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5 idées reçues sur l’hypnose et la peur des transports

Démystifiez les croyances qui bloquent votre guérison.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

Vous êtes sur le point de refermer la portière de votre voiture. Votre main tremble légèrement sur la poignée. Vous inspirez un grand coup, mais votre cœur s’emballe déjà. Vous vous dites : « Allez, c’est juste un trajet de vingt minutes. » Pourtant, votre corps ne vous écoute pas. Vous sentez cette boule au ventre, cette oppression thoracique, cette envie irrépressible de faire demi-tour. Peut-être même que vous avez déjà annulé un déplacement professionnel ou un week-end en famille parce que l’idée de prendre l’avion, le train ou l’autoroute vous paralysait.

Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que la peur des transports empoisonne votre quotidien. Et si vous avez déjà envisagé l’hypnose pour vous en libérer, vous avez probablement buté sur une montagne de questions et d’idées reçues. « L’hypnose, c’est du bidon », « Je vais perdre le contrôle », « Il faut être faible d’esprit », « Ça ne marchera pas sur moi »… Autant de croyances qui vous empêchent de franchir le pas et de retrouver votre liberté de mouvement.

Je suis Thierry Sudan, praticien en hypnose et thérapies brèves à Saintes. Depuis plus de dix ans, j’accompagne des adultes comme vous, piégés par des peurs qui semblent irrationnelles, mais qui ont toujours une logique profonde. Aujourd’hui, je veux déconstruire avec vous cinq idées reçues tenaces sur l’hypnose et la peur des transports. Mon objectif ? Vous donner des clés concrètes pour comprendre ce qui se joue vraiment et, surtout, pour vous sentir autorisé à aller mieux.

Idée reçue n°1 : « L’hypnose, c’est un spectacle ou un sommeil magique »

La première chose que l’on m’oppose souvent, c’est l’image du spectacle. Vous avez vu un hypnotiseur faire danser des spectateurs comme des poupées, ou pire, vous imaginez que je vais agiter une montre à chaîne devant vos yeux en murmurant « Dormez, je le veux ». Cette représentation est tenace, mais elle est à des années-lumière de ce que je pratique.

L’hypnose ericksonienne – celle que j’utilise – n’a rien à voir avec un état de sommeil ou de soumission. C’est un état de conscience modifié, parfaitement naturel. Vous le vivez d’ailleurs plusieurs fois par jour sans vous en rendre compte : quand vous êtes absorbé par un bon film, quand vous conduisez sur une route familière et que vous « déconnectez » quelques instants, ou quand vous rêvassez sous la douche. Dans ces moments-là, votre cerveau fonctionne sur un mode différent, plus réceptif aux suggestions internes.

Concrètement, lors d’une séance pour une peur des transports, je ne vous endormirai pas. Je vais vous guider vers un état de relaxation profonde, mais vous resterez conscient de ce qui se passe autour de vous. Vous entendrez ma voix, vous pourrez ouvrir les yeux si vous le souhaitez, et vous garderez le contrôle de vos décisions. La différence avec l’éveil ordinaire, c’est que votre esprit critique s’apaise, ce qui permet d’accéder plus facilement aux ressources que vous possédez déjà, sans le bruit des pensées anxieuses.

« L’hypnose n’est pas un pouvoir que le praticien exerce sur vous, mais une permission que vous vous donnez d’explorer autrement votre monde intérieur. »

Prenons un exemple. J’ai reçu un jour un commercial, que j’appellerai Marc. Il devait prendre l’avion deux fois par semaine pour son travail, mais chaque vol était un calvaire. Il arrêtait de respirer au décollage, serrait les accoudoirs jusqu’à avoir des crampes. Il était convaincu que l’hypnose le ferait « dormir » et qu’il ne pourrait pas réagir en cas de turbulence. Je lui ai expliqué que pendant la séance, il serait simplement dans un état de détente similaire à celui d’une sieste légère, mais avec une attention focalisée. À la fin de notre travail, il a pris son premier vol sans crise d’angoisse, et il était même étonné d’avoir pu discuter avec son voisin. Il n’avait pas dormi, il avait juste appris à faire taire l’alarme intérieure.

Idée reçue n°2 : « J’ai trop peur, l’hypnose ne pourra pas m’atteindre »

Celle-ci, je l’entends presque à chaque premier rendez-vous : « Thierry, je suis trop anxieux, mon cerveau est en ébullition, il n’y a rien à faire, je ne suis pas réceptif. » C’est compréhensible. Quand on vit avec une peur viscérale, on a l’impression que cette peur est une forteresse imprenable. On se dit que si l’hypnose fonctionne, elle devrait d’abord désamorcer cette peur immense, mais justement, cette peur nous empêche d’y croire.

C’est un paradoxe, mais c’est exactement pour cela que l’hypnose est efficace. Votre peur des transports n’est pas un bloc de béton homogène. C’est un mécanisme appris, une réaction conditionnée que votre cerveau a mise en place pour vous protéger d’un danger perçu. Il y a peut-être eu un incident déclencheur – une panne de voiture, un atterrissage un peu brusque, une sensation d’étouffement dans un métro bondé – ou alors cette peur s’est installée progressivement, sans raison claire.

L’hypnose ne va pas « attaquer » votre peur de front. Elle va plutôt vous aider à entrer en contact avec la partie de vous qui a peur, sans la juger, et à lui montrer qu’elle peut lâcher prise. Je travaille souvent avec l’IFS (Internal Family Systems), une approche qui considère que notre psychisme est composé de différentes « parties ». Il y a une partie de vous qui a peur de prendre l’avion, mais il y a aussi une partie qui veut voyager, une partie qui est curieuse, une partie qui est rationnelle, etc. L’hypnose permet de créer un dialogue entre ces parties, pour que celle qui a peur se sente écoutée et apaisée, plutôt que de prendre le contrôle total.

Prenons le cas de Sophie, une enseignante qui ne pouvait plus prendre le train seule. À chaque fois qu’elle montait dans un wagon, elle était prise de vertiges et d’une envie pressante de descendre. Elle était persuadée que son anxiété était « trop forte » pour l’hypnose. Lors de notre première séance, je ne lui ai pas demandé de « ne plus avoir peur ». Je l’ai invitée à observer sa peur comme une vague, à la décrire, à lui donner une forme, une couleur. Et progressivement, elle a réalisé que cette peur était liée à un sentiment d’enfermement qu’elle avait déjà ressenti enfant. En quelques séances, nous avons pu « renégocier » ce contrat avec la peur. Aujourd’hui, elle prend le train sans médication et peut même lire un livre pendant le trajet.

Idée reçue n°3 : « L’hypnose va effacer ma mémoire ou me faire faire n’importe quoi »

C’est la grande peur du contrôle. « Si je suis hypnotisé, vais-je raconter des secrets ? Vais-je perdre la mémoire du trajet ? Vais-je me mettre à parler comme une poule ? » Ces craintes sont légitimes, car elles touchent à notre intégrité et à notre libre arbitre. Mais elles reposent sur une méconnaissance du fonctionnement de l’hypnose thérapeutique.

En état d’hypnose, vous ne perdez jamais le contrôle de vous-même. Votre esprit critique reste actif, même s’il est en retrait. Si je vous suggérais de faire quelque chose qui va à l’encontre de vos valeurs profondes – par exemple, de vous jeter d’un pont – vous sortiriez immédiatement de l’état hypnotique. Votre inconscient est un gardien fidèle. Il n’accepte que les suggestions qui sont en accord avec votre bien-être.

Quant à la mémoire, l’hypnose ne l’efface pas. Elle peut, en revanche, vous aider à « reconsolider » un souvenir traumatique lié à un transport. Par exemple, si vous avez vécu un accident de voiture, votre cerveau a associé la voiture au danger. En hypnose, nous pouvons revisiter ce souvenir en toute sécurité, avec les ressources de l’adulte que vous êtes aujourd’hui, pour que la charge émotionnelle diminue. Vous n’oublierez pas l’événement, mais il ne déclenchera plus la même réaction de panique.

Un patient, Paul, ancien militaire, avait développé une phobie des ponts après un accident de convoi. Il refusait de prendre l’autoroute pour aller voir sa fille à Bordeaux. Il craignait que l’hypnose ne le « vide » de ses souvenirs de guerre. Je lui ai expliqué que nous allions juste « alléger » le poids émotionnel de ces souvenirs, sans les supprimer. Après trois séances, il a pu traverser le pont de l’île d’Oléron sans sueurs froides. Il se souvient encore parfaitement de l’accident, mais il dit que « ça ne lui serre plus le ventre ».

Idée reçue n°4 : « Il faut y croire dur comme fer pour que ça marche »

Voilà une croyance qui peut être paralysante. On se dit : « Si je doute, ça ne fonctionnera pas. » Et comme on doute forcément un peu – c’est humain –, on se met une pression supplémentaire. On entre dans un cercle vicieux : plus on veut y croire, plus on doute, et plus on se sent coincé.

La bonne nouvelle, c’est que l’hypnose n’exige pas une foi absolue. Elle repose sur un processus neurobiologique. Votre cerveau entre dans un état de relaxation profonde, et dans cet état, il est plus perméable aux suggestions. C’est un peu comme si vous écoutiez une musique douce : vous n’avez pas besoin d’y croire pour que votre rythme cardiaque ralentisse. Le simple fait de suivre la guidance, même avec un scepticisme léger, suffit à amorcer le mouvement.

Je reçois régulièrement des personnes qui viennent « en désespoir de cause ». Elles ont tout essayé : médicaments, thérapies classiques, relaxation. Elles ne croient pas à l’hypnose, mais elles n’ont plus rien à perdre. Et devinez quoi ? Ce sont souvent celles qui obtiennent les résultats les plus surprenants. Pourquoi ? Parce qu’en n’ayant pas d’attentes rigides, elles laissent leur inconscient travailler librement, sans le saboter avec des « il faut que ça marche ».

Un exemple marquant : un jeune homme, Thomas, est venu me voir pour une peur panique de l’avion. Il était ingénieur, rationnel, cartésien. Il m’a dit : « Je suis sûr que ça ne marchera pas, mais ma femme m’a forcé. » Je lui ai répondu que c’était parfait. Je lui ai proposé un exercice simple de respiration pendant la séance. À la fin, il a haussé les épaules : « Je n’ai rien senti de spécial. » Trois semaines plus tard, il m’a envoyé un message. Il avait pris un vol pour Barcelone sans anxiété. Il n’avait « pas cru » à la séance, mais son cerveau avait enregistré les nouvelles associations.

« Vous n’avez pas besoin de croire à l’hypnose pour qu’elle agisse. Vous avez juste besoin d’être présent et d’accepter de vous laisser guider, même un tout petit peu. »

Idée reçue n°5 : « Une ou deux séances suffisent pour guérir définitivement »

Celle-ci est plus subtile, car elle contient une part de vérité. Certaines personnes, avec une peur récente ou circonscrite, peuvent effectivement ressentir un soulagement rapide en une ou deux séances. Mais pour une phobie des transports bien installée, souvent liée à des expériences répétées ou à un terrain anxieux général, il faut un peu plus de temps.

L’hypnose n’est pas une baguette magique. C’est un outil d’apprentissage. Vous n’allez pas « guérir » de votre peur comme on guérit d’une grippe. Vous allez apprendre à désactiver un mécanisme automatique, à remplacer une réaction de panique par une réponse plus apaisée. Cela demande parfois plusieurs séances, espacées sur quelques semaines ou mois, pour que le nouveau circuit neuronal s’ancre solidement.

Je vois souvent des personnes qui arrivent avec l’idée qu’une séance va « tout régler ». Et quand ce n’est pas le cas, elles sont déçues et se disent : « L’hypnose ne marche pas pour moi. » En réalité, c’est comme apprendre à jouer d’un instrument : vous pouvez avoir une première leçon qui vous donne les bases, mais la pratique régulière est nécessaire. L’hypnose vous offre les partitions ; vous devez ensuite les jouer dans votre vie quotidienne.

Parlons de ce que l’hypnose ne fait pas. Elle ne vous immunisera pas contre toute forme d’appréhension. Prendre l’avion ou conduire sur une autoroute peut rester un moment qui demande une petite vigilance. Mais la différence, c’est que vous ne serez plus paralysé. Vous pourrez ressentir une légère montée d’adrénaline, puis la laisser redescendre, sans qu’elle se transforme en crise de panique.

J’ai accompagné une femme, Valérie, qui avait peur de prendre le métro parisien. Après quatre séances, elle pouvait monter dans une rame, mais elle avait encore un peu d’appréhension dans les stations très fréquentées. Elle était déçue : « Je croyais que je n’aurais plus peur du tout. » Je lui ai expliqué que l’objectif n’était pas l’absence totale de peur, mais la capacité à vivre avec elle sans qu’elle dirige sa vie. Aujourd’hui, elle prend le métro tous les jours pour aller travailler. Parfois, elle a un petit pincement, mais elle respire, et ça passe. C’est ça, la guérison : retrouver sa liberté d’action, pas une insensibilité artificielle.

Un dernier mot pour vous

Ces cinq idées reçues sont comme des barrières invisibles que vous avez construites autour de votre peur. Elles vous protègent peut-être de l’inconnu, mais elles vous enferment aussi. Vous méritez de pouvoir voyager, de rendre visite à vos proches, de saisir des opportunités professionnelles, sans que votre corps vous trahisse à chaque trajet.

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est qu’il y a une partie de vous qui veut croire que c’est possible. Une partie qui en a assez de cette peur qui grignote votre vie. Je ne peux pas vous promettre que l’hypnose effacera tout du jour au lendemain. Mais je peux vous promettre que je vous accompagnerai avec honnêteté, sans jugement, en utilisant des outils qui ont fait leurs preuves, et que je respecterai votre rythme.

Vous n’avez pas besoin d’être « prêt » ou d’avoir une foi inébranlable. Vous avez juste besoin d’oser un premier pas. Un appel, un message, une séance d’essai. Rien de plus. Le reste, on le construira ensemble, à votre mesure.

Alors, si vous sentez cette petite étincelle d’espoir, même minuscule, saisissez-la. Contactez-moi. On commencera par parler de vous, de votre peur, de ce que vous voulez vraiment. Et on verra où cela nous mène. Vous n’êtes pas seul dans cette traversée.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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