3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Explorez comment l'hypnose désamorce l'attrait irrésistible du sucre.
Je reçois régulièrement des personnes qui viennent me voir avec une phrase qui revient comme un leitmotiv : « Je sais que le sucre est mauvais pour moi, je connais tous les discours sur les risques pour la santé, le diabète, l’inflammation, les fringales… Pourtant, il y a des soirs où je me retrouve devant le placard à biscuits, et je ne comprends même pas comment j’en suis arrivé là. »
Cette contradiction entre ce que l’on sait et ce que l’on fait est au cœur de la relation complexe que beaucoup entretiennent avec le sucre. On le diabolise, on le chérit, on s’en veut, on y revient. Et si la solution ne passait pas par plus de volonté, mais par une exploration différente de ce qui se joue, en profondeur ?
L’hypnose, souvent perçue comme un outil mystérieux ou réservé à l’arrêt du tabac, peut offrir une voie étonnamment concrète pour apaiser ce rapport conflictuel. Mais attention : il ne s’agit pas de faire disparaître le sucre par magie. Il s’agit de comprendre ce qu’il représente pour vous, et de désamorcer les mécanismes automatiques qui vous poussent vers lui.
Prenons un exemple. J’ai accompagné un coureur amateur, passionné de trail, qui venait me voir pour un problème de récupération. Il mangeait sainement le reste du temps, mais chaque soir, vers 22 heures, il enchaînait trois ou quatre carrés de chocolat, puis un yaourt sucré, puis « juste une petite madeleine ». Il se réveillait ballonné, coupable, et promettait que ce soir serait différent. Cela durait depuis des années. Il avait testé les régimes sans sucre, les applications de suivi, les défis 30 jours. Rien ne tenait. Pourquoi ? Parce que le problème n’était pas le sucre. Le sucre était la solution.
Explorons cela ensemble.
Pour comprendre comment l’hypnose peut agir, il faut d’abord regarder ce qui se passe dans votre tête quand vous croquez dans un morceau de chocolat ou que vous buvez une canette de soda. Votre cerveau est une machine à survivre, pas à être heureux sur le long terme. Le sucre, pour lui, est un signal de survie puissant : il indique une source d’énergie rapide et fiable. Dans la nature, trouver du sucre était rare et précieux – une baie mûre, un peu de miel. Votre cerveau a donc programmé une réponse très forte : « Mange ça, c’est bon pour la survie, souviens-toi d’où ça vient, et surtout, refais-le dès que possible. »
Ce mécanisme, archaïque, est toujours actif. Mais aujourd’hui, le sucre est partout, raffiné, concentré, ajouté. Votre cerveau n’a pas eu le temps d’évoluer pour s’adapter à cette abondance. Résultat : il continue de vous envoyer des signaux de récompense intenses – de la dopamine – à chaque fois que vous consommez du sucre. C’est exactement le même circuit que celui activé par certaines substances addictives.
Le problème, c’est que ce circuit ne tient pas compte de votre santé, de votre poids, de votre sommeil ou de votre humeur. Il est court, immédiat, animal. Et il est souvent plus fort que votre cortex préfrontal, cette partie récente du cerveau qui vous dit : « Non, tu as déjà assez mangé, tu vas regretter. » Le cortex préfrontal est comme un manager raisonnable, mais le circuit de la récompense est un ado en pleine crise qui veut tout, tout de suite.
Quand vous dites « je vais arrêter le sucre », vous demandez à votre manager raisonnable de contrôler l’ado en permanence. C’est épuisant. Et ça marche rarement sur la durée. La volonté est une ressource limitée. Plus vous luttez, plus vous créez une tension intérieure. Et la tension, souvent, vous pousse justement vers ce qui vous apaise – le sucre. Vous entrez dans un cercle vicieux : restriction, frustration, craquage, culpabilité, restriction encore.
« Ce n’est pas le sucre que vous cherchez. C’est ce qu’il vous apporte sur le moment : une pause, une douceur, une récompense, un réconfort. Le sucre est le messager, pas le problème. »
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, ne cherche pas à vous convaincre, à vous raisonner ou à vous faire la morale. Elle s’adresse directement à cette partie de vous qui fonctionne en automatique, celle qui sort la main vers le paquet de gâteaux sans que vous ayez vraiment décidé de le faire. On appelle souvent cela l’inconscient, mais j’aime mieux dire : votre fonctionnement profond, vos habitudes ancrées, vos programmes internes.
En état d’hypnose, vous êtes dans un état de conscience modifié, parfaitement naturel – vous y êtes déjà quand vous êtes absorbé dans un film, perdu dans une rêverie ou quand vous conduis sur une route familière sans vous souvenir des derniers kilomètres. Dans cet état, votre esprit critique est moins actif. Le manager raisonnable prend un peu de recul. Cela permet d’accéder plus directement aux programmes automatiques.
Prenons une image. Imaginez que votre rapport au sucre est un chemin tracé dans une forêt. Vous l’avez emprunté des centaines de fois. Il est large, bien dégagé, facile à suivre. À côté, il y a un autre chemin, celui que vous voudriez prendre – manger avec plus de liberté, sans obsession, sans fringales. Mais il est étroit, envahi par les ronces. Vous avez beau savoir qu’il mène à un endroit plus agréable, vos pieds vous ramènent toujours sur le grand chemin.
L’hypnose ne va pas couper le grand chemin d’un coup de tronçonneuse. Elle va vous permettre de marcher le long de ce grand chemin, de l’observer, de comprendre ce qui vous attire là. Et progressivement, elle va vous aider à élargir le petit chemin. À poser quelques pierres. À couper quelques ronces. À le rendre praticable. Et un jour, sans même y penser, vous emprunterez le petit chemin, parce qu’il sera devenu le plus naturel.
Concrètement, en séance, nous allons travailler sur plusieurs niveaux. Le premier, c’est l’apaisement de la relation au sucre. Beaucoup de personnes que je reçois sont dans un rapport de lutte permanent. « Je ne dois pas. » « C’est interdit. » « Je suis nul. » Cette tension alimente le besoin. L’hypnose peut installer un état de calme intérieur, une forme de permission intérieure qui enlève le caractère interdit et donc le caractère désirable. Paradoxalement, quand vous vous autorisez à manger du sucre sans culpabilité, vous en mangez souvent moins.
Si l’hypnose peut être aussi efficace, c’est parce qu’elle ne s’attaque pas seulement au symptôme – l’envie de sucre – mais à ce qui le nourrit. Et ce qui le nourrit, très souvent, ce sont des émotions non accueillies.
J’ai travaillé avec une femme d’une cinquantaine d’années, cadre dynamique, qui gérait une équipe de vingt personnes. Elle me disait : « Le soir, je rentre, je suis vidée. Je n’ai pas de moment pour moi. Alors je m’assois devant la télé avec un bol de glace. Je sais que ce n’est pas bon, mais c’est mon seul plaisir. » Elle avait raison. Le sucre était devenu son seul espace de réconfort dans une vie où elle donnait tout aux autres – son équipe, ses enfants, son conjoint. En enlevant le sucre, on lui enlevait son dernier refuge.
Dans ce cas, si j’avais simplement travaillé sur la réduction du sucre, cela aurait été contre-productif. Il fallait d’abord lui redonner accès à d’autres sources de réconfort, à d’autres façons de se faire du bien, à d’autres moments pour elle. L’hypnose a permis d’explorer ce besoin émotionnel. Elle a pu, en état modifié de conscience, revivre des souvenirs où elle se sentait apaisée sans sucre – une balade en forêt, un bain chaud, une musique. Et nous avons installé un ancrage : un geste, une respiration, qui lui permettait de retrouver cet état de calme en quelques secondes, sans glace.
Le sucre est souvent un cache-misère. Il vient colmater une brèche : fatigue, ennui, solitude, frustration, stress. Si vous ne regardez pas la brèche, vous pouvez passer votre vie à colmater avec du sucre. L’hypnose vous invite à regarder la brèche, non pas pour la juger, mais pour la comprendre. Et parfois, une fois comprise, elle n’a plus besoin d’être colmatée.
Dans mon accompagnement de préparateur mental pour des coureurs et des footballeurs, je vois aussi des athlètes qui ont un rapport très particulier au sucre. Ce n’est pas le même que celui de la personne sédentaire. Le sportif, surtout en endurance, utilise le sucre comme carburant. Il sait que pendant l’effort, les glucides sont essentiels. Mais le problème arrive souvent en dehors de l’entraînement.
J’ai suivi un jeune footballeur, compétiteur, qui avait des fringales énormes après les matchs. Il rentrait chez lui et pouvait engloutir un paquet de biscuits, une plaquette de chocolat, un soda. Il se sentait ensuite lourd, coupable, et cela nuisait à sa récupération. Il avait essayé de se raisonner, de se dire que c’était stupide. Mais ses coéquipiers faisaient pareil. C’était presque un rituel d’équipe.
En travaillant avec lui, nous avons découvert que cette fringale n’était pas seulement physiologique. Elle était liée à une baisse de tension émotionnelle après l’effort. Pendant le match, il était en hypervigilance, concentré, dans l’action. Dès que le match se terminait, il y avait un vide. Le sucre venait remplir ce vide, lui redonner une stimulation. C’était un moyen de gérer la descente d’adrénaline.
L’hypnose lui a permis de créer un nouveau rituel de récupération, à la fois physiologique et émotionnel. Nous avons travaillé sur une visualisation post-match très précise : il s’imaginait rentrant chez lui, prenant une douche, s’asseyant calmement, buvant une boisson de récupération qu’il avait préparée. Il associait ce geste à une sensation de force, de fierté, de réparation. Peu à peu, le sucre a perdu son rôle central. Il n’était plus le seul moyen de gérer la transition.
« Ce qui rend le sucre si puissant, ce n’est pas son goût. C’est le moment où vous le mangez, l’émotion qui l’accompagne, le vide qu’il vient combler. Changez le moment, et le sucre change de place. »
Il est important que je sois clair. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Si vous avez un trouble du comportement alimentaire sévère, une dépendance clinique au sucre avec des symptômes de manque importants, ou si votre alimentation est déséquilibrée au point de mettre votre santé en danger, l’hypnose seule ne suffira pas. Elle peut être un formidable complément, mais elle doit s’intégrer dans une prise en charge globale, parfois médicale, parfois diététique.
De même, l’hypnose ne va pas vous faire détester le sucre. Ce n’est pas le but. Je ne cherche pas à ce que vous ayez une réaction de dégoût en voyant un gâteau. Ce serait artificiel, et cela ne tiendrait pas. Ce que nous cherchons, c’est une relation plus libre, plus consciente, où vous pouvez choisir, vraiment choisir, de manger du sucre quand vous en avez envie, sans culpabilité, et de ne pas en manger quand ce n’est pas le moment.
L’hypnose ne vous enlève pas votre liberté. Elle vous la rend.
Concrètement, une séance d’hypnose pour le rapport au sucre peut ressembler à cela. Nous discutons d’abord de votre histoire, de vos habitudes, du contexte. Ensuite, je vous guide dans un état de relaxation profonde. Vous restez conscient, vous pouvez parler, bouger si nécessaire. Pendant cet état, nous allons travailler avec des métaphores, des images, des suggestions adaptées à votre vécu. Par exemple, nous pouvons transformer la sensation de fringale en une vague que vous apprenez à surfer plutôt qu’à subir. Ou nous pouvons replanter un souvenir agréable lié à un aliment sain, pour qu’il devienne aussi attractif que le sucre.
Nous pouvons aussi travailler avec la partie de vous qui veut du sucre, non pas pour la combattre, mais pour l’écouter. En IFS – l’approche que j’utilise souvent en complément de l’hypnose – nous considérons que chaque comportement a une intention positive. La partie qui réclame du sucre a probablement une bonne raison de le faire. Elle vous protège peut-être de quelque chose : l’ennui, la fatigue, une émotion difficile. En dialoguant avec elle, vous pouvez trouver d’autres façons de répondre à ce besoin.
Si vous vous reconnaissez dans ce que je décris, vous n’avez pas besoin d’attendre une séance d’hypnose pour commencer à changer votre rapport au sucre. Voici trois choses que vous pouvez essayer, ce soir ou demain, seules ou ensemble.
Premièrement, observez sans juger. Pendant les trois prochains jours, ne changez rien à votre alimentation. Mais à chaque fois que vous mangez quelque chose de sucré, arrêtez-vous une seconde avant de commencer. Demandez-vous : « Qu’est-ce que je ressens là, maintenant ? Est-ce que j’ai vraiment faim ? Ou est-ce que c’est autre chose ? » Notez-le dans un carnet ou sur votre téléphone. Ne vous jugez pas. Observez simplement. Vous verrez apparaître des patterns : le sucre à 16 heures, le sucre après un coup de stress, le sucre en rentrant du travail. Ces patterns sont la carte de votre relation au sucre.
Deuxièmement, introduisez un rituel de remplacement. Choisissez un moment précis de la journée où vous mangez du sucre par habitude plutôt que par faim réelle. Par exemple, le café du matin avec un biscuit. Pendant une semaine, remplacez ce biscuit par autre chose : un carré de chocolat noir à 85% (moins sucré, plus satisfaisant), une poignée d’amandes, ou même simplement un verre d’eau. Ne vous privez pas de sucre ailleurs. Juste ce moment-là. Vous verrez que votre cerveau s’adapte rapidement à une nouvelle association.
Troisièmement, respirez. Avant de céder à une envie de sucre, prenez trois respirations profondes. Inspirez lentement par le nez, expirez longuement par la bouche. Cela coupe le circuit automatique. Cela vous donne une seconde de choix. Parfois, après ces trois respirations, l’envie s’est un peu calmée. Parfois pas. Mais vous aurez agi en conscience, pas en pilote automatique. C’est déjà un immense pas.
Ces petits gestes sont des graines. L’hypnose, si vous le souhaitez, viendra arroser ces graines, les aider à pousser plus vite, à s’enraciner plus profondément.
Si vous sentez que votre rapport au sucre est devenu une source de souffrance, de culpabilité, ou qu’il vous empêche d’avancer dans votre vie – que vous soyez sportif ou non – je vous invite à me contacter. Nous pouvons échanger sans engagement, par téléphone ou par mail, pour voir si l’hypnose et l’IFS peuvent vous être utiles.
Je ne promets pas de résultats miracles. Je promets une écoute attentive, une approche respectueuse de votre rythme, et des outils concrets pour apaiser ce conflit intérieur. Parfois, il suffit d’une séance pour débloquer quelque chose. Parfois, il en faut plusieurs. Mais à chaque fois, c’est un pas vers plus de liberté.
Le sucre n’est pas votre ennemi. Votre ennemi, c’est peut-être cette voix intérieure qui vous dit que vous devriez être parfait, que vous n’avez pas le droit de craquer,
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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