3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Démêlez le vrai du faux sur cette méthode souvent mal comprise.
« Je voudrais arrêter de fumer, mais j’ai peur de ne pas être réceptif à l’hypnose. » Voilà la phrase que j’entends le plus souvent dans mon cabinet à Saintes, depuis 2014. Elle est presque toujours suivie d’une autre : « Et si ça ne marche pas, j’aurai perdu mon temps et mon argent. » Je comprends cette hésitation. Arrêter de fumer, c’est un combat intime, souvent semé de tentatives avortées, de culpabilité et de promesses non tenues. L’hypnose, dans ce paysage, est entourée d’un brouillard épais de malentendus. On la voit tantôt comme une baguette magique, tantôt comme une manipulation mentale digne d’un spectacle de foire. La vérité, comme souvent, se niche entre ces deux extrêmes.
À travers cet article, je veux démêler le vrai du faux. Pas pour vous vendre une méthode miracle – ça n’existe pas – mais pour vous donner les clés de compréhension qui vous permettront de décider en toute conscience. Parce qu’arrêter de fumer, ce n’est pas seulement éteindre une cigarette. C’est réapprendre à vivre sans ce compagnon toxique qui rythme vos journées, vos émotions, vos pauses. L’hypnose, bien utilisée, peut être un levier puissant. Mais encore faut-il savoir ce qu’elle est vraiment, et ce qu’elle ne pourra jamais faire à votre place.
Alors, prenez une grande inspiration (sans fumée, si possible), et plongeons ensemble dans ces idées reçues. Je vais vous parler de ce que j’ai vu, vécu et observé avec des centaines de personnes venues me voir pour la même raison : en finir avec la cigarette.
Idée reçue n°1 : « L’hypnose, c’est un état de sommeil ou d’inconscience. »
C’est sans doute le mythe le plus tenace. On imagine le patient allongé, les yeux fermés, totalement passif, tandis que le thérapeute « programme » son cerveau comme un ordinateur. Cette image vient des shows d’hypnose de scène, où des volontaires obéissent à des ordres absurdes (faire le coq, chanter du Ricard). Mais l’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir.
En réalité, l’hypnose est un état de conscience modifié, naturel et quotidien. Vous l’avez déjà vécu sans le savoir. Vous êtes-vous déjà retrouvé au volant, arrivé chez vous sans vous souvenir du trajet ? Ou perdu dans un livre, au point d’en oublier l’heure ? Cet état de focalisation intérieure, où votre attention est à la fois très concentrée et très relâchée, c’est exactement l’hypnose. On ne dort pas, on ne perd pas le contrôle. On est simplement dans un mode de fonctionnement différent, où le mental critique (celui qui dit « je devrais arrêter, mais pas maintenant ») s’efface un peu, laissant place à des ressources plus profondes, plus intuitives.
Quand vous venez me voir pour arrêter de fumer, vous restez conscient. Vous m’entendez, vous pouvez parler, bouger si besoin. Vous n’êtes pas « sous emprise ». Vous êtes simplement dans un état de suggestibilité accrue, où les nouvelles idées (comme « la cigarette n’est plus un besoin ») peuvent être accueillies sans la résistance habituelle. C’est un peu comme si on contournait le gardien de la raison pour parler directement à la partie de vous qui sait déjà que vous voulez arrêter, mais qui a besoin d’un coup de pouce pour passer à l’action.
Idée reçue n°2 : « L’hypnose va effacer ma mémoire ou me faire faire des choses contre ma volonté. »
Celle-ci fait froid dans le dos, et je la comprends. L’idée qu’on puisse perdre le contrôle de soi-même est terrifiante. Mais rassurez-vous : l’hypnose thérapeutique n’a aucun pouvoir de ce genre. Vous ne ferez jamais rien sous hypnose que vous ne feriez pas éveillé, en pleine conscience. Votre système de valeurs, votre éthique, votre identité restent intacts.
Prenons un exemple concret. J’ai reçu un jour un homme, appelons-le Marc, la quarantaine, fumeur depuis vingt-cinq ans. Il était venu avec une peur palpable : « Et si vous me faites détester les cigarettes, mais que je deviens agressif avec ma femme ? » C’est une crainte légitime. Je lui ai expliqué que l’hypnose ne crée pas de nouveaux comportements ; elle renforce ce qui est déjà présent, ou elle aide à dénouer des blocages. Dans son cas, il voulait arrêter, mais une partie de lui associait la cigarette à des moments de calme (le café du matin, la pause au travail). Mon travail n’a pas été de lui imposer un dégoût, mais de l’aider à trouver d’autres sources de réconfort, plus saines. Résultat ? Il a arrêté en douceur, sans colère ni frustration. Sa femme m’a même envoyé un mot pour me remercier.
L’hypnose ne vous enlève rien. Elle vous donne accès à ce que vous avez déjà, mais que vous avez oublié. C’est un outil de libération, pas de contrôle.
Alors, peut-on « forcer » quelqu’un à arrêter contre son gré ? Non. Si une partie de vous veut encore fumer, l’hypnose butera sur ce mur. C’est pourquoi je commence toujours par un entretien approfondi : pour comprendre votre ambivalence, vos peurs, vos motivations réelles. L’hypnose n’est efficace que si vous êtes prêt, au moins un peu, à lâcher prise.
Idée reçue n°3 : « Une seule séance suffit pour arrêter définitivement. »
Ah, le fantasme de la séance unique ! Je vois souvent des personnes arriver avec cette attente : « J’ai entendu dire qu’en une heure, c’est réglé. » Et je dois être honnête : oui, pour certaines personnes, une seule séance peut suffire. Mais c’est l’exception, pas la règle. Dans mon expérience, environ 30 % des fumeurs arrêtent après une première séance. Les autres ont besoin de deux, trois, parfois quatre rendez-vous.
Pourquoi cette différence ? Parce que le tabagisme n’est pas une maladie unique. Il est un assemblage complexe de dépendances : physique (la nicotine), psychologique (le geste, la routine), émotionnelle (la cigarette comme régulateur de stress, d’ennui, de solitude). L’hypnose agit principalement sur les dimensions psychologique et émotionnelle. La dépendance physique, elle, nécessite souvent un accompagnement complémentaire (patchs, gommes, ou simplement la volonté de traverser les premiers jours de manque).
Prenons l’exemple de Sophie, une sportive venue me voir. Elle fumait un paquet par jour depuis dix ans, mais elle avait déjà arrêté deux fois avec des patchs. Elle revenait toujours après quelques mois, parce que le geste lui manquait – la cigarette après le café, celle avec les amis. En une séance, nous avons travaillé sur la dissociation entre le geste et le besoin. Elle a arrêté du jour au lendemain, et neuf mois plus tard, elle courait son premier marathon. Pour elle, une séance a suffi parce qu’elle avait déjà une forte motivation et une bonne connaissance de son corps.
Mais j’ai aussi reçu Patrick, fumeur depuis quarante ans, qui avait tout essayé. Il était convaincu que l’hypnose serait sa dernière chance. Nous avons fait trois séances. La première a levé une peur inconsciente de la réussite (il associait l’arrêt à une perte d’identité). La deuxième a installé de nouveaux réflexes. La troisième a consolidé. Aujourd’hui, il ne fume plus, mais il a eu besoin de ce temps pour que son cerveau intègre le changement.
Mon conseil ? Ne misez pas tout sur une séance. Voyez l’hypnose comme un processus, pas un événement. Et si vous êtes de ceux qui réussissent en une fois, tant mieux. Mais si vous avez besoin de plus, ne vous découragez pas. Chaque séance est un pas de plus vers la libération.
Idée reçue n°4 : « L’hypnose ne marche pas sur les gros fumeurs ou les personnes trop rationnelles. »
C’est une croyance qui m’attriste, car elle empêche beaucoup de personnes de tenter l’expérience. On m’a dit : « Je suis trop cartésien, je contrôle tout, je ne me laisserai pas hypnotiser. » Ou encore : « Je fume deux paquets par jour depuis trente ans, c’est trop ancré. » Détrompez-vous.
L’hypnose ericksonienne, du nom de Milton Erickson, a justement été conçue pour les personnes résistantes. Erickson lui-même était un homme très rationnel, et il a développé des techniques qui contournent la résistance plutôt que de la combattre. Un esprit critique, analytique, n’est pas un obstacle. C’est même une force, si on l’utilise bien. Je ne cherche pas à endormir votre raison, mais à l’inviter à faire une pause, le temps d’explorer d’autres possibilités.
Quant aux gros fumeurs, ils sont souvent les plus motivés. La dépendance forte n’est pas un signe d’échec, mais un indicateur que le tabac remplit des fonctions profondes (gestion du stress, compensation émotionnelle). L’hypnose permet d’aller chercher ces fonctions et de les remplacer par des ressources plus saines. J’ai accompagné un homme qui fumait trois paquets par jour depuis trente-cinq ans. Il avait des problèmes pulmonaires, mais aussi une anxiété sociale terrible. L’hypnose ne l’a pas guéri de son anxiété en une fois, mais elle lui a offert un espace pour respirer, littéralement. Il a réduit progressivement, et six mois plus tard, il fumait cinq cigarettes par jour – une victoire immense pour lui.
Le vrai critère de réussite, ce n’est pas le nombre de cigarettes fumées, mais la qualité de votre relation à l’arrêt. Si vous êtes prêt à accueillir le changement, même à petits pas, l’hypnose peut vous aider.
Alors, si vous vous dites « je suis trop rationnel » ou « je fume trop », je vous invite à reconsidérer. Votre esprit analytique peut être un allié, pas un ennemi. Et votre dépendance n’est pas une fatalité, mais un terrain à explorer.
Idée reçue n°5 : « L’hypnose va me faire grossir ou déprimer après l’arrêt. »
C’est une peur légitime. Beaucoup de fumeurs ont vécu des arrêts précédents avec une prise de poids, ou une irritabilité qui les a poussés à rechuter. On entend : « Si j’arrête, je vais compenser par la nourriture et devenir dépressif. » L’hypnose, bien menée, peut justement prévenir ces écueils.
Le lien entre tabac et poids est complexe. La nicotine est un coupe-faim et accélère le métabolisme. Quand on arrête, le corps ralentit, et l’appétit revient. Mais ce n’est pas une fatalité. L’hypnose peut vous aider à reprogrammer votre relation à la nourriture, à distinguer la faim émotionnelle de la faim réelle. Je travaille souvent avec des personnes qui, après l’arrêt, redécouvrent le plaisir de manger sans culpabilité – parce que la cigarette n’est plus là pour masquer les sensations.
Quant à la dépression, elle survient souvent parce que la cigarette était un régulateur d’humeur. On fumait pour calmer l’anxiété, pour gérer la colère, pour célébrer une joie. Sans elle, on se sent vide. L’hypnose permet de remplir ce vide avec des ressources internes : la respiration, la visualisation, l’auto-hypnose. Vous apprenez à créer votre propre réconfort.
Je me souviens de Claire, qui avait arrêté de fumer trois fois, et avait pris dix kilos à chaque fois. Elle était désespérée. En séance, nous avons exploré ce que représentait pour elle la cigarette : un moment pour elle, une pause dans une vie de mère débordée. Nous avons remplacé ce rituel par une tasse de thé, une courte méditation, ou simplement cinq minutes de silence. Elle n’a pas pris un gramme, et elle a même perdu du poids, car elle a arrêté de grignoter en fumant. La clé ? Ne pas remplacer la cigarette par la nourriture, mais par une attention à soi.
L’hypnose n’empêche pas la prise de poids si vous ne changez rien d’autre. Mais elle vous donne les outils pour faire autrement. Et si vous sentez une baisse de moral, elle peut vous aider à traverser cette phase sans replonger.
Idée reçue n°6 : « L’hypnose, c’est juste un effet placebo. »
C’est une critique scientifique fréquente. On dit : « Vous croyez que ça marche parce que vous y croyez, mais ce n’est que de la suggestion. » Eh bien, oui et non. Oui, l’effet placebo existe dans l’hypnose, comme dans toute thérapie. Mais non, ce n’est pas « juste » ça.
Des études en neuro-imagerie montrent que l’hypnose modifie l’activité cérébrale de manière spécifique. Par exemple, une personne sous hypnose peut réduire sa perception de la douleur non pas parce qu’elle « croit » qu’elle n’a pas mal, mais parce que son cortex cingulaire antérieur (la zone qui traite la douleur) change de mode de fonctionnement. De même, pour l’addiction, l’hypnose peut diminuer l’activité du circuit de la récompense lié à la nicotine, rendant la cigarette moins attirante.
Je ne dis pas que l’hypnose est une science exacte. Elle repose sur la relation, la confiance, la suggestion. Mais ce n’est pas un simple truc de mentaliste. C’est un outil qui mobilise vos propres ressources neurophysiologiques. Si l’effet placebo a un rôle, c’est parce que votre cerveau est capable de guérison et de changement quand il se sent en sécurité.
L’hypnose, c’est comme un levier. Elle ne soulève pas la charge à votre place, mais elle démultiplie votre force. Sans votre engagement, elle ne fait rien. Avec lui, elle peut faire des miracles.
Alors, oui, la croyance compte. Mais elle n’est pas tout. J’ai vu des sceptiques repartir étonnés, et des fervents croyants échouer. Ce qui fait la différence, c’est la qualité de l’accompagnement et votre propre préparation.
Et maintenant ?
Vous voilà armé pour démêler le vrai du faux. L’hypnose pour arrêter de fumer n’est ni une baguette magique, ni une arnaque. C’est un outil puissant, mais qui demande une implication de votre part. Si vous êtes prêt à explorer vos résistances, à lâcher prise sur certaines certitudes, et à vous donner le temps nécessaire, elle peut être un allié précieux.
Avant de prendre rendez-vous, je vous propose un petit exercice. Prenez cinq minutes, asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et posez-vous ces questions :
Notez ces réponses sur un carnet. Elles vous parleront d’elles-mêmes. Et si vous sentez que le moment est venu, si une petite voix en vous dit « peut-être que ça vaut le coup d’essayer », alors écoutez-la. Je suis là pour vous accompagner, sans jugement, sans pression. Une séance d’hypnose, ce n’est pas un engagement à vie. C’est une offre de pause, un espace pour vous reconnecter à votre propre pouvoir de changer.
Si vous voulez en parler, je suis à Saintes, en cabinet ou en visio. Un simple appel ou un message suffit. Pas de promesses, juste une écoute et un chemin à construire ensemble. Parce qu’arrêter de fumer, ce n’est pas perdre quelque chose. C’est gagner une version de vous-même plus libre, plus légère, plus pleine.
À bientôt, peut-être.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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