3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Pourquoi l’ennui est votre meilleur allié.
Tu es là, pourtant. Tu lis ces lignes sur un écran. Peut-être que tu es installé dans ton canapé après une journée à enchaîner les réunions, les mails, les notifications. Ou peut-être que tu as glissé ton téléphone dans ta poche en venant chercher les enfants à l’école, et que tu l’as sorti machinalement en attendant qu’ils sortent. Ce geste, tu le connais bien : la main qui plonge vers la poche, le déverrouillage automatique, le défilement sans but. Tu n’as même pas faim d’information. Tu n’as même pas envie. C’est juste une habitude, une petite bouffée d’occupation pour combler un vide qui te met mal à l’aise : l’ennui.
Je reçois des adultes à Saintes depuis 2014, et il y a une plainte qui revient presque chaque semaine : « Je passe trop de temps sur les écrans, je n’arrive pas à m’arrêter. » On me parle de culpabilité, de fatigue visuelle, de nuits hachées, de relations qui s’effilochent parce que le regard reste scotché à une dalle lumineuse. On me dit : « Je veux moins d’écrans. » Et moi, je réponds souvent : « Tu veux surtout réapprendre à t’ennuyer. »
Ça peut sembler contre-intuitif. Dans une société qui glorifie la productivité, l’ennui a mauvaise réputation. On le fuit comme une menace. On le remplit dès qu’il pointe le bout de son nez avec un podcast, une série, un scroll infini. Mais si je te disais que l’ennui est exactement ce qui te manque pour sortir de cette dépendance ? Et que l’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle peuvent t’aider à renouer avec lui, non pas comme un vide à craindre, mais comme un espace à habiter ?
Prenons un exemple. Il y a quelques mois, un quadragénaire, appelons-le Christophe, est venu me voir. Il était cadre commercial, père de deux adolescents. Son quotidien : réveil avec le téléphone, mails dans le lit, petit-déjeuner les yeux rivés sur les actualités, journée de travail derrière un ordinateur, soirée Netflix ou YouTube jusqu’à l’endormissement. Il me disait : « Je n’ai plus de temps pour moi, je suis épuisé, mais dès que j’ai cinq minutes de vide, je prends mon téléphone. C’est plus fort que moi. » Christophe n’avait pas un problème de volonté. Il avait un problème d’intolérance à l’ennui. Et c’est là que tout commence.
Tu as peut-être remarqué cette sensation : tu es dans une file d’attente, dans une salle d’attente, ou juste assis sur un banc sans rien à faire. Très vite, une tension monte. Une légère agitation intérieure. Une envie presque physique de sortir ton téléphone. Ce n’est pas un caprice. C’est un mécanisme que ton cerveau a appris.
L’ennui, dans son essence, est un signal. Il te dit : « Il ne se passe rien d’intéressant ici, trouve autre chose. » C’est un moteur d’exploration qui a permis à nos ancêtres de ne pas rester passifs face à un environnement qui pouvait devenir dangereux ou stérile. Mais aujourd’hui, ce signal est immédiatement court-circuité par l’écran. Tu ressens l’ennui, tu déverrouilles, et en une demi-seconde, ton cerveau reçoit une micro-dose de dopamine : une notification, une image, un like. Le problème, c’est que ce détournement empêche ton système nerveux de vivre l’ennui jusqu’au bout. Tu ne sais plus ce qui se passe après les premières secondes d’inconfort.
Sous cette fuite, il y a souvent quelque chose de plus profond. Avec l’IFS (Internal Family Systems), une approche que j’utilise beaucoup, on pourrait dire qu’une partie de toi a pris le contrôle. Appelons-la la partie « gestionnaire de l’ennui ». Elle est convaincue que le vide est dangereux. Peut-être qu’elle a été formée dans l’enfance, quand tu devais être constamment occupé pour être validé. Ou peut-être qu’elle protège une autre partie, plus vulnérable, qui a peur de se retrouver seule avec ses pensées, ses émotions non réglées, ses souvenirs douloureux. L’écran devient alors un bouclier. Tu ne fuis pas l’ennui. Tu fuis ce que l’ennui pourrait révéler.
« L’écran n’est pas le problème. Il est la solution que ton cerveau a trouvée pour ne pas ressentir un vide qu’il croit dangereux. Le vrai travail, c’est d’apprendre à faire ami-ami avec ce vide. »
Je te propose un petit test. La prochaine fois que tu te surprends à sortir ton téléphone sans raison, arrête-toi une seconde. Demande-toi : « Qu’est-ce que je ressens juste avant ce geste ? » Peut-être de l’agacement. De l’impatience. Une légère anxiété. Une tristesse diffuse. Ce sont les sentinelles que ta partie « gestionnaire » essaie de faire taire avec l’écran. Et tant que tu n’auras pas appris à les accueillir, tu resteras dans ce cycle.
L’hypnose ericksonienne n’est pas un tour de magie où tu vas « arrêter les écrans » d’un claquement de doigts. C’est un outil pour réapprendre à ton système nerveux que l’ennui est tolérable, voire agréable. Je travaille beaucoup avec des états de conscience modifiés légers, ceux que tu expérimentes tous les jours sans le savoir : quand tu rêvasses sous la douche, quand tu regardes par la fenêtre, quand tu es absorbé par une musique. Ces moments sont des portes d’entrée vers l’ennui productif.
Prenons Christophe. En séance, je ne lui ai pas dit : « Range ton téléphone. » Je l’ai invité à fermer les yeux, à se souvenir d’un moment où il s’était ennuyé enfant. Il a souri en évoquant l’été de ses dix ans, allongé dans l’herbe, à regarder les nuages. Il n’y avait rien à faire. Pas de téléphone, pas de programme. Juste lui et le temps qui s’étirait. Je lui ai demandé de laisser cette sensation revenir dans son corps : la chaleur du soleil, le bruit des grillons, la légère somnolence. Puis, je lui ai suggéré que son esprit pouvait retrouver cette qualité d’attention flottante, même aujourd’hui, sans avoir besoin de rien.
L’hypnose permet de créer un nouveau conditionnement. Chaque fois que tu ressens la pulsion de prendre ton téléphone, tu peux, à la place, prendre une respiration et laisser ton regard se perdre quelques secondes. Ce n’est pas de la suppression, c’est du remplacement. Tu entraînes ton cerveau à associer l’ennui non plus à « danger → écran », mais à « pause → ressource ». En quelques semaines, Christophe a commencé à laisser son téléphone dans une autre pièce pendant ses trajets en train. Il m’a dit : « Je redécouvre le paysage. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai juste regardé par la fenêtre. »
Mais il y a un obstacle que l’hypnose seule ne suffit pas toujours à lever. Parfois, la résistance est trop forte. Tu as beau essayer de te détendre, une voix intérieure te dit : « Tu perds ton temps. Tu devrais être productif. Tu vas rater quelque chose d’important. » Cette voix, c’est une partie. Et l’IFS, c’est l’art de dialoguer avec elle sans la combattre.
Dans l’IFS, on considère que notre psyché est composée de multiples parties, comme une famille intérieure. Il y a la partie « manager » qui veut tout contrôler, la partie « pompier » qui éteint les émotions brûlantes avec des comportements automatiques (le scroll, la bouffe, l’alcool), et la partie « exilée » qui porte les blessures anciennes. Quand tu fuis l’ennui, c’est souvent un pompier qui agit. Il a été formé pour te sortir d’un état désagréable à tout prix.
Imagine que tu es dans le métro. Tu n’as pas de réseau. Cinq minutes d’attente. Une agitation monte. Tu fouilles ta poche, tu regardes ton écran noir, tu le retournes. Cette agitation, c’est le pompier qui s’active. Si tu pouvais lui parler, peut-être qu’il te dirait : « Je te protège de l’angoisse. Si tu restes avec toi-même, tu vas penser à ce rendez-vous qui t’inquiète, à ce conflit avec ton conjoint, à cette fatigue que tu nies depuis des mois. Laisse-moi faire, je vais t’occuper. »
Le piège, c’est de vouloir chasser ce pompier. Plus tu lui résistes, plus il s’active. L’IFS propose une autre voie : remercier cette partie pour son intention protectrice, puis lui demander de prendre un peu de recul. « Je vois que tu veux m’aider. Merci. Mais pour l’instant, je peux rester avec ce que je ressens. » Et là, tu crées un espace. Tu n’es plus identifié à la partie. Tu deviens ce que l’IFS appelle le « Self » : une présence calme, curieuse, compatissante.
« Ce n’est pas en luttant contre tes parties que tu sortiras de la dépendance aux écrans. C’est en les écoutant. Elles ont quelque chose à te dire. Et souvent, ce qu’elles te cachent, c’est une émotion que tu n’as jamais appris à accueillir. »
J’ai vu des personnes fondre en larmes en séance, simplement en prenant le temps d’écouter la partie qui avait peur du vide. « Je ne veux pas me sentir seule », disait-elle. Et derrière cette peur, il y avait une exilée, une petite fille qui avait appris très tôt que rester seule avec elle-même était insupportable. L’écran était devenu son doudou numérique. Quand on a pu accueillir cette exilée, lui donner de la compassion, le besoin d’écran a naturellement diminué. Pas par la force, mais par la réconciliation.
L’ennui n’est pas qu’une affaire individuelle. Il est souvent nourri par un manque de connexion réelle. Tu passes peut-être des heures à scroller parce que tu es seul, ou parce que tes relations sont superficielles. L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à être en lien de manière authentique, à la fois avec toi-même et avec les autres. Et c’est une compétence qui se réapprend.
Quand tu t’ennuies, tu es en face de toi-même. Si ta relation à toi est conflictuelle ou vide, l’ennui devient une torture. Mais si tu apprends à être présent à toi-même, sans jugement, l’ennui devient un espace de ressourcement. C’est ce que je travaille avec les sportifs que j’accompagne en préparation mentale. Un coureur de fond, par exemple, passe des heures seul avec ses pensées. S’il ne supporte pas ce face-à-face, il va mettre un casque, se distraire, et perdre la connexion à son corps, à son souffle, à son rythme. Le meilleur coureur n’est pas celui qui court vite, mais celui qui sait rester avec l’inconfort de l’effort et de l’ennui.
Concrètement, comment cultiver cette intelligence ? Voici une pratique que je donne souvent. Elle s’appelle « le rendez-vous avec soi ». Tu choisis un moment de la journée où tu es seul, sans écran. Cinq minutes suffisent. Tu t’assois, tu fermes les yeux, et tu poses ta main sur ton cœur. Tu te demandes : « Qu’est-ce qui est vivant en moi maintenant ? » Pas pour analyser, juste pour accueillir. Une tension dans la mâchoire ? Une tristesse ? Une envie de bouger ? Tu restes avec. Sans rien faire. Sans rien changer.
Au début, c’est inconfortable. Ta partie pompier va hurler. « C’est nul, ça sert à rien, prends ton téléphone ! » Tiens bon. Respire. Après quelques jours, quelque chose change. L’inconfort s’apaise. Tu commences à ressentir une paix étrange. C’est l’ennui qui devient fertile. Tu peux alors l’étendre à d’autres moments : dans la salle d’attente, dans les transports, avant de t’endormir. Tu réapprends à être avec toi.
Réapprendre à s’ennuyer, ce n’est pas une transformation linéaire. Il y a des rechutes, des jours où tu vas passer trois heures sur TikTok en te sentant coupable. C’est normal. L’important, c’est de ne pas te juger. Le jugement renforce la partie pompier. Au lieu de ça, observe avec curiosité : « Tiens, aujourd’hui j’ai eu besoin de plus d’écran. Qu’est-ce qui s’est passé ? J’étais fatigué ? Stressé ? Seul ? »
Un autre piège, c’est de vouloir remplacer l’écran par une autre occupation productive. « Je vais lire un livre, faire du sport, apprendre le piano. » C’est louable, mais ça peut être une autre forme de fuite. L’objectif n’est pas de remplir le vide, mais de l’habiter. Parfois, le meilleur usage de ton temps libre, c’est de ne rien faire du tout.
Attention aussi à l’écran comme récompense. Beaucoup de personnes se disent : « J’ai bien travaillé, je mérite une heure de série. » C’est un piège si cette récompense devient la seule source de plaisir. Essaye de varier : une promenade, une sieste, un appel à un ami, un moment de rêverie. Plus tu diversifies, moins l’écran a de pouvoir.
Enfin, il y a un piège social. On vit dans une culture où être joignable 24h/24 est devenu une norme. Si tu éteins ton téléphone le soir, tu peux ressentir une pression : « Et si on a besoin de moi ? » Cette peur est légitime, mais elle est souvent amplifiée par tes parties. Tu peux commencer par des micro-coupures : une heure sans téléphone le matin, ou pendant le déjeuner. Tu verras que le monde ne s’effondre pas. Et toi, tu retrouves un peu d’air.
Je ne vais pas te laisser avec une théorie sans pratique. Voici trois actions que tu peux mettre en place dès aujourd’hui. Elles sont petites, réalistes, et elles t’aideront à renouer avec l’ennui.
1. La règle des 5 minutes. Choisis un moment de la journée où tu es seul, sans obligation. Au lieu de sortir ton téléphone, pose-le à côté de toi, face contre table. Reste assis cinq minutes. Regarde par la fenêtre, écoute les bruits, sens ta respiration. Si l’envie de prendre le téléphone devient trop forte, observe-la sans agir. Dis-toi : « Je peux le prendre dans cinq minutes. » Au bout de cinq minutes, tu auras peut-être oublié. Si tu le prends, pas de culpabilité. Tu auras déjà gagné un petit espace de vide.
2. Le dialogue avec ta partie « pompier ». La prochaine fois que tu te sens obligé de scroller, arrête-toi une seconde. Mets une main sur ton cœur et demande intérieurement : « Quelle émotion essaies-tu de m’éviter ? » Ne cherche pas une réponse logique. Laisse venir ce qui vient. Peut-être un mot : « fatigue », « solitude », « peur ». Accueille-le comme tu accueillerais un enfant qui a besoin d’attention. Tu n’as pas à le régler. Juste à le reconnaître.
3. Un rituel de transition sans écran. Quand tu rentres du travail, ou quand tu term
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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