3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre le piège émotionnel et l'outil hypnotique pour s'en libérer.
Vous avez probablement déjà vécu cette scène. Vous êtes assis à votre bureau, la tâche que vous devez accomplir est claire : un rapport à terminer, un appel à passer, un dossier à ouvrir. Vous savez que le faire vous soulagerait. Pourtant, votre corps reste immobile. Vous ouvrez une énième fois votre téléphone, vous vérifiez vos mails pour la troisième fois en cinq minutes, vous vous levez pour boire un verre d'eau que vous n'avez pas soif. Et au fond de vous, une voix s'élève, d'abord discrète, puis de plus en plus insistante : « Tu es nul. Tu n'arrives même pas à commencer. Tu vas encore te prendre un retard. Pourquoi tu es comme ça ? »
Cette voix, c'est la honte. Et si je vous disais que c'est précisément cette honte qui vous maintient dans l'impasse ? Que plus vous vous en voulez de procrastiner, plus vous renforcez le mécanisme qui vous empêche d'agir ? Ce n'est pas une faiblesse de caractère, ni un manque de volonté. C'est un piège émotionnel que votre cerveau a appris à activer pour vous protéger. Et il existe une clef pour en sortir, une approche que j'utilise quotidiennement avec les personnes que je reçois à Saintes : l'hypnose ericksonienne combinée à l'IFS (le modèle des parties). Ensemble, elles permettent de désamorcer ce mécanisme à la racine.
Quand vous procrastinez, vous ne faites pas face à un simple problème d'organisation ou de gestion du temps. Vous êtes confronté à une réaction émotionnelle immédiate. La tâche à accomplir déclenche en vous une sensation désagréable : de l'ennui, de l'anxiété, une peur de ne pas être à la hauteur, ou un sentiment d'écrasement face à son ampleur. Pour échapper à cette sensation, votre cerveau cherche une distraction. C'est un réflexe de survie parfaitement normal.
Le problème survient quand vous ajoutez une deuxième couche émotionnelle par-dessus la première. Vous vous rendez compte que vous êtes en train de procrastiner, et vous déclenchez un jugement automatique : « Je suis en train de perdre mon temps. Je suis paresseux. Je suis un incapable. » Cette autocritique est en réalité une manifestation de honte. La honte n'est pas la culpabilité (qui porte sur un acte : « j'ai mal fait »), c'est une attaque sur l'identité même : « je suis mauvais. »
Et voici le piège : la honte est une émotion extrêmement lourde. Pour la supporter, votre cerveau va chercher un nouvel échappatoire. Il va vous pousser à vous enfoncer encore plus dans la procrastination pour fuir la honte que vous ressentez d'avoir procrastiné. Vous entrez dans une boucle infernale : vous évitez la tâche, vous avez honte de l'éviter, vous évitez encore plus pour ne pas sentir la honte. Le temps passe, l'urgence monte, et la honte se transforme en panique. Finalement, vous agissez sous le coup d'une pression extrême, souvent en bâclant le travail, ce qui renforce la croyance que « vous n'êtes pas capable de faire les choses correctement à l'avance. »
C'est un cercle vicieux que j'observe presque quotidiennement chez les personnes que je reçois. Un manager commercial était venu me voir, épuisé. Il passait ses journées à remettre au lendemain des relances clients qu'il savait pourtant essentielles. Chaque soir, il se promettait de s'y mettre le matin. Chaque matin, il se retrouvait à regarder son écran sans rien faire, envahi par une vague de honte qui le paralysait. Plus il se jugeait, plus il s'enfonçait. Il n'avait pas un problème de méthode, il avait un problème de relation avec ses propres émotions.
« La honte de procrastiner n'est pas la punition du problème, c'en est le moteur. Plus vous vous en voulez, plus vous verrouillez la porte de l'action. »
Face à ce mécanisme, la réaction la plus courante est de tenter de se raisonner ou de se forcer. Vous vous dites : « Allez, juste cinq minutes. » Vous serrez les dents, vous vous asseyez, vous ouvrez le document. Parfois, ça marche. Mais la plupart du temps, au bout de quelques secondes, une tension monte. Votre estomac se serre, votre respiration s'accélère, une voix intérieure vous souffle : « Je n'y arriverai pas », « C'est trop dur », « Je n'ai pas envie. » Et vous abandonnez.
Ce n'est pas que vous manquez de volonté. C'est que vous essayez de combattre une partie de vous-même avec une autre partie de vous-même. L'IFS (Internal Family Systems) nous apprend que notre psyché est composée de multiples « parties » ou sous-personnalités, chacune avec une intention positive, même quand elle semble sabotante. Quand vous vous forcez, vous activez un conflit interne entre la partie qui veut agir (le « bon élève », le « manager exigeant ») et la partie qui résiste (le « protecteur » qui vous détourne de la tâche).
Cette partie résistante n'est pas votre ennemie. Elle a une raison d'être. Peut-être vous protège-t-elle de l'échec en vous empêchant de commencer quelque chose que vous risqueriez de rater. Peut-être vous protège-t-elle du succès, et de la pression que cela engendrerait. Peut-être vous protège-t-elle simplement d'une sensation d'écrasement que vous avez apprise dans l'enfance, quand on vous demandait l'impossible. Quand vous la combattez avec la volonté, vous ne faites que renforcer sa résistance. C'est comme si vous disiez à un gardien : « Laisse-moi passer, tu es nul et tu me gênes. » Il va se braquer, non ?
L'hypnose ericksonienne, dans ce contexte, ne sert pas à vous endormir ou à vous faire perdre le contrôle. Elle permet d'établir une communication différente avec ces parties. Elle vous offre un état de conscience modifié, un entre-deux, où le mental analytique (celui qui juge, qui calcule, qui a honte) se met en retrait. Dans cet état, vous pouvez accueillir la partie qui procrastine sans la combattre, comprendre son intention profonde, et négocier avec elle. C'est une approche de l'intérieur, pas un combat extérieur.
Milton Erickson, le père de l'hypnose que j'utilise, avait une conviction profonde : chaque personne possède en elle les ressources nécessaires pour résoudre ses problèmes. Mon rôle n'est pas de vous donner des solutions toutes faites, mais de créer les conditions pour que vous puissiez accéder à ces ressources. La procrastination n'est pas un déficit, c'est une solution inadaptée que votre inconscient a trouvée pour gérer une situation difficile.
En séance, je ne vais pas vous dire : « Vous allez arrêter de procrastiner. » Je vais plutôt vous inviter à porter votre attention à l'intérieur. Je vais vous guider dans un état de relaxation profonde, où votre esprit conscient peut lâcher prise. Puis, je vais vous proposer de rencontrer cette partie de vous qui vous fait remettre les choses au lendemain. Pas pour la faire taire, mais pour l'écouter.
Un jour, un étudiant en prépa est venu me consulter. Il était brillant, mais incapable d'ouvrir ses livres de maths. Chaque fois qu'il s'asseyait, une angoisse montait, et il se retrouvait à regarder des vidéos sur son téléphone pendant des heures. Il se haïssait pour ça. En hypnose, je lui ai demandé de laisser venir une image ou une sensation associée à ce blocage. Il a vu une porte en acier, immense, verrouillée. Je lui ai proposé de s'approcher de cette porte, pas pour la forcer, mais pour l'observer. Qu'y avait-il derrière ? Quelle était sa fonction ? Étonnamment, en restant présent, il a ressenti que cette porte le protégeait d'une pression démesurée, celle de devoir être le meilleur à tout prix. Cette partie de lui, en le bloquant, l'empêchait de s'effondrer sous le poids de ses propres exigences.
À partir de ce moment, la relation a changé. Il n'était plus en guerre contre lui-même. Il pouvait remercier cette partie d'avoir voulu le protéger, et lui proposer un nouveau rôle. « Je comprends que tu veuilles me protéger de la pression. Mais cette protection me fait plus de mal que de bien maintenant. Peux-tu m'aider à travailler par petites séquences, sans cette pression ? » L'hypnose a permis ce dialogue intérieur, là où la volonté seule échouait depuis des mois.
L'IFS, que j'intègre souvent à mon travail, apporte une carte précise de ce qui se joue. Selon ce modèle, la partie qui procrastine est un « protecteur ». Son job est d'empêcher une partie plus vulnérable, appelée « exilé », de ressentir une émotion douloureuse. Cette émotion peut être une peur ancienne, une humiliation, un sentiment d'impuissance. Le protecteur (la procrastination) est comme un pompier qui déclenche une alarme et noie tout sous l'eau pour éteindre un feu. Le problème, c'est qu'il inonde toute la maison.
Quand vous avez honte de procrastiner, vous vous identifiez à une autre partie : le « critique intérieur » ou le « manager ». Cette partie juge le protecteur, le traite de paresseux, et tente de le contrôler par la force. Résultat : un conflit interne permanent, qui consomme toute votre énergie. Vous passez plus d'énergie à vous battre contre vous-même qu'à travailler.
La sortie, c'est de prendre la place du « Soi », cette partie centrale de vous qui est calme, curieuse, compatissante et confiante. L'hypnose vous aide à accéder à cet état du Soi. De là, vous pouvez regarder votre protecteur (la procrastination) avec bienveillance. Vous pouvez lui demander : « Qu'est-ce que tu crains qu'il se passe si je me mets au travail tout de suite ? » La réponse est souvent surprenante : « Si tu commences maintenant, tu vas te rendre compte que tu n'y arrives pas, et tu vas te sentir nul. Je te protège de cette humiliation. » Ou : « Si tu finis ce projet, on va te demander encore plus, et tu vas t'épuiser. Je te garde en sécurité. »
Une fois que le protecteur se sent entendu, il peut se détendre. Et alors, l'exilé peut être rencontré. C'est souvent une partie jeune qui porte une blessure : la fois où vous avez été ridiculisé pour une erreur, où l'on vous a dit que vous n'étiez pas à la hauteur, où vous vous êtes senti submergé par une attente trop lourde. En accueillant cette partie blessée, en lui donnant la sécurité et la validation qu'elle n'a pas eues à l'époque, la charge émotionnelle se dissout. Le besoins de protection diminue. Et la procrastination perd sa raison d'être.
« Quand vous arrêtez de combattre votre procrastination, elle cesse d'avoir besoin de se défendre. Et c'est là qu'elle peut enfin vous laisser agir. »
Vous n'avez pas besoin d'attendre une séance pour commencer à changer la donne. Voici un petit exercice inspiré de l'hypnose ericksonienne que vous pouvez faire dès que vous sentez le blocage monter. Il repose sur un principe simple : pour sortir d'un état émotionnel, il faut d'abord l'accueillir sans le juger.
Stoppez-vous. Dès que vous vous surprenez à procrastiner (le téléphone en main, le regard vide), ne vous jugez pas. Dites-vous intérieurement : « Ah, je suis en train de procrastiner. Intéressant. » Pas de critique. Juste une observation.
Ralentissez. Prenez trois respirations profondes, en expirant plus longuement que vous n'inspirez. Cela active le système nerveux parasympathique, celui du calme.
Localisez la sensation. Où, dans votre corps, sentez-vous le blocage ou la tension ? Dans la poitrine ? Le ventre ? La gorge ? Posez doucement votre main à cet endroit. Sans chercher à changer quoi que ce soit, respirez en direction de cette zone.
Dialoguez avec la partie. Adressez-vous à la sensation comme à une présence. Vous pouvez lui dire mentalement : « Je te sens. Je sais que tu es là pour une bonne raison. Merci d'essayer de me protéger. » Restez ainsi 30 secondes. Pas plus.
Redimensionnez la tâche. Maintenant, prenez la tâche qui vous bloque et réduisez-la à quelque chose de ridiculement petit. Pas « finir le rapport », mais « écrire une seule phrase. » Pas « ranger toute la maison », mais « plier une seule chaussette. » Engagez-vous à ne faire QUE cela. Après cette micro-action, vous avez le droit de vous arrêter.
Ce que cet exercice fait, c'est qu'il interrompt la boucle honte-évitement. En accueillant la partie qui bloque, vous cessez de l'alimenter par la critique. En réduisant la tâche, vous rendez l'action possible pour le cerveau, qui n'est plus en mode « fuite ou combat » face à un géant. La plupart des personnes qui essaient cet exercice constatent qu'après avoir écrit cette phrase ou plié cette chaussette, l'élan est relancé. Pas toujours, mais souvent. Et quand ce n'est pas le cas, c'est qu'il y a un travail plus profond à faire sur la partie protectrice.
Si vous lisez cet article et que vous reconnaissez ce fonctionnement, sachez que vous n'êtes pas seul et que ce n'est pas une fatalité. La honte de procrastiner n'est pas un défaut à éradiquer, c'est un signal. Elle indique qu'une partie de vous a besoin d'être entendue, et que vos stratégies actuelles de gestion (la volonté, l'autocritique, la pression) ne fonctionnent plus.
Mon travail, en tant que praticien installé à Saintes depuis 2014, consiste à vous offrir un espace sécurisé pour explorer ce signal. Ensemble, en utilisant l'hypnose ericksonienne et l'IFS, nous allons :
Je travaille aussi avec des sportifs, des coureurs et des footballeurs, pour qui la procrastination peut prendre la forme d'une peur de s'entraîner ou d'une difficulté à se mettre en route pour une compétition. Les mécanismes sont les mêmes : une partie qui protège d'une peur de l'échec ou de la performance. Et les outils sont les mêmes : l'écoute profonde de ce qui se joue à l'intérieur.
La prochaine fois que vous vous surprendrez à procrastiner, je vous invite à faire une pause. Avant de vous en vouloir, avant de vous traiter de tous les noms, posez-vous cette question : « Quelle est la partie de moi qui essaie de me protéger en ce moment ? » Cette simple question, posée avec curiosité et non avec jugement, peut déverrouiller une porte que vous pensiez condamnée.
Vous n'êtes pas paresseux. Vous n'êtes pas faible. Vous êtes simplement aux prises avec un conflit intérieur que vous n'avez pas encore appris à résoudre. Et ce n'est pas de votre faute. Personne ne vous a appris à dialoguer avec vos parties. Mais vous pouvez apprendre maintenant.
Si cet article résonne en vous, si vous sentez que le temps est venu de sortir de ce cycle de honte et d'inaction, je vous reçois dans mon cabinet à Saintes. Nous pouvons aussi commencer par un échange téléphonique gratuit de 20 minutes, sans engagement, pour que vous puissiez sentir si cette approche est faite pour vous.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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