3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Lien entre IFS et remise à plus tard : une piste concrète et surprenante.
Vous êtes assis devant votre ordinateur depuis une heure. Vous devriez travailler sur ce dossier important, mais vous êtes en train de regarder des vidéos de chats sur Internet. Vous vous promettez de commencer « dans cinq minutes ». Ces cinq minutes durent depuis trois heures. Vous vous sentez coupable, frustré, et vous vous répétez que vous n’avez aucune volonté.
Je reçois des personnes comme vous presque tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des adultes compétents, intelligents, souvent brillants dans leur domaine, mais qui se heurtent à un mur invisible dès qu’il s’agit d’entamer une tâche spécifique. On leur a dit que c’était de la paresse, un manque de discipline, ou pire, un défaut de caractère. Et eux-mêmes finissent par le croire.
Pourtant, depuis que j’utilise l’approche IFS (Internal Family Systems) – ce modèle qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties » – j’ai découvert quelque chose de troublant : la procrastination chronique n’est presque jamais un problème de motivation. C’est un signal d’alarme envoyé par une partie de vous qui a peur. Et souvent, cette partie est bien plus jeune que vous ne l’imaginez.
Alors, si vous êtes prêt à envisager que votre « fainéantise » cache quelque chose de plus profond, restez avec moi. On va explorer pourquoi votre enfant intérieur pourrait bien être aux commandes de votre agenda.
Vous avez probablement déjà essayé toutes les méthodes classiques. La technique Pomodoro (25 minutes de travail, 5 minutes de pause). Les to-do lists colorées. Les applications qui bloquent les réseaux sociaux. Les promesses solennelles faites à vous-même le dimanche soir. Et ça marche… pendant trois jours. Puis, inévitablement, vous replongez.
Ce n’est pas parce que vous êtes faible. C’est parce que ces méthodes s’adressent à votre mental conscient, celui qui sait qu’il « faut » faire les choses. Mais votre comportement n’est pas dirigé uniquement par ce mental rationnel. Il est largement influencé par des parties de vous qui fonctionnent en dessous du radar de la conscience.
En IFS, on appelle cela des « parties ». Ce ne sont pas des pathologies, mais des sous-personnalités qui se sont formées pour vous protéger, souvent dans l’enfance. Elles ont des croyances, des émotions et des rôles spécifiques. Quand vous procrastinez, ce n’est pas « vous » qui décidez de ne pas travailler. C’est une partie de vous qui prend le contrôle pour vous éviter quelque chose.
Cette partie peut avoir peur de l’échec. Elle peut redouter le succès (et la pression qui l’accompagne). Elle peut craindre de ne pas être à la hauteur, d’être jugée, ou simplement de ressentir l’ennui ou la frustration liés à la tâche. Elle ne dit pas : « Je vais saboter ton projet. » Elle dit : « Je te protège. »
Le piège, c’est que vous luttez contre cette partie. Vous vous dites : « Arrête de glander, bouge-toi ! » Vous la critiquez, vous la méprisez. Et que fait une partie attaquée ? Elle se défend. Elle s’enracine. Plus vous tirez sur la laisse, plus le chien tire dans l’autre sens. La procrastination s’aggrave.
« Ce n’est pas la paresse qui vous retient. C’est un gardien maladroit qui croit encore vous protéger d’un danger qui n’existe plus. »
J’ai vu des cadres dirigeants, des entrepreneurs, des artistes talentueux pleurer dans mon fauteuil en réalisant qu’ils n’étaient pas « nuls », mais qu’ils portaient encore la peur d’un enfant de huit ans qui avait peur de décevoir son père. La volonté ne peut rien contre une peur enfouie. Elle peut juste la contourner un moment. Mais la peur finit toujours par gagner.
Quand je parle d’« enfant intérieur », certains lèvent les yeux au ciel. Ils imaginent des ateliers new age avec des bougies et des peluches. Je les comprends. Mais laissez-moi vous expliquer ce que ce terme désigne concrètement, en termes de mécanismes psychologiques.
Notre cerveau ne fait pas bien la différence entre un danger réel et un danger perçu. Si, enfant, vous avez vécu une situation où vous vous êtes senti humilié après avoir fait une erreur (un professeur qui vous a ridiculisé, un parent qui vous a comparé à votre frère), votre système nerveux a enregistré : « Faire une erreur = danger de mort sociale. »
À l’époque, c’était peut-être vrai. Votre survie émotionnelle dépendait de l’approbation des adultes. Aujourd’hui, vous avez 35 ans, vous êtes chef de projet, et personne ne va vous ridiculiser si votre rapport comporte une coquille. Mais une partie de vous n’a pas reçu la mise à jour. Elle est restée figée à l’âge où cette menace était réelle.
Cette partie, c’est votre enfant intérieur. Ce n’est pas une métaphore poétique. C’est un ensemble de souvenirs, d’émotions et de croyances non digérées qui continuent d’influencer vos choix. Quand vous remettez à plus tard la rédaction de ce rapport, ce n’est pas l’adulte rationnel qui décide. C’est l’enfant qui se dit : « Si je me trompe, je vais avoir mal. Alors je ne commence pas. »
J’ai accompagné un coureur de fond, un athlète aguerri, qui repoussait sans cesse ses séances de fractionné. Il se pensait démotivé. En explorant avec l’IFS, on a découvert une partie de lui, âgée d’environ 10 ans, qui avait été humiliée par un entraîneur devant tout le groupe après une mauvaise performance. Cette partie ne voulait pas revivre cette honte. Alors elle sabotait les entraînements. L’adulte savait que le fractionné était nécessaire. L’enfant, lui, voulait juste être en sécurité.
Quand vous procrastinez, posez-vous cette question : « Si la tâche que je fuis était un animal, à quoi ressemblerait-il ? » Puis : « Quel âge a la partie de moi qui a peur de cet animal ? » La réponse est souvent surprenante. Et elle n’a presque jamais plus de 12 ans.
L’IFS propose une approche radicalement différente de la lutte contre la procrastination. Au lieu de combattre la partie qui vous empêche de travailler, on l’accueille. On la remercie même. Pourquoi ? Parce qu’elle a une intention positive, même si ses méthodes sont devenues contre-productives.
Le processus ressemble à cela :
Je ne dis pas que c’est magique. Parfois, il faut plusieurs séances pour dénouer complètement un nœud ancien. Mais j’ai vu des personnes, après avoir dialogué avec leur partie procrastinatrice, se lever de leur chaise et accomplir en deux heures ce qu’elles repoussaient depuis deux mois. Sans effort. Sans lutte. Juste parce que la peur avait été reconnue.
Dans ma pratique, je retrouve trois schémas récurrents. Si vous vous reconnaissez dans l’un d’eux, vous saurez quelle partie de vous écouter.
1. Le perfectionniste paralysé Vous repoussez le début d’un projet parce que vous voulez qu’il soit parfait. Vous passez des heures à chercher la meilleure formulation, le meilleur angle, le meilleur outil. Vous ne livrez rien, ou trop tard. La partie qui se cache derrière est souvent un enfant qui a été critiqué sévèrement pour ses erreurs. Il a appris que « mal fait » était pire que « pas fait du tout ». Il préfère l’échec par inaction à l’échec par imperfection.
2. Le fuyard émotionnel Vous procrastinez sur des tâches qui provoquent de l’ennui, de la frustration ou de la tristesse. Vous vous réfugiez dans les écrans, la nourriture, les réseaux sociaux. La partie qui gère est un enfant qui n’a pas appris à tolérer les émotions inconfortables. Enfant, quand il s’ennuyait, on lui donnait une tablette. Quand il était triste, on le distrayait. Il n’a jamais développé la capacité de traverser l’inconfort. Alors il fuit.
3. Le rebelle silencieux Vous repoussez les tâches que l’on vous impose. Même si vous êtes adulte, faire ce qu’on vous dit vous donne l’impression d’être dominé. Vous résistez passivement. La partie qui agit est un adolescent (ou un enfant) qui a vécu un contrôle excessif. Il a dû obéir sans pouvoir dire non. Aujourd’hui, il dit non en ne faisant pas. C’est sa manière de préserver son intégrité.
« Le rebelle ne refuse pas la tâche. Il refuse la relation de pouvoir qu’elle incarne. »
J’ai reçu un jour un commercial brillant, toujours en retard sur ses reporting. Il savait que c’était simple, quinze minutes par semaine. Mais il ne les faisait jamais. En IFS, on a trouvé une partie adolescente qui détestait son père autoritaire. Le reporting était devenu le symbole de toute autorité. En libérant cette partie de son passé, le reporting est devenu une simple tâche administrative, et plus un champ de bataille.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour expérimenter cela. Voici un protocole que je donne à mes patients entre deux rendez-vous. Il prend cinq minutes, et il peut tout changer.
Étape 1 : Asseyez-vous face à la tâche qui vous bloque. Ne commencez pas. Restez juste là. Ressentez la résistance dans votre corps. Est-ce une tension dans les épaules ? Un nœud à l’estomac ? Une envie de fuir dans les jambes ?
Étape 2 : Adressez-vous à cette sensation. Dans votre tête, ou à voix haute si vous êtes seul, dites : « Je vois que tu es là. Je ne vais pas te combattre. Je veux juste te connaître. » Pas de jugement. Juste de la curiosité.
Étape 3 : Posez une question ouverte. Demandez : « Qu’est-ce que tu crains qu’il se passe si on commence cette tâche maintenant ? » Attendez la réponse. Elle peut venir sous forme de mots, d’images, de sensations. Peut-être une voix qui dit : « On va se planter. » Peut-être une image d’une salle de classe. Peut-être une boule dans la gorge.
Étape 4 : Remerciez cette partie. Dites-lui : « Merci d’avoir essayé de me protéger. Je comprends ce que tu faisais. Tu peux lâcher un peu maintenant, je suis là. » C’est un geste simple, mais il change la relation. Vous n’êtes plus en guerre. Vous êtes en alliance.
Étape 5 : Demandez-lui ce dont elle a besoin. Parfois, la partie a besoin que vous preniez soin d’elle. Parfois, elle a besoin que vous vous engagiez à ne faire que cinq minutes de la tâche. Parfois, elle a juste besoin que vous reconnaissiez sa peur. Faites ce qu’elle vous demande, dans la limite du raisonnable.
Ce n’est pas une technique de productivité. C’est un geste de réconciliation intérieure. Et c’est ce geste qui libère l’énergie bloquée.
L’IFS est un modèle magnifique pour comprendre et dialoguer avec ses parties. Mais parfois, le dialogue ne suffit pas. Les protections sont trop solides, les fardeaux trop lourds. C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu.
L’hypnose, dans mon cabinet, n’est pas un spectacle. C’est un état de conscience modifié où le mental critique s’apaise et où les parties peuvent communiquer plus librement. En état d’hypnose, l’accès à l’enfant intérieur est souvent plus direct, moins filtré par les défenses de l’adulte.
Je guide la personne vers un espace intérieur sécurisé. Puis je l’invite à rencontrer la partie qui procrastine, non pas en la jugeant, mais en l’observant avec bienveillance. L’hypnose permet de contourner la résistance du mental qui dit : « Ce n’est pas sérieux, tu perds ton temps. » Elle permet d’aller directement au cœur émotionnel du problème.
J’utilise souvent des métaphores. Par exemple, je raconte l’histoire d’un jardinier qui a peur de planter ses graines parce qu’il craint qu’elles ne poussent pas. Il garde ses graines dans un tiroir, les regardant chaque jour sans oser les mettre en terre. L’inconscient fait le lien avec la situation de la personne. Il trouve ses propres solutions.
L’hypnose ne fait pas disparaître la procrastination par magie. Elle crée les conditions pour que la partie protectrice accepte de lâcher prise. Elle permet à l’adulte de reprendre les rênes, avec douceur et autorité. C’est un outil puissant, surtout quand la procrastination est liée à des traumatismes anciens ou à des schémas familiaux très ancrés.
Si vous sentez que vous avez tout essayé, que la résistance est trop forte, l’hypnose peut être la clé qui ouvre la porte que votre mental n’arrive pas à pousser.
La procrastination chronique n’est pas une fatalité. Elle n’est pas non plus un défaut moral. C’est un signal. Votre système vous dit : « Il y a quelque chose ici qui demande de l’attention. Pas de la force, mais de la compréhension. »
En arrêtant de vous battre contre cette partie de vous-même, vous faites le choix le plus courageux qui soit : celui de la paix intérieure. Et c’est souvent à ce moment-là, quand vous posez les armes, que les choses bougent vraiment.
Alors, pour aujourd’hui, ne vous forcez pas à finir ce dossier. Prenez juste cinq minutes pour rencontrer la partie qui vous retient. Asseyez-vous avec elle. Écoutez-la. Elle a peut-être juste besoin que vous sachiez qu’elle a eu peur, un jour. Et que maintenant, vous êtes là, adulte, capable de la rassurer.
Si vous sentez que ce chemin est trop difficile à faire seul, je suis là. Mon cabinet à Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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