3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Transposez les astuces des champions pour vaincre votre inertie quotidienne.
Vous arrive-t-il de regarder l’aiguille de l’horloge défiler en sachant pertinemment que vous devriez déjà être parti(e) ? Ce moment où vous êtes prêt(e) depuis cinq minutes, mais vos pieds refusent de quitter le pas de la porte. Ou cette réunion importante que vous repoussez d’un quart d’heure, puis d’un autre, en vous promettant que vous allez « finir ce mail avant ». Le retard chronique n’est pas un défaut de caractère. C’est un symptôme. Et comme tout symptôme, il raconte une histoire que votre corps connaît, mais que votre mental préfère ignorer.
En tant que préparateur mental pour des coureurs et des footballeurs, je vois chaque semaine des athlètes qui luttent avec la même inertie que vous. La différence ? Ils ont appris à reconnaître le signal d’alarme avant qu’il ne devienne une habitude paralysante. Aujourd’hui, je vais vous montrer comment transposer ces techniques de champions dans votre quotidien pour vaincre ce retard qui vous coûte bien plus que du temps.
Commençons par une vérité inconfortable : votre cerveau n’est pas programmé pour être à l’heure. Il est programmé pour survivre. Et dans cette logique de survie, toute situation qui ressemble à une menace potentielle – comme arriver en avance dans un lieu inconnu – déclenche une micro-résistance. C’est ce que j’observe chez mes patients à Saintes depuis 2014, qu’ils soient dirigeants d’entreprise ou sportifs de haut niveau.
Prenons l’exemple de Marc, 42 ans, commercial dans une grande enseigne. Chaque matin, il se levait à 6h30 pour être au bureau à 8h. Chaque matin, il arrivait à 8h12, stressé, honteux, et déjà en retard sur sa première tâche. En travaillant ensemble, nous avons découvert que ce retard n’était pas un problème d’organisation, mais un mécanisme de protection. Son inconscient avait associé l’arrivée au bureau à une confrontation désagréable avec son supérieur. En retard, il évitait cette confrontation : le bureau était déjà en activité, son chef était en réunion. Le retard était une solution – certes coûteuse – à un problème émotionnel.
Ce mécanisme s’appelle l’évitement expérientiel. Votre cerveau détecte une situation qui génère de l’anxiété – même infime – et trouve une parade. Le retard est une de ces parades. C’est exactement la même chose qui se produit chez un coureur qui repousse son entraînement du matin parce que « il fait trop froid » ou chez un footballeur qui arrive systématiquement en retard à l’échauffement parce que « le trafic était horrible ». Derrière ces excuses rationnelles se cache toujours une émotion non accueillie.
« Le retard n’est jamais un problème de temps. C’est toujours un problème de priorité émotionnelle. Quand votre inconscient décide qu’arriver à l’heure est moins important que se protéger d’un inconfort, vous serez en retard. Point. »
La clé, c’est de comprendre que votre cerveau ne fait pas la différence entre une menace réelle (un tigre) et une menace sociale (arriver en avance à un rendez-vous). Dans les deux cas, il active les mêmes circuits de fuite ou d’évitement. Votre retard est une forme de fuite subtile. Une façon de dire « non » sans avoir à prononcer le mot.
Les athlètes que j’accompagne – des coureurs de fond, des footballeurs de niveau régional à national – ne sont pas immunisés contre l’inertie. Je les vois arriver en séance avec le même regard vide que mes patients en cabinet. La différence, c’est qu’ils ont développé des protocoles pour court-circuiter cette inertie avant qu’elle ne s’installe.
Je pense à Sophie, marathonienne de 38 ans. Elle venait me voir parce qu’elle n’arrivait plus à sortir courir le matin. « Je reste dans mon lit, je regarde le plafond, je me dis que je vais y aller, et une heure plus tard je suis encore là. » Ce n’était pas un manque de motivation. C’était un problème de démarrage. Exactement comme le retard professionnel.
La technique que nous avons utilisée s’appelle le « protocole des 5 secondes », adapté de l’hypnose ericksonienne. Le principe est simple : quand le cerveau hésite, il a besoin d’un déclencheur physique pour sortir de l’indécision. Chez Sophie, nous avons installé un signal : au moment où son réveil sonnait, elle devait compter 5-4-3-2-1 et se lever immédiatement, sans réfléchir. Pas le temps de négocier avec son mental. Pas le temps de trouver une excuse.
Ce qui est fascinant, c’est que ce protocole fonctionne aussi pour le retard professionnel. Un de mes patients, entrepreneur à Rochefort, utilisait cette technique avant chaque rendez-vous client. Il programmait un rappel 15 minutes avant l’heure théorique de départ. À ce signal, il comptait 5-4-3-2-1 et se levait. Fini les « je termine juste ce dossier » qui duraient 20 minutes.
Pourquoi ça marche ? Parce que l’inertie est un phénomène physique avant d’être psychologique. Un objet au repos a tendance à rester au repos. Pour le mettre en mouvement, il faut une force initiale plus importante que celle nécessaire pour le maintenir en mouvement. Le compte à rebours crée cette force. Il ancre l’action dans le corps avant que le mental n’ait le temps de trouver des objections.
Vous avez probablement votre collection personnelle d’excuses. « Je suis né(e) comme ça », « Ma mère était toujours en retard », « J’ai un tempérament artistique », « Le travail me passionne tellement que je perds la notion du temps ». Ces phrases ne sont pas des mensonges. Ce sont des croyances limitantes que votre cerveau a transformées en identité.
En IFS (Internal Family Systems), nous appelons cela des « parties protectrices ». Ces parties ont développé une stratégie pour vous éviter la douleur de l’effort, de l’anticipation, ou de l’inconfort social. Elles ne sont pas mauvaises. Elles essaient simplement de faire leur travail avec les moyens du bord. Le problème, c’est qu’elles vous maintiennent dans une version réduite de vous-même.
Prenons l’exemple de Laurent, 35 ans, footballeur en club amateur. Il arrivait systématiquement avec 10 minutes de retard aux entraînements. Son excuse : « Je finis toujours mon travail avant de partir. » En réalité, en explorant avec l’IFS, nous avons découvert une partie de lui qui avait peur d’être jugé par ses coéquipiers. En arrivant en retard, il évitait le moment de l’accueil collectif, ce moment où tous les regards se tournent vers le nouveau arrivant. Son retard était une protection contre le regard des autres.
La même dynamique se joue dans votre vie professionnelle. Ce rendez-vous que vous repoussez systématiquement de 5 minutes ? Il cache peut-être une peur du jugement. Cette réunion où vous arrivez toujours en retard ? Peut-être une résistance à l’autorité que vous n’osez pas exprimer autrement.
« Chaque retard est une lettre que votre inconscient vous envoie. Le destinataire, c’est vous. Le contenu, c’est toujours la même chose : ‘Il y a quelque chose ici qui te dérange, et tu n’as pas encore trouvé le courage de le regarder en face.’ »
Le travail que je propose, c’est de transformer ces excuses en informations. Au lieu de vous dire « Je suis en retard parce que je suis comme ça », posez-vous cette question : « Si je devais être à l’heure aujourd’hui, qu’est-ce que je devrais ressentir ou affronter que j’évite en ce moment ? » La réponse est presque toujours une émotion : peur, honte, colère, impuissance. Une fois que vous avez nommé l’émotion, vous pouvez travailler avec elle au lieu de la fuir.
Voici le protocole que j’utilise avec mes sportifs et que j’adapte pour mes patients en cabinet. Il repose sur trois piliers : l’ancrage corporel, la visualisation inversée et le rituel de transition.
Étape 1 : L’ancrage corporel
Avant chaque action importante – que ce soit partir pour un rendez-vous ou commencer une réunion – installez un ancrage physique. Chez les coureurs, je fais poser les deux pieds à plat sur le sol, les mains sur les genoux, et respirer trois fois en allongeant l’expiration. Ce geste signale au système nerveux que la situation est sous contrôle. Vous pouvez le faire avant de sortir de chez vous, avant d’entrer dans une salle de réunion, ou même avant de décrocher un appel important.
Pour le retard, cet ancrage devient un signal de départ. Quand vous sentez l’inertie vous gagner – cette sensation de flottement où vous savez que vous devriez bouger mais que vous ne bougez pas – placez vos pieds à plat, posez vos mains sur vos cuisses, et expirez longuement. Ce geste casse le pattern neurologique de l’hésitation.
Étape 2 : La visualisation inversée
Les sportifs visualisent leur réussite. C’est classique. Ce qui l’est moins, c’est de visualiser l’échec pour le désamorcer. Je demande à mes patients de fermer les yeux et de s’imaginer arrivant en retard. Pas rapidement, mais en détail : la sensation de stress, le regard des autres, la honte, l’excuse qu’ils vont donner. Puis, je leur demande de revenir au moment présent et de choisir un geste qui annule cette visualisation. Un geste simple : se toucher le poignet, cliquer des doigts, ou dire un mot-clé.
Ce processus, appelé « pattern interrupt », court-circuite le scénario habituel. Votre cerveau a déjà vécu l’échec en imagination, donc il n’a plus besoin de le vivre en réalité. Vous pouvez alors choisir une autre voie.
Étape 3 : Le rituel de transition
Le retard chronique est souvent lié à une difficulté à passer d’un état à un autre. En hypnose, nous appelons cela un problème de « switching ». Votre cerveau est encore dans le mode « travail » quand vous devriez être en mode « déplacement », ou encore dans le mode « maison » quand vous devriez être en mode « client ».
Créez un rituel de transition de 30 secondes. Par exemple : avant de partir, rangez un objet sur votre bureau, fermez les yeux, respirez, et dites à voix haute : « Je termine ce chapitre. J’ouvre le suivant. » Ce rituel signale à votre cerveau que le contexte change. Les sportifs le font avant chaque match : ils touchent le poteau de but, ils sautent trois fois sur place, ils frappent dans leurs mains. Vous pouvez faire de même.
Je dois être honnête avec vous. La préparation mentale n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas transformer un retardataire chronique en personne ponctuelle en une semaine. Elle ne va pas effacer les années de conditionnement qui vous ont appris que le retard est acceptable. Et elle ne va pas supprimer les émotions inconfortables qui se cachent derrière chaque minute perdue.
Ce qu’elle fait, c’est vous donner des outils pour travailler avec votre propre matière. C’est comme un coureur qui apprend à gérer son souffle : au début, c’est artificiel, mécanique. Puis, avec la pratique, cela devient naturel. Le souffle ne disparaît pas, mais il devient un allié au lieu d’un ennemi.
J’ai accompagné des sportifs qui ont mis six mois à intégrer un protocole de visualisation. Six mois à faire l’exercice chaque jour, à rater, à recommencer. Et un jour, sans prévenir, le geste est devenu fluide. La même chose est vraie pour le retard. Vous n’allez pas vous réveiller demain matin ponctuel. Mais vous pouvez commencer à poser des briques.
Un dernier point : la préparation mentale ne vous demande pas d’être parfait. Elle vous demande d’être présent. Présent à votre inertie, présent à vos excuses, présent à ce que vous ressentez quand vous êtes en retard. C’est cette présence qui crée le changement, pas la technique elle-même.
Je termine souvent mes accompagnements par une invitation à changer de regard sur le symptôme. Votre retard n’est pas un ennemi à éradiquer. C’est un indicateur, comme le voyant d’huile sur le tableau de bord de votre voiture. Quand il s’allume, vous ne cassez pas le voyant. Vous vérifiez le niveau d’huile.
Que vous dit votre retard aujourd’hui ? Peut-être que vous en faites trop et que votre corps vous rappelle à l’ordre en vous forçant à ralentir. Peut-être que vous évitez une situation qui vous stresse. Peut-être que vous n’avez pas encore trouvé une raison suffisamment forte pour être à l’heure. Peut-être que vous avez besoin de vous sentir important en faisant attendre les autres.
Toutes ces raisons sont valables. Et toutes peuvent être travaillées. Mais pour cela, il faut d’abord arrêter de lutter contre le retard et commencer à l’écouter.
La semaine prochaine, je vous propose un défi simple : chaque fois que vous êtes en retard, notez sur un carnet ce que vous ressentiez juste avant. Pas les excuses, pas les justifications. L’émotion. Était-ce de l’anxiété ? De la colère ? De la tristesse ? Un sentiment d’impuissance ? Faites cela pendant sept jours. Vous aurez entre les mains la carte de votre territoire intérieur.
Et si vous voulez aller plus loin, sachez que ces techniques que j’utilise avec les sportifs sont les mêmes que celles que j’adapte en cabinet pour les adultes qui souffrent de procrastination, d’anxiété ou de difficultés relationnelles. Le retard n’est qu’un symptôme parmi d’autres. Mais quand on apprend à le décoder, on découvre souvent des trésors cachés.
Si cet article résonne avec quelque chose en vous, si vous sentez que ce retard chronique est le signe d’un blocage plus profond, je vous invite à prendre contact. Nous pouvons travailler ensemble, en cabinet à Saintes ou en visio, pour transformer ce symptôme en levier de changement. Pas pour que vous soyez ponctuel(le) comme un robot, mais pour que vous retrouviez la liberté de choisir votre rapport au temps – et à vous-même.
Prenez soin de vous, et souvenez-vous : le temps que vous perdez aujourd’hui est peut-être le temps que vous gagnerez demain pour vous rencontrer vraiment.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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