3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le lien entre écrans et émotions expliqué.
Vous êtes allongé dans votre canapé, il est 22h30. Vous vous promettez de regarder « juste une vidéo » avant d’éteindre. Deux heures plus tard, vous avez traversé une trentaine de contenus : une recette de gâteau, un débat politique, un chiot qui tombe, une astuce bricolage, une publicité pour un matelas, un témoignage dramatique. Vous éteignez. Vous posez le téléphone sur la table basse. Et là, dans le silence de la pièce, vous sentez un poids dans la poitrine. Une sensation de flou, d’écœurement doux, comme si vous veniez de manger un repas qui n’avait aucun goût. Vous êtes fatigué, mais pas reposé. Vous avez « consommé », mais vous vous sentez vide.
Ce sentiment, je le rencontre presque chaque jour dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes, entre 25 et 55 ans, viennent me voir pour des problèmes d’anxiété, de manque de sens, de fatigue chronique. Très vite, en parlant de leur quotidien, on tombe sur ce geste automatique : le défilement. Le scroll. Ce mouvement du pouce, répété des centaines de fois par jour. Et presque tout le monde décrit cette même sensation de vide ensuite. Comme si l’écran avait aspiré quelque chose, sans rien donner en retour.
Alors pourquoi ? Pourquoi cet outil censé nous informer, nous distraire, nous connecter, nous laisse-t-il si souvent avec ce goût de cendre ? Ce n’est pas une question de volonté. Ce n’est pas « vous êtes faible » ou « vous manquez de discipline ». C’est une question de mécanismes. Votre cerveau, vos émotions, votre système nerveux sont piégés par une architecture conçue pour capter votre attention, pas pour vous nourrir. Et pour en sortir, il ne suffit pas de supprimer l’écran. Il faut comprendre ce qui se joue en vous quand vous scrollez.
Pour comprendre ce vide, il faut d’abord regarder ce qui se passe dans votre tête quand vous ouvrez Instagram, TikTok ou Twitter. Votre cerveau est un organe incroyable, mais il a été façonné il y a des centaines de milliers d’années, dans un monde où l’information était rare. Chaque nouvelle information — un fruit mûr, un bruit suspect, un visage connu — déclenchait une petite libération de dopamine, le neurotransmetteur de la motivation et de la récompense. C’était un signal : « Continue, c’est utile, ça peut te sauver la vie. »
Aujourd’hui, votre téléphone vous offre des centaines de ces mini-récompenses en quelques minutes. Chaque swipe, chaque like, chaque vidéo qui change est une micro-nouveauté. Votre cerveau libère de la dopamine à chaque fois. Mais il y a un problème : cette dopamine n’est pas liée à une satisfaction réelle. Elle est liée à l’attente de la récompense, pas à la récompense elle-même. C’est le même mécanisme que celui des machines à sous. Vous ne jouez pas pour gagner, vous jouez pour l’excitation de tirer le levier.
Le scroll, c’est ça : un levier que vous actionnez sans cesse. Chaque contenu est une promesse. « Peut-être que la prochaine vidéo sera géniale. Peut-être qu’elle me fera rire, m’apprendra quelque chose, me touchera. » Mais très souvent, le contenu suivant est médiocre, insignifiant, ou pire : anxiogène. Pourtant, vous continuez. Parce que votre cerveau est programmé pour chercher la prochaine pépite, pas pour évaluer le coût de la recherche.
Ce mécanisme s’appelle le dopamine loop. Et il a une conséquence directe : plus vous scrollez, plus votre seuil de tolérance à la dopamine monte. Les petites récompenses naturelles de la vie — une conversation, une promenade, une tasse de thé — deviennent fades. Vous avez besoin d’une dose plus forte pour ressentir la même chose. Le vide que vous ressentez après le scroll, c’est la chute brutale après ce pic artificiel. Votre cerveau est comme un estomac qui a ingéré du sucre vide : il a eu la stimulation, mais pas les nutriments.
« Le scroll, c’est une machine à fabriquer de l’attente sans jamais la satisfaire pleinement. Vous passez votre temps à espérer le prochain contenu, sans jamais goûter celui que vous avez sous les yeux. »
Je vois souvent des personnes qui me disent : « Je sais que c’est nul, je sais que ça ne m’apporte rien, mais je n’arrive pas à m’arrêter. » C’est normal. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un conditionnement neurologique. Et la première étape pour en sortir, c’est de nommer ce mécanisme sans vous juger.
Mais il y a un deuxième niveau, plus profond. Le scroll n’est pas seulement une habitude. C’est souvent une stratégie d’évitement émotionnel. Vous ne scrollez pas parce que vous vous ennuyez. Vous scrollez parce que, dans le silence, quelque chose d’inconfortable pourrait émerger. Une angoisse. Une tristesse diffuse. Une sensation de solitude. Un souvenir qui traîne. Une question sur votre vie, votre travail, votre couple.
Le téléphone devient alors un bouclier. Tant que vous scrollez, vous n’êtes pas confronté à ce qui est là, en vous. C’est une astuce que votre mental a apprise : occuper l’attention pour éviter la sensation. Le problème, c’est que ce que vous fuyez ne disparaît pas. Il s’accumule. Vous repoussez l’émotion, mais elle reste dans le corps, dans les tensions, dans ce poids sur les épaules, dans cette boule dans la gorge.
Quand vous éteignez enfin l’écran, tout revient d’un coup. Le vide que vous ressentez, c’est d’abord l’absence de la distraction. C’est le retour au réel, à vous-même. Et si vous n’avez pas appris à accueillir ce qui est là, ce retour est vécu comme un manque, un trou. Mais ce n’est pas un trou. C’est une présence. C’est votre émotion qui attend d’être entendue.
Prenons un exemple. Je reçois Marc, 42 ans, commercial. Il vient pour une anxiété diffuse et des insomnies. En parlant de ses soirées, il me dit : « Je rentre du travail, je mange un truc vite fait, et puis je m’affale sur le canapé avec mon téléphone. Je regarde des vidéos, des articles, je passe d’un truc à l’autre. Je finis par m’endormir dessus vers minuit. Le matin, je suis crevé. » Je lui demande : « Qu’est-ce qui se passerait si vous posiez le téléphone à 21h ? » Il réfléchit. « Je ne sais pas. Je devrais… être avec moi-même. Et je crois que ça me fait peur. » Cette phrase dit tout. Le scroll n’est pas le problème. Il est la solution que vous avez trouvée pour ne pas ressentir la peur d’être seul avec vous-même.
Le vide après le scroll, c’est le prix à payer pour avoir évité votre vie intérieure. Et plus vous évitez, plus ce vide grandit, parce que vous perdez l’habitude d’être en contact avec vos émotions. Vous devenez comme un muscle qui s’atrophie. La capacité à ressentir, à nommer, à accueillir ce qui est là, s’affaiblit. Et vous vous retrouvez dans un cercle vicieux : vous vous sentez vide, vous scrollez pour combler, le scroll vous vide un peu plus.
Il y a un troisième mécanisme, plus sournois, qui concerne votre système nerveux. Les réseaux sociaux ne sont pas neutres émotionnellement. Ils sont conçus pour vous faire réagir. Un contenu triste, un contenu choquant, un contenu qui vous met en colère. Tout est calibré pour capter votre attention par l’émotion forte. Et votre système nerveux, lui, ne fait pas la différence entre une menace réelle et une menace virtuelle.
Quand vous voyez une vidéo d’une injustice, d’une catastrophe, d’un conflit, votre amygdale — le détecteur de danger du cerveau — s’active. Votre corps se prépare à agir : le rythme cardiaque s’accélère, les muscles se tendent, le cortisol (l’hormone du stress) est libéré. Mais vous ne pouvez pas agir. Vous êtes dans votre canapé. Vous ne pouvez pas sauver la personne, ni résoudre le conflit, ni changer la situation. Vous restez en état d’alerte, sans issue.
Multipliez cela par des dizaines de contenus par soirée. Votre système nerveux passe son temps à monter en tension, puis à redescendre, puis à remonter. C’est ce qu’on appelle une activation chronique de bas niveau. Vous n’avez pas une crise d’angoisse, mais vous êtes en hypervigilance. Votre corps est en mode « guetter le danger ». Et ce mode est épuisant.
Le vide que vous ressentez après une session de scroll, c’est aussi l’épuisement de ce système nerveux qui a été sollicité sans répit. Vous avez dépensé de l’énergie nerveuse à réagir à des stimuli, sans jamais avoir la satisfaction d’une action complétée. C’est comme si vous passiez votre temps à bander un arc sans jamais décocher la flèche. À la fin, vous êtes vidé, mais rien n’a été résolu.
Je vois des patients qui me disent : « Je me sens fatigué, mais je n’ai rien fait de ma journée. » Cette fatigue-là n’est pas physique. C’est une fatigue nerveuse. Et le scroll en est un des grands pourvoyeurs. Vous avez l’impression de vous « reposer » devant votre téléphone, mais en réalité, vous travaillez sans relâche. Vous triez, évaluez, réagissez, comparez. C’est un boulot à plein temps pour votre cerveau.
Alors, comment sortir de cette boucle ? La première chose que je propose à mes patients, c’est de prendre conscience que le scroll est un état de conscience modifié. Vous êtes en transe légère. Le geste est automatique, l’attention est flottante, le temps disparaît. C’est exactement ce qu’on cherche à provoquer en hypnose, sauf que là, vous n’avez pas de guide. Vous êtes dans une transe non choisie, pilotée par l’algorithme.
L’hypnose ericksonienne que je pratique peut vous aider à reprendre le contrôle de ce geste. Pas en le supprimant par la force, mais en le rendant conscient. Quand vous êtes en état hypnotique, vous êtes plus réceptif aux suggestions qui viennent de l’intérieur. Vous pouvez apprendre à reconnaître la sensation de votre pouce qui s’apprête à scroller, et faire une pause. Juste une seconde. Cette seconde suffit à briser l’automatisme.
Je travaille souvent avec une technique simple : associer le geste de prendre le téléphone à une respiration consciente. Avant d’ouvrir l’application, vous inspirez profondément, et vous expirez en nommant ce que vous ressentez. « Je suis fatigué. » « Je m’ennuie. » « Je suis anxieux. » Ce simple acte de nommer change la donne. Vous passez de l’évitement à l’accueil. Et souvent, à ce moment-là, le besoin de scroller diminue. Parce que ce que vous cherchiez dans l’écran, c’était peut-être juste une reconnaissance de ce que vous ressentez.
L’hypnose ne va pas vous « guérir » du téléphone. Elle va vous apprendre à être présent à vous-même dans l’instant. Et c’est exactement ce dont vous avez besoin pour ne plus vous sentir vide après avoir scrollé. Parce que le vide n’est pas l’absence de contenu. C’est l’absence de présence à soi.
Il y a un autre angle que j’explore avec mes patients, surtout ceux qui sentent que le scroll a remplacé quelque chose de plus profond : la connexion aux autres. Beaucoup de personnes que je reçois scrolent parce qu’elles se sentent seules. Elles cherchent une forme de contact, de reconnaissance, d’appartenance. Un like, un commentaire, une story vue. C’est une tentative de combler un besoin relationnel avec un ersatz numérique.
Mais le problème, c’est que la relation numérique n’est pas une relation. Elle est asynchrone, partielle, sans présence réelle. Vous ne voyez pas le regard de l’autre, vous n’entendez pas sa voix, vous ne sentez pas sa respiration. Vous échangez des signes, pas des présences. Et ce manque de présence, vous le ressentez comme un vide.
L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à être en relation avec l’autre de manière authentique, et surtout à être en relation avec vous-même. Quand vous scrollez, vous êtes en relation avec un flux, pas avec une personne. Vous êtes spectateur, pas acteur. Pour sortir du vide, il faut réapprendre à être en contact. Avec un ami, un proche, mais aussi avec vous-même.
Un exercice que je donne souvent : au lieu de scroller, envoyez un message vocal à quelqu’un que vous n’avez pas contacté depuis longtemps. Pas un texte, un vocal. Parce que la voix porte l’émotion, la présence. Vous allez sentir une différence immédiate dans votre corps. Le poids dans la poitrine se dissipe. Parce que vous avez créé une vraie connexion, même brève.
« Le numérique vous donne l’illusion du lien, mais vous laisse avec la réalité de la solitude. La vraie connexion prend du temps, de l’attention, et de la vulnérabilité. C’est pour ça qu’elle soigne. »
Je ne vais pas vous demander de supprimer vos applications, de jeter votre téléphone, ou de faire une cure de désintoxication numérique. Ce n’est pas réaliste, et ce n’est pas nécessaire. Ce qui est nécessaire, c’est de changer votre relation à l’écran. Pas l’écran lui-même.
Voici une chose que vous pouvez faire maintenant, après avoir lu cet article. Posez votre téléphone. Pas loin, juste à côté de vous. Fermez les yeux. Prenez trois respirations lentes. Et posez-vous cette question : « Qu’est-ce que je ressens, là, dans mon corps, en ce moment ? » Ne cherchez pas une réponse intellectuelle. Restez avec la sensation. Peut-être une tension dans les épaules. Une lourdeur dans le ventre. Une chaleur dans la poitrine. Restez avec ça trente secondes.
Ce geste simple, c’est le début de la sortie du scroll automatique. Vous remplacez la fuite par la présence. Vous apprenez à être avec ce qui est là, sans le remplir tout de suite. Et vous découvrez peut-être que ce vide que vous fuyez n’est pas un vide. C’est une émotion qui attend d’être accueillie. Une fatigue. Une tristesse. Un besoin de repos réel, pas de stimulation.
Si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus profond pour sortir de ces boucles, je suis là. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui veulent comprendre pourquoi ils répètent des gestes qui les épuisent. On ne va pas « supprimer » le scroll. On va apprendre à être présent à ce qui se joue en vous quand votre pouce se lève. C’est un chemin plus lent, mais il mène à quelque chose de vrai : une vie où vous choisissez ce que vous regardez, au lieu d’être regardé par un algorithme.
Prenez soin de vous. Et si vous voulez en parler, je suis à deux clics, ou à quelques rues si vous êtes à Saintes. La porte est ouverte.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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