3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les reconnaître pour mieux les dépasser.
Je vois des hommes et des femmes arriver dans mon cabinet, le dos voûté, le regard fuyant. Ils ont essayé d’arrêter seuls. Dix fois, vingt fois. Ils ont supprimé l’application, jeté les cigarettes, vidé la bouteille. Et puis, trois jours plus tard, un mois plus tard, ils ont craqué. La honte les ronge. « Je n’ai aucune volonté », me disent-ils souvent en baissant les yeux.
Pourtant, la volonté n’a jamais été le problème. Le vrai problème, c’est ce qu’ils se racontent dans leur tête juste avant de replonger. Ces petites phrases qui semblent si raisonnables sur le moment, et qui les ramènent exactement là où ils ne voulaient pas être.
Je travaille depuis des années avec des adultes prisonniers d’habitudes qui les détruisent à petit feu. Alcool, cannabis, écrans, jeux d’argent, sucre, travail. Les substances changent, le mécanisme reste le même. Et dans ce mécanisme, il y a toujours trois excuses qui reviennent, comme des refrains qu’on connaît par cœur mais qu’on continue de chanter.
Les reconnaître, c’est déjà leur enlever une partie de leur pouvoir. Les déconstruire, c’est se donner une chance réelle de changer. Alors allons-y. Je vais vous montrer comment ces trois phrases vous piègent, et surtout, ce que vous pouvez faire à la place.
Avant de plonger dans le détail, il faut comprendre une chose fondamentale : votre cerveau n’essaie pas de vous nuire. Il essaie de vous protéger. Quand vous avez développé une addiction, que ce soit au sucre, à la nicotine, à l’alcool ou aux notifications, votre cerveau a réorganisé ses priorités. Il a associé cette substance ou ce comportement à une récompense immédiate : soulagement, plaisir, apaisement.
Alors quand vous décidez d’arrêter, votre cerveau panique. Il ne comprend pas pourquoi vous lui retirez ce qui le calme. Et comme un enfant qui perd son doudou, il va chercher tous les arguments pour le récupérer.
Les excuses que vous vous racontez ne sont pas des faiblesses morales. Ce sont des stratégies de survie cérébrale, mal adaptées, certes, mais puissantes. Les trois que je vais détailler sont les plus fréquentes. Je les entends chaque semaine dans mon cabinet. Et je les ai moi-même utilisées, avant de comprendre ce qu’elles cachaient.
Celle-ci est la reine des excuses. Elle est élégante, rassurante, et terriblement efficace. Elle vous donne l’illusion du contrôle sans vous demander le moindre effort.
Prenons l’exemple de Julien, 42 ans, que j’ai accompagné l’année dernière. Il venait me voir pour son addiction au cannabis. « Je fume le soir pour décompresser, c’est tout », m’a-t-il dit d’entrée. « Mais je peux arrêter du jour au lendemain si je veux. C’est juste que je n’en vois pas l’intérêt pour l’instant. »
Je lui ai proposé un petit exercice : « D’accord. Alors ne fumez pas ce soir. Juste ce soir. Pas pour arrêter définitivement, juste pour voir. » Il a accepté. Le lendemain, il est revenu. Il n’avait pas tenu. « C’est l’habitude, c’est tout », a-t-il justifié. « Demain j’arrête. »
Le problème avec « demain », c’est que demain n’arrive jamais. Cette excuse fonctionne comme une porte de sortie mentale. Elle vous permet de ne pas confronter la réalité de votre dépendance. Tant que vous croyez pouvoir arrêter quand vous voulez, vous n’avez pas besoin d’arrêter maintenant. Et tant que vous n’arrêtez pas maintenant, vous pouvez continuer.
Mais il y a un test très simple pour savoir si cette excuse est vraie ou fausse. Je le propose à tous mes patients qui l’utilisent :
Arrêtez pendant 24 heures. Pas pour toujours. Pas pour un mois. Juste 24 heures. Si vous pouvez le faire sans souffrance excessive et sans replonger, alors oui, vous avez le contrôle. Mais si vous n’arrivez même pas à tenir une journée, posez-vous la question : qui contrôle vraiment ?
Si l’idée de ces 24 heures vous terrifie, ou si vous cherchez déjà une raison pour ne pas le faire (« c’est pas le bon moment », « j’ai une soirée prévue », « je suis trop stressé en ce moment »), c’est que votre addiction vous tient plus que vous ne le croyez.
Ce n’est pas un jugement. C’est une information. Et une information, ça se transforme.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Choisissez une période de 24 heures dans les trois prochains jours. Pas un jour où vous êtes en vacances ou au calme. Un jour normal, avec son stress, ses tentations. Et tenez. Notez ce qui se passe dans votre corps et dans votre tête. Les sensations désagréables ne sont pas un échec, elles sont des données. Plus vous les connaîtrez, moins elles vous contrôleront.
Celle-ci est plus sournoise parce qu’elle contient une part de vérité. Oui, votre verre d’alcool en rentrant du travail vous détend. Oui, votre cigarette vous calme dans l’anxiété. Oui, votre session de jeux vidéo vous vide la tête après une journée épuisante.
Le problème, ce n’est pas que ça marche. Le problème, c’est que ça ne marche qu’à court terme, et qu’à long terme, ça aggrave ce que vous essayez de soigner.
Je pense à Sophie, une infirmière de 38 ans, qui buvait trois à quatre verres de vin chaque soir. « C’est mon moment à moi, me disait-elle. Après une journée à prendre soin des autres, j’ai besoin de ça pour décompresser. » Elle avait raison sur le besoin. Elle avait tort sur la solution. Le vin l’aidait à s’endormir, mais son sommeil était de mauvaise qualité. Elle se réveillait fatiguée, plus irritable, et la journée devenait encore plus difficile. Le soir, elle avait « besoin » de plus de vin pour compenser une journée plus dure. Cercle vicieux.
Ce que Sophie ne voyait pas, c’est que son addiction n’était pas un réconfort. C’était un pansement sur une plaie qui s’infectait. Le vrai problème, c’était son épuisement professionnel, son incapacité à poser des limites, son manque de soutien. Le vin ne faisait qu’anesthésier les symptômes sans rien soigner.
Ce que cache cette excuse : La peur de se retrouver seul avec ses émotions sans anesthésie. La peur de découvrir qu’on n’a pas d’autre outil pour faire face. La peur, surtout, de devoir affronter ce qui ne va pas vraiment dans sa vie.
Je ne dis pas qu’il faut arrêter du jour au lendemain. Je dis qu’il faut être honnête : qu’est-ce que vous fuyez exactement ? Le stress du travail ? Un conflit conjugal ? Une insatisfaction profonde ? Un vide existentiel ?
L’hypnose ericksonienne que je pratique permet d’aborder ces questions sans violence. On ne vous demande pas de tout résoudre d’un coup. On commence par observer. Par exemple, je propose à mes patients de remplacer leur geste habituel par autre chose pendant quelques jours. Pas de se priver de l’effet recherché, mais de changer la manière d’y accéder.
Sophie a accepté de remplacer son premier verre de vin par une tisane, mais en prenant le même temps pour elle, dans le même fauteuil, avec la même musique. Au début, elle a trouvé ça nul. Mais au bout d’une semaine, elle m’a dit : « Je me suis rendu compte que ce dont j’avais vraiment besoin, c’était de vingt minutes sans qu’on me parle, pas d’alcool. »
Le besoin profond n’est presque jamais la substance. La substance n’est qu’un chemin détourné vers quelque chose de légitime : apaisement, connexion, sens, repos.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez un carnet. Notez trois moments de la journée où votre addiction vous appelle. À chaque fois, demandez-vous : « Qu’est-ce que je cherche vraiment ? » Pas la réponse automatique (« je cherche à me détendre »), mais la réponse sincère (« je cherche à ne pas penser à ce rendez-vous demain », « je cherche à éviter la dispute avec mon conjoint », « je cherche à ne pas ressentir ce vide »). Notez sans juger. Vous venez de faire un pas de géant.
Celle-ci est la plus paralysante. Elle vous place en position de victime impuissante. « C’est une maladie. C’est génétique. Je suis comme ça. J’ai essayé, je n’y arrive pas. »
Je reçois souvent des patients qui ont déjà tout essayé. Ils ont vu des médecins, lu des livres, tenté des applis. Rien n’a marché. Alors ils ont conclu : « Je suis trop faible. C’est plus fort que moi. »
Et c’est là que je dois être honnête avec vous : oui, il y a une composante neurobiologique dans l’addiction. Oui, votre cerveau a été modifié par des années de consommation. Oui, il existe des prédispositions génétiques. Mais la science nous montre aussi une chose essentielle : la plasticité cérébrale. Votre cerveau peut changer. Il change déjà tous les jours, sans que vous le sachiez.
Le problème avec « c’est plus fort que moi », c’est que ça transforme une difficulté en fatalité. Et une fatalité, on ne la combat pas. On la subit.
Prenons Marc, un footballeur amateur de 35 ans que j’accompagne en préparation mentale. Il avait une addiction aux paris sportifs. Il perdait des sommes importantes, cachait ses relevés bancaires à sa femme, et se disait : « Je ne peux pas m’en empêcher. C’est le foot, c’est ma passion. » Il avait consulté un addictologue, arrêté trois mois, puis replongé. Pour lui, c’était la preuve que c’était « plus fort que lui ».
Je lui ai proposé un travail en IFS (Internal Family Systems). L’idée, c’est qu’en nous, il y a différentes « parties » qui prennent le contrôle selon les moments. La partie qui parie n’est pas « lui » tout entier. C’est une partie de lui, souvent une partie jeune, qui cherche une excitation, une montée d’adrénaline, ou au contraire une distraction face à une souffrance.
Quand Marc a commencé à dialoguer avec cette partie, à comprendre ce qu’elle essayait de faire pour lui (le protéger de l’ennui, du sentiment d’échec dans son travail), elle a cessé d’être un ennemi monstrueux. Elle est devenue une partie de lui qui avait besoin d’être rassurée autrement.
« C’est plus fort que moi » signifie souvent « Je n’ai pas encore trouvé ce qui est plus fort que mon addiction. » Et ça, ça se cherche. Ça se construit.
Ce que vous pouvez faire maintenant : La prochaine fois que vous sentez l’envie monter, arrêtez-vous une minute. Au lieu de vous dire « je n’ai pas le choix », dites-vous : « Une partie de moi pense que je n’ai pas le choix. » Puis posez-lui une question : « Qu’est-ce que tu essaies de me donner, ou de m’éviter, en me poussant à ça ? » Vous n’êtes pas obligé de lui obéir. Vous pouvez juste l’écouter. L’écouter, c’est déjà reprendre le contrôle.
Je ne vais pas vous vendre une méthode miracle. Je ne vais pas vous dire que vous serez guéri en trois séances. Ce serait malhonnête. Ce que je peux vous dire, c’est ce qui marche pour les personnes que j’accompagne, et ce qui ne marche pas.
Ce qui ne marche pas : La force de volonté pure, la culpabilité, les injonctions à « arrêter de faire le faible », les menaces (si tu continues, tu vas perdre ta santé/famille/travail). Tout ça renforce le cercle vicieux. Plus vous vous flagellez, plus vous avez besoin de votre addiction pour supporter la flagellation.
Ce qui marche :
La curiosité plutôt que le jugement. Quand vous craquez, ne vous dites pas « je suis nul ». Dites-vous « intéressant, qu’est-ce qui s’est passé juste avant ? Quelle émotion ? Quel contexte ? » Vous devenez votre propre chercheur, pas votre propre accusateur.
Le remplacement progressif. Votre addiction occupe une fonction. Si vous la supprimez sans rien mettre à la place, vous créez un vide insupportable. Que pouvez-vous mettre à la place qui remplisse la même fonction, mais de manière moins destructrice ? Marcher ? Respirer ? Appeler un ami ? Écrire ? Jouer de la musique ? Ça ne marchera pas du premier coup. Il faut tâtonner.
Le soutien réel. Pas le « tu peux le faire, allez », mais la présence de quelqu’un qui comprend et qui ne juge pas. Un thérapeute, un groupe de parole, un ami solide. L’addiction prospère dans l’isolement et le secret. Dès que vous parlez, elle perd de sa puissance.
L’hypnose pour reconnecter le corps et l’esprit. L’hypnose ericksonienne que je pratique permet de contourner les résistances conscientes. On ne lutte pas contre l’addiction, on lui propose autre chose. On plante des graines de changement dans votre inconscient, sans combat frontal. Les résultats sont souvent surprenants, non pas parce que l’hypnose est magique, mais parce qu’elle vous permet d’accéder à vos propres ressources, celles que vous avez oubliées ou que vous n’avez jamais su utiliser.
Je ne sais pas où vous en êtes. Peut-être êtes-vous au début de votre prise de conscience, et ces lignes résonnent comme une gifle. Peut-être êtes-vous en plein combat, et vous cherchez une lueur. Peut-être avez-vous déjà arrêté, et vous lisez pour confirmer que vous avez bien fait.
Dans tous les cas, je veux que vous reteniez ceci : ces trois excuses ne sont pas des preuves de votre faiblesse. Ce sont des signaux. Elles indiquent où se cache la douleur, où se niche la peur, où s’est installée l’habitude. Et une fois que vous savez où regarder, vous pouvez commencer à agir.
Vous n’êtes pas votre addiction. Vous êtes bien plus que ça. Et si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que quelque chose en vous veut changer. Ce quelque chose, c’est votre meilleur allié.
Si vous sentez que vous avez besoin d’être accompagné pour dénouer ces fils, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert, et je reçois aussi en visio pour ceux qui sont loin ou qui préfèrent la discrétion. On ne va pas se battre contre votre addiction. On va apprendre à la connaître, à la comprendre, et à lui trouver une place qui ne vous détruise pas.
Ce n’est pas un chemin facile, mais c’est le vôtre. Et je serai honoré de marcher un bout de chemin à vos côtés, si vous le souhaitez.
Prenez soin de vous. Et surtout, soyez doux avec vous-même. Vous méritez bien plus que les excuses que vous vous racontez.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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