3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Identifiez les automatismes inconscients qui entretiennent l’addiction.
Vous êtes sur le point d’éteindre votre cigarette. Vous avez dit « c’est la dernière ». Vous l’avez même répété plusieurs fois ce matin. Pourtant, à 11 heures, votre main a cherché le paquet sans que vous ayez vraiment pris la décision d’y aller. Vous avez allumé, tiré une bouffée, et vous vous êtes dit : « Je ne sais même pas pourquoi j’ai fait ça. »
Cette phrase, je l’entends plusieurs fois par semaine dans mon cabinet à Saintes. Des gens intelligents, volontaires, qui ont déjà arrêté le sucre, le café, ou qui courent trois fois par semaine. Mais la cigarette, ou le joint, ou la vapoteuse, résiste. Non pas parce que vous manquez de volonté. Mais parce que ce qui vous fait fumer, ce n’est pas vous. C’est une partie de vous que vous ne connaissez pas encore.
Je m’appelle Thierry Sudan. Je suis praticien en hypnose ericksonienne, en IFS (Internal Family Systems) et en Intelligence Relationnelle. Depuis 2014, j’accompagne des adultes à Saintes et en visio. Je vois chaque jour ce piège silencieux : vous croyez décider de fumer, mais en réalité, vous obéissez à un programme qui tourne en arrière-plan, sans votre consentement.
Dans cet article, je vais vous montrer comment ce programme s’installe, comment il se déclenche, et surtout comment vous pouvez reprendre le contrôle sans vous battre contre vous-même. Parce que la guerre contre la cigarette, vous l’avez déjà perdue vingt fois. Il est temps d’essayer autre chose.
Quand vous avez fumé votre première cigarette, c’était probablement un acte conscient. Vous avez peut-être trouvé ça désagréable, amer, ou au contraire grisant. Mais à ce moment-là, il y avait une intention : essayer, faire comme les autres, gérer un stress. Votre cerveau a enregistré cette expérience comme un événement nouveau.
Le problème, c’est que votre cerveau est une machine à économiser de l’énergie. Chaque fois que vous répétez un comportement dans un contexte similaire, il crée un raccourci neuronal. Ce n’est pas un défaut, c’est une fonction de survie. Si vous deviez réfléchir à chaque geste de la journée – marcher, respirer, attraper une tasse – vous seriez épuisé en une heure.
Donc, la première fois que vous avez fumé après un repas, votre cerveau a noté : « repas terminé → cigarette ». La première fois que vous avez fumé en conduisant, il a noté : « volant → cigarette ». La première fois que vous avez fumé en sortant d’une réunion tendue, il a noté : « stress → cigarette ».
Au bout de quelques semaines, ce n’est plus vous qui décidez. C’est votre cerveau qui anticipe. Il voit le signal (le café chaud, la pause, l’appel téléphonique) et il active le programme avant même que vous ayez eu le temps de réfléchir. Vous vous retrouvez avec une cigarette à la main sans avoir pris la décision consciente de l’allumer.
C’est là que le piège se referme : vous croyez que c’est un choix, mais c’est un réflexe conditionné. Et un réflexe, ça ne se combat pas par la volonté. Ça se désamorce par la conscience et le changement de contexte.
« La volonté est une ressource limitée. Votre cerveau, lui, est infini en capacité de créer des habitudes. Si vous comptez sur la volonté pour arrêter de fumer, vous comptez sur la chose la plus variable et la plus épuisable de votre système. » — Thierry Sudan
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je fume pour me détendre. » Ou : « Ça me calme. » Si c’était vrai, vous n’auriez pas besoin d’arrêter. Parce que la détente, c’est agréable. Le problème, c’est que la cigarette ne calme pas le stress. Elle calme le manque qu’elle a elle-même créé. C’est un cercle vicieux parfait.
Mais il y a quelque chose de plus profond. Quand vous tendez la main vers votre paquet, ce n’est pas seulement le manque de nicotine. C’est souvent une émotion que vous ne voulez pas traverser. L’ennui. L’impatience. La colère rentrée. La tristesse que vous refoulez depuis des mois. L’anxiété de performance.
La cigarette devient alors un interrupteur émotionnel. Vous ne sentez plus l’émotion inconfortable, vous sentez la fumée. Vous échangez une sensation désagréable contre une sensation familière. Votre cerveau adore ça : il évite la douleur et retrouve une routine connue.
Prenons un exemple. Paul, un coureur que j’accompagne en préparation mentale, fumait après chaque entraînement. Il me disait : « C’est mon moment de récompense. » En réalité, ce qui se passait, c’est qu’après l’effort, son corps était en état de vulnérabilité. L’effort physique avait libéré des tensions, mais aussi des émotions stockées. Au lieu de les accueillir, Paul allumait une cigarette pour revenir à un état neutre, sans vécu émotionnel.
La cigarette n’est pas une récompense. C’est un refuge contre ce que vous ne voulez pas ressentir.
Je ne vous demande pas de ressentir toutes vos émotions à pleine puissance. Mais si vous voulez sortir du piège, il va falloir commencer par observer ce qui se passe juste avant la main qui attrape le paquet. Pas pour le juger. Juste pour le voir.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, ne consiste pas à vous endormir ni à vous faire perdre le contrôle. Elle ne vous fera pas oublier que vous fumez. Elle ne vous transformera pas en non-fumeur par un claquement de doigts. Ce que je vais vous dire est honnête : l’hypnose ne marche que si vous êtes prêt à regarder votre habitude en face.
Mais ce qu’elle fait, c’est qu’elle contourne le mental critique. Votre mental, celui qui se dit « je dois arrêter, je suis nul, je recommence demain », est le même mental qui entretient le piège. C’est lui qui active la culpabilité, et la culpabilité est un déclencheur puissant pour fumer. Vous culpabilisez, vous fumez, vous culpabilisez plus. C’est la boucle infernale.
L’hypnose ericksonienne va parler directement à la partie inconsciente de vous qui a créé ce programme. Parce que oui, ce programme a été créé par une partie de vous qui voulait vous aider. Peut-être pour gérer un stress à une époque où vous n’aviez pas d’autre outil. Peut-être pour vous intégrer socialement. Peut-être pour vous donner l’impression d’avoir un moment à vous dans une journée surchargée.
Cette partie n’est pas votre ennemie. Elle a fait de son mieux avec ce qu’elle avait.
En séance, je vais vous aider à entrer dans un état de conscience modifié, un état de relaxation profonde où votre attention est focalisée, mais votre corps est détendu. Dans cet état, je peux proposer à votre inconscient de nouvelles associations. Par exemple : remplacer le geste d’allumer une cigarette par une respiration consciente. Ou associer la première bouffée à une sensation désagréable, non pas par dégoût forcé, mais par une réorganisation naturelle de votre perception.
Je ne vous interdis rien. Je ne vous dis pas « vous ne fumerez plus jamais ». Je vous aide à rendre le programme obsolète. Quand le cerveau comprend qu’il a d’autres options, plus efficaces et moins nocives, il abandonne la cigarette tout seul, sans lutte.
C’est pour ça que certains de mes patients arrêtent du jour au lendemain après une séance, sans manque, sans souffrance. Ce n’est pas de la magie. C’est de la neuroplasticité bien orientée.
Si vous avez déjà essayé d’arrêter de fumer, vous avez probablement vécu ça : une voix intérieure qui dit « arrête, c’est mauvais », et une autre voix, plus sourde, plus insistante, qui dit « juste une, ça va ». La première voix, c’est votre manager. Il veut bien faire. Il veut vous protéger, vous faire tenir vos promesses. La deuxième voix, c’est la partie qui fume.
Dans l’approche IFS (Internal Family Systems), on ne cherche pas à éliminer cette partie. On cherche à la comprendre. Parce que cette partie a une bonne intention. Elle croit sincèrement que fumer vous aide. Peut-être qu’elle pense que sans cigarette, vous allez exploser de colère. Peut-être qu’elle croit que vous ne pourrez pas vous concentrer. Peut-être qu’elle a peur que vous vous sentiez seul.
Imaginez que vous êtes un manager qui crie sur un employé. L’employé fait mal son travail, vous le menacez, vous le culpabilisez. Est-ce qu’il va mieux travailler ? Non. Il va résister, faire semblant, ou se rebeller. C’est exactement ce qui se passe avec votre addiction. Plus vous vous dites « je suis nul, je n’ai pas de volonté, je déteste cette cigarette », plus la partie qui fume se renforce. Elle se sent attaquée. Elle se défend.
En IFS, je vais vous guider pour entrer en contact avec cette partie. Pas pour la juger. Pour lui poser des questions : « Qu’est-ce que tu crains qui arrive si je ne fume pas ? Qu’est-ce que tu crois que tu me donnes ? Depuis quand es-tu là ? »
Les réponses sont souvent surprenantes. Un patient a découvert que la partie qui fumait était en fait une partie adolescente, qui avait commencé la cigarette pour se sentir libre dans une famille très stricte. Fumer, pour elle, c’était encore un acte de liberté. Quand il a compris ça, il a pu remercier cette partie, lui dire qu’il était libre maintenant, et lui proposer une autre façon d’incarner cette liberté (un sport, une activité créative). La cigarette n’avait plus de raison d’être.
L’IFS, c’est arrêter de se faire la guerre. C’est devenir un bon chef d’orchestre pour toutes les parties de vous-même.
Vous n’avez pas besoin d’attendre un rendez-vous pour commencer à désamorcer le piège. Voici deux exercices simples que vous pouvez faire ce soir ou demain matin. Ils ne vont pas vous faire arrêter du jour au lendemain, mais ils vont commencer à casser le programme.
Exercice 1 : La pause avant la pause
Pendant les trois prochains jours, avant d’allumer une cigarette, faites une pause de dix secondes. Littéralement. Tenez la cigarette dans votre main, regardez-la, et respirez une fois profondément. Pendant cette pause, posez-vous une seule question : « Qu’est-ce que je ressens là, tout de suite, dans mon corps ? » Ne cherchez pas à interpréter. Juste sentir : tension dans les épaules, vide dans l’estomac, agitation dans les jambes.
Cet exercice ne vous demande pas de ne pas fumer. Il vous demande de fumer en conscience. Et c’est déjà une révolution. Parce que tant que vous fumez en automatique, le programme est roi. Dès que vous mettez une micro-pause, vous introduisez une brèche dans le programme. Votre cerveau ne peut plus exécuter l’habitude sans que vous soyez présent.
Exercice 2 : Identifiez un déclencheur et changez un détail
Choisissez un moment de la journée où vous fumez presque toujours. Par exemple, le café du matin. Demain, changez un détail : buvez votre café dans une autre tasse, ou à un autre endroit, ou debout au lieu d’assis. Si vous fumez en voiture, changez la musique que vous écoutez, ou mettez votre paquet dans la boîte à gants au lieu du vide-poche.
Ce n’est pas un grand bouleversement. Mais votre cerveau associe la cigarette à un contexte très précis. En modifiant un détail du contexte, vous rendez l’association moins automatique. Vous créez un espace où vous pouvez choisir, au lieu d’obéir.
Ces deux exercices sont des petits cailloux dans la machine. Ils ne vont pas arrêter la machine tout de suite, mais ils vont la faire grincer. Et c’est le début de la fin.
« Vous ne pouvez pas détruire une habitude. Vous pouvez seulement la remplacer par une autre, ou la rendre tellement consciente qu’elle devient impossible à exécuter sans votre accord. » — Thierry Sudan
Je vais être direct : le « dernier paquet » est l’un des pièges les plus sournois. Vous vous dites : « Je finis ce paquet et j’arrête. » Ou : « Lundi, j’arrête. » Ou : « Après les vacances. » Ce que vous êtes en train de faire, c’est de donner à votre cerveau une permission de fumer encore un peu, mais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Résultat : chaque cigarette devient une cigarette de condamné. Vous ne la savourez pas, vous la fumez avec culpabilité. Et le lundi arrive, vous jetez le paquet, et trois jours plus tard, vous en rachetez un en vous disant « c’est le dernier ».
Ce piège fonctionne parce qu’il repose sur une illusion : celle que l’arrêt est un événement ponctuel. En réalité, arrêter de fumer est un processus. Ce n’est pas un jour J. C’est une série de micro-décisions, prises dans des moments où vous ne vous y attendez pas.
La seule façon de sortir de ce piège, c’est de cesser de négocier avec la cigarette. Pas de « dernière », pas de « juste une ». Soit vous fumez, soit vous ne fumez pas. Mais si vous fumez, assumez-le sans culpabilité. La culpabilité est le carburant de l’addiction. Si vous fumez, fumez en pleine conscience, sans vous juger. Et si vous voulez arrêter, arrêtez maintenant, pas après la fin du paquet.
Je sais que ça peut sembler brutal. Mais c’est plus doux que les années de culpabilité et d’échecs que vous vous infligez.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que quelque chose en vous est prêt à changer. Pas forcément à arrêter tout de suite, mais à regarder l’habitude différemment. C’est déjà énorme. Vous avez arrêté de vous mentir en disant « c’est juste une cigarette ». Vous avez commencé à voir le piège.
Je ne peux pas vous promettre que vous arrêterez après avoir lu cet article. Ce serait malhonnête. Mais je peux vous promettre que si vous venez me voir, je vous aiderai à comprendre ce qui se joue vraiment derrière chaque bouffée. Et à partir de cette compréhension, le changement devient possible, souvent bien plus vite que vous ne l’imaginez.
Je reçois à Saintes, dans mon cabinet près du centre-ville. Je fais aussi des séances en visio pour ceux qui sont plus loin ou qui préfèrent le confort de leur maison. On commence toujours par un échange gratuit de 20 minutes, sans engagement, pour voir si l’approche vous correspond et répond à votre besoin.
Vous n’avez pas à être prêt à arrêter. Vous avez juste à être prêt à regarder. Le reste, on le fera ensemble.
Prenez soin de vous.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes et visio
thierrysudan.com
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.