3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un quiz pour mieux cerner votre comportement.
Vous tenez votre téléphone en main, vous ouvrez Instagram pour la dixième fois aujourd’hui. Vous vous dites : « juste deux minutes ». Quarante-cinq minutes plus tard, vous êtes toujours là, à faire défiler des vidéos de chats ou des conseils de développement personnel que vous ne lirez jamais. Ça vous parle ? Peut-être que vous avez aussi ce rituel du soir : un verre de vin en regardant une série, ou cette cigarette après le café, ou cette séance de jeux en ligne qui s’éternise jusqu’à 2 heures du matin.
À un moment, une question vous traverse l’esprit : est-ce que c’est grave ? Est-ce que je suis « addict » ? Ou est-ce juste une mauvaise habitude que je pourrais arrêter si je le voulais vraiment ? C’est une question que mes patients me posent presque chaque semaine. Thierry, j’ai l’impression d’être dépendant, mais je n’ose pas utiliser ce mot. J’ai peur que ce soit trop sérieux, ou au contraire, que je minimise les choses.
Alors voilà. J’ai voulu créer un petit test pour vous aider à y voir plus clair. Pas un diagnostic médical, attention. Je ne suis pas là pour vous coller une étiquette. Juste un outil pour vous aider à poser un mot juste sur ce que vous vivez, et surtout, pour savoir par quel bout prendre le problème. Parce que la stratégie pour changer une habitude n’est pas la même que pour sortir d’une addiction. Et si vous vous trompez de méthode, vous risquez de vous épuiser pour rien.
Asseyez-vous, respirez, et lisez ce qui suit comme si on prenait un café ensemble. Je vais vous guider pas à pas.
Imaginez Jacques, 42 ans, commercial. Tous les soirs en rentrant, il ouvre une bière. Pas une grosse soirée, juste une. Parfois deux le week-end. Sa femme lui a fait remarquer que ça devenait un réflexe. Jacques hausse les épaules : « C’est mon petit plaisir, je maîtrise. » De l’autre côté, il y a Sophie, 35 ans, qui joue à un jeu en ligne. Elle a commencé pour décompresser après le boulot. Maintenant, elle annule des sorties avec ses amis, elle ment sur son temps de jeu, et elle a des palpitations quand elle n’y joue pas pendant 24 heures.
Jacques a une habitude. Sophie est peut-être dans une addiction. La différence n’est pas une question de quantité ou de fréquence. C’est une question de relation au comportement. Une habitude, c’est un automatisme confortable. Vous le faites sans y penser, mais si on vous le retire, vous allez râler deux jours, puis vous trouverez autre chose. Une addiction, c’est un besoin compulsif qui prend le pouvoir sur vos choix. Vous n’y allez pas par plaisir, mais par soulagement d’une tension intérieure. Et quand vous essayez d’arrêter, votre cerveau vous envoie des signaux d’alarme puissants : irritabilité, anxiété, obsession.
Pourquoi est-ce crucial de faire la différence ? Parce que si vous traitez une addiction comme une simple habitude, vous allez échouer. Vous allez vous dire « je manque de volonté », alors que le problème est neurobiologique. Inversement, si vous traitez une habitude comme une addiction, vous risquez de vous mettre une pression inutile et de vous croire plus malade que vous ne l’êtes. Le test qui suit vous aide à voir clair.
Prenez un comportement précis qui vous interroge. Un seul. Par exemple : « consulter mon téléphone le soir », « grignoter après dîner », « fumer une cigarette le matin », « boire de l’alcool en semaine ». Notez-le mentalement. Pour chaque question, répondez par Oui ou Non. Soyez honnête avec vous-même. Personne ne vous juge ici.
Question 1 : Quand vous faites ce comportement, est-ce que vous ressentez un soulagement immédiat d’une tension, d’une anxiété ou d’un ennui profond ? Ou bien est-ce que c’est juste une action agréable, comme un petit plaisir ?
Question 2 : Avez-vous déjà essayé d’arrêter ou de réduire ce comportement, et constaté que vous n’y arrivez pas, même quand vous le vouliez vraiment ?
Question 3 : Est-ce que ce comportement a des conséquences négatives dans votre vie (santé, argent, relations, travail) que vous reconnaissez, mais que vous continuez quand même ?
Question 4 : Passez-vous beaucoup de temps à penser à ce comportement, à l’anticiper, ou à planifier comment vous allez pouvoir le faire ?
Question 5 : Avez-vous déjà menti à des proches sur la fréquence ou l’intensité de ce comportement ?
Question 6 : Est-ce que vous avez besoin d’augmenter la « dose » pour obtenir le même effet qu’avant ? (Exemple : vous buviez un verre pour vous détendre, maintenant il vous en faut deux).
Question 7 : Est-ce que vous ressentez des symptômes physiques ou émotionnels désagréables quand vous ne pouvez pas faire ce comportement pendant un certain temps (irritabilité, sueurs, insomnie, anxiété) ?
Question 8 : Est-ce que ce comportement a pris le pas sur d’autres activités que vous aimiez avant (sport, lecture, sorties, relations) ?
Question 9 : Avez-vous l’impression de perdre le contrôle, de ne pas pouvoir vous arrêter une fois que vous avez commencé ?
Question 10 : Est-ce que vous utilisez ce comportement pour gérer des émotions difficiles (colère, tristesse, solitude) plutôt que pour le plaisir ?
Interprétation : Comptez vos Oui.
0 à 2 Oui : Il s’agit très probablement d’une habitude. Un automatisme confortable, peut-être un peu envahissant, mais qui ne prend pas le contrôle de votre vie. Vous pouvez la changer avec de la conscience et un peu de méthode.
3 à 5 Oui : Vous êtes dans une zone grise. Ce comportement a des traits d’habitude, mais commence à montrer des signes de dépendance émotionnelle ou comportementale. Il mérite votre attention. Ce n’est pas encore une addiction lourde, mais ça peut le devenir si vous laissez faire.
6 à 10 Oui : Les indicateurs sont forts pour une addiction (ou une dépendance comportementale). Ce comportement a pris un pouvoir significatif sur vous. Il ne s’agit plus de « juste une habitude ». Vous avez besoin d’une approche plus structurée, et probablement d’un accompagnement.
« Ce qui définit l’addiction, ce n’est pas ce que vous faites, mais ce que vous êtes prêt à perdre pour continuer à le faire. »
Vous vous demandez peut-être pourquoi c’est si dur de s’arrêter, même quand on a une simple habitude. La réponse est dans votre tête. Votre cerveau est une machine à économiser de l’énergie. Quand vous répétez un comportement dans un contexte similaire (le soir sur le canapé, après le café, avant de dormir), il crée une autoroute neuronale. Plus vous l’empruntez, plus elle devient large et rapide. Au bout d’un moment, le déclencheur (l’ennui, le stress, l’heure) active automatiquement la réponse (ouvrir le frigo, allumer la cigarette, scroller).
C’est le mécanisme de l’habitude. Mais dans l’addiction, il y a une couche supplémentaire : le système de récompense est détourné. La dopamine, cette molécule du désir et de l’anticipation, est libérée en quantité anormale. Votre cerveau apprend que ce comportement est « super important pour la survie ». Alors il vous envoie des signaux de manque quand vous ne le faites pas. C’est pour ça que vous pensez à votre téléphone alors que vous êtes en réunion, ou que vous comptez les heures avant votre verre du soir.
Une habitude, c’est un chemin bien tracé. Une addiction, c’est une autoroute à six voies avec des panneaux lumineux qui clignotent « Urgent ! ». Voilà pourquoi la volonté seule ne suffit pas pour une addiction. Vous ne pouvez pas décider de ne plus avoir faim ou soif. C’est un peu pareil.
Si votre test vous a donné 0 à 2 Oui, bonne nouvelle : vous n’avez pas à lutter contre un monstre. Vous avez juste à réécrire un script automatique. Et ça, c’est tout à fait faisable avec des méthodes douces.
La première chose à faire, c’est de devenir conscient du déclencheur. L’habitude est souvent liée à un contexte. Exemple : vous grignotez en regardant une série. Le déclencheur, ce n’est pas la faim, c’est l’écran allumé et le canapé. Si vous voulez changer, ne vous attaquez pas à l’habitude elle-même. Attaquez-vous au contexte. Asseyez-vous ailleurs, regardez la série debout, ou occupez vos mains avec un verre d’eau ou un tricot. Le but est de casser l’automatisme.
Ensuite, utilisez la substitution. Votre cerveau a besoin d’un rituel de transition. Si vous avez l’habitude de prendre une cigarette après le café, remplacez-la par une tisane ou par trois respirations profondes. L’important, c’est de garder le même début de séquence (le café), mais de changer la fin. Au bout de 21 à 66 jours (selon les études), la nouvelle autoroute sera créée.
Enfin, ne vous culpabilisez pas si vous replongez. Une habitude, ce n’est pas une identité. Si un soir vous grignotez, ce n’est pas « vous êtes faible », c’est « ce soir, l’automatisme a gagné ». Demain, vous recommencez. L’hypnose ericksonienne est particulièrement efficace ici : elle permet de travailler avec votre inconscient pour associer le déclencheur à une nouvelle réponse, sans lutte consciente. Je vois souvent des patients qui arrêtent de grignoter en deux ou trois séances, simplement parce qu’ils ont reprogrammé le lien entre l’ennui et la main qui cherche du sucre.
Si vous avez 6 Oui ou plus, vous êtes probablement dans un schéma où votre cerveau a été « piraté ». Vous n’êtes pas faible. Vous êtes humain. Et votre système nerveux a appris que ce comportement est une bouée de sauvetage. Arrêter du jour au lendemain, c’est comme demander à quelqu’un de ne plus respirer. Ça ne marche pas.
Dans l’addiction, il faut d’abord stabiliser le système nerveux. Avant même de vouloir arrêter, il faut comprendre quelle émotion vous fuyez avec ce comportement. L’ennui ? L’anxiété ? La sensation de vide ? L’addiction est presque toujours une solution de survie émotionnelle. Si vous enlevez la solution sans traiter le problème sous-jacent, vous allez juste replonger ou développer une autre addiction (le fameux transfert d’addiction : arrêter l’alcool, mais commencer à manger du sucre ou à faire du shopping compulsif).
L’approche que j’utilise le plus, c’est l’IFS (Internal Family Systems). Cela consiste à dialoguer avec la partie de vous qui a besoin de ce comportement. Au lieu de la combattre, vous l’écoutez. « Qu’est-ce que tu essaies de me protéger, petite partie ? De quelle peur ou quelle douleur me sauves-tu ? » Et là, quelque chose se débloque. L’addiction perd son pouvoir quand elle n’est plus un ennemi, mais un protecteur fatigué qui a besoin d’un nouveau rôle.
Concrètement, ça donne quoi ? Un patient qui jouait aux jeux d’argent depuis 10 ans. Il avait tout essayé : volonté, applications de blocage, thérapie cognitive. Rien n’avait tenu plus de trois semaines. En IFS, on a découvert que cette partie « joueuse » le protégeait d’une sensation d’échec professionnel qu’il n’arrivait pas à regarder en face. Le jeu lui donnait une montée d’adrénaline qui masquait la honte. Quand on a accueilli cette honte, le besoin de jouer a diminué de 80 % en deux mois. Sans lutte.
« Votre addiction n’est pas votre ennemi. C’est une partie de vous qui essaie de vous aider avec les outils limités dont elle dispose. »
Si vous êtes dans cette zone, ne restez pas seul. L’hypnose ericksonienne peut aussi aider à renforcer votre partie « observatrice », celle qui peut dire « je vois que j’ai envie, mais je choisis autre chose ». Mais la clé, c’est d’abord la compassion pour vous-même. Plus vous vous jugez, plus vous renforcez le cercle vicieux.
C’est peut-être la zone la plus intéressante. Vous n’êtes pas encore dépendant, mais vous sentez que ça pourrait déraper. Vous avez des alertes : un verre de trop le week-end, des heures perdues sur les réseaux sociaux, une irritabilité quand on vous dérange pendant votre « moment ». Ce stade, c’est le meilleur moment pour agir. C’est là que vous avez encore le choix, que votre cerveau n’est pas complètement reconfiguré.
Mon conseil : faites une pause de 30 jours. Pas d’arrêt définitif, juste une expérience. « Je vais tester 30 jours sans ce comportement, pour voir ce qui se passe. » Notez vos sensations : l’ennui, l’agacement, le soulagement, la fierté. Ce test vous donnera des informations précieuses. Si vous tenez 30 jours sans trop de souffrance, c’est une habitude. Si vous craquez au bout de 3 jours avec une sensation de manque physique ou émotionnel intense, c’est peut-être plus sérieux que vous ne le pensiez.
Dans cette zone grise, l’intelligence relationnelle est un outil puissant. Elle consiste à observer votre relation au comportement comme si vous étiez un scientifique. « Tiens, aujourd’hui j’ai eu envie de grignoter à 16h. Qu’est-ce qui s’est passé à 15h45 ? Un mail stressant ? Une conversation difficile ? » Vous devenez le détective de votre propre vie. Et souvent, vous découvrez que l’habitude est juste le symptôme d’un besoin non exprimé : besoin de pause, besoin de réconfort, besoin de stimulation.
Si vous êtes dans cette zone, vous pouvez aussi utiliser l’hypnose pour désactiver le réflexe conditionné. Une séance peut suffire à casser le lien automatique entre un déclencheur (l’heure, l’émotion) et la réponse (le comportement). C’est rapide, efficace, et ça vous évite de glisser vers une dépendance installée.
Vous avez fait le test. Vous avez votre score. Maintenant, ne le rangez pas dans un tiroir. Ce test, c’est une boussole, pas une étiquette. Voici comment l’utiliser concrètement.
Si vous êtes dans l’habitude (0-2 Oui) : Choisissez un micro-changement pour les 7 prochains jours. Par exemple : « Je remplace ma pause café-cigarette par une pause café-respiration. » Tenez un petit carnet. Notez chaque jour si vous avez réussi. Ne visez pas la perfection, visez la régularité. 80 % de réussite, c’est déjà une victoire.
Si vous êtes dans la zone grise (3-5 Oui) : Planifiez une semaine d’observation intense. Pendant 7 jours, avant chaque occurrence du comportement, posez-vous trois questions : « Quelle émotion je ressens maintenant ? », « Quel besoin non satisfait est derrière ? », « Quelle autre action pourrais-je faire pour répondre à ce besoin ? » Vous allez probablement découvrir des patterns. C’est à partir de là que vous pourrez agir.
Si vous êtes dans l’addiction (6-10 Oui) : Ne cherchez pas à tout changer seul. C’est comme vouloir réparer une fuite de gaz avec du scotch. Vous avez besoin d’un accompagnement
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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