3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une méthode simple à essayer chez vous.
Tu tiens une barre de chocolat dans la main, et tu as déjà mangé la moitié du paquet sans vraiment t’en rendre compte. Ou alors tu te réveilles le lendemain d’une soirée où tu as englouti tout ce qui te tombait sous la main, en te promettant que « demain, ça sera différent ». Sauf que demain arrive, et le même scénario se reproduit.
Les compulsions alimentaires, ce n’est pas un manque de volonté. C’est un mécanisme. Un réflexe neurologique et émotionnel qui se déclenche dans des moments précis : stress, ennui, fatigue, ou même une simple habitude installée depuis des années. Et comme tout mécanisme, il peut être désamorcé.
Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui vivent ça au quotidien. Des personnes brillantes, compétentes, qui gèrent leur vie professionnelle et familiale, mais qui se sentent dépassées par cette histoire avec la nourriture. Ce que je leur propose, ce n’est pas un régime de plus. C’est une méthode en trois étapes, utilisable chez vous, qui s’appuie sur l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’intelligence relationnelle.
Ce protocole ne va pas faire disparaître la compulsion du jour au lendemain. Il va te donner une prise. Un levier pour arrêter de subir et commencer à choisir.
La première étape, c’est de comprendre ce qui se passe juste avant la compulsion. Pas pendant. Pas après. Avant.
Quand tu te retrouves devant le frigo à 23h, ou que tu commandes un dessert alors que tu es déjà calé, il y a toujours un signal. Parfois c’est une émotion : une colère que tu n’as pas exprimée, une tristesse diffuse, une angoisse qui monte. Parfois c’est une sensation physique : une fatigue accumulée, une tension dans les épaules. Parfois c’est une pensée automatique : « J’ai mérité ça », « La journée a été dure », « De toute façon, je n’y arriverai jamais ».
Le problème, c’est que ce signal est tellement rapide qu’il passe inaperçu. Tu passes directement de l’émotion à l’action, sans temps d’arrêt. C’est ce qu’on appelle un conditionnement. Ton cerveau a associé un état interne (le stress) à une solution (manger du sucre ou du gras). Et cette association est devenue automatique.
Pour casser ce réflexe, tu dois d’abord rendre le signal conscient.
Exercice pratique pour cette semaine :
Prends un carnet, ou utilise une note sur ton téléphone. Chaque fois que tu remarques une envie de manger en dehors des repas, note trois choses avant de passer à l’acte :
Ne cherche pas à changer quoi que ce soit. Observe seulement. Tu es en train de faire ce que les chercheurs appellent la « conscientisation ». En hypnose ericksonienne, on dirait que tu crées un espace entre le stimulus et la réponse. C’est dans cet espace que le changement peut se glisser.
« Une compulsion n’est pas un choix. C’est un réflexe. La première liberté, c’est de voir ce réflexe arriver. »
Ce que tu vas découvrir, c’est que la compulsion n’est pas uniforme. Elle change selon les moments. Pour certains, c’est le soir après le travail. Pour d’autres, c’est dans l’heure qui suit un conflit. Pour d’autres encore, c’est quand ils se sentent seuls. Identifier ce pattern, c’est déjà reprendre le contrôle.
Attention : cette étape peut être inconfortable. Tu vas peut-être réaliser que tu manges pour anesthésier quelque chose que tu ne veux pas ressentir. C’est normal. Ne panique pas. Tu n’es pas obligé de régler ça maintenant. Contente-toi de noter.
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) entre en jeu. Cette approche, développée par Richard Schwartz, part d’une idée simple : notre psychisme est composé de différentes « parties » qui ont chacune leur rôle et leur histoire.
Quand tu ressens une compulsion alimentaire, il y a une partie de toi qui pousse à manger. Elle peut sembler nuisible, mais en réalité, elle essaie de t’aider. Elle a une intention positive. Elle veut te soulager, te réconforter, te distraire, ou même te protéger d’une émotion plus douloureuse.
Le problème, c’est qu’elle utilise une solution qui, sur le long terme, te fait du mal. Mais si tu l’attaques, si tu la juges, elle va se raidir. Elle va devenir plus forte. C’est le classique « je ne devrais pas manger ça, mais je le fais quand même », suivi de culpabilité, puis de nouvelle compulsion.
Dans l’étape 2, tu vas faire l’inverse : tu vas accueillir cette partie.
Comment faire concrètement :
Quand l’envie de manger arrive, au lieu de résister ou de céder, prends une minute pour fermer les yeux. Respire trois fois. Puis pose-toi cette question : « Quelle partie de moi veut manger maintenant ? »
Ne cherche pas une réponse logique. Laisse venir une image, une sensation, une voix intérieure. Peut-être que c’est une enfant qui se sent seule. Peut-être que c’est un adolescent qui a besoin de réconfort. Peut-être que c’est juste une boule d’énergie dans le ventre.
Ensuite, adresse-toi à cette partie avec curiosité, pas avec reproche. Demande-lui :
Tu n’as pas besoin d’avoir des réponses immédiates. Parfois, la simple intention d’écouter suffit. Ce que tu es en train de faire, c’est de passer d’une relation de combat à une relation de dialogue. En hypnose, on appelle ça une « dissociation thérapeutique » : tu prends du recul par rapport à l’impulsion, tu deviens l’observateur plutôt que l’acteur.
Je me souviens d’un patient, appelons-le Marc, cadre commercial, la quarantaine. Il venait pour des compulsions de grignotage le soir, vers 22h. Il avait tout essayé : régimes, applications de suivi, sport. Rien ne marchait. Quand on a exploré la partie qui poussait à manger, il a vu un petit garçon assis seul dans une cour d’école. Ce petit garçon avait faim, mais surtout, il se sentait invisible. Marc avait passé son enfance à se sentir ignoré par des parents débordés. Le soir, dans le calme, cette partie se réveillait et réclamait de l’attention. La nourriture était sa façon de dire « je suis là, occupe-toi de moi ».
Quand Marc a commencé à accueillir cette partie, à lui parler, à lui dire « je te vois, tu n’es plus seul », les compulsions ont changé. Elles n’ont pas disparu du jour au lendemain, mais elles ont perdu leur urgence. Il pouvait les regarder arriver et choisir.
Maintenant que tu as repéré le déclencheur et accueilli la partie concernée, la troisième étape consiste à proposer une autre réponse. Pas une réponse parfaite, pas une réponse héroïque. Juste une alternative qui honore le vrai besoin.
Le piège des régimes, c’est qu’ils proposent une solution de privation. « Ne mange pas ça. » Mais si tu enlèves la seule stratégie de régulation émotionnelle que cette partie connaît, sans rien proposer à la place, tu la mets en danger. Elle va paniquer. Et la compulsion reviendra, plus forte.
L’alternative doit répondre au besoin réel, pas au besoin apparent.
Distinguer le besoin apparent du besoin réel :
Besoin apparent : « J’ai envie de chocolat. »
Besoin réel possible : « J’ai besoin de douceur. » → Alternative : une boisson chaude, un plaid, un appel à un ami.
Besoin apparent : « Je veux des chips. »
Besoin réel possible : « J’ai besoin de libérer une tension. » → Alternative : serrer un coussin, marcher cinq minutes, écrire en vrac.
Besoin apparent : « Je veux manger tout ce qui est dans le frigo. »
Besoin réel possible : « Je me sens vide et je veux me remplir. » → Alternative : une douche chaude, une respiration profonde, une activité créative.
L’idée n’est pas de remplacer la compulsion par une autre chose parfaite. C’est de tester. Propose une alternative à ta partie. Dis-lui : « Je comprends que tu veuilles manger. Mais on va essayer autre chose d’abord, juste pour voir. Si ça ne marche pas, on pourra toujours revenir au plan initial. »
Cette phrase est cruciale. Elle enlève la pression. Si tu te dis « je ne dois pas manger », tu crées une résistance. Si tu te dis « on essaie autre chose, et si ça ne marche pas, on mange », tu gardes une porte de sortie. La partie peut se sentir en sécurité.
Le protocole en action :
Répète ce cycle autant de fois que nécessaire. Au début, tu réussiras une fois sur dix. C’est normal. Tu es en train de rééduquer un réflexe qui a des années de conditionnement. Sois patient avec toi-même.
« Ce n’est pas la chute qui compte, c’est la façon dont tu te relèves sans te flageller. »
Un autre exemple concret : une patiente, appelons-la Sophie, infirmière de nuit, avait des compulsions sucrées vers 3h du matin, pendant sa pause. Elle pensait que c’était la fatigue. En explorant, on a découvert que c’était plutôt un besoin de réconfort face à un sentiment de solitude dans ces moments calmes. L’alternative qu’elle a choisie : emporter un petit carnet de poésie et lire un poème pendant sa pause. Pas de sucre, mais une présence à elle-même. Ça n’a pas marché à tous les coups. Mais quand ça marchait, elle se sentait plus alignée.
Chaque étape seule est utile, mais c’est leur combinaison qui fait la différence.
L’étape 1 te donne la conscience. Sans elle, tu agis en pilote automatique. Tu continues à répéter le même schéma sans comprendre pourquoi. La conscience, c’est la lumière dans une pièce sombre. Tu vois enfin ce qui se passe.
L’étape 2 te donne la compassion. Sans elle, tu te juges, tu te critiques, tu renforces la honte. Et la honte est le carburant numéro un des compulsions. Plus tu te détestes de manger, plus tu manges. La compassion brise ce cercle. Tu passes de « Je suis nul » à « Il y a une partie de moi qui souffre et qui essaie de m’aider ».
L’étape 3 te donne l’action. Sans elle, tu restes dans la compréhension sans changement. Tu sais pourquoi tu manges, tu as de la compassion pour toi-même, mais tu continues à manger. L’alternative est le pont entre la prise de conscience et la transformation.
En hypnose ericksonienne, on utilise souvent la métaphore de la rivière. Tu es sur la berge, tu vois le courant (la compulsion). Au lieu de lutter contre le courant ou de te jeter dedans, tu construis un pont. Les trois étapes sont les piliers de ce pont.
Soyons honnêtes. Ce protocole n’est pas une baguette magique.
Il ne va pas faire disparaître les compulsions en trois jours. Si tu as des compulsions depuis dix ans, tu ne vas pas les déprogrammer en une semaine. Le cerveau a besoin de répétition pour créer de nouveaux chemins neuronaux.
Il ne va pas régler les causes profondes si elles sont liées à des traumatismes lourds. Dans ce cas, un accompagnement thérapeutique plus long est nécessaire. Je travaille avec des personnes qui ont des antécédents de violences, de deuils non faits, d’abandon. Les compulsions sont souvent un symptôme. Le protocole peut aider à gérer le symptôme, mais la racine demande un travail plus profond.
Il ne va pas remplacer un suivi médical si tu as des troubles du comportement alimentaire avérés (anorexie, boulimie, hyperphagie). Si tu te sens en danger physique, consulte un médecin.
Mais pour la majorité des personnes qui vivent des compulsions modérées, ce protocole est un outil concret, utilisable seul, sans matériel, sans abonnement.
Ne cherche pas à être parfait. Fixe-toi un objectif réaliste : pendant les sept prochains jours, applique une seule des trois étapes. Par exemple, la première semaine, concentre-toi uniquement sur le repérage des déclencheurs. Note sans juger. La deuxième semaine, ajoute l’accueil de la partie. La troisième, propose une alternative.
Si tu rates un jour, ce n’est pas grave. Le protocole n’est pas un examen. C’est un entraînement.
Tu peux aussi utiliser une technique d’ancrage en hypnose : choisis un geste simple (poser la main sur ton ventre, toucher ton poignet) et associe-le à l’intention « je prends une pause avant d’agir ». Quand l’envie arrive, fais ce geste. Cela déclenchera un réflexe de recentrage.
Je vois beaucoup de personnes qui arrivent dans mon cabinet à Saintes épuisées par des années de lutte contre leur alimentation. Elles ont lu des livres, suivi des programmes, téléchargé des applications. Et elles se sentent toujours aussi impuissantes.
Ce qui change avec cette approche, c’est qu’on ne combat pas la compulsion. On l’écoute. On la comprend. On lui propose autre chose.
Tu n’es pas en guerre contre toi-même. Tu es en train d’apprendre une nouvelle langue : celle de tes besoins réels.
Alors, pour aujourd’hui, je t’invite à une chose simple : la prochaine fois que l’envie de manger arrive, ne fais rien pendant trente secondes. Respire. Observe. Note. Tu viens de commencer l’étape 1.
Et si tu sens que tu as besoin d’un cadre plus solide, d’un regard extérieur, ou que les compulsions cachent quelque chose de plus profond, sache que je suis là. On peut travailler ensemble, en consultation à Saintes ou à distance. Parfois, une simple séance d’hypnose suffit à débloquer un nœud qui résiste depuis des années. Parfois, il faut un accompagnement plus long. Dans les deux cas, tu n’as pas à traverser ça seul.
Prends soin de toi.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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