis. Mais ce modèle est épuisant parce qu’il repose sur une guerre intérieure permanente. Tu passes ton temps à négocier avec toi-même, à te menacer, à te promettre des récompenses. Et au bout d’un moment, ton cerveau sature.
Il y a une différence fondamentale entre la discipline et l’action alignée. La discipline, c’est faire quelque chose malgré toi. L’action alignée, c’est faire quelque chose avec toi. La première demande de l’énergie, la seconde en libère. La première crée de la résistance, la seconde la dissout.
Quand tu agis en alignement, tu n’as pas besoin de te forcer. Tu sais pourquoi tu fais les choses. Tu as rassuré la partie qui avait peur. Tu as trouvé un sens qui dépasse la simple obligation. Et ce sens, il n’est pas imposé par une voix intérieure dure. Il vient d’une connexion profonde avec ce qui compte vraiment pour toi.
« La discipline sans compréhension, c'est comme conduire avec le frein à main serré. Tu avances, mais tu uses tout : la mécanique, l'énergie, et ta propre patience. »
Le grand malentendu sur le lâcher-prise, c’est qu’on l’imagine comme une forme d’abandon. « Si je lâche prise, je ne ferai plus rien, je vais rester sur mon canapé toute la journée. » En réalité, le lâcher-prise dont je parle, c’est celui de la lutte intérieure. Ce n’est pas renoncer à agir. C’est renoncer à se battre contre les parties de soi qui résistent.
En IFS, on appelle ça être en « Self-énergie ». C’est un état où tu n’es plus identifié à tes parties. Tu n’es plus le commandant qui force, ni le rebelle qui sabote. Tu es une présence calme, curieuse, compatissante, qui peut observer ce qui se passe en toi sans jugement. Et de cet état, tu peux prendre des décisions qui sont vraiment bonnes pour toi, pas juste des décisions de réaction.
Concrètement, comment on fait ça face à une tâche qu’on repousse ? Voici une approche en trois temps que j’enseigne à mes patients et aux sportifs que j’accompagne.
D’abord, tu t’arrêtes. Tu ne forces pas. Tu poses ce que tu es en train de faire, tu fermes les yeux trente secondes, et tu respires profondément. Tu sens tes pieds sur le sol. Tu prends contact avec ton corps.
Ensuite, tu accueilles la résistance. Au lieu de penser « Je dois absolument m’y mettre », tu te demandes : « Qu’est-ce qui est là, en moi, en ce moment, qui ne veut pas faire cette tâche ? » Tu ne cherches pas une réponse logique. Tu cherches une sensation, une image, un mot. Peut-être que tu sens une lourdeur. Peut-être que tu vois une image de toi en train d’échouer. Peut-être que tu entends une voix qui dit « À quoi bon ? ». Tu accueilles ça. Tu dis à cette partie : « Je te vois. Je sais que tu es là pour me protéger. Merci. »
Enfin, tu renégocies. Une fois que la partie s’est sentie écoutée, tu peux lui proposer un nouveau contrat. « Je comprends que tu veux m’éviter l’inconfort. Est-ce qu’on peut essayer de faire cette tâche pendant seulement cinq minutes, et si c’est trop, on s’arrête ? » La plupart du temps, la partie accepte. Parce qu’elle n’est plus en mode survie. Elle sait qu’elle a été entendue. Et cinq minutes suffisent souvent pour briser la glace et entrer dans l’action.
Ce n’est pas du lâcher-prise passif. C’est un lâcher-prise actif. Tu lâches la lutte, mais tu gardes l’intention. Tu ne te forces plus, mais tu restes présent. Et de cette présence, l’action devient possible, sans violence.
L’Intelligence Relationnelle, c’est cette capacité à comprendre et à gérer les relations avec les autres. Mais elle s’applique aussi à ta relation avec toi-même. Et c’est peut-être le terrain le plus important. Parce que la façon dont tu te parles, dont tu te traites, détermine en grande partie ta capacité à agir.
Quand tu procrastines, tu entres souvent dans un dialogue intérieur toxique. Tu te dis des choses que tu ne dirais jamais à un ami. « Je suis nul. » « Je n’y arriverai jamais. » « Les autres y arrivent, pourquoi pas moi ? » Ce langage active ton système de stress. Il déclenche une réponse de fuite ou de combat. Et dans cet état, la créativité, la motivation, la clarté sont bloquées.
L’Intelligence Relationnelle, c’est d’abord apprendre à se parler comme on parlerait à quelqu’un qu’on respecte et qu’on soutient. Pas avec une gentillesse molle, mais avec une fermeté bienveillante. Tu peux te dire : « Je vois que tu as du mal à commencer. Qu’est-ce qui te ferait du bien en ce moment ? » Au lieu de : « Allez, bouge-toi, tu es pitoyable. »
Cette approche change la chimie de ton cerveau. La bienveillance active le système d’apaisement, lié à l’ocytocine et aux endorphines. La dureté active le système de stress, lié au cortisol. Dans le premier cas, tu es en état de sécurité, et l’action devient naturelle. Dans le second, tu es en état d’alerte, et l’action devient une corvée que tu veux fuir.
J’ai accompagné un footballeur amateur qui se bloquait avant les penalties. Il se disait : « Surtout ne rate pas. Tout le monde te regarde. Tu vas décevoir l’équipe. » En travaillant sur son dialogue intérieur, on a remplacé ça par : « Je suis là pour donner le meilleur de moi. Si je rate, ce n’est pas grave. Je sais que j’ai travaillé. » Ce n’est pas de la pensée positive naïve. C’est un changement de relation avec lui-même. Il est passé d’un rapport de pression à un rapport de soutien. Et ses penalties sont devenus plus fluides, plus précis.
L’Intelligence Relationnelle avec toi-même, c’est aussi savoir reconnaître tes limites sans en faire une faiblesse. Si tu es fatigué, au lieu de te forcer, tu peux dire : « Je suis fatigué. Je vais faire une pause de dix minutes, puis je reprends. » Tu respectes ton état, tu ne le nies pas. Et ce respect, curieusement, te donne plus d’énergie pour agir ensuite.
Je ne vais pas te promettre qu’en lisant cet article, ta procrastination va disparaître comme par magie. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Le changement est un processus, pas un événement. Mais il y a quelque chose que tu peux faire tout de suite, maintenant, après avoir fini de lire. Une petite action qui va amorcer le mouvement.
Prends une feuille, ou un document sur ton téléphone. Écris le nom d’une tâche que tu repousses depuis au moins une semaine. Pas la plus énorme, juste une tâche qui te pèse. Ensuite, écris la réponse à cette question : « Qu’est-ce que cette tâche risque de réveiller en moi ? » Pas ce que tu penses devoir répondre, mais la première
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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