3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L'histoire inspirante d'une libération des tics nerveux.
Je reçois beaucoup de messages de personnes qui se grattent la peau sans pouvoir s’arrêter. Pas un petit grattage occasionnel, non. Un geste répétitif, parfois jusqu’au sang, souvent sans même s’en rendre compte. « Je me réveille avec les doigts rouges », « je n’ose plus porter de manches courtes », « mon conjoint me dit d’arrêter, mais je ne contrôle rien ». Si tu te reconnais dans ces phrases, cet article est pour toi.
Je vais te raconter l’histoire de Clara, une femme de 34 ans que j’ai reçue il y a quelques mois. Elle avait développé un tic de grattage sur les avant-bras et le cuir chevelu, déclenché par le stress au travail. Elle était venue chercher une solution « rapide », mais ce qu’elle a découvert, c’est que son geste n’était pas un ennemi à abattre, mais un messager à écouter.
Son parcours montre comment l’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’intelligence relationnelle, peut aider à sortir de ces boucles inconscientes. Pas par la force, mais par la douceur. Pas en supprimant le symptôme, mais en comprenant ce qu’il protège.
Je vais te partager son chemin, les mécanismes en jeu, et te donner des clés concrètes pour commencer à observer ton propre rapport au grattage. Parce que oui, tu peux arrêter. Mais peut-être pas de la façon dont tu l’imagines.
Clara est arrivée dans mon cabinet un mardi matin, les manches de son chemisier soigneusement baissées. Elle avait les mains posées sur les genoux, mais je voyais ses doigts trembler légèrement. « Je n’en peux plus, Thierry. Chaque soir, devant mon ordinateur, je gratte. Je ne m’en rends compte qu’après, quand je vois les marques. »
C’est le premier mécanisme à comprendre : ton cerveau ne fait pas la différence entre un geste « utile » et un geste « nuisible » quand il est ancré dans une routine. Le grattage devient une réponse automatique à un déclencheur interne : l’anxiété, l’ennui, une sensation d’inconfort, ou même une simple habitude corporelle.
D’un point de vue neurologique, le grattage active les mêmes circuits que ceux impliqués dans les comportements de vérification ou de réconfort. Quand tu grattes, ton cerveau libère un peu de dopamine, le neurotransmetteur du plaisir et de la récompense. Sauf que cette libération est fugace. Elle ne dure que quelques secondes, puis le manque revient, et tu grattes à nouveau.
Mais ce n’est pas qu’une question de chimie. Le geste est souvent lié à une émotion non traitée. Pour Clara, le grattage était son moyen de « gérer » la pression de son job de cheffe de projet. Chaque deadline, chaque mail tendu, chaque réunion difficile faisait monter une tension qu’elle n’exprimait pas par des mots. Son corps, lui, trouvait une issue.
C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu. Contrairement à une hypnose de spectacle, on ne te dit pas « tu ne gratteras plus ». On va plutôt explorer le contexte du geste : quand exactement ? Quelle sensation précède ? Quelle émotion est présente ? C’est comme si on mettait une loupe sur l’instant d’avant le geste, sans jugement.
Un point clé que j’explique souvent à mes patients : ton tic n’est pas un défaut. C’est une solution de survie que ton cerveau a trouvée à un moment donné. Ton travail n’est pas de le détruire, mais de le remercier et de lui proposer une alternative plus douce.
« Ton tic n’est pas un défaut. C’est une solution de survie que ton cerveau a trouvée. Le but n’est pas de le détruire, mais de le remercier et de lui proposer une alternative plus douce. »
Clara a commencé par tenir un petit carnet pendant une semaine. Pas pour noter ses grattages, mais pour noter ce qu’elle ressentait juste avant. Résultat : elle a découvert que le grattage survenait surtout après 18h, quand elle était fatiguée et qu’elle n’avait pas pris de pause depuis 14h. Le geste était un signal d’alarme que son cerveau envoyait : « Arrête-toi, tu es en surcharge. »
Beaucoup de personnes viennent me voir en pensant que l’hypnose va « effacer » le tic. Comme si on appuyait sur un bouton reset. La réalité est plus subtile, et plus puissante.
L’hypnose ericksonienne que je pratique est une forme de communication indirecte avec l’inconscient. Elle ne cherche pas à commander, mais à suggérer de nouvelles possibilités. Concrètement, lors d’une séance, je vais guider Clara dans un état de relaxation profonde, où son esprit critique est moins actif. C’est un état que tu connais sans doute : celui où tu es absorbé par un film, ou juste avant de t’endormir. Dans cet état, l’inconscient est plus ouvert aux suggestions.
Mais attention : on ne va pas lui dire « tu ne gratteras plus ». Ce serait comme ordonner à un barrage de ne pas céder sous la pression. À la place, on va travailler sur plusieurs niveaux.
D’abord, la dissociation sensorielle. On va apprendre à Clara à ressentir la sensation de grattage sans la réaliser. En hypnose, on peut lui faire vivre l’expérience en imagination, avec autant d’intensité que dans la réalité. Cela permet à son cerveau de « décharger » l’envie sans passer par l’acte.
Ensuite, la substitution. On va trouver un geste de remplacement, moins nocif, qui satisfait le même besoin. Pour Clara, ce fut un petit geste : passer doucement le pouce sur l’index, comme si elle lissait une feuille de papier. Ce geste, ancré en hypnose, est devenu son nouveau réflexe.
Mais le plus important, c’est le travail sur l’émotion sous-jacente. À travers l’hypnose, Clara a pu entrer en contact avec une partie d’elle-même qu’elle ignorait : une petite Clara intérieure, stressée, qui avait besoin d’être rassurée. En IFS, on appelle ça une « partie protectrice ». Le grattage était son moyen de dire « je suis là, occupe-toi de moi ».
L’hypnose permet de dialoguer avec cette partie, sans la combattre. On lui demande : « Qu’est-ce que tu essaies de faire pour moi ? » Et souvent, la réponse est surprenante. Pour Clara, la partie qui grattait disait : « Je veux que tu t’arrêtes, que tu prennes soin de toi. » Le tic était en fait un appel à l’auto-compassion.
L’IFS (Internal Family Systems) est un modèle que j’utilise beaucoup en complément de l’hypnose. Il repose sur une idée simple : notre psyché est composée de multiples « parties », chacune avec sa propre personnalité, ses émotions et ses intentions. Il n’y a pas de « mauvaises » parties. Même celle qui te pousse à gratter jusqu’au sang a une intention positive, même si ses méthodes sont destructrices.
Quand j’ai expliqué ça à Clara, elle a d’abord eu du mal à l’accepter. « Comment une partie qui me fait saigner pourrait-elle être positive ? » m’a-t-elle demandé. Je lui ai proposé un exercice simple : fermer les yeux, et imaginer cette partie comme une forme, une couleur, une voix. Ce qu’elle a vu l’a surprise : une petite boule rouge, serrée, qui ressemblait à un poing fermé. Quand elle lui a demandé ce qu’elle voulait, la boule a répondu : « Je veux que tu arrêtes de courir. »
Le grattage était son mécanisme pour ralentir un rythme effréné. Son corps disait « stop » là où sa tête disait « encore ». En IFS, on ne cherche pas à éliminer cette partie, mais à l’apaiser. On la remercie d’avoir protégé Clara pendant toutes ces années, puis on lui propose une nouvelle mission : par exemple, envoyer un signal plus doux, comme une main sur le cœur, plutôt que de gratter.
L’hypnose facilite ce dialogue. En état de conscience modifié, les parties se montrent plus facilement. Elles n’ont pas peur d’être jugées ou rejetées. Et toi, tu peux les accueillir avec curiosité, sans te sentir coupable.
Pour Clara, la séance la plus marquante fut celle où elle a « rencontré » la partie qui grattait. Elle l’a vue comme une petite fille en colère, assise dans un coin. Au lieu de la gronder, elle s’est assise à côté d’elle. « Je suis là maintenant », lui a-t-elle dit. La petite fille a fondu en larmes. Ce jour-là, Clara n’a pas gratté une seule fois.
Un aspect souvent négligé dans la gestion des tics, c’est le rôle des autres. Beaucoup de patients me disent : « Ma femme me dit d’arrêter, mais ça me stresse encore plus. » Ou : « Mon collègue me regarde bizarrement quand je gratte, alors je le cache, et ça empire. »
L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à comprendre et à gérer les interactions avec les autres, mais aussi avec soi-même. Dans le cas du grattage, ton entourage peut devenir un déclencheur ou un allié.
Clara vivait en couple avec Marc. Marc était un homme bienveillant, mais il avait une façon maladroite d’aborder le sujet. Dès qu’il voyait Clara gratter, il disait : « Arrête, tu vas te faire mal. » Résultat : Clara se sentait surveillée, honteuse, et grattait encore plus en cachette. C’est un cercle vicieux classique.
Nous avons travaillé sur une communication différente. J’ai proposé à Clara de dire à Marc : « Quand tu me dis d’arrêter, ça me met la pression. J’ai besoin que tu me fasses confiance, et que tu me proposes autre chose, comme me tenir la main ou me faire un café. » Marc a accepté, et le simple fait de changer la réponse a réduit de moitié les épisodes de grattage.
Mais l’intelligence relationnelle, c’est aussi ta relation à toi-même. Trop souvent, tu te parles durement : « Je suis nul(le), je n’y arrive pas, je suis faible. » Ce langage active ton système de stress, qui à son tour renforce le tic. Apprendre à se parler avec douceur, comme on parlerait à un ami, est une compétence clé.
Un exercice que je donne souvent : quand tu sens l’envie de gratter, pose ta main sur la zone concernée (si tu peux) et dis intérieurement : « Je vois que tu as besoin d’attention. Je suis là. » Ça peut sembler ridicule, mais ça change la chimie de ton cerveau. Tu passes d’un état de lutte à un état d’accueil.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas si tu n’es pas prêt(e) à t’engager dans un processus. Elle ne remplace pas un suivi médical si ton grattage est lié à une affection dermatologique (eczéma, psoriasis) qui nécessite un traitement. Dans ce cas, l’hypnose vient en complément, pas en substitution.
Aussi, l’hypnose ne va pas « enlever » ton tic du jour au lendemain. Clara a mis environ trois séances pour voir une réduction significative, et six séances pour que le geste devienne rare. Certaines personnes voient des résultats plus vite, d’autres plus lentement. Cela dépend de la profondeur de l’ancrage, de ton histoire personnelle, et de ta capacité à te laisser aller.
Ce que l’hypnose fait, en revanche, c’est changer le rapport que tu entretiens avec le tic. Au lieu d’être en guerre contre toi-même, tu deviens un observateur bienveillant. Tu apprends à reconnaître les signaux avant-coureurs, à les accueillir sans agir, et à proposer des alternatives.
Un autre point : l’hypnose ne te rend pas dépendant(e) du thérapeute. Mon objectif est que tu deviennes autonome. Je t’apprends des techniques d’auto-hypnose que tu peux utiliser chez toi, dans ton canapé, avant de dormir, ou même au bureau. Clara, par exemple, a enregistré une courte séance audio sur son téléphone, qu’elle écoute quand elle sent la tension monter.
« L’hypnose ne retire pas le tic, elle change ton rapport à lui. Tu passes de la guerre à l’accueil, de la lutte à la curiosité. Et c’est là que la libération commence. »
Je ne vais pas te faire attendre la fin de l’article pour te donner des pistes concrètes. Voici trois choses que tu peux essayer dès ce soir.
1. L’observation sans jugement. Pendant les trois prochains jours, ne cherche pas à arrêter de gratter. Observe simplement. Quand le geste arrive, note mentalement : « Ah, je gratte. » Sans culpabilité, sans te dire « c’est mal ». Juste un constat. Tu verras, le simple fait d’observer change déjà la fréquence. C’est ce qu’on appelle le « paradoxe de l’acceptation » : plus tu luttes contre un comportement, plus il résiste. Plus tu l’acceptes, plus il se dissout.
2. Le geste de substitution. Trouve un geste qui n’est pas nocif. Ça peut être : te frotter doucement le lobe de l’oreille, tapoter tes doigts sur la table, ou faire un cercle avec ton pouce sur ta paume. Entraîne-toi à faire ce geste quand tu es calme, pour qu’il devienne un réflexe. Puis, quand l’envie de gratter vient, tu peux essayer de le faire à la place. Pas toujours, pas parfaitement. Juste essayer.
3. Le dialogue intérieur. Assieds-toi cinq minutes, les yeux fermés. Pose ta main sur la zone que tu grattes (ou sur ton cœur si tu ne peux pas). Demande intérieurement : « Quelle émotion est là ? » Ne cherche pas une réponse logique. Laisse venir une image, une sensation, un mot. Peut-être que c’est de la colère, de la tristesse, ou juste une fatigue. Accueille cette émotion sans vouloir la changer. Dis-lui : « Je te vois. Je suis là. » C’est un premier pas vers l’IFS.
Ces trois exercices sont des fondations. Ils ne remplacent pas un accompagnement personnalisé, mais ils te donnent un point de départ. Beaucoup de personnes constatent une diminution de 30 à 50 % de leurs grattages rien qu’avec ces pratiques.
Clara est venue me voir pendant six séances, espacées sur trois mois. Aujourd’hui, elle ne gratte plus. Elle m’a envoyé un message il y a deux semaines : « Thierry, je porte des manches courtes pour la première fois depuis des années. Je ne me cache plus. »
Mais son chemin n’a pas été linéaire. Il y a eu des rechutes, des moments de doute. Ce qui a fait la différence, c’est qu’elle a cessé de se battre contre elle-même. Elle a appris à écouter la partie qui grattait, à la remercier, et à lui offrir une autre voie.
Si tu es en train de lire ces lignes, je sais que tu portes peut-être une souffrance silencieuse. Ce tic, cette habitude, cette boucle qui te semble impossible à briser. Je veux te dire une chose : ce n’est pas une fatalité. Ton cerveau est plastique, il peut apprendre de nouveaux chemins. Et tu n’as pas à le faire seul(e).
Je reçois à Saintes, en consultation, des adultes qui traversent exactement ce que tu vis. On travaille ensemble, à ton rythme, sans pression. Parfois, une seule séance suffit à
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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