3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un protocole pour transformer la honte en acceptation et en sérénité.
"Je me suis encore laissée aller…" me confiait Céline en début de séance. "Je sais que je ne dois pas culpabiliser, mais c’est plus fort que moi. Dès que j’ai fini de manger, même si c’était raisonnable, je me répète que j’aurais dû m’arrêter avant." Elle baissait les yeux, les mains serrées sur ses genoux. "Et le pire, c’est que cette culpabilité me pousse à grignoter encore le soir, comme pour me punir ou pour effacer la sensation de vide."
Je reconnais bien là ce scénario que tant de personnes vivent en silence, souvent depuis des années. La culpabilité après le repas n’est pas une simple gêne passagère : c’est un cercle vicieux émotionnel qui altère le rapport à soi, à la nourriture et au corps. Et si je vous disais que l’hypnose ericksonienne, couplée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’Intelligence Relationnelle, permet de sortir de cette prison intérieure ?
Dans cet article, je vais vous montrer comment un protocole simple, que j’utilise avec mes patients à Saintes, transforme la honte en acceptation et en sérénité. Vous repartirez avec des clés concrètes, utilisables dès ce soir.
La culpabilité après le repas n’est pas un hasard. Elle repose sur des mécanismes psychologiques et physiologiques bien identifiés. Pour la dissoudre, il faut d’abord comprendre ce qui la nourrit.
Imaginez : vous venez de finir un déjeuner. Votre cerveau, en mode survie, évalue rapidement l’apport calorique. Si vous avez mangé un plat que vous jugez "interdit" (pâtes, pain, chocolat), une alarme se déclenche : "Tu as dépassé les limites. C’est mal." Cette alarme est souvent le fruit d’un critique intérieur très actif, construit par des années de messages parentaux, sociaux ou médiatiques. "Il faut contrôler son poids", "la nourriture est une récompense mais aussi un danger", "le plaisir est suspect"…
Ce critique intérieur n’est pas un ennemi. En IFS, on l’appelle une partie protectrice. Elle a été créée pour vous protéger d’une souffrance plus grande : le rejet, la honte de ne pas être "assez bien". Mais cette protection est devenue dysfonctionnelle. Au lieu de vous aider, elle vous enferme dans un cycle infernal : culpabilité → restriction → frustration → craquage → culpabilité.
Physiologiquement, la culpabilité active le système nerveux sympathique (combat/fuite). Votre corps se tend, votre respiration s’accélère. Paradoxalement, cette activation peut déclencher une envie de sucre ou de gras pour apaiser le stress. C’est le fameux "grignotage émotionnel" du soir. Vous n’êtes pas faible : vous êtes en train de gérer une tempête intérieure avec les outils que vous avez.
"La culpabilité n’est pas une émotion qui vous aide à changer. C’est un signal qui vous dit qu’une partie de vous souffre et qu’elle a besoin d’être entendue."
Le piège, c’est de vouloir chasser cette culpabilité par la volonté. "Je vais arrêter de culpabiliser" est une injonction qui renforce le conflit. Plus vous luttez, plus la culpabilité s’accroche. L’hypnose propose une autre voie : accueillir cette partie sans la juger, puis lui offrir un nouveau rôle.
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec une perte de contrôle ou un endormissement. C’est un état de conscience modifié, naturel, où votre esprit critique s’apaise et où votre inconscient devient plus réceptif aux suggestions. C’est exactement ce qu’il faut pour dénouer la culpabilité.
Prenons l’exemple de Marc, 42 ans, coureur amateur et footballeur en club. Il venait me voir pour une préparation mentale, mais très vite, il m’a parlé de ses repas. "Après chaque match, je me gave de pâtes et de protéines, mais le soir, je culpabilise comme si j’avais fait une bêtise. Je me réveille la nuit avec des pensées négatives sur mon corps."
En hypnose ericksonienne, je ne vais pas lui dire "arrête de culpabiliser". Je vais plutôt utiliser des métaphores et des suggestions indirectes pour reprogrammer la réponse émotionnelle. Par exemple, je peux lui raconter l’histoire d’un jardinier qui arrose trop ses plantes par peur qu’elles meurent. Un jour, il réalise que ses plantes ont besoin de sécheresse pour renforcer leurs racines. La culpabilité, c’est comme cet arrosage excessif : une tentative de contrôle qui étouffe.
Le protocole que j’utilise comporte trois étapes hypnotiques :
Induction par la respiration et la focalisation sensorielle : je guide la personne vers une sensation de sécurité (un lieu imaginaire, un souvenir paisible). L’idée est de calmer le système nerveux pour que l’inconscient s’ouvre.
Identification de la "partie culpabilité" : en état d’hypnose, je demande à la personne de visualiser cette culpabilité comme une forme, une couleur ou une voix. "Où est-elle dans ton corps ? À quoi ressemble-t-elle ?" La plupart du temps, elle apparaît comme une boule serrée dans le ventre ou une pression dans la poitrine.
Dialogue avec cette partie : sans forcer, je propose à la personne de demander à cette partie ce qu’elle veut vraiment. "Qu’essaies-tu de protéger ?" La réponse surprend souvent : "Je veux qu’elle ne soit pas rejetée", "Je veux qu’elle se sente en contrôle", "Je veux qu’elle soit aimée". Une fois que le besoin profond est entendu, la partie accepte de se détendre.
Ce qui est fascinant, c’est que les changements surviennent sans effort conscient. Marc a commencé à ressentir une paix intérieure après trois séances. Il m’a dit : "Je ne sais pas comment, mais quand je finis mon assiette, je ne me flagelle plus. Parfois, je souris même."
L’hypnose seule peut faire des merveilles, mais elle est encore plus puissante quand on la combine avec l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Pourquoi ? Parce que la culpabilité n’est jamais seule. Elle est souvent liée à d’autres parties : le perfectionniste, l’exigeant, le sauveur, ou encore l’enfant intérieur qui a peur d’être abandonné.
L’IFS nous apprend que nous sommes composés de multiples "parties" ou sous-personnalités, chacune avec un rôle et des émotions. La culpabilité n’est pas votre essence : c’est une partie qui essaie de vous protéger. Quand vous la comprenez, elle peut se transformer.
"Chaque partie a une intention positive, même celle qui vous fait souffrir. Votre culpabilité ne veut pas votre malheur, elle veut votre sécurité."
Voici comment je procède avec mes patients, souvent en une seule séance d’1h30, parfois en deux :
Étape 1 : Cartographier la culpabilité. Je demande : "Quand tu culpabilises après un repas, qu’est-ce que tu te dis exactement ?" Les réponses sont souvent : "Je suis nul", "Je n’ai aucune volonté", "Je vais grossir". Puis : "Qui parle ? À qui ressemble cette voix ?" Certains voient un parent sévère, un coach sportif intransigeant, ou une version d’eux-mêmes plus jeune.
Étape 2 : S’approcher avec compassion. Au lieu de combattre cette voix, on va l’accueillir. "Je vois que tu es là. Merci d’essayer de m’aider. Qu’est-ce qui te fait si peur ?" La partie culpabilité révèle alors sa vulnérabilité : "J’ai peur que tu deviennes incontrôlable", "J’ai peur que les autres te jugent", "J’ai peur que tu souffres comme avant".
Étape 3 : Négocier un nouveau rôle. Une fois que la partie se sent entendue, elle accepte de lâcher prise. On lui propose une nouvelle mission : par exemple, être une sentinelle qui rappelle doucement de manger en pleine conscience, ou un ange gardien qui sourit quand vous avez pris du plaisir.
L’Intelligence Relationnelle entre en jeu ici. C’est la capacité à reconnaître ses propres émotions et celles des autres, et à ajuster sa réponse. En apprenant à dialoguer avec vos parties, vous développez cette intelligence. Vous cessez de réagir automatiquement par la culpabilité, et vous commencez à répondre avec choix.
Je me souviens de Sophie, 34 ans, qui venait pour une anxiété généralisée. En séance, elle m’a raconté qu’elle ne pouvait pas finir un dessert sans se sentir "sale". En IFS, nous avons rencontré une partie très jeune, peut-être 8 ans, qui avait été humiliée par un commentaire sur son poids. Cette partie était restée figée dans la honte. En l’accueillant et en la rassurant (avec l’hypnose pour ancrer la sécurité), Sophie a pu lui dire : "Tu n’es plus seule, je suis là maintenant." La culpabilité s’est dissipée comme un brouillard.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici un protocole que je donne à tous mes patients, basé sur l’hypnose auto-induite et l’IFS. Il prend 5 à 10 minutes, idéalement juste après le repas ou le soir avant de dormir.
Étape 1 : La pause des 3 respirations (hypnose douce)
Asseyez-vous confortablement, les pieds à plat. Fermez les yeux. Inspirez profondément par le nez en comptant jusqu’à 4. Retenez votre souffle 2 secondes. Expirez lentement par la bouche en comptant jusqu’à 6. Faites cela 3 fois. À chaque expiration, imaginez que vous relâchez la tension dans votre ventre, vos épaules, votre mâchoire. Cette simple action calme le système nerveux. Vous êtes déjà en état hypnotique léger.
Étape 2 : Dialogue avec la partie culpabilité (IFS)
Posez vos mains sur votre ventre, là où vous sentez la culpabilité. Dites intérieurement : "Je vois que tu es là, partie culpabilité. Merci d’être présente." Sans jugement, demandez-lui : "Qu’essaies-tu de me protéger ?" Écoutez la réponse qui vient, même sous forme d’image ou de sensation. Souvent, c’est une peur : peur du rejet, peur de l’échec, peur de perdre le contrôle. Accueillez cette peur avec douceur. "Je te vois, je t’entends. Tu as fait du bon travail, mais tu peux te reposer maintenant."
Étape 3 : La suggestion de sérénité (hypnose auto-induite)
Répétez intérieurement (ou à voix basse) ces phrases, lentement, comme une berceuse :
Visualisez ensuite un lieu qui vous apaise : une plage, une forêt, un jardin. Imaginez que chaque bouchée de votre repas était une offrande de vie, non une faute. Laissez cette image s’ancrer dans votre ventre, comme une chaleur douce.
"Ce n’est pas votre volonté qui change, c’est votre relation avec vous-même. Et cette relation peut guérir en un instant."
Faites ce protocole chaque soir pendant une semaine. Vous constaterez que la culpabilité perd de son intensité. Elle devient une pensée parmi d’autres, non une tornade.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vous feront pas perdre du poids du jour au lendemain, ni ne supprimeront tous vos désirs alimentaires. Ce qu’elles font, c’est modifier le lien émotionnel que vous entretenez avec la nourriture et avec vous-même.
Certains patients me demandent : "Est-ce que je vais arrêter de vouloir du chocolat ?" Non. Vous allez peut-être continuer à en vouloir, mais sans la charge de honte. Et quand la honte disparaît, le besoin compulsif s’atténue souvent. Vous mangez par plaisir, non par vide intérieur.
D’autres s’inquiètent : "Et si je perds le contrôle et que je mange tout le temps ?" C’est une peur légitime. Mais en réalité, c’est la restriction et la culpabilité qui entretiennent le cycle de la surconsommation. Quand vous vous autorisez à manger avec présence, votre corps retrouve ses signaux naturels de satiété. Vous mangez moins, pas plus.
L’hypnose ne remplace pas non plus un suivi médical ou diététique si vous avez des troubles alimentaires sévères (anorexie, boulimie). Dans ces cas, elle est un complément puissant, mais elle doit s’intégrer dans une prise en charge pluridisciplinaire.
Ce qu’elle fait vraiment, c’est vous offrir un espace intérieur de paix. Un espace où vous n’êtes plus en guerre avec vous-même. Où vous pouvez déguster un repas sans que la voix du critique ne vienne tout gâcher.
La culpabilité après le repas n’est pas une fatalité. Elle n’est pas un défaut de caractère, mais une habitude émotionnelle que vous avez apprise, et que vous pouvez désapprendre. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle vous donnent les outils pour cela : des outils doux, respectueux de votre rythme.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, je vous invite à essayer le protocole de ce soir. Prenez 5 minutes pour vous, un carnet si vous voulez, et notez ce que vous ressentez. Vous n’avez pas besoin d’être parfait. Vous avez juste besoin de commencer.
Et si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus personnalisé, sachez que je reçois à Saintes, en cabinet ou en visio. Nous pouvons travailler ensemble pour dissoudre cette culpabilité qui vous pèse, et retrouver un rapport apaisé à la nourriture et à vous-même.
Vous n’êtes pas seul. Cette culpabilité, vous pouvez la transformer. Pas en la combattant, mais en l’accueillant. Et un jour, vous vous surprendrez à finir un repas avec un sourire, sans cette voix dans votre tête. Ce jour-là, vous saurez que la sérénité est possible.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes (17) & visio
thierrysudan.com – Contactez-moi pour une séance découverte gratuite de 20 minutes.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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