3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les vrais mécanismes inconscients de la procrastination expliqués simplement.
Vous êtes là, à lire cet article, alors que vous devriez probablement faire autre chose. Un dossier à finir, un appel à passer, un sport à pratiquer, ou simplement cette tâche administrative que vous repoussez depuis trois semaines. Et vous souffrez de cette situation. Vous vous promettez que demain sera différent. Mais demain, le scénario se répète.
Je vois ce mécanisme plusieurs fois par semaine dans mon cabinet à Saintes. Des adultes compétents, intelligents, qui se décrivent comme « fainéants » ou « pas assez disciplinés ». La réalité est tout autre. Vous n’êtes pas paresseux. Vous êtes piégé par des mécanismes inconscients que la plupart des gens ne connaissent pas. Et c’est exactement ce que nous allons décortiquer ensemble.
Commençons par une évidence qui dérange : votre cerveau n’est pas programmé pour votre réussite à long terme. Il est programmé pour votre survie immédiate. C’est une distinction fondamentale que j’explique à chaque personne qui franchit la porte de mon cabinet.
Imaginez votre cerveau comme un système de pilotage automatique vieux de plusieurs centaines de milliers d’années. À l’époque où nous vivions dans la savane, remettre une action à plus tard était souvent une bonne stratégie. Un bruit suspect dans les buissons ? Ne pas aller voir tout de suite, c’était prudent. Une source de nourriture difficile d’accès ? Mieux valait économiser son énergie pour chasser plus tard.
Aujourd’hui, ce même mécanisme s’active quand vous regardez votre dossier professionnel. Sauf que le « bruit suspect », c’est l’anxiété que provoque cette tâche. Et la réponse archaïque de votre cerveau, c’est : « On verra ça plus tard, on n’est pas en danger immédiat. »
« La procrastination n’est pas un problème de gestion du temps. C’est un problème de gestion des émotions. »
Cette phrase, je la répète à chaque séance. Quand vous repoussez une action, vous ne repoussez pas une tâche. Vous repoussez une sensation désagréable. L’ennui, la peur de l’échec, la sensation d’être submergé, le doute sur vos compétences. Votre cerveau cherche à éviter cette souffrance immédiate, même au prix d’une souffrance plus grande à long terme.
C’est ce que j’appelle le « piège du confort à court terme ». Vous sacrifiez votre bien-être futur pour éteindre une alarme émotionnelle dans le présent. Et plus vous cédez, plus le cerveau enregistre : « OK, cette stratégie fonctionne. On continue. » Le pattern se renforce.
Voici une réalité que je constate quotidiennement : vous n’êtes pas un bloc homogène. En vous coexistent plusieurs parties, avec des objectifs différents, parfois contradictoires. C’est l’un des piliers de l’approche IFS (Internal Family Systems) que j’utilise en séance.
Prenons un exemple concret. Martin, 42 ans, vient me voir parce qu’il n’arrive pas à démarrer son projet professionnel. Il a tout préparé : étude de marché, business plan, financement. Mais depuis six mois, il ne fait rien. « Je me déteste », me dit-il. « Je sais que je dois le faire, mais je bloque. »
En explorant avec lui, nous découvrons deux parties distinctes. La première est ambitieuse, excitée par le projet, prête à se lancer. C’est ce que j’appelle la « partie entrepreneur ». La seconde est plus discrète : c’est celle qui a peur. Peur d’échouer, peur du regard des autres, peur de perdre la sécurité de son emploi actuel.
Voilà le conflit : la partie entrepreneur veut agir. La partie protectrice veut rester en sécurité. Et la solution que trouve votre système nerveux pour gérer ce conflit ? La procrastination. Vous ne faites rien. Vous restez dans une zone grise où vous n’avancez pas, mais vous ne reculez pas non plus. C’est douloureux, mais au moins, c’est familier.
Cette partie protectrice n’est pas votre ennemie. Elle essaie de vous protéger, avec les moyens du bord. Mais ses méthodes sont devenues dysfonctionnelles. Elle utilise des stratégies de survie qui datent d’une autre époque, peut-être de votre enfance, quand vous avez appris qu’il était dangereux de prendre des risques ou de vous exposer.
« Ce que vous appelez procrastination est souvent un conflit entre votre partie qui veut grandir et votre partie qui veut vous garder en sécurité. La première n’est pas plus légitime que la seconde. »
Reconnaître ce conflit, c’est déjà faire un pas de géant. Cela vous sort de la culpabilité (je suis nul) pour entrer dans la compréhension (mon système essaie de me protéger). Et c’est seulement à partir de là que le changement devient possible.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis mon installation en 2014, offre une approche particulièrement élégante pour travailler sur la procrastination. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, il ne s’agit pas de vous endormir pour vous faire obéir. Il s’agit de dialoguer avec votre inconscient dans son propre langage.
Milton Erickson, le père de cette approche, avait compris quelque chose de fondamental : votre inconscient n’est pas stupide. Il a ses raisons, souvent excellentes, de maintenir des comportements que votre conscient juge problématiques. L’hypnose ericksonienne ne cherche pas à combattre ces raisons, mais à les comprendre et à les transformer.
Concrètement, quand je travaille avec quelqu’un qui procrastine, nous ne passons pas des heures à analyser pourquoi il remet les choses au lendemain. Nous créons un état de conscience modifié où son inconscient peut entendre une proposition différente. C’est un peu comme si vous arrêtiez de tirer sur une porte qui coince, pour plutôt écouter ce qui la bloque et lui proposer une autre façon de s’ouvrir.
Prenons l’exemple de Sophie, 35 ans, qui repoussait systématiquement ses séances de sport. Elle avait tout essayé : coach, application, réveil matin. Rien n’y faisait. En séance, nous avons découvert que son inconscient associait le sport à une punition. Petite, elle devait faire des heures de natation quand elle avait une mauvaise note. Son cerveau avait encodé : « effort physique = contrainte humiliante ».
L’hypnose ne va pas effacer cette association. Elle va permettre à Sophie de créer une nouvelle connexion : « effort physique = moment pour moi, plaisir, liberté. » Et c’est cette nouvelle connexion qui, progressivement, va prendre le pas sur l’ancienne. Sans lutte, sans volonté forcée.
Ce qui est fascinant, c’est que les personnes que j’accompagne constatent souvent que les choses deviennent « plus faciles ». Pas magiques, mais plus fluides. Le frein à main se desserre progressivement, et l’action devient moins coûteuse en énergie psychique.
Après des années de pratique, j’ai identifié quatre émotions qui reviennent systématiquement chez les personnes qui procrastinent. Les reconnaître, c’est déjà commencer à les désamorcer.
1. L’anxiété de performance C’est la plus courante. Vous devez écrire un rapport, mais la page blanche vous terrifie. Pas parce que vous ne savez pas écrire, mais parce que ce rapport représente un jugement potentiel. « Et si c’était mauvais ? » Cette peur vous fige. Votre cerveau préfère ne pas commencer plutôt que de risquer l’échec.
Je vois cela chez des cadres brillants, des entrepreneurs accomplis. Leur partie perfectionniste exige un résultat irréprochable, et face à cette exigence, l’immobilisme devient une protection. Tant que vous n’avez pas commencé, vous n’avez pas échoué.
2. La sensation d’être submergé Quand la tâche vous paraît trop grosse, trop complexe, votre cerveau active son système d’évitement. C’est le même mécanisme que face à un prédateur : face à quelque chose de trop grand, on fige ou on fuit. La procrastination devient alors une forme de fuite.
Un patient me disait : « Je dois ranger mon garage. Mais quand je regarde le bazar, je me sens vidé. Alors je regarde une série. » Son garage n’est pas un espace à ranger, c’est un monstre émotionnel qui le submerge.
3. La peur du changement Paradoxalement, même les changements positifs génèrent de la résistance. Votre cerveau préfère le connu, même douloureux, à l’inconnu, même prometteur. Si vous repoussez une décision qui pourrait améliorer votre vie, demandez-vous : qu’est-ce que je risque de perdre si ça marche ?
Cette peur est souvent inconsciente. Un commercial qui repousse ses prospections peut avoir peur de réussir, et donc d’avoir plus de responsabilités, plus de visibilité. La procrastination le protège de ce succès qu’il dit vouloir.
4. La colère rentrée C’est le déclencheur le plus méconnu. Parfois, vous ne faites pas les choses parce qu’une partie de vous est en colère. Contre vous, contre la personne qui vous a imposé cette tâche, contre le système. Ne pas faire devient une forme de résistance passive, une façon de dire non.
« Chaque fois que vous remettez une action, posez-vous cette question : quelle émotion est en train de prendre le contrôle ? L’identifier, c’est déjà reprendre du pouvoir. »
Je vous propose un petit exercice, ici et maintenant. Pensez à la tâche que vous repoussez le plus en ce moment. Fermez les yeux 30 secondes et demandez-vous : quelle est l’émotion dominante quand j’y pense ? Anxiété ? Submersion ? Peur ? Colère ? Ne jugez pas la réponse. Observez-la simplement. Cette conscience est le premier pas vers le changement.
Un aspect que j’aborde systématiquement dans mon accompagnement, c’est la façon dont vous vous parlez à vous-même. Ce dialogue intérieur est souvent bien plus violent que ce que vous accepteriez de dire à un ami.
« Je suis nul. » « Je n’y arriverai jamais. » « Je suis trop paresseux. » « Je mérite ce qui m’arrive. »
Ces phrases, je les entends tous les jours. Et elles sont directement responsables du maintien de la procrastination. Pourquoi ? Parce que plus vous vous critiquez, plus votre partie protectrice se renforce. Elle se dit : « Regarde comme il est dur avec lui-même. Je dois le protéger encore plus. » Et la procrastination s’installe durablement.
L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de changer votre relation à vous-même. Pas pour devenir « gentil » ou « positif », mais pour devenir efficace. Un dialogue intérieur toxique est un frein puissant. Un dialogue intérieur constructif est un accélérateur.
Voici ce que je propose aux personnes que j’accompagne. Au lieu de vous dire « Je dois absolument finir ce dossier aujourd’hui », essayez : « Je choisis de commencer par 15 minutes sur ce dossier. » La différence est subtile mais fondamentale. La première formulation active la pression, l’obligation, la peur. La seconde active le choix, la souveraineté, le passage à l’action.
De la même façon, remplacez « Je suis nul de ne pas avoir commencé plus tôt » par « Je remarque que j’ai attendu, et c’est OK. Je peux commencer maintenant. » Vous passez d’une position de juge à une position d’observateur bienveillant. Et cette position est infiniment plus efficace pour agir.
Je vois des résultats spectaculaires quand les personnes intègrent cette approche. Non pas parce qu’elles deviennent soudainement hyper-productives, mais parce qu’elles cessent de gaspiller leur énergie à se battre contre elles-mêmes. L’énergie qui partait dans l’auto-critique est disponible pour l’action.
Je veux être honnête avec vous : ces mécanismes ne se défont pas en un jour. Votre cerveau a passé des années, parfois des décennies, à construire ces patterns de procrastination. Les défaire demande du temps, de la patience, et souvent un accompagnement adapté.
Cela dit, voici trois choses que vous pouvez expérimenter dès aujourd’hui.
1. La règle des 5 minutes C’est l’outil le plus simple et le plus efficace que je connaisse. Engagez-vous à faire la tâche qui vous bloque pendant exactement 5 minutes. Pas plus. Réglez un minuteur. Au bout de 5 minutes, vous avez le droit d’arrêter.
Ce que j’observe : dans 90% des cas, les personnes continuent au-delà des 5 minutes. Pourquoi ? Parce que le plus dur, ce n’est pas de faire la tâche, c’est de commencer. Ces 5 minutes désactivent la partie protectrice qui dit « c’est trop dur ». Vous avez commencé, vous avez survécu, vous pouvez continuer.
2. Identifiez votre émotion avant d’agir Avant de vous attaquer à une tâche que vous repoussez, prenez 30 secondes pour identifier l’émotion présente. Anxiété ? Ennui ? Peur ? Colère ? Donnez-lui un nom. Des études montrent que le simple fait de nommer une émotion réduit son intensité. Vous passez du mode « je suis submergé » au mode « je ressens de la submersion ». La différence est énorme.
3. Parlez à votre partie protectrice Cela peut sembler étrange, mais essayez. Quand vous sentez la résistance monter, dites-vous intérieurement : « Je comprends que tu veuilles me protéger. Je te remercie. Mais pour cette fois, j’aimerais essayer autre chose. » Vous reconnaissez la fonction de protection, vous la remerciez, et vous lui proposez une alternative. C’est un principe fondamental de l’IFS.
Ces trois outils ne vont pas résoudre votre procrastination du jour au lendemain. Mais ils vont commencer à créer une brèche dans le pattern. Et c’est souvent par ces petites brèches que la lumière commence à entrer.
Si vous sentez que ces mécanismes sont trop profondément enracinés, trop douloureux, trop paralysants, sachez que vous n’êtes pas seul. Dans mon cabinet à Saintes, j’accompagne des adultes qui vivent exactement ce que vous vivez. Nous travaillons ensemble, avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle, pour défaire ces noeuds un à un.
Ce n’est pas une bagarre. Ce n’est pas une lutte. C’est un dialogue avec les parties de vous qui ont besoin d’être entendues. Et quand elles le sont, les choses bougent. Parfois rapidement, parfois plus lentement. Mais elles bougent.
Si vous avez envie d’explorer cette voie, je vous invite à me contacter. Nous pouvons échanger par téléphone, par mail, ou directement en consultation. Pas d’engagement, pas de pression. Juste une conversation pour voir si mon approche peut vous être utile.
Prenez soin de vous. Et si vous lisez ces lignes en repoussant quelque chose d’important, peut-être que ce moment est le bon pour commencer. Même cinq minutes.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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