3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Faites la différence pour mieux agir.
Vous êtes en réunion. Vous avez quelque chose d’important à dire, une idée qui pourrait faire avancer le projet. Mais au moment où vous ouvrez la bouche, votre cœur s’emballe, votre gorge se serre, les mots se bloquent. Vous balbutiez, vous rougissez, et finalement vous dites « rien, ce n’était rien ». Vous vous promettez que la prochaine fois, ce sera différent. Mais la prochaine fois, c’est pareil. Parfois pire.
Si vous lisez ces lignes, peut-être que ce scénario vous parle. Peut-être même que vous avez mis un nom dessus : « je suis timide », « j’ai le trac », « je ne suis pas à l’aise en public ». Mais depuis combien de temps cette sensation dure-t-elle ? Depuis combien de temps évitez-vous les présentations, les réunions, les appels téléphoniques, les soirées où il faudra parler à des inconnus ?
Il y a une différence entre le trac ordinaire – cette montée d’adrénaline normale avant une prise de parole – et une vraie phobie. Le trac, on le vit, on le traverse, et il s’estompe souvent après les premières minutes. La phobie, elle, vous piège. Elle ne passe pas. Elle grandit. Elle vous isole.
Je reçois dans mon cabinet à Saintes des adultes qui pensent avoir « juste un peu d’anxiété sociale ». Mais quand on creuse, on découvre une peur qui n’a plus rien de raisonnable. Une peur qui les empêche de postuler à un emploi, de défendre leur travail, de dire « je t’aime » lors d’un anniversaire. Cette peur s’appelle la glossophobie – la phobie de parler en public. Et elle touche bien plus de monde qu’on ne le croit.
Alors comment savoir si vous êtes simplement nerveux, ou si vous êtes prisonnier d’une phobie ? Voici sept signes qui ne trompent pas.
Le trac, c’est une accélération cardiaque quand vous êtes face au public. La phobie, c’est un déchaînement physiologique dès que vous imaginez la situation, parfois plusieurs jours à l’avance.
Je pense à ce commercial que j’ai accompagné. Il devait faire une présentation devant vingt collègues chaque mois. Le dimanche soir, il ne dormait plus. Le lundi matin, il avait des nausées, des tremblements, une bouche sèche. Il se demandait s’il allait vomir pendant son speech. Il m’a dit : « Je ne crains pas de rater ma présentation, je crains de perdre le contrôle de mon corps. »
C’est là toute la différence. Dans le trac, le corps s’active, mais on peut respirer, s’ancrer, et la tension redescend. Dans la phobie, le corps réagit comme face à un danger vital. Votre système nerveux passe en mode survie : vos pupilles se dilatent, votre digestion s’arrête, votre cortex préfrontal – celui qui gère la réflexion et le langage – se met en veille. Vous êtes littéralement incapable de penser clairement.
Si votre corps réagit de façon aussi violente à la simple pensée de parler en public, vous n’êtes pas dans le trac. Vous êtes dans la phobie.
C’est peut-être le signe le plus évident, mais aussi celui qu’on minimise le plus. On se dit que c’est du pragmatisme : « Je n’ai pas besoin de prendre la parole, je peux envoyer un mail », « Je préfère écrire mon rapport plutôt que de le présenter », « Je vais dire que je suis malade pour ne pas assister à cette réunion ».
Mais l’évitement est un piège vicieux. Chaque fois que vous évitez, votre cerveau enregistre un succès : « J’ai évité le danger, donc j’ai bien fait. » Sauf que ce danger n’existe pas objectivement. Vous apprenez à votre amygdale – cette petite structure dans votre cerveau qui gère la peur – que parler en public est effectivement une menace mortelle. L’évitement renforce la phobie.
Un patient m’a raconté qu’il avait changé trois fois de service dans son entreprise pour ne plus avoir à faire de présentations. Il a refusé une promotion parce qu’elle impliquait des réunions clients. Il s’est isolé professionnellement, a plafonné sa carrière, tout ça pour ne pas avoir à parler devant les autres.
Si vous organisez votre vie, vos choix professionnels, vos relations sociales autour de l’évitement de la parole, ce n’est plus du trac. C’est une phobie qui dirige votre existence.
Le trac, c’est se dire : « Et si je bafouille ? » La phobie, c’est se dire : « Je vais bafouiller, tout le monde va me regarder avec mépris, je vais perdre mon emploi, ma réputation sera détruite, et je finirai seul. »
Cette escalade catastrophique est typique des phobies. Votre esprit construit un scénario de film d’horreur en quelques secondes. Et l’horreur, ce n’est pas seulement de mal parler : c’est d’être jugé, humilié, rejeté. Au fond, la glossophobie n’est pas une peur des mots. C’est une peur du regard des autres, une peur intense du rejet social.
Les personnes phobiques ont souvent une image d’elles-mêmes très négative. Elles se voient comme incompétentes, ridicules, incapables. Et elles sont convaincues que les autres confirmeront ce verdict. C’est un cercle vicieux : plus vous pensez que vous allez échouer, plus vous êtes tendu, et plus vous avez de chances de réellement bafouiller.
« Dans la phobie sociale, ce n’est pas le public qui est menaçant. C’est la voix intérieure qui vous dit que vous ne méritez pas d’être entendu. »
Si vos anticipations sont systématiquement catastrophiques, si vous ne pouvez pas envisager une issue neutre ou positive, vous êtes dans le registre phobique.
Certains patients me décrivent une sensation étrange quand ils parlent en public : ils ont l’impression de se regarder de l’extérieur. Leur voix leur semble lointaine, comme déconnectée d’eux-mêmes. Ils voient leurs lèvres bouger, entendent des mots sortir, mais ils ne sont pas vraiment là. C’est ce qu’on appelle la dépersonnalisation ou la déréalisation, un mécanisme de défense extrême du cerveau.
Quand la peur est trop intense, votre esprit vous « sort » de la situation pour vous protéger. Le problème, c’est que vous n’êtes plus présent, donc vous ne pouvez pas vous adapter au public, répondre aux questions, capter les réactions. Vous parlez comme un automate. Et après, vous ne vous souvenez même pas de ce que vous avez dit.
Un de mes clients, footballeur amateur, m’a raconté qu’avant un match important, il se sentait « ailleurs ». Il jouait, mais comme dans un rêve. Il avait peur de rater une passe, peur du regard des coéquipiers, et son cerveau le déconnectait. On a travaillé sur cette dissociation avec l’hypnose, pour qu’il puisse rester présent dans son corps et dans l’instant.
Si vous avez l’impression de « décrocher » quand vous parlez, si vous ne vous souvenez plus de ce que vous avez dit, si vous vous sentez spectateur de vous-même, c’est un signe fort de phobie.
On pourrait croire que plus on parle en public, plus on s’habitue. C’est vrai pour le trac. Les comédiens, les conférenciers, les sportifs de haut niveau ressentent souvent une montée d’adrénaline avant d’entrer en scène, mais elle diminue avec l’expérience. Ils apprennent à la réguler.
Pour une personne phobique, ce n’est pas le cas. J’ai reçu une enseignante qui donnait des cours depuis quinze ans. Tous les matins, elle avait la nausée avant d’entrer en classe. Elle n’avait jamais « pris l’habitude ». Au contraire, sa peur s’était aggravée avec le temps, parce qu’elle accumulait les souvenirs désagréables et les moments de panique.
La phobie ne se guérit pas par la répétition. Elle se renforce. Chaque expérience vécue comme un échec ou une humiliation ancre un peu plus la peur. C’est pourquoi les techniques classiques du type « lancez-vous, ça passera » sont souvent inefficaces, voire contre-productives, pour les phobiques.
Si vous avez déjà parlé en public des dizaines de fois et que la peur est toujours aussi intense, ce n’est pas du trac. C’est une phobie installée.
Pour tenir le coup, les personnes phobiques mettent en place des stratégies coûteuses. Certaines apprennent leurs discours par cœur, mot pour mot, pour ne pas avoir à improviser. D’autres évitent de manger avant une intervention, de peur d’avoir la nausée. Certaines boivent de l’alcool ou prennent des anxiolytiques avant de parler. D’autres encore se mettent à parler très vite pour « en finir au plus vite ».
Ces stratégies sont épuisantes. Elles demandent une énergie considérable. Et surtout, elles ne règlent pas le problème de fond : elles vous aident à survivre à la situation, mais elles renforcent l’idée que vous êtes incapable de parler normalement.
Un commercial m’a confié qu’il préparait ses réunions pendant des heures, anticipant chaque question possible, répétant ses réponses devant son miroir. Il était excellent techniquement, mais il vivait chaque rendez-vous comme une épreuve. Il n’en dormait pas la veille. Il était vidé après. Et malgré toute cette préparation, il avait toujours peur.
Si vous avez besoin de rituels complexes ou de substances pour affronter une prise de parole, vous n’êtes pas simplement nerveux. Vous êtes en mode survie.
Beaucoup de gens pensent que la glossophobie se limite aux présentations formelles. En réalité, elle s’étend souvent à toutes les situations où l’attention est sur vous. Dire quelque chose en petit comité, donner votre avis dans une conversation, répondre à l’appel en classe ou en formation, passer un entretien, parler à un inconnu dans une file d’attente.
Un patient m’a dit un jour : « Je suis incapable de commander un café sans stresser. » Il avait peur de mal prononcer le nom de la boisson, de ne pas avoir la monnaie, de bloquer la file. Il commandait toujours la même chose, au même endroit, à la même personne. Sa vie sociale était extrêmement restreinte.
Cette généralisation est typique des phobies. La peur ne reste pas cantonnée à une situation précise. Elle s’étend, elle contamine d’autres contextes. Vous commencez par éviter les réunions, puis les appels téléphoniques, puis les déjeuners entre collègues, puis les soirées entre amis. Petit à petit, vous vous retirez du monde.
Si votre peur de parler a des répercussions sur votre vie sociale globale, si vous vous sentez isolé, si vous refusez des invitations parce que vous aurez à parler, c’est un signe majeur.
Reconnaître que vous avez une phobie, ce n’est pas un diagnostic de plus à ajouter à une liste. C’est une libération. Parce que tant que vous pensiez avoir « juste du trac », vous vous disiez : « Je dois faire des efforts, me forcer, être plus courageux. » Et ça ne marchait pas. Vous vous sentiez nul, faible, incapable.
Une phobie, ce n’est pas un manque de volonté. C’est un conditionnement neurologique. Votre cerveau a appris, à un moment de votre vie, que parler en public était dangereux. Peut-être après une humiliation, un traumatisme, ou simplement par accumulation de micro-échecs. Et depuis, il active une réponse de survie chaque fois que vous vous retrouvez en situation de parole.
La bonne nouvelle, c’est qu’on peut désapprendre ce conditionnement. On ne change pas le passé, mais on peut reprogrammer la réponse de votre cerveau. C’est là que l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) sont particulièrement efficaces.
L’hypnose permet de contourner le filtre critique de votre mental et d’accéder directement à votre inconscient, là où la peur est ancrée. On peut, en état de conscience modifié, proposer à votre cerveau une nouvelle association : parler en public = sécurité, calme, présence. C’est un travail progressif, qui respecte votre rythme.
L’IFS, elle, vous aide à comprendre quelle « partie » de vous a peur. Parce qu’au fond, cette peur n’est pas tout vous. C’est une partie de vous qui s’est mise en protection, souvent depuis l’enfance. En dialoguant avec elle, en reconnaissant son rôle, on peut l’apaiser.
Je travaille aussi avec l’Intelligence Relationnelle, qui vous aide à vous reconnecter à votre corps et à vos sensations, à réguler votre système nerveux, à être présent dans l’instant. Parce qu’on ne peut pas parler librement quand on est déconnecté de soi.
Avant de prendre rendez-vous – et je vous y invite si ces lignes vous parlent – il y a une chose simple que vous pouvez essayer dès aujourd’hui.
Asseyez-vous tranquillement, fermez les yeux, et posez votre main sur votre ventre. Respirez doucement, en gonflant le ventre comme un ballon. Puis, quand vous êtes calme, imaginez une situation de parole qui vous fait peur. Mais cette fois, ne laissez pas le scénario catastrophe se dérouler. Interrompez-le. Remplacez-le par une image de vous parlant calmement, avec une voix posée, un corps détendu. Ne cherchez pas à être parfait. Cherchez juste à être présent.
Faites cet exercice deux minutes par jour. C’est un petit pas, mais c’est un premier pas dans la bonne direction : celle où vous reprenez le contrôle de votre histoire.
« Guérir d’une phobie, ce n’est pas devenir un orateur exceptionnel. C’est retrouver la liberté de dire ce qu’on a à dire, quand on a envie de le dire. »
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, si cette peur vous empêche de vivre pleinement, je vous propose de venir en parler. Dans mon cabinet à Saintes, ou en visio si vous êtes loin. On prendra le temps de comprendre votre peur, sans jugement, sans pression. Et on construira ensemble un chemin pour la dépasser.
Vous n’êtes pas seul. Vous n’êtes pas faible. Vous êtes simplement piégé par un réflexe que vous pouvez désapprendre. Et croyez-moi, la liberté qui vous attend de l’autre côté vaut chaque pas du chemin.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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