3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les symptômes d'une dépendance au report pour mieux en sortir.
Tu ouvres ton ordinateur. Une tâche importante t’attend. Tu sais que tu devrais t’y mettre. Pourtant, tes doigts glissent vers une notification, un mail, un scroll infini sur les réseaux. « Juste cinq minutes », te dis-tu. Une heure plus tard, tu n’as toujours pas commencé. La boule au ventre s’est un peu alourdie. La honte pointe.
Si ce scénario te parle, tu n’es pas seul. Mais il y a une nuance que peu de gens voient : quand ce report devient un réflexe, une habitude automatique pour fuir l’inconfort, il ne s’agit plus de simple paresse ou de manque d’organisation. Cela ressemble de plus en plus à une addiction. Une addiction à l’évitement.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, je vois des adultes intelligents, compétents, qui vivent avec un poids constant : celui des choses remises à plus tard. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle m’ont appris une chose essentielle : derrière chaque report chronique, il y a une partie de toi qui cherche à te protéger. Mais cette protection, devenue mécanique, te coûte cher.
Dans cet article, nous allons décortiquer ensemble ce mécanisme. Pas pour te culpabiliser, mais pour que tu apprennes à reconnaître les vrais symptômes de cette dépendance au report. Et surtout, pour que tu voies une porte de sortie.
Si tu te retrouves à procrastiner sur des tâches qui te tiennent à cœur – un projet professionnel, une conversation difficile, une démarche administrative –, la première chose à comprendre est que ce n’est pas de la fainéantise. La procrastination n’est pas un problème de gestion du temps. C’est un problème de gestion des émotions.
Tu ne remets pas une tâche parce que tu es paresseux. Tu la remets parce que cette tâche déclenche en toi une émotion désagréable : anxiété, peur de l’échec, ennui, sentiment d’illégitimité, ou même perfectionnisme paralysant. Le cerveau, programmé pour éviter la douleur, cherche alors un soulagement immédiat. Et quoi de plus immédiat que de scroller, ranger ton bureau, regarder une vidéo, ou même faire le ménage ? Ce sont des comportements de fuite.
Ce qui différencie la procrastination occasionnelle de l’addiction à l’évitement, c’est la régularité et la compulsion. L’addiction se caractérise par un besoin irrépressible de répéter un comportement malgré ses conséquences négatives. Quand tu sais que reporter te stresse, te met en danger ou te fait honte, et que tu le fais quand même, tu es dans un processus de dépendance.
Le piège est subtil : plus tu évites, plus la tâche grossit dans ton esprit. Plus elle grossit, plus l’émotion négative associée est forte. Plus l’émotion est forte, plus ton besoin d’éviter est puissant. C’est un cercle vicieux qui s’auto-alimente. Tu ne te sens pas soulagé après avoir évité, tu te sens vidé, coupable, et encore plus en retard. Le vrai plaisir n’est pas dans l’évitement, mais dans la brève décharge de tension qu’il procure – exactement comme une drogue.
« Le report chronique n’est pas un défaut de caractère. C’est une stratégie de survie émotionnelle devenue dysfonctionnelle. »
Reconnaître cela est un premier pas immense. Arrêter de te traiter de « fainéant » et commencer à te demander : « Qu’est-ce que cette tâche réveille en moi que je préfère fuir ? ». La réponse est souvent une peur : peur de ne pas être à la hauteur, peur du jugement, peur de l’incertitude. Et c’est là que l’addiction s’installe : tu deviens accro à l’évitement de cette peur.
Tu connais les signes extérieurs : délais non respectés, montagnes de dossiers en attente, promesses non tenues à toi-même. Mais les vrais symptômes de l’addiction à l’évitement sont plus profonds, plus sournois. Ils se jouent dans la relation que tu entretiens avec toi-même.
Voici les quatre symptômes que j’observe le plus souvent chez les personnes qui viennent me consulter. Si tu en reconnais au moins deux, il est probable que tu sois dans une dynamique addictive.
1. La honte comme moteur invisible. Tu ne procrastines pas parce que tu es insouciant. Au contraire, tu es obnubilé par ce que tu ne fais pas. La pensée de la tâche est une présence fantomatique dans ton quotidien. Tu passes plus d’énergie à culpabiliser de ne pas faire qu’à faire. Cette honte te pousse à t’isoler, à te cacher, à mentir sur ton avancement. Elle devient un carburant toxique qui renforce le cycle.
2. Le besoin de stimulation immédiate. Le cerveau addictif a besoin de sa dose de dopamine. Les tâches importantes sont souvent longues, incertaines, et leurs récompenses sont différées. En les fuyant, tu te tournes vers des activités à récompense immédiate : notifications, jeux, vidéos courtes. Tu n’as pas un problème de concentration. Tu as un problème de gratification. Ton cerveau a appris à préférer le plaisir immédiat de l’évitement à la satisfaction différée de l’accomplissement.
3. La paralysie par le choix. Plus tu accumules de tâches en retard, plus la liste est longue. Et plus cette liste est longue, plus le choix de par où commencer devient paralysant. Tu passes alors des heures à trier, à organiser, à faire des listes… sans jamais rien commencer. C’est une forme de procrastination déguisée en productivité. Tu as l’impression de bosser, mais au fond, tu évites encore l’inconfort de l’action réelle.
4. La dissociation de ton corps. Quand tu es dans l’évitement, tu n’es pas présent. Tu es dans ta tête, à ruminer, à planifier, à t’inquiéter. Tu oublies de respirer, tes épaules se crispent, ta nuque se verrouille. Le corps devient un véhicule que tu ignores. Or, l’émotion que tu fuis est dans ton corps. En te dissociant de tes sensations physiques, tu perds le contact avec les signaux d’alarme. L’hypnose, que j’utilise souvent, permet justement de renouer avec ce corps qui sait, mais que tu n’écoutes plus.
Ces symptômes ne sont pas une fatalité. Ils sont le signe qu’une partie de toi a pris le contrôle pour te protéger d’une souffrance perçue. Le problème, c’est qu’elle te protège si bien qu’elle t’empêche de vivre.
Un des plus grands mensonges que se racontent les procrastinateurs chroniques, c’est : « Je ne commence pas parce que je veux que ce soit parfait. » Je l’entends tous les jours. Le perfectionnisme est souvent le cheval de Troie de l’addiction à l’évitement.
Prenons un exemple : celui de Julien, un cadre commercial que j’ai accompagné. Il devait préparer une présentation pour un nouveau client. C’était un projet important. Pendant trois semaines, il a « préparé » : il a cherché des images, créé cinq versions de slides, changé la police trois fois, demandé l’avis de ses collègues. Mais il n’a jamais commencé le corps de la présentation. Le jour J, il a bricolé dans l’urgence. Le résultat était bon, mais en dessous de ce qu’il aurait pu faire.
Julien n’était pas paresseux. Il était terrorisé à l’idée que sa présentation ne soit pas parfaite. Pour son cerveau, « imparfait » = « rejet » = « danger ». Alors, plutôt que de risquer l’imperfection, il s’est réfugié dans des tâches périphériques qui lui donnaient l’illusion d’avancer. Il était accro à la préparation, pas à l’action.
Le perfectionnisme est une forme d’évitement très sophistiquée. Elle te permet de te sentir vertueux (« je suis exigeant ») tout en ne produisant rien de concret. Elle te donne une excuse honorable pour ne pas affronter l’épreuve réelle.
Comment en sortir ? En acceptant une vérité inconfortable : la perfection n’existe pas. Ce que tu cherches, en réalité, c’est la sécurité. Mais cette sécurité, tu ne l’atteindras jamais en fuyant. Elle se construit dans l’action, même imparfaite. Un travail rendu à 80 % vaut infiniment mieux qu’un travail parfait qui n’existe que dans ton imagination.
Je propose souvent un exercice simple à mes patients : fixe-toi un timer de 15 minutes. Pendant ces 15 minutes, tu as le droit de faire n’importe quoi, mais tu dois avancer sur la tâche. Pas de relecture, pas de correction, pas de perfection. Juste du mouvement. Tu verras, après ces 15 minutes, l’angoisse a souvent diminué. Parce que le plus dur, ce n’est pas de faire, c’est de commencer.
Tu te demandes peut-être : « D’accord, je comprends le mécanisme, mais comment je fais pour en sortir ? » C’est une question légitime. La volonté seule ne suffit pas, car tu luttes contre un système de protection inconscient. C’est comme essayer de convaincre ton système d’alarme de ne pas se déclencher à voix haute : ça ne marche pas. Il faut entrer en dialogue avec le système.
C’est là que l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) sont des outils puissants. Contrairement à une approche purement comportementale qui te dirait « fais une to-do list », ces méthodes travaillent avec la partie de toi qui résiste.
En hypnose, on va créer un état de conscience modifiée où ton critique intérieur est moins bruyant. On ne cherche pas à supprimer ta peur, mais à lui donner un espace pour se poser. C’est un peu comme si tu invitais ton anxiété à s’asseoir à côté de toi, sans qu’elle ait besoin de prendre le volant. Dans cet état, on peut semer des suggestions qui contournent les blocages conscients. Par exemple : « Et tu peux ressentir, au creux de ton ventre, que commencer cette tâche est possible, même si ce n’est pas confortable. »
L’IFS va plus loin. Cette approche, que j’utilise régulièrement, considère que nous sommes tous composés de multiples « parties » ou sous-personnalités. Tu as une partie « Procrastinateur » qui te pousse à éviter, mais aussi une partie « Exigeant » qui te juge, et une partie « Enfant intérieur » qui a peur. L’idée n’est pas de tuer le Procrastinateur, mais de comprendre ce qu’il essaie de protéger.
Souvent, la partie qui procrastine protège une partie vulnérable qui a été blessée par le passé : un échec scolaire, une humiliation, un parent trop critique. En dialoguant avec cette partie avec bienveillance, tu peux la rassurer. Tu lui dis : « Je te remercie de me protéger, mais aujourd’hui, je suis adulte, je peux gérer. » Quand cette partie se sent entendue, elle lâche prise. La procrastination n’est plus une addiction, elle redevient une simple habitude que tu peux choisir de changer.
« Tu n’as pas à te battre contre ta procrastination. Tu as juste à comprendre ce qu’elle essaie de te dire. »
L’Intelligence Relationnelle, enfin, t’aide à reprendre contact avec tes besoins profonds. Parce qu’au fond, l’addiction à l’évitement, c’est aussi une perte de connexion avec soi-même. Tu sais ce que tu devrais faire, mais tu ne sais plus ce que tu veux vraiment. Retrouver ce désir authentique est un moteur bien plus puissant que la peur.
Je ne vais pas te promettre une transformation magique en un claquement de doigts. Sortir d’une addiction, même à l’évitement, demande un travail sur soi. Mais il existe des piliers concrets sur lesquels t’appuyer. Les voici.
1. La conscience corporelle comme ancre. La prochaine fois que tu sens l’envie de procrastiner, arrête-toi une seconde. Ne te juge pas. Juste, sens ton corps. Où est la tension ? Est-ce dans la poitrine, la gorge, le ventre ? Respire profondément dans cette zone. Souvent, l’émotion qui te pousse à fuir est une simple sensation physique. En la reconnaissant, tu lui enlèves son pouvoir. Tu passes de la réaction automatique à la réponse choisie. L’hypnose peut t’aider à cultiver cette présence corporelle, pas à pas.
2. La règle des deux minutes. C’est un classique, mais il est redoutable. Si une tâche te prend moins de deux minutes, fais-la tout de suite. Rien de plus. Pour les tâches plus longues, engage-toi à faire deux minutes. Pas une heure, pas trente minutes. Deux minutes. Tu ouvres le fichier, tu écris une phrase, tu fais un appel. Très souvent, une fois ces deux minutes passées, la résistance a fondu. Tu as brisé le cercle de l’évitement. C’est une façon de tromper ton cerveau addictif, qui ne voit pas le danger dans une action aussi courte.
3. Le dialogue avec le « gardien de la peur ». En t’inspirant de l’IFS, tu peux avoir une conversation intérieure avec la partie de toi qui te pousse à reporter. Tu peux lui poser des questions : « Qu’est-ce que tu crains qu’il se passe si je commence maintenant ? », « Depuis quand es-tu là ? », « Que faudrait-il pour que tu me fasses un peu confiance ? ». Cette partie n’est pas ton ennemie. Elle est comme un gardien de prison zélé, qui croit te protéger en t’enfermant. En lui parlant avec douceur, tu peux négocier une libération conditionnelle.
Ces piliers ne sont pas des solutions miracles, mais des outils. Ils te redonnent du pouvoir d’agir là où tu te sentais impuissant. Et c’est ça, le vrai antidote à l’addiction : retrouver le sentiment que tu as le choix.
Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est que tu reconnais probablement des parts de toi dans ce que j’ai décrit. Peut-être même que tu ressens un mélange de soulagement – « enfin quelqu’un qui comprend » – et d’appréhension – « mais par où commencer ? ».
Je vais te dire une chose qui peut sembler paradoxale : tu n’as pas besoin d’arrêter de procrastiner pour aller mieux. Ce dont tu as besoin, c’est de sortir de la lutte. La lutte intérieure contre toi-même est ce qui épuise le plus. C’est ce combat entre la partie qui veut agir et la partie qui veut fuir qui crée la souffrance. L’addiction à l’évitement, c’est cette guerre civile en toi.
L’alternative, c’est la paix. Accepter qu’il y a une partie de toi qui a peur, et une autre qui veut avancer. Et que les deux peuvent coexister. L’action n’est pas l’absence de peur. L’action, c’est la décision d’avancer avec la peur.
Retrouver le goût de l’action, ce n’est pas redevenir un robot hyper-productif. C’est retrouver le plaisir simple de faire les choses. C’est sentir la satisfaction de cocher une case, non pas par obligation, mais parce que tu as choisi de le faire. C’est goûter à la liberté qui vient quand tu n’es plus esclave de tes réactions automatiques.
Je me souviens d’Anne-Laure, une consultante qui passait ses journées à fuir ses dossiers. Elle se sentait prisonnière de son propre bureau. Après quelques séances d’hypnose et de travail sur ses parties, elle m’a
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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