3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des techniques rapides pour un moment médical sans angoisse
Vous avez probablement déjà vécu cette scène. Vous êtes assis dans la salle d’attente, la carte vitale en main, et dès que l’infirmière prononce les mots « prise de sang », votre estomac se noue. La simple vue de l’aiguille, l’odeur de l’alcool, la sensation de la piqûre… tout cela déclenche une réponse automatique : vous voulez fuir. Parfois, vous vous forcez à rester, mais votre corps ne vous écoute pas. Les jambes tremblent, la respiration se bloque, la tête tourne. Vous n’êtes pas seul. Chaque semaine, je reçois des personnes qui, comme vous, repoussent leurs bilans sanguins par peur, ou qui subissent ces moments avec une angoisse qu’elles ne parviennent pas à contrôler.
La bonne nouvelle, c’est que cette peur n’est pas une fatalité. Elle n’est pas un échec de votre volonté. C’est simplement un mécanisme de survie qui s’est emballé. Votre cerveau a appris à associer la prise de sang à un danger, même si vous savez rationnellement qu’elle est nécessaire et sans gravité. L’hypnose ericksonienne, que j’utilise avec mes patients, permet justement de remettre ce mécanisme au repos. Pas besoin d’être dans un cabinet pour en bénéficier. Voici quatre astuces rapides que vous pouvez utiliser seul, juste avant ou pendant la prise de sang, pour traverser ce moment avec plus de calme.
Avant de vous donner des techniques, il est utile de comprendre ce qui se passe. Votre peur de la prise de sang n’est pas un caprice. C’est un programme de survie très ancien, installé dans votre cerveau limbique, cette partie qui gère les émotions et les réflexes. Pour votre inconscient, une piqûre, c’est une effraction. C’est un signal qui dit : « Attention, quelque chose pénètre la peau, danger possible. » Chez certaines personnes, ce signal s’accompagne d’une chute de tension brutale, appelée réponse vasovagale. Le cœur ralentit, les vaisseaux se dilatent, le sang afflue moins vers le cerveau, et vous vous sentez faible, au bord de l’évanouissement. C’est une réaction automatique, pas un manque de courage.
L’hypnose, sous toutes ses formes, agit en parlant directement à cette partie automatique. Elle ne cherche pas à vous raisonner – vous savez déjà que la prise de sang est inoffensive – mais à modifier la perception du danger. L’idée est simple : si votre inconscient peut apprendre une peur, il peut aussi apprendre le calme. Les astuces que je vais vous donner sont des sortes de raccourcis pour entrer en contact avec cette partie de vous qui peut réguler la réponse au stress. Elles ne suppriment pas la sensation de la piqûre, mais elles changent la manière dont votre corps et votre esprit l’interprètent.
Prenons l’exemple de Marc, un patient de 42 ans, coureur amateur, qui venait me voir pour une autre raison. Un jour, il m’a dit : « Thierry, je peux courir un marathon sans problème, mais une prise de sang, c’est l’horreur. Je me mets à transpirer, je vois trouble, je dois m’allonger. » Marc avait développé cette peur après une mauvaise expérience à l’adolescence, où l’infirmière avait cherché la veine plusieurs fois. Son cerveau avait associé le geste à une douleur prolongée et à une perte de contrôle. Pour lui, la prise de sang n’était pas un soin, c’était une agression. Les techniques que je vais décrire l’ont aidé à reprendre le contrôle.
La première astuce est ce que j’appelle le « lieu sûr ». C’est une technique classique en hypnose, mais vous pouvez l’utiliser en une minute, assis sur la chaise du laboratoire. Le principe est simple : votre esprit ne peut pas être pleinement attentif à deux choses en même temps. Si vous focalisez votre attention sur un endroit mental où vous vous sentez parfaitement bien, votre cerveau aura moins de ressources pour amplifier la peur de l’aiguille.
Voici comment faire. Avant que l’infirmière ne prépare le matériel, fermez les yeux (si vous êtes à l’aise) ou fixez un point neutre au mur. Imaginez un endroit où vous vous êtes déjà senti en sécurité et détendu. Cela peut être une plage, un coin de votre jardin, un fauteuil chez vous, ou même un souvenir d’enfance. L’important n’est pas que le lieu soit spectaculaire, mais qu’il déclenche en vous une sensation de calme. Prenez le temps de voir les couleurs, d’entendre les sons (le bruit des vagues, le vent dans les arbres), de ressentir la température sur votre peau. Ancrez cette sensation en posant votre main sur votre cuisse, comme un interrupteur.
Quand l’infirmière vous dit de tendre le bras, gardez cette image en tête. Ne regardez pas ce qu’elle fait. Si vous sentez la peur monter, appuyez doucement votre main sur votre cuisse pour rappeler cette sensation de sécurité. Vous n’êtes pas en train de nier la réalité, vous êtes en train de donner à votre inconscient une autre option. Au lieu de se polariser sur la piqûre, il peut se polariser sur ce lieu. Marc, que j’ai évoqué plus tôt, utilisait l’image de son canapé, avec son chat sur les genoux. Il me disait : « Je ne sentais presque plus la piqûre, j’étais ailleurs. » La sensation physique reste, mais l’angoisse qui l’amplifie diminue.
« La peur n’est pas un échec de votre volonté. C’est un programme de survie qui s’est emballé. On peut le remettre au repos. »
Cette technique est particulièrement efficace si vous avez tendance à avoir des malaises vagaux. En vous dissociant légèrement de la situation, vous évitez que votre corps n’interprète le stress comme un signal de fuite ou d’effondrement. Vous restez présent, mais à distance.
La deuxième astuce est une respiration spécifique. Vous avez probablement déjà entendu dire qu’il faut respirer profondément pour se calmer. C’est vrai, mais encore faut-il le faire correctement. Beaucoup de personnes, sous stress, inspirent trop fort ou bloquent leur respiration, ce qui augmente l’anxiété. Voici une variante que j’adapte souvent pour mes patients phobiques : la respiration « 4-7-8 », mais en version courte.
Juste avant que l’aiguille ne soit introduite, vous allez faire ceci :
Pourquoi ce rythme ? Le blocage de 7 secondes force votre système nerveux parasympathique (celui qui calme) à s’activer. C’est un peu comme si vous disiez à votre corps : « Tout va bien, on peut ralentir. » L’expiration longue, quant à elle, abaisse la fréquence cardiaque. Si vous n’avez que 30 secondes avant la piqûre, faites deux cycles de cette respiration. Ne la faites pas pendant que l’aiguille est dans le bras, car vous pourriez bouger. Faites-la juste avant, puis, au moment de la piqûre, respirez normalement, mais en gardant une expiration un peu plus longue que l’inspiration.
J’ai un patient, footballeur amateur, qui paniquait à chaque prise de sang au point de devoir être allongé. Il utilisait cette respiration en regardant un point fixe au plafond. Il m’a raconté : « La première fois, j’ai senti la piqûre, mais je n’ai pas eu le vertige habituel. C’était comme si mon corps avait pris du retard sur ma peur. » Cette technique ne supprime pas la douleur, mais elle empêche la montée d’adrénaline qui transforme une simple piqûre en crise d’angoisse.
La troisième astuce est plus créative, et elle repose sur un principe d’hypnose éricksonienne : le recadrage sensoriel. Au lieu de lutter contre la sensation de la piqûre, vous allez la transformer mentalement. Votre cerveau interprète la douleur ou la peur à partir des informations qu’il reçoit. Si vous changez le sens de ces informations, la sensation elle-même peut changer.
Imaginez que l’aiguille n’est pas une aiguille, mais un petit rayon de lumière bleue, ou un jet d’eau fraîche. Vous pouvez aussi associer la sensation à un son : un bourdonnement léger, comme une abeille au loin. Ou à une couleur : le rouge de la douleur devient un orange chaud, puis un jaune doux. L’idée n’est pas de vous mentir, mais de détourner l’attention de votre cortex sensoriel. Vous donnez à votre cerveau une autre piste à suivre.
Prenons un exemple concret. Une patiente, infirmière de profession (ironique, non ?), avait une peur panique des aiguilles pour elle-même. Elle se mettait à pleurer dès qu’elle voyait la sienne. Nous avons travaillé sur une métaphore : elle imaginait que la piqûre était comme une piqûre de moustique, mais au lieu de la gratter, elle l’imaginait comme une petite goutte de miel qui pénètre la peau. Absurde ? Peut-être. Mais son cerveau a accepté ce nouveau cadre. La prochaine fois, elle a souri en me disant : « J’ai pensé à du miel, et la piqûre m’a semblé moins agressive. » Le geste médical reste le même, mais l’émotion qui l’accompagne change.
Pour utiliser cette astuce, préparez-la en amont. Choisissez une métaphore qui vous parle. Si vous aimez la nature, pensez à une brise légère. Si vous aimez la musique, imaginez une note tenue. Au moment de la piqûre, concentrez-vous sur cette image, et laissez la sensation réelle se fondre dans votre métaphore. Cela demande un peu d’entraînement, mais c’est très efficace pour les personnes qui ont une imagination vive.
La quatrième astuce est peut-être la plus simple, mais elle est redoutable. Elle consiste à vous projeter dans le futur immédiat, c’est-à-dire quelques secondes après la piqûre. Votre peur est souvent amplifiée par l’anticipation : vous imaginez la douleur, le malaise, la perte de contrôle. Mais si vous vous concentrez sur le moment d’après, votre cerveau sort de la boucle de l’attente anxieuse.
Voici comment procéder. Juste avant que l’infirmière ne commence, dites-vous intérieurement : « Dans 30 secondes, ce sera fini. Je serai en train de mettre un coton sur mon bras. » Visualisez ce moment précis : vous voyez le coton, vous sentez le sparadrap, vous entendez l’infirmière dire « C’est bon, vous pouvez y aller. » Ancrez-vous dans cette image future. Pendant la piqûre, répétez-vous mentalement un mot-clé, comme « fini » ou « après », pour que votre esprit reste tourné vers l’issue plutôt que vers le geste.
Cette technique fonctionne parce qu’elle utilise un principe de l’hypnose temporelle : le cerveau ne distingue pas toujours clairement un souvenir d’une anticipation vivide. Si vous vous projetez avec assez de détails dans le moment où la prise de sang est terminée, votre système nerveux commence à se détendre avant même que ce moment n’arrive. C’est un peu comme un coureur qui visualise la ligne d’arrivée pour tenir la distance. Vous ne courez pas un marathon, vous courez 30 secondes. Et ces 30 secondes, vous pouvez les traverser en sachant qu’elles sont limitées.
Un patient, grand sportif, utilisait cette technique en comptant les secondes dans sa tête. « Je me disais : 1, 2, 3… à 30, c’est plié. Je fixais un carreau du carrelage, et je comptais. À 20, je savais que l’aiguille était déjà retirée. » Ce comptage lui donnait un sentiment de contrôle. Il n’était plus une victime passive de la piqûre, il était un acteur qui gérait son temps.
Je veux être honnête avec vous. Ces quatre astuces ne sont pas une baguette magique. Elles ne feront pas disparaître complètement la peur du jour au lendemain, surtout si elle est très ancienne ou très intense. Elles ne transformeront pas une phobie invalidante en un plaisir. Elles ne remplacent pas un travail plus profond si vous évitez les prises de sang depuis des années au point de compromettre votre santé. L’hypnose, en cabinet, permet de défaire les liens inconscients qui maintiennent la peur. Ces astuces sont des outils de première ligne, des pansements pour traverser un moment difficile.
Ce qu’elles font, en revanche, c’est vous redonner un levier. Elles vous sortent de la position de subi. Au lieu de vous dire « Je vais encore flipper », vous pouvez vous dire « Je vais essayer cette respiration » ou « Je vais visualiser mon lieu sûr ». Ce simple changement de posture – de victime à acteur – réduit déjà l’anxiété. Et avec la pratique, ces gestes deviennent des automatismes. Votre cerveau associe la prise de sang à ces nouveaux réflexes, et la peur s’atténue progressivement.
Si vous sentez que votre peur est trop forte, que vous avez des malaises vagaux à répétition ou que vous repoussez des examens médicaux importants, n’hésitez pas à consulter un praticien. L’hypnose ericksonienne, couplée à des approches comme l’IFS (Internal Family Systems) que j’utilise, permet de traiter la racine de la phobie, souvent liée à un souvenir ou à une croyance enfouie. Mais pour aujourd’hui, pour votre prochaine prise de sang, ces quatre astuces sont un bon début.
Je vous invite à ne pas tester toutes ces astuces en même temps. Choisissez-en une, celle qui vous parle le plus. Peut-être la respiration, parce qu’elle est discrète et rapide. Peut-être le lieu sûr, parce que vous aimez vous évader mentalement. Essayez-la chez vous, dans un moment calme, pour vous familiariser avec la sensation. Puis, lors de votre prochaine prise de sang, appliquez-la. Ne jugez pas le résultat. Si ça marche un peu, c’est déjà une victoire. Si ça ne marche pas, ce n’est pas un échec, c’est une information : cette technique n’est pas la bonne pour vous, essayez-en une autre.
Je vois régulièrement des personnes qui viennent me voir en disant : « J’ai tout essayé, rien ne marche. » Et souvent, elles n’avaient jamais essayé de parler à leur peur avec douceur. Elles avaient essayé de la combattre, de la raisonner, de l’ignorer. L’hypnose propose une autre voie : écouter la peur, lui donner un autre cadre, l’accompagner plutôt que la rejeter. C’est un chemin qui prend du temps, mais il est fiable.
Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, et que vous sentez que cette peur vous pourrit la vie ou vous empêche de faire des examens importants, je suis là pour en parler. Un premier échange, sans engagement, permet souvent d’y voir plus clair. Vous pouvez aussi simplement essayer ces astuces, et voir ce que ça donne. L’important, c’est de ne pas rester seul avec cette angoisse. Elle est légitime, elle a une histoire, et elle peut évoluer.
Alors, pour votre prochaine prise de sang, retenez juste une chose : vous n’êtes pas obligé de serrer les poings et de subir. Vous pouvez fermer les yeux, respirer en comptant jusqu’à 4, et vous dire que dans
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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