HypnoseHabitudes Et Comportements

Témoignage : « J'ai arrêté de procrastiner en 3 séances d'hypnose »

Histoire fictive d'une transformation, de la honte à l'action libérée.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

« Je ne comprends pas pourquoi je n’y arrive pas. J’ai tout ce qu’il faut : mon diplôme, un bon poste, des collègues sympas. Mais dès que je dois ouvrir ce fichier, mon ventre se noue. Je regarde mon écran, je scroll, je vais faire du café, je range mon bureau. Et à 18h, je repars avec la même honte. »

C’est ce que m’a dit Sophie (prénom modifié) lors de sa première consultation, il y a quelques mois. Elle avait 32 ans, travaillait dans la communication, et venait parce qu’elle n’en pouvait plus de cette boucle : repousser un projet important pendant des semaines, accumuler de l’angoisse, se sentir nulle, et finalement bâcler dans l’urgence.

Elle était convaincue que son problème était un manque de volonté. « Je suis paresseuse, voilà tout », répétait-elle. Mais si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez, je vais vous dire une chose que j’ai apprise après des années à accompagner des adultes comme elle : la procrastination n’est pas un défaut de caractère. C’est un signal d’alarme.

Dans cet article, je vais vous raconter l’histoire de Sophie – une histoire fictive, mais construite à partir de dizaines de situations réelles que j’ai vues dans mon cabinet à Saintes. Vous allez comprendre ce qui se joue vraiment quand on remet au lendemain, comment l’hypnose ericksonienne peut dénouer ce blocage, et surtout, ce que vous pouvez faire dès maintenant, sans attendre un miracle.

Pourquoi vous n’êtes pas paresseux : le vrai mécanisme de la procrastination

Sophie n’était pas paresseuse. Elle était même plutôt du genre perfectionniste, exigeante avec elle-même. Mais dès qu’elle pensait à ce dossier, son corps réagissait comme si elle allait être jugée, humiliée, rejetée. Et pour éviter cette sensation désagréable, elle fuyait.

C’est le premier mécanisme à comprendre : la procrastination est une stratégie de régulation émotionnelle. Vous ne repoussez pas une tâche parce que vous êtes fainéant, mais parce que cette tâche déclenche en vous une émotion inconfortable (peur de l’échec, peur du jugement, ennui, sentiment d’impuissance). Votre cerveau, programmé pour éviter la douleur, vous pousse vers une activité plus agréable – ou simplement moins désagréable – comme regarder votre téléphone, ranger, ou même faire le ménage.

Le problème, c’est que ce soulagement est temporaire. Très vite, la honte s’installe : « Je suis nul », « Je n’y arriverai jamais », « Je rate ma vie ». Et cette honte renforce l’émotion négative associée à la tâche. La prochaine fois, ce sera encore plus difficile de commencer. Vous entrez dans une spirale où plus vous procrastinez, plus vous avez de raisons de procrastiner.

Sophie vivait ça depuis des années. Elle avait tout essayé : to-do lists, applications de productivité, promesses à elle-même, punitions. Rien ne tenait. Parce que ce n’était pas un problème d’organisation. C’était un problème de relation à elle-même.

« La procrastination n’est pas un problème de temps. C’est un problème de tolérance à l’inconfort. »

Quand elle a compris ça, Sophie a arrêté de se flageller. Et c’est là que le travail a vraiment pu commencer.

La honte : le carburant invisible de la procrastination

Sophie avait une voix intérieure particulièrement sévère. « Tu aurais dû commencer plus tôt », « Les autres y arrivent, pourquoi pas toi ? », « Tu vas te planter, et tout le monde va le voir. » Cette voix, elle l’avait intériorisée depuis l’enfance. Ses parents, sans être méchants, valorisaient beaucoup la performance. Un 16/20 était accueilli par un « Tu aurais pu faire mieux ». Jamais une vraie reconnaissance.

Résultat : Sophie associait inconsciemment « faire quelque chose » à « risquer l’échec et la désapprobation ». Son cerveau avait appris que l’action était dangereuse. Alors il faisait tout pour l’éviter. La procrastination n’était pas une faiblesse, c’était une protection.

Mais cette protection avait un coût. Elle l’empêchait d’avancer dans sa vie professionnelle et personnelle. Elle avait refusé une promotion parce qu’elle se sentait « pas prête ». Elle repoussait depuis six mois l’idée de s’inscrire à une formation qui lui tenait à cœur. La honte de ne pas être à la hauteur la paralysait.

En hypnose ericksonienne, on ne combat pas ces mécanismes. On les accueille. On les comprend. Et on va doucement proposer au cerveau une autre façon de fonctionner. Pas en forçant, pas en se motivant artificiellement. Mais en créant un espace de sécurité intérieure où l’action devient possible sans déclencher d’alarme.

C’est exactement ce qu’on a fait avec Sophie. Et je vais vous raconter comment les trois séances se sont déroulées.

Séance 1 : Désamorcer l’alerte intérieure

Quand Sophie est arrivée en première séance, elle était tendue. Elle avait peur que je la juge. « Je suis venue parce que je n’en peux plus, mais je ne sais pas si ça peut marcher pour quelqu’un d’aussi nul que moi. »

Je lui ai souri. « Vous n’êtes pas nulle. Vous êtes juste coincée dans un système qui vous protège, mais qui vous empêche de vivre. On va regarder ça ensemble, sans vous forcer à changer quoi que ce soit. »

On a commencé par une séance d’hypnose assez simple. Je lui ai proposé de fermer les yeux, de se concentrer sur sa respiration, et d’imaginer un lieu où elle se sentait en sécurité. Pour elle, c’était une plage déserte en Bretagne, au coucher du soleil. On a passé quelques minutes à installer cette image, à la rendre vivante : le bruit des vagues, l’odeur du sable humide, la lumière orangée.

Puis je lui ai demandé, toujours dans cet état de relaxation profonde, de visualiser son dossier de travail. Pas le dossier lui-même, mais l’émotion qui montait quand elle y pensait. Une boule dans le ventre, une pression dans la poitrine.

« Et si cette boule avait une forme, une couleur, une texture ? »

Sophie a décrit une masse grise, dure, comme une pierre, logée juste sous ses côtes.

« Maintenant, sans forcer, est-ce que tu peux imaginer que cette pierre commence à se réchauffer doucement ? Pas pour la faire disparaître, juste pour qu’elle devienne un peu plus souple. »

Sophie a hoché la tête. Son visage s’est détendu. Après quelques minutes, elle a ouvert les yeux, surprise.

« C’est bizarre, mais j’ai l’impression que la pierre est moins lourde. »

Ce n’était pas magique. C’était le début d’un réapprentissage. Son cerveau commençait à associer l’idée de ce dossier non plus à une menace, mais à une sensation de sécurité. L’hypnose ericksonienne travaille comme ça : on ne supprime pas le blocage, on l’amollit, on crée une brèche.

Avant de partir, je lui ai donné une petite tâche : chaque jour, pendant cinq minutes, fermer les yeux et retourner sur sa plage. Pas pour travailler, juste pour s’autoriser à être en sécurité.

Séance 2 : Rencontrer la partie qui protège

Une semaine plus tard, Sophie est revenue, un peu plus légère. « J’ai réussi à ouvrir le dossier deux fois cette semaine. Juste le lire, sans rien faire. Mais je n’ai pas paniqué. »

C’était énorme. Elle n’avait pas encore avancé sur le contenu, mais elle avait brisé le cycle de l’évitement.

En deuxième séance, on a utilisé une approche que j’affectionne particulièrement : l’IFS (Internal Family Systems), ou le travail avec les parties de soi. L’idée est simple : en nous, il existe différentes parties, comme des sous-personnalités. Il y a la partie perfectionniste, la partie critique, la partie qui veut fuir. Et il y a un Soi central, calme, curieux, bienveillant.

Sophie a pu dialoguer avec sa partie procrastinatrice. Pas pour la chasser, mais pour comprendre ce qu’elle essayait de faire pour elle.

« Qu’est-ce que tu ressens quand tu penses à cette partie qui te pousse à tout remettre au lendemain ? »

« De la colère. Elle m’enerve. »

« Et si tu lui demandais, avec curiosité, ce qu’elle cherche à protéger ? »

Sophie a fermé les yeux. Après un long silence, elle a dit, d’une voix changée : « Elle veut m’empêcher de souffrir. Elle a peur que si je me lance, je me fasse mal juger, rejeter, comme quand j’étais petite. Elle croit qu’en me retenant, elle me garde en sécurité. »

Là, Sophie a pleuré. Pas de tristesse, mais de reconnaissance. Pour la première fois, elle ne haïssait pas cette partie. Elle commençait à la comprendre.

« Quand on arrête de combattre sa procrastination, on découvre qu’elle est souvent un gardien fatigué, pas un ennemi. »

On a fait une hypnose où Sophie a remercié cette partie, lui a dit qu’elle pouvait se reposer, que l’adulte qu’elle était aujourd’hui pouvait prendre le relais. C’était un moment très doux.

Séance 3 : L’action libérée

La troisième séance, Sophie est arrivée avec un sourire. « J’ai passé deux heures sur le dossier hier. Sans panique. J’ai même pris du recul sur une partie que je trouvait mal faite, et je l’ai réécrite. »

Elle n’avait pas fini le projet, mais ce n’était pas le but. Le but était de retrouver une relation saine à l’action. Et c’était fait.

On a consacré cette séance à consolider ce changement. En hypnose, on a installé un « déclencheur » : chaque fois qu’elle se sentirait sur le point de procrastiner, elle poserait sa main sur son ventre, prendrait une respiration, et se rappellerait l’image de sa plage et la sensation de légèreté qu’elle avait découverte.

On a aussi travaillé sur la peur du jugement. Sophie a visualisé son chef, ses collègues, en train de lire son travail. Au début, son corps se tendait. Puis, petit à petit, elle a imaginé qu’elle leur parlait, qu’elle expliquait ses choix, qu’elle tenait sa place. La scène est devenue supportable, puis presque agréable.

« Je n’ai plus besoin d’être parfaite, m’a-t-elle dit. J’ai juste besoin d’essayer. »

Ce que l’hypnose a vraiment changé (et ce qu’elle n’a pas changé)

Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’a pas transformé Sophie en une machine à productivité. Elle n’a pas supprimé toutes ses peurs. Elle n’a pas fait disparaître son perfectionnisme du jour au lendemain.

Mais elle a fait trois choses essentielles :

  1. Elle a désamorcé l’alarme intérieure. Sophie ne ressent plus cette urgence panique quand elle pense à une tâche difficile. Son cerveau a appris que « commencer » n’est pas synonyme de « danger ».

  2. Elle a changé le dialogue intérieur. Au lieu de se traiter de nulle, Sophie se parle avec plus de douceur. Elle reconnaît sa partie qui a peur, et elle la rassure. Ce n’est plus une guerre, c’est une coopération.

  3. Elle a créé un espace de choix. Avant, Sophie était pilotée par ses réflexes : peur → évitement → honte. Maintenant, elle peut faire une pause, respirer, et choisir comment répondre. Parfois elle choisit de ne pas faire la tâche, mais c’est un choix conscient, pas une fuite.

C’est ça, la liberté : ne plus être esclave de ses automatismes.

Et maintenant, vous ?

Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez dans l’histoire de Sophie, vous vous demandez peut-être : « Et moi, est-ce que ça peut marcher ? »

La réponse est : probablement, oui. L’hypnose ericksonienne et l’IFS sont des approches qui fonctionnent pour beaucoup de personnes, à condition d’accepter de lâcher prise sur l’idée de « contrôle ». Ce n’est pas une technique de motivation, c’est une invitation à rencontrer les parties de vous qui souffrent.

Voici ce que vous pouvez faire maintenant, sans rendez-vous, sans attente :

  1. Identifiez une tâche que vous repoussez depuis longtemps. Pas une montagne, juste une petite chose. Ouvrir un mail, ranger un tiroir, écrire trois lignes.

  2. Asseyez-vous, fermez les yeux, et ressentez ce qui se passe dans votre corps quand vous pensez à cette tâche. Où est la tension ? Quelle émotion ? (Peur, ennui, honte, colère ?)

  3. Au lieu de vous forcer à agir, posez votre main sur l’endroit où vous ressentez cette tension. Respirez doucement. Dites-vous intérieurement : « Je te vois, je comprends que tu essaies de me protéger. Merci. »

  4. Maintenant, sans exigence, demandez-vous : « Quelle est la plus petite action possible que je pourrais faire, juste pour cinq minutes, sans pression de résultat ? » Peut-être juste lire le dossier, peut-être écrire un titre, peut-être ranger un stylo.

  5. Faites cette action, puis arrêtez-vous. Pas plus. Respirez. Notez comment vous vous sentez.

Ce n’est pas une solution miracle. C’est un premier pas pour sortir de la honte et entrer dans la curiosité. Et c’est souvent par là que tout commence.

Si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus profond, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert, et je propose aussi des séances en visio pour ceux qui sont loin. On peut travailler ensemble pour dénouer ce qui vous bloque, à votre rythme, sans jugement.

Vous n’êtes pas paresseux. Vous êtes juste une personne qui a appris à se protéger d’une manière qui ne vous sert plus. Et il est possible d’apprendre autrement.

« La procrastination n’est pas une fatalité. C’est une invitation à mieux se connaître. »

Alors, si cet article résonne en vous, prenez une respiration. Posez votre téléphone. Et autorisez-vous à commencer, tout doucement, par là où c’est possible pour vous. Je suis là pour vous y aider si vous le souhaitez.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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