3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Témoignage et explications sur l'accompagnement des crises alimentaires.
Céline pousse la porte de mon cabinet un mardi matin, les épaules rentrées, le regard fuyant. Elle a 34 ans, deux enfants, un poste à responsabilités dans une collectivité territoriale. Depuis des années, elle alterne régimes draconiens et crises alimentaires qu’elle décrit comme des « tornades » : une boîte de gâteaux en dix minutes, un pot de Nutella à la petite cuillère, un sentiment de honte si violent qu’elle se cache pour manger. « Je ne peux plus me contrôler, Thierry. Dès que je suis seule le soir, c’est comme si quelqu’un d’autre prenait le volant. »
Elle n’est pas seule. L’hyperphagie boulimique touche environ 3 à 5 % de la population, bien plus que l’anorexie, mais elle reste souvent invisible. On n’en parle pas chez le médecin, on n’ose pas dire à son conjoint qu’on a vidé le frigo à minuit. On porte cette honte en silence, en croyant que c’est un manque de volonté. Mais ce n’est pas ça. C’est un mécanisme neurologique et émotionnel bien plus profond, et l’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS et à l’Intelligence Relationnelle, offre une vraie sortie de secours.
Je vais vous raconter comment ça se passe concrètement, ce que l’hypnose fait (et ne fait pas) sur les crises alimentaires, et pourquoi la guérison est possible sans vous priver à vie.
Si vous avez déjà essayé de contrôler vos crises par la volonté seule, vous savez que ça ne marche pas. Vous tenez une semaine, deux, puis une soirée de fatigue, d’ennui ou de tristesse, et tout s’effondre. Vous vous promettez que demain sera différent, et demain, la même scène se répète. Ce n’est pas de la faiblesse morale. C’est un conflit interne entre deux parties de vous.
La première partie, c’est votre mental rationnel. Il sait qu’un gâteau entier, ce n’est pas bon pour la santé. Il veut être mince, en forme, respecter les règles. Il vous dit : « Arrête, tu vas le regretter. » Mais une autre partie, plus ancienne, plus instinctive, prend le contrôle. Elle cherche à vous apaiser, à combler un vide, à vous protéger d’une émotion trop douloureuse. Cette partie ne parle pas avec des mots. Elle agit. Elle vous pousse vers la nourriture parce que, dans son souvenir, manger était la seule chose qui calmait l’orage intérieur.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je mange sans faim, je ne peux pas m’arrêter, et après je me déteste. » Ce cycle infernal repose sur un schéma : un déclencheur émotionnel (stress, ennui, colère, solitude), une montée de tension, une crise alimentaire pour la calmer, puis une honte qui renforce le besoin de se réconforter… par la nourriture. Vous tournez en rond.
L’hypnose n’est pas un bouton magique « off » qui efface l’envie de manger. Elle est un outil pour aller négocier avec cette partie protectrice qui utilise la nourriture comme bouée de sauvetage. Et ça, la volonté seule ne peut pas le faire, parce que cette partie ne vous écoute pas quand vous lui ordonnez de se taire. Elle est sourde à la logique. Elle répond seulement à un langage plus ancien : celui des sensations, des images, du corps.
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec les spectacles de foire. Pas d’horloge qui balance, pas de « vous allez dormir profondément ». C’est une conversation guidée avec votre inconscient, pendant que votre conscient se détend. L’idée est simple : si la crise alimentaire est déclenchée par une partie automatique de vous, on peut apprendre à communiquer avec cette partie pour qu’elle change de stratégie.
Prenons le cas de Julien, 28 ans, commercial. Il grignote sans arrêt au volant, entre deux rendez-vous. Ses crises ne sont pas spectaculaires, mais il engloutit des barres chocolatées, des chips, des sandwichs, sans goûter, sans plaisir. En séance, on explore l’état qui précède la crise. Je lui demande : « Quand tu tends la main vers la boîte de gâteaux, qu’est-ce que tu ressens dans ton corps ? » Il décrit une tension dans la poitrine, une sensation de vide dans l’estomac, une agitation dans les jambes.
Sous hypnose, on va inviter cette sensation à se montrer plus précisément. On lui donne une forme, une couleur, une texture. On découvre qu’elle ressemble à une boule grise et rugueuse, logée sous les côtes. Je propose à Julien de dialoguer avec cette boule. « Qu’est-ce qu’elle veut ? » demande-t-il. La réponse, qui vient de son inconscient, est surprenante : « Elle veut que je m’arrête. Que je ralentisse. » La nourriture n’était pas l’objectif, juste un moyen maladroit de provoquer une pause.
L’hypnose ericksonienne permet de reprogrammer ce lien. On ne supprime pas l’envie, on la redirige. Julien va apprendre, en état modifié de conscience, à reconnaître le signal de la boule grise et à lui répondre par une micro-pause : trois respirations, un verre d’eau, un changement de musique dans la voiture. La crise ne disparaît pas du jour au lendemain, mais elle perd de son automatisme. L’espace entre le déclencheur et l’acte s’agrandit. Et dans cet espace, le choix redevient possible.
Ce que l’hypnose fait, c’est déverrouiller le réflexe. Elle ne vous enlève pas le désir, elle vous rend le pouvoir de choisir autre chose. La volonté seule vous épuise ; l’hypnose vous libère.
L’hypnose seule peut calmer les symptômes, mais si vous ne touchez pas à la cause profonde, la crise reviendra sous une autre forme – ou se déplacera vers autre chose : alcool, écrans, achats compulsifs. C’est là que l’IFS, ce modèle de psychothérapie que j’utilise en complément, devient essentiel.
L’IFS part d’une idée radicale : vous n’êtes pas un seul bloc. Vous êtes composé de plusieurs « parties », parfois en conflit. Il y a la partie perfectionniste qui exige que vous soyez mince, la partie critique qui vous insulte après la crise, la partie enfant qui se sent seule, et la partie « mangeuse » qui essaie de la consoler. Aucune de ces parties n’est mauvaise. Elles essaient toutes de vous protéger, mais leurs méthodes sont devenues dysfonctionnelles.
Je me souviens d’Alexandra, 42 ans, professeure des écoles. Ses crises avaient commencé à l’adolescence, après le divorce de ses parents. Elle mangeait en cachette, le soir, dans sa chambre, pour ne pas entendre les disputes. À l’époque, cette stratégie lui avait sauvé la vie psychique : elle s’auto-apaisait faute de mieux. Mais trente ans plus tard, la partie « protectrice » continuait à actionner le même bouton, même quand plus personne ne se disputait.
En séance, avec l’hypnose et l’IFS, on a invité cette partie à se montrer. Elle s’est présentée comme une femme stricte, en tailleur, les bras croisés. Elle disait : « Si tu ne manges pas, tu vas t’effondrer. Je te protège de l’effondrement. » Alexandra a pleuré. Pour la première fois, elle ne s’est pas jugée. Elle a compris que sa boulimie n’était pas une ennemie, mais une gardienne maladroite.
Le travail a consisté à remercier cette partie, à lui montrer qu’Alexandra était désormais une adulte capable de gérer ses émotions autrement. Progressivement, la protectrice a accepté de lâcher prise. Les crises ont diminué, puis disparu. Alexandra a retrouvé une relation apaisée avec la nourriture, sans régime, sans obsession.
L’IFS n’est pas une thérapie rapide. Ça prend du temps, parfois plusieurs mois. Mais elle agit en profondeur, là où la simple modification comportementale échoue. Et couplée à l’hypnose, elle permet d’accéder à ces parties plus facilement, parce que l’état hypnotique abaisse les défenses du mental rationnel.
Je veux être clair : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne remplace pas un suivi médical, surtout si l’hyperphagie s’accompagne de complications physiques (prise de poids rapide, troubles digestifs, diabète). Elle ne guérit pas les traumatismes profonds en une séance. Et elle ne vous transformera pas en une personne qui n’aime plus le chocolat – ce qui serait d’ailleurs triste.
Certains praticiens promettent des résultats spectaculaires en une ou deux séances. Méfiez-vous-en. Les troubles alimentaires sont complexes. Ils mêlent biologie, psychologie, histoire familiale, pression sociale. Une approche sérieuse prend en compte tout ça. Dans mon cabinet, je vois des améliorations significatives en 4 à 6 séances pour les crises légères, et un travail plus long (10 à 15 séances) pour les formes installées depuis des années.
L’hypnose ne vous rendra pas parfait. Elle ne supprimera pas vos émotions. Elle vous donnera des outils pour les traverser sans vous jeter sur la nourriture. Et ça, c’est déjà énorme.
Prenons l’exemple de Marc, 50 ans, dirigeant d’une PME. Il mangeait des quantités industrielles de pain et de fromage le soir, devant la télévision, sans même y penser. Il avait consulté un hypnothérapeute qui lui avait fait une séance « anti-grignotage » avec une suggestion directe : « Vous n’aurez plus faim le soir. » Résultat : deux jours de frustration intense, puis une crise encore plus violente. Pourquoi ? Parce que la suggestion n’avait pas respecté le besoin sous-jacent. Marc ne mangeait pas par faim, mais par besoin de décompresser après des journées de stress. En supprimant la nourriture sans offrir d’alternative, on l’avait laissé sans défense.
Avec lui, on a travaillé différemment. On a identifié que le moment critique était la transition entre le travail et la maison. Sous hypnose, on a créé un rituel de passage : cinq minutes de respiration, un changement de vêtements, une tasse de thé. La nourriture a perdu son rôle de « bouton off ». Marc a continué à manger du pain, mais avec conscience, en quantité normale, sans culpabilité.
L’hypnose ne fait pas de miracle. Elle fait du possible.
Si vous envisagez de consulter, voici à quoi vous attendre. Pas de stress, pas de jugement. La première séance dure environ 1h30. On parle. Je vous pose des questions sur votre histoire alimentaire, vos déclencheurs, vos tentatives passées. Je veux comprendre qui est cette partie qui mange, ce qu’elle veut vraiment, et ce qui se passe dans votre vie quand la crise survient.
Ensuite, on entre dans la phase d’hypnose. Vous êtes confortablement installé dans un fauteuil. Je vous guide avec ma voix vers un état de relaxation profonde, mais vous restez conscient, maître de ce qui se passe. Vous pouvez parler, bouger, ouvrir les yeux à tout moment. Rien n’est imposé.
Dans cet état, on va travailler sur plusieurs niveaux :
Après la séance, on échange sur ce qui s’est passé. Je vous donne parfois un exercice à faire chez vous : un enregistrement audio à écouter le soir, un protocole de respiration, un journal des émotions.
Ce qui est frappant, c’est que les résultats ne sont pas toujours linéaires. Certaines personnes voient une diminution immédiate des crises. D’autres vivent une phase de « tempête » où les émotions remontent avant de s’apaiser. C’est normal. C’est le signe que le système se réorganise.
La guérison ne consiste pas à ne plus jamais avoir envie de manger émotionnellement. Elle consiste à avoir le choix, et à choisir en conscience, sans honte.
Un aspect souvent négligé dans la prise en charge de l’hyperphagie, c’est la dimension relationnelle. Les crises alimentaires sont souvent solitaires. On se cache, on ment, on évite les repas en famille ou entre amis par peur de perdre le contrôle. Cette solitude renforce le trouble.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à être en lien avec soi-même et avec les autres de façon authentique. Dans mon accompagnement, je travaille avec vous sur comment vous parlez de vos difficultés à vos proches, comment vous demandez de l’aide, comment vous accueillez l’empathie sans vous sentir jugé.
J’ai accompagné Karine, 38 ans, qui n’avait jamais dit à son mari qu’elle faisait des crises. Elle avait honte, peur qu’il la trouve « dégoûtante ». Un soir, après plusieurs séances, elle a osé lui en parler. Il a été surpris, mais pas choqué. Il lui a dit : « Je ne savais pas que tu souffrais autant. Comment je peux t’aider ? » Cette simple phrase a brisé le mur de la honte. Les crises n’ont pas disparu du jour au lendemain, mais elles ont perdu leur pouvoir destructeur.
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à dire non, à poser des limites, à exprimer ses besoins sans passer par la nourriture. C’est un apprentissage progressif, mais il est fondamental pour que les changements s’ancrent dans la durée.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une première séance pour commencer à changer. Voici trois petites actions concrètes, à faire chez vous, ce soir si vous voulez :
1. Observez sans juger. La prochaine fois que l’envie de crise monte, arrêtez-vous une minute. Ne luttez pas. Observez ce qui se passe dans votre corps : une tension, un vide, une chaleur ? Dans votre tête : quelle phrase tourne en boucle ? Notez-le dans un carnet. Pas pour analyser, juste pour voir.
2. Créez un rituel de transition. Identifiez le moment de la journée où vous êtes le plus vulnérable (rentrée du travail, après le coucher des enfants, le dimanche après-midi). Inventez un geste de trois minutes qui marque une pause : boire un verre d’eau en pleine conscience, mettre une musique, ouvrir la fenêtre et respirer. Faites-le pendant une semaine, même si ça vous semble artificiel.
3. Parlez à une partie de vous. Le soir, avant de dormir, posez votre main sur votre ventre et dites à voix basse : « Je sais que tu essaies de m’aider. Merci. Je suis là. » Vous trouverez ça peut-être bizarre. Essayez quand même. Vous serez surpris de ce qui peut émerger.
L’hyperphagie boulimique n’est pas une fatalité. Ce n’est pas une tare, ni une punition. C’est une tentative de survie émotionnelle qui a mal tourné. Avec les bons outils, vous pouvez apprendre à apaiser la tempête de l’intérieur, sans vous priver, sans vous haïr.
Si cet article résonne avec ce que vous vivez, si vous en avez assez de lutter seul·e contre ces crises qui vous épuisent, je vous invite à me contacter. On peut échanger par téléphone ou par mail, sans engagement, pour que je vous explique concrètement comment je travaille. Vous n’avez pas à
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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