3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Identifiez les causes biologiques et émotionnelles, puis une piste hypnotique.
Tu es déjà venu·e me voir en me disant : « Thierry, je tiens toute la journée, je mange équilibré, et le soir, à partir de 21h, c’est comme si un interrupteur s’allumait. Je n’ai plus faim, j’ai soif de sucre, de gras, de tout ce qui tombe sous la main. Je finis devant le frigo, la main dans le paquet de gâteaux, et je me déteste après. »
Si cette scène te parle, sache que tu n’es pas seul·e. Et ce n’est pas un manque de volonté. C’est un mécanisme qui a ses racines dans ton corps, dans ton histoire, et dans ton cerveau. Dans cet article, on va décortiquer pourquoi cette faim du soir est si tenace, d’un point de vue biologique, émotionnel, et comportemental. Et on explorera une piste que j’utilise en cabinet depuis des années : l’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’Intelligence Relationnelle, pour apaiser cette relation conflictuelle avec la nourriture en fin de journée.
D’abord, il faut comprendre que la faim n’est pas un ennemi. C’est un signal. Mais le soir, ce signal peut être déformé par plusieurs couches de réalité.
Biologiquement, ton corps a besoin d’énergie pour tenir la nuit. Mais ce n’est pas ça qui te fait craquer. Ce qui se passe, c’est que ta glycémie (ton taux de sucre dans le sang) peut fluctuer en fin de journée. Si tu as sauté un repas, ou mangé trop léger le midi, ou consommé un déjeuner riche en glucides rapides (pâtes blanches, pain, soda), tu vas vivre un "creux" vers 17h-18h. Ce creux, ton cerveau le lit comme un signal d’alarme : « Il faut manger, vite, et du sucre, sinon on va manquer d’énergie. » Sauf que ce signal arrive en décalé, et souvent à 21h, quand tu es posé·e.
Mais il y a plus profond. Notre corps est programmé pour stocker de l’énergie avant le repos. C’est un héritage ancestral : quand la nuit tombait, nos ancêtres n’avaient pas de frigo. Manger le soir permettait de survivre. Sauf qu’aujourd’hui, ce mécanisme de survie se heurte à l’abondance et à l’ennui.
La faim du soir n’est pas un caprice. C’est ton système nerveux qui te dit : « Je suis en sécurité maintenant, je peux enfin me détendre et… me remplir. »
Et c’est là que ça devient intéressant : pourquoi est-ce que tu as spécialement faim le soir, et pas à 15h ou 10h ? Parce que le soir, tu lâches prise. Tu arrêtes de courir. Et ton corps, qui a accumulé du stress toute la journée, libère enfin la pression. Cette libération s’accompagne souvent d’une envie de récompense. Le sucre, le gras, le salé, c’est la récompense rapide que ton cerveau associe au réconfort. C’est le fameux « je mérite bien ça » après une journée difficile.
Mais attention : ce n’est pas seulement une question de sucre. C’est une question de besoin émotionnel. Et c’est là que l’hypnose et l’IFS peuvent faire la différence.
Tu as remarqué que le soir, tu n’as pas seulement faim : tu as envie de quelque chose de précis. Pas une pomme, pas une carotte. Non. Un carré de chocolat, des chips, du pain avec du beurre, ou une pâtisserie. Ce n’est pas la faim qui parle, c’est le système de récompense de ton cerveau.
Quand tu manges du sucre ou du gras, ton cerveau libère de la dopamine, le neurotransmetteur du plaisir. C’est un mécanisme de survie : le sucre est rare dans la nature (sauf dans les fruits mûrs), donc ton cerveau te pousse à en consommer quand tu en trouves. Mais dans notre environnement moderne, ce mécanisme est détourné. Le soir, ton cerveau, fatigué et en manque de stimulation (fini le travail, les écrans, les interactions sociales), cherche une source de dopamine rapide. La nourriture est la plus accessible.
Mais il y a un autre acteur : le cortisol, l’hormone du stress. Le matin, ton cortisol est haut pour te réveiller. Il baisse en journée, mais s’il reste élevé à cause du stress chronique, il peut provoquer des fringales le soir. Pourquoi ? Parce que ton corps, en stress, pense qu’il a besoin d’énergie pour faire face à un danger. Et le sucre est l’énergie la plus rapide. C’est un cercle vicieux : tu stresses, tu manges, tu culpabilises, tu stresses plus, tu manges plus.
Et puis, il y a l’habitude. Tu as peut-être une routine : tu t’installes dans le canapé, tu allumes Netflix, et ta main va automatiquement vers le paquet de gâteaux. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est un conditionnement. Le cerveau a associé « canapé + série » à « nourriture ». Et ce conditionnement est si fort que même si tu n’as pas faim, ton corps se prépare à manger.
Alors, comment sortir de ce piège ? La première étape, c’est de comprendre que ce n’est pas toi qui décides à ce moment-là. C’est une partie de toi, une part (comme on dit en IFS), qui prend le contrôle. Cette part a été programmée pour te protéger, te réconforter, ou te distraire. Et elle fait son job, même si le résultat est contre-productif.
Ce n’est pas toi qui es faible. C’est une partie de toi qui essaie de t’aider, avec les moyens du bord.
En IFS, on appelle ça une part réactive. Elle s’active quand tu es vulnérable : fatigue, solitude, ennui, stress. Et elle te pousse vers la nourriture comme une bouée de sauvetage. Mais cette bouée, à long terme, te coule. Le travail, c’est de rencontrer cette part, de la comprendre, et de lui trouver un autre rôle.
Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui viennent pour cette faim du soir. Après quelques séances, on dégage souvent trois grandes causes. Les reconnaître, c’est déjà un premier pas pour ne plus les subir.
C’est le cas le plus fréquent. Tu manges peut-être un petit-déjeuner rapide, un déjeuner léger (une salade, un sandwich), et un goûter inexistant. Résultat : à 18h, ta glycémie est en chute libre. Ton cerveau, pour éviter l’hypoglycémie, déclenche une alarme. Et à 21h, cette alarme devient une urgence : « Mange tout ce qui est calorique, maintenant ! »
Comment le repérer ? Si tu as des fringales violentes et soudaines, avec une préférence pour le sucré, et que tu as tendance à avoir faim toutes les 2-3 heures dans la journée, c’est probablement ça. La solution n’est pas de supprimer le grignotage du soir, mais de rééquilibrer ta journée : un déjeuner avec des protéines, des légumes, et des glucides complexes (riz complet, quinoa, patate douce), et un goûter consistant (une poignée d’amandes + un fruit, par exemple).
Ici, ce n’est pas la faim physique. C’est une faim émotionnelle. Tu as passé une journée difficile : conflit au travail, fatigue accumulée, sentiment de solitude, ou simple ennui. Le soir, quand tu te poses, ton corps relâche la tension. Mais cette tension, elle est encore là, sous forme d’émotions non exprimées. La nourriture devient un anxiolytique. Elle calme, elle réconforte, elle remplit un vide.
Comment le repérer ? Si tu manges sans avoir faim, si tu es attiré·e par des aliments spécifiques (chocolat, chips, fromage), et si tu ressens un sentiment de culpabilité après, c’est émotionnel. La clé, c’est d’apprendre à accueillir l’émotion sans la nourrir. L’hypnose peut t’aider à créer un espace intérieur où tu peux ressentir cette émotion sans agir dessus.
C’est le plus sournois. Tu n’as pas faim. Tu n’es pas stressé·e. Mais tu as l’habitude. Depuis des années, tu manges en regardant une série, ou en lisant, ou en étant sur ton téléphone. Ton cerveau a créé une association forte : « moment de détente = nourriture ». Et même si tu veux arrêter, ton corps réclame ce rituel.
Comment le repérer ? Si tu manges mécaniquement, sans goûter vraiment, et que tu te rends compte que tu as fini le paquet sans t’en apercevoir, c’est un conditionnement. La solution, c’est de casser le rituel : change de place, mets la télé en sourdine, ou remplace la nourriture par une autre activité (une tisane, un stretching, un dessin).
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis 2014, n’est pas un tour de magie. Ce n’est pas “je te fais une séance et tu ne grignotes plus jamais”. L’hypnose, c’est un outil pour modifier la relation que tu entretiens avec cette envie. Et en combinant avec l’IFS, on peut aller plus loin : on ne combat pas la part qui veut manger, on l’écoute.
Voici une piste que tu peux explorer seul·e, avant même de venir en cabinet. C’est un exercice d’auto-hypnose, simple, mais puissant si tu le pratiques régulièrement.
Le protocole des trois respirations :
Installe-toi confortablement, le soir, avant que la fringale ne commence. Ferme les yeux. Prends trois respirations profondes, en inspirant par le nez et en expirant par la bouche, un peu plus longuement. Laisse tes épaules descendre.
Pose la main sur ton ventre. Et demande-toi : « Quelle est la sensation exacte dans mon ventre ? Est-ce une chaleur, un vide, une tension, une vibration ? » Ne cherche pas à la changer. Observe-la comme un météorologue observe un nuage.
Imagine cette sensation comme une petite personne, ou une forme, à l’intérieur de toi. Cela peut être une enfant, une boule d’énergie, un animal, peu importe. Tu peux lui donner une couleur, une texture. Et demande-lui, avec curiosité : « Qu’est-ce que tu veux vraiment ? Pas la nourriture, mais ce qu’elle représente. » Peut-être que cette part veut du réconfort, de la sécurité, du calme, ou juste une pause.
Remercie cette part. Dis-lui : « Je te vois. Je comprends que tu essaies de m’aider. Je ne vais pas te chasser. Je vais juste te proposer autre chose. » Puis, imagine que tu lui offres ce qu’elle demande, mais sans nourriture : un câble imaginaire de chaleur, une lumière apaisante, ou simplement ta présence attentive.
Rouvre les yeux doucement. Observe si l’envie a changé : peut-être a-t-elle diminué, peut-être est-elle encore là, mais tu la regardes différemment.
Ce n’est pas un exercice pour “arrêter” l’envie. C’est un exercice pour “être avec” l’envie, sans agir dessus. Et c’est là que la liberté commence.
Cet exercice, si tu le fais chaque soir pendant une semaine, va commencer à désamorcer l’automatisme. Tu ne seras plus en pilotage automatique. Tu deviendras l’observateur·rice de ta propre faim. Et cette distance, c’est le premier pas vers le changement.
L’hypnose et l’IFS, c’est bien pour l’intérieur. Mais il faut aussi une stratégie pour l’extérieur. L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de gérer les relations, y compris celle que tu entretiens avec toi-même. Voici comment l’appliquer à cette faim du soir.
Quand tu sens la fringale arriver, ne te dis pas « non, je ne dois pas manger ». Ça crée une lutte intérieure épuisante. À la place, dis-toi : « Je sens que j’ai envie de manger. Je peux choisir de manger, ou de ne pas manger. Mais je vais d’abord prendre 30 secondes pour ressentir ce que ça me fait. » Ce simple décalage te redonne du pouvoir.
Si l’envie est trop forte, ne te prive pas complètement. La privation mène à la frustration, et la frustration mène à la crise. Négocie : « Je peux manger trois carrés de chocolat, mais pas la tablette entière. » Et mange-les en pleine conscience : assis·e, sans écran, en savourant chaque bouchée. Tu verras que trois carrés suffisent souvent, parce que tu es vraiment présent·e.
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi prévoir. Si tu sais que le soir, tu as une faiblesse pour les chips, ne les achète pas. Ou achète une portion individuelle, pas le gros paquet. Si tu sais que tu grignotes devant la télé, prévois une alternative : un thé, un verre d’eau pétillante, ou une activité manuelle (tricot, puzzle). Le cerveau a besoin d’une nouvelle association.
Quand l’envie arrive, pose-toi trois questions :
Si tu réponds “oui” à la première, mange. Si c’est la deuxième ou la troisième, applique l’exercice d’auto-hypnose ou une autre stratégie.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer tes envies du jour au lendemain. Mais elle peut faire trois choses essentielles :
Détendre ton système nerveux. L’hypnose induit un état de relaxation profonde. Or, la faim du soir est souvent liée à un stress accumulé. En calmant ton système nerveux, l’hypnose réduit la production de cortisol, et donc les fringales émotionnelles.
Modifier les associations inconscientes. L’hypnose peut “nettoyer” les liens que ton cerveau a créés entre “soir” et “manger”. Par exemple, en séance, on peut travailler sur un ancrage : chaque fois que tu t’installes dans le canapé, tu peux associer ce geste à une sensation de calme, plutôt qu’à l’envie de grignoter.
Rencontrer les parts de toi. Avec l’IFS sous hypnose, on peut dialoguer directement avec la part qui veut manger. On découvre souvent qu’elle protège une autre part, plus vulnérable (la part qui a peur, qui se sent seule, qui s’ennuie). En soignant cette part vulnérable, la part qui grignote perd son rôle.
Ce que l’hypnose ne peut pas faire, c’est changer tes habitudes si tu
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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