3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Découvrez les pensées automatiques qui vous empêchent d'avancer.
Vous êtes là, à lire cet article, alors que vous devriez probablement être en train de faire autre chose. Un dossier à terminer, un appel à passer, ce projet personnel qui traîne depuis des mois. Peut-être même une simple tâche administrative qui, chaque jour, trouve le moyen de glisser tout en bas de votre liste. Ce n’est pas de la fainéantise. Vous le savez. Quand vous êtes enfin lancé, vous êtes efficace, parfois même brillant. Mais avant, il y a ce mur. Invisible, mais solide. Une résistance intérieure qui vous cloue sur place, vous fait scroller sans fin ou ranger votre bureau pour la énième fois.
Je vois ça presque tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des cadres, des entrepreneurs, des artistes, des sportifs de haut niveau. Des gens compétents, lucides, qui ont tout pour réussir, mais qui se heurtent à ce phénomène paradoxal : plus une chose est importante pour eux, plus ils la repoussent. Et plus ils la repoussent, plus la honte et l’anxiété s’accumulent, rendant le démarrage encore plus difficile.
La procrastination n’est pas un problème de gestion du temps. C’est un problème de gestion des émotions. On ne remet pas à plus tard parce qu’on est paresseux. On le fait parce que, inconsciemment, une partie de nous anticipe une souffrance : la peur d’échouer, la peur de réussir, l’ennui, le sentiment d’être submergé, ou tout simplement le fait de ne pas se sentir « assez bien ». Et c’est là que les croyances limitantes entrent en jeu. Ce sont elles qui, comme des logiciels obsolètes, tournent en boucle dans votre cerveau et sabotent vos élans.
Dans cet article, je vais vous dévoiler les trois croyances les plus fréquentes que je rencontre chez les personnes qui procrastinent. Je vais les déshabiller, vous montrer comment elles fonctionnent, et surtout, je vous donnerai des clés concrètes – issues de l’hypnose ericksonienne, de l’IFS (Internal Family Systems) et de l’intelligence relationnelle – pour commencer à les désactiver.
C’est la croyance la plus répandue et la plus insidieuse. Elle prend des formes variées : « Je suis plus productif le soir », « Je n’arrive à travailler que quand j’ai une deadline qui brûle », « Je dois d’abord finir de ranger mon bureau », « Il faut que je sois d’humeur inspirée ». En apparence, ça semble logique. Pourquoi forcer si ce n’est pas le bon moment ? Mais regardez de plus près. Cette croyance vous installe dans une position d’attente permanente. Vous devenez dépendant d’un état mental ou d’un contexte extérieur qui ne viendra peut-être jamais.
Je reçois souvent des personnes qui décrivent cette sensation : une tâche les attend, mais elles ressentent une espèce de lourdeur, un brouillard intérieur. Elles se disent : « Je ne me sens pas prêt. » Alors elles attendent que la « bonne vague » arrive. Mais la vague ne vient pas. Ce qu’elles ne voient pas, c’est que cette attente est en réalité une protection. Une partie d’elles (ce que l’IFS appelle une « partie protectrice ») essaie d’éviter un inconfort immédiat.
Le mécanisme est simple. Le cerveau, dans sa grande sagesse primitive, cherche toujours à minimiser les dépenses d’énergie et à éviter la douleur. Or, une tâche complexe ou incertaine est perçue comme une menace potentielle. Pourquoi s’y frotter maintenant, se dit le cerveau, quand on pourrait regarder une vidéo agréable ou vérifier ses emails ? La croyance « il faut que je sois dans de bonnes conditions » est une ruse de votre système nerveux pour vous maintenir dans une zone de confort apparente. Mais c’est un confort toxique, car il génère une tension de fond : celle de la tâche inachevée.
« La procrastination est l’émotion qui prend le volant. La croyance limitante est le GPS qui lui indique où aller. »
Un exemple concret. Un client, chef d’entreprise, devait préparer une présentation stratégique. Il repoussait depuis trois semaines. Son excuse : « Je travaille mieux sous pression, la deadline est dans deux jours, je vais m’y mettre ce soir. » Sauf que ce soir-là, il était fatigué. Le lendemain, il avait une réunion imprévue. Le stress est monté, la qualité de son travail a chuté, et il s’est présenté devant son comité de direction en bafouillant. Ce n’était pas un problème de pression, c’était un problème de croyance. Il croyait sincèrement que la pression était son alliée. En réalité, elle était son bourreau.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’action précède la motivation, et non l’inverse. Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être « dans le mood » pour commencer. En hypnose, on appelle ça la « règle des 5 minutes ». Engagez-vous à faire la tâche pendant 5 minutes seulement. Pas une heure. Pas de perfection. Cinq minutes. Le cerveau, face à un engagement aussi faible, baisse sa garde. L’émotion de résistance s’atténue. Et souvent, une fois lancé, la dynamique s’installe d’elle-même.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Identifiez une tâche que vous repoussez. Réglez un minuteur sur 5 minutes. Dites-vous : « Je vais juste ouvrir le fichier, poser trois mots, ou faire le premier geste. » Si au bout de 5 minutes vous voulez arrêter, vous avez le droit. Mais ne vous autorisez pas à ne pas commencer. L’objectif n’est pas de terminer, mais de briser la glace de l’inertie.
Voici la croyance qui paralyse le plus d’intelligences brillantes. Le perfectionnisme. On imagine souvent le perfectionniste comme quelqu’un de méticuleux, qui produit un travail irréprochable. Dans la réalité, le perfectionniste est souvent quelqu’un qui ne produit rien du tout, ou alors au dernier moment, dans un état de panique. Pourquoi ? Parce que la barre est placée si haut que tout début est vécu comme une descente inévitable vers l’échec.
Cette croyance est un piège logique implacable. Si vous exigez que la première version soit parfaite, alors le simple fait d’écrire la première phrase devient une épreuve. Chaque mot est jugé, chaque idée est critiquée avant même d’être formulée. La page blanche n’est pas vide, elle est remplie de l’ombre de ce que vous n’osez pas écrire de peur que ce soit « mauvais ».
Dans mon travail avec des sportifs, je vois souvent ça. Un jeune footballeur, très talentueux, qui refusait de tenter des gestes techniques en match. À l’entraînement, il était incroyable. En match, il jouait « sûr », il passait le ballon, il ne prenait aucun risque. Sa croyance ? « Si je rate, on va voir que je ne suis pas à la hauteur. » Son besoin de perfection le privait de son propre talent. Il préférait passer inaperçu plutôt que de risquer l’imperfection.
En IFS, on considère que le perfectionnisme est souvent une partie « pompier » – une partie qui prend le contrôle pour éteindre un feu émotionnel. Ce feu, c’est la honte. La peur d’être jugé, de ne pas être aimé si on n’est pas irréprochable. Le perfectionnisme est une stratégie de survie émotionnelle. Mais elle est épuisante. Et elle est contre-productive, car elle empêche l’expérimentation, l’itération, l’apprentissage.
L’intelligence relationnelle, appliquée à soi-même, consiste à se parler comme on parlerait à un ami qui doute. « Et si ce n’était pas parfait ? Quelle est la pire chose qui pourrait arriver ? » La réponse est presque toujours : « Rien de grave. Le monde ne s’arrêtera pas. » La perfection n’existe pas. Ce qui existe, c’est l’excellence, qui est le fruit d’une série d’imperfections corrigées, d’essais et d’erreurs.
« Ce qui sépare ceux qui accomplissent des choses de ceux qui rêvent, c’est la capacité à produire un travail médiocre. Et à s’en contenter comme point de départ. »
Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez une feuille de papier. Notez la tâche que vous évitez. Maintenant, décrivez la version « 0 » de cette tâche. La version la plus moche, la plus brouillonne, la plus inachevée possible. Autorisez-vous à la produire. Pas pour la montrer, juste pour l’avoir. Un premier jet, un plan griffonné, un email écrit en langage SMS. L’objectif est de tuer l’exigence de perfection en une seule action. Vous verrez, une fois la version moche écrite, il est bien plus facile de l’améliorer.
Celle-ci est plus sournoise. Elle se cache derrière des valeurs comme « l’indépendance », « la responsabilité » ou « l’autonomie ». Vous êtes probablement quelqu’un de fiable. Les autres comptent sur vous. Alors vous ne voulez pas décevoir. Mais cette même fiabilité se retourne contre vous quand il s’agit de vous-même. Vous pensez que pour être légitime, vous devez tout porter seul.
Cette croyance vous isole. Elle vous prive de l’élan collectif. Combien de fois avez-vous repoussé une tâche parce que vous vous sentiez « seul face à la montagne » ? Un client, un consultant brillant, devait absolument envoyer un dossier de candidature pour un projet excitant. Il a repoussé pendant deux mois. Sa croyance : « C’est mon projet, c’est à moi de le défendre. Je ne peux pas demander de l’aide, ça montrerait que je ne suis pas compétent. » Résultat : il n’a jamais postulé. Il a laissé une opportunité incroyable lui passer sous le nez.
Le mécanisme ici est lié à la peur du rejet et à un sens déformé de l’autonomie. En réalité, l’autonomie vraie, ce n’est pas de tout faire seul. C’est d’avoir la liberté de décider avec qui et comment on s’allie pour avancer. Les personnes les plus performantes dans le sport, les affaires, la création, sont celles qui savent s’entourer. Elles ont un préparateur mental, un coach, un associé, un groupe de pairs. Elles ne confondent pas indépendance et solitude.
En hypnose, on travaille souvent sur l’activation des ressources. Et la ressource la plus puissante, c’est parfois l’autre. Le simple fait d’annoncer votre intention à quelqu’un – « Je vais faire cela d’ici jeudi » – crée un engagement social qui modifie votre chimie cérébrale. La peur de perdre la face devient un moteur plus fort que la peur d’échouer.
Je vois régulièrement des sportifs qui stagnent. Ils s’entraînent seuls, dans leur coin, avec leurs propres routines, leurs propres doutes. Dès qu’ils intègrent un collectif, un groupe d’entraînement, ou qu’ils engagent un préparateur mental, leur progression décolle. Non pas parce que le coach est un magicien, mais parce que la présence de l’autre désamorce la croyance « je dois y arriver seul ». L’autre est un miroir, un témoin, un moteur.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez votre téléphone. Écrivez un message à une personne de confiance. Pas pour lui demander de faire la tâche à votre place. Juste pour lui dire : « Je dois faire X. Je vais le faire demain matin à 10h. Je t’envoie un message quand c’est commencé. » Vous n’avez même pas besoin d’une réponse. Le simple fait d’avoir envoyé ce message crée un contrat social. Vous n’êtes plus seul avec votre résistance intérieure.
Si vous vous reconnaissez dans ces trois croyances, sachez une chose : elles ne sont pas vous. Ce sont des parties de vous. Des stratégies que votre psychisme a mises en place, souvent très tôt, pour vous protéger. Peut-être pour éviter la critique d’un parent exigeant. Peut-être pour ne pas revivre l’humiliation d’un échec scolaire. Peut-être simplement pour survivre dans un monde qui exigeait trop de vous.
En IFS, on appelle cela des « parties ». Et la beauté de ce modèle, c’est qu’on n’essaie pas de les combattre ou de les arracher. On les accueille. On les remercie d’avoir fait leur job. Et on leur montre qu’aujourd’hui, en tant qu’adulte, vous avez d’autres ressources. Vous n’avez plus besoin de la procrastination pour vous protéger de la honte. Vous n’avez plus besoin du perfectionnisme pour être aimé.
L’hypnose ericksonienne, de son côté, permet de contourner le mental analytique qui entretient ces croyances. On ne discute pas avec une croyance limitante. On l’invite à se détendre, on crée un espace de sécurité intérieure où une nouvelle perspective peut émerger. C’est un travail subtil, parfois rapide, parfois plus long, mais toujours respectueux de votre rythme.
« La résistance n’est pas une ennemie à abattre. C’est une gardienne fatiguée qui a besoin qu’on lui montre qu’elle peut prendre du repos. »
Vous avez passé des heures, des jours, des années à lutter contre votre propre inertie. Vous avez essayé des listes de tâches, des applications, des méthodes Pomodoro, des promesses solennelles le dimanche soir. Et vous êtes toujours là. Non pas parce que vous manquez de volonté, mais parce que vous n’avez pas adressé la cause. Vous avez traité le symptôme, pas la racine.
La procrastination est un signal. Un signal qu’une partie de vous a besoin d’être entendue, non pas muselée. Quand vous arrêtez de vous juger pour votre procrastination, vous enlevez le carburant de la honte qui l’alimente. Vous pouvez alors regarder cette résistance avec curiosité : « Tiens, qu’est-ce qui se cache derrière cette envie de tout remettre à plus tard ? Qu’est-ce que cette partie de moi essaie de m’éviter ? »
C’est un changement de posture radical. Passer de la lutte à l’écoute. De la contrainte à l’alliance. Et c’est exactement ce que nous explorons dans les séances que je propose, que ce soit pour la préparation mentale sportive ou pour l’accompagnement thérapeutique. On ne vise pas à « arrêter de procrastiner » comme on éteint une lumière. On vise à rétablir la confiance entre vous et les parties de vous qui ont pris le contrôle.
Vous n’êtes pas en panne. Vous êtes en conflit interne. Et la paix est possible.
Si cet article résonne en vous, si vous sentez que ces croyances vous pèsent depuis trop longtemps, je vous invite à ne pas rester seul avec ça. Un échange, même bref, peut parfois suffire à débloquer une perspective. Je reçois à Saintes, et je propose aussi des rendez-vous à distance. Pas de pression, pas d’engagement. Juste la possibilité de poser les choses, d’être entendu sans jugement, et de voir ce qui est possible.
Prenez soin de vous. Et si vous voulez, on peut commencer par là.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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