3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le mécanisme neuronal derrière la peur et sa solution.
Tu viens chez moi avec cette phrase qui revient comme un leitmotiv : « Je ne comprends pas, Thierry. Je sais que rien ne va m’arriver, mais mon corps ne m’écoute pas. »
Je l’entends au moins une fois par semaine, et je la reconnais tout de suite. C’est la signature de l’agoraphobie. Pas la peur des espaces ouverts, comme on le croit souvent. Pas la crainte des foules, même si ça peut en faire partie. L’agoraphobie, c’est la peur d’avoir peur. C’est un piège que votre cerveau a construit, pièce par pièce, sans que vous ne vous en rendiez vraiment compte. Et la bonne nouvelle, c’est que ce piège peut se démonter.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et je travaille chaque jour avec des adultes qui vivent cet enfer silencieux. Dans cet article, je vais vous montrer comment votre cerveau fabrique l’agoraphobie, pourquoi la logique et la volonté ne suffisent pas, et comment l’hypnose ericksonienne peut corriger ce mécanisme à la racine.
C’est le premier point que je pose avec tous mes patients. Votre cerveau primitif – ce qu’on appelle le système limbique, et plus précisément l’amygdale – n’a pas évolué depuis des centaines de milliers d’années. Il est programmé pour une seule chose : votre survie immédiate.
Quand vous étiez chasseur-cueilleur, croiser un fauve aux dents longues déclenchait une réaction de fuite, de combat ou de paralysie. C’était utile. Le problème, c’est que ce même système ne fait pas la différence entre un vrai prédateur et la simple pensée d’un supermarché bondé, d’un pont, d’un train ou d’un espace vide où vous vous sentez vulnérable.
Je reçois souvent des gens qui me disent : « Je sais que je ne vais pas mourir en faisant mes courses. Je le sais rationnellement. » Et je leur réponds : « Votre amygdale, elle, n’en sait rien. Elle voit une menace, elle actionne l’alarme. »
Cette alarme, c’est la décharge d’adrénaline, le cœur qui s’emballe, la respiration qui s’accélère, les jambes qui deviennent molles, l’impression que le sol se dérobe. Votre corps se prépare à fuir ou à combattre. Mais il n’y a rien à fuir, rien à combattre. Alors la peur se retourne contre elle-même.
Et c’est là que le piège se referme. Plus vous ressentez ces symptômes physiques, plus votre cerveau les interprète comme une confirmation du danger. Il se dit : « Regarde, le cœur bat vite, la respiration est courte, donc il y a bien un danger. » C’est un cercle vicieux parfait.
L’agoraphobie n’est pas une faiblesse de caractère. C’est un système d’alarme hypersensible qui s’est déréglé. Vous n’êtes pas fou, vous êtes simplement en état d’alerte permanent.
Prenons un exemple concret. J’ai accompagné un patient, appelons-le Marc, la quarantaine, commercial. Un jour, en pleine réunion, il a ressenti une montée d’angoisse soudaine : bouffée de chaleur, vertige, impression de déréalisation. Il a dû sortir. Depuis ce jour, chaque réunion est devenue un terrain miné. Son cerveau a associé la salle de réunion à la panique. Puis les salles fermées en général. Puis les trajets en voiture pour s’y rendre. Puis n’importe quel endroit où il se sentirait « coincé ». En six mois, Marc ne pouvait plus travailler.
Son cerveau n’a pas fait de différence entre une vraie menace (un tigre) et une menace apprise (une réunion). Il a simplement enregistré : « Situation X = danger, réagis fort. »
C’est une question que je reçois tout le temps : « Thierry, j’ai lu des livres, j’ai compris le mécanisme, je me suis répété que c’était irrationnel, mais ça n’a rien changé. Pourquoi ? »
Parce que vous essayez de raisonner avec une partie de votre cerveau qui ne parle pas le langage des mots. Votre néocortex – la partie réfléchie, logique – peut comprendre que le supermarché n’est pas un danger. Mais votre amygdale, elle, ne comprend que les sensations, les images, les émotions. Elle n’écoute pas les phrases.
Quand vous vous dites « Je ne vais pas avoir peur », votre cerveau entend le mot « peur » et active le circuit de la peur. C’est un biais cognitif bien connu : la pensée paradoxale. Plus vous voulez supprimer une pensée, plus elle revient forte. Essayez de ne pas penser à un ours blanc pendant trente secondes. Résultat ? Il est là, immédiatement.
L’agoraphobie fonctionne pareil. Plus vous luttez contre la peur, plus vous lui donnez de l’énergie. Votre attention se focalise sur les sensations corporelles : « Est-ce que mon cœur s’emballe ? Est-ce que je transpire ? Est-ce que je vais avoir une attaque de panique ? » Et cette hypervigilance devient elle-même un déclencheur.
Un jour, une patiente m’a dit : « Je passe mon temps à guetter la peur. Je me demande à chaque instant si elle va arriver. » Et bien sûr, elle arrivait. Parce que son cerveau avait appris que guetter le danger était la bonne stratégie.
La volonté, dans ce contexte, est contre-productive. Elle vous pousse à affronter la situation de force, à « tenir coûte que coûte ». Mais si vous tenez en serrant les dents, votre cerveau enregistre : « OK, j’ai survécu, mais c’était hyper désagréable. Donc cette situation reste un danger. » Vous n’avez pas désactivé l’alarme, vous l’avez seulement supportée.
Je le dis souvent : ce n’est pas en cognant plus fort sur un interrupteur défectueux qu’il va se réparer. Il faut ouvrir le tableau, comprendre le circuit, et le recâbler.
Milton Erickson, le père de l’hypnose que je pratique, avait compris quelque chose de fondamental : le changement ne passe pas par l’affrontement direct. Il passe par la communication indirecte avec l’inconscient.
Votre inconscient, c’est cette partie de vous qui gère votre respiration, votre digestion, vos automatismes, vos apprentissages. C’est aussi lui qui a construit le pattern de l’agoraphobie. Il a fait son travail : il a détecté une situation qui a déclenché une forte émotion, et il a programmé une réponse de protection. Le problème, c’est que cette programmation est devenue trop large et trop sensible.
L’hypnose ericksonienne parle le langage de l’inconscient : les images, les métaphores, les sensations, les associations. Elle ne cherche pas à « supprimer » la peur, mais à lui donner un nouveau sens, un nouveau contexte.
Prenons une métaphore que j’utilise souvent en séance. Imaginez que votre système d’alarme intérieur est réglé sur « super sensible ». Il se déclenche pour un rien : une porte qui grince, une ombre, un courant d’air. L’hypnose ne va pas arracher l’alarme. Elle va aller dans le tableau de bord, baisser le potentiomètre de sensibilité, et reprogrammer le seuil de déclenchement.
L’hypnose ne vous enlève rien. Elle vous redonne le contrôle du volume de votre peur.
Concrètement, comment ça se passe ? Je ne vais pas vous endormir, vous faire perdre conscience ou vous faire faire des choses contre votre gré. L’hypnose ericksonienne est douce, permissive. Je vous guide dans un état de relaxation profonde, où votre esprit critique se met en veille et où votre inconscient devient plus réceptif aux suggestions.
Dans cet état, je peux vous aider à :
Je travaille aussi avec l’IFS (Internal Family Systems), une approche qui considère que la partie de vous qui a peur est en fait une « partie protectrice » qui essaie de vous garder en sécurité. Au lieu de la combattre, on entre en dialogue avec elle, on la remercie pour son travail, et on lui montre qu’elle peut lâcher prise.
Je vais vous raconter l’histoire de Sophie, une patiente que j’ai suivie il y a deux ans. Sophie avait 34 ans, mère de deux enfants, commerciale dans une grande enseigne. Elle adorait son travail, mais l’agoraphobie l’a rattrapée progressivement.
Tout a commencé par une sensation d’oppression dans les files d’attente. Puis l’impossibilité de prendre le métro. Puis les courses le samedi matin sont devenues un calvaire. Puis le simple fait de sortir seule de chez elle déclenchait une angoisse diffuse.
Quand Sophie est venue me voir, elle ne pouvait plus aller dans un supermarché sans être accompagnée de son mari. Et encore : elle devait se tenir près de la sortie, faire des courses rapides, et souvent elle abandonnait son caddie en plein milieu.
Elle avait tout essayé : la respiration, la cohérence cardiaque, les pensées positives, l’évitement. Rien n’avait fonctionné sur le long terme. Parce qu’elle traitait les symptômes, pas la cause.
En hypnose, nous sommes allés chercher la première fois où son corps avait enregistré une menace. Ce n’était pas un supermarché. C’était une situation d’enfance où elle s’était sentie piégée, sans issue, avec une forte charge émotionnelle. Son cerveau avait associé la sensation de « ne pas pouvoir sortir » à un danger vital.
Nous avons travaillé en séance à recâbler cette association. Je lui ai proposé une métaphore : celle d’un ascenseur qui monte et descend, avec des boutons pour chaque émotion. Elle pouvait choisir d’appuyer sur « calme » ou « sécurité ». Ce n’était pas magique, c’était une reprogrammation sensorielle.
Après trois séances, Sophie est allée seule dans un hypermarché. Elle a tenu vingt minutes. Au bout de six séances, elle faisait ses courses normalement. Elle m’a dit un jour : « Ce n’est pas que la peur a disparu. C’est qu’elle est devenue un bruit de fond que je peux ignorer. »
C’est ça, l’objectif. Pas de devenir un ninja imperturbable. Mais de reprendre le pouvoir sur votre vie.
Je veux être clair : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Je ne promets jamais une guérison en une séance. Mais je peux vous expliquer sur quoi nous travaillons concrètement.
Premier pilier : la dissociation. C’est la capacité à prendre du recul par rapport à une émotion. En hypnose, je vous apprends à observer votre peur comme si vous étiez dans une bulle de verre, ou comme si vous regardiez un écran. La peur est là, mais vous n’êtes plus dedans. Vous êtes le spectateur, pas l’acteur. Cette simple distance change tout.
Deuxième pilier : le ressourcement. Votre cerveau a mémorisé des états de calme, de sécurité, de confiance. Le problème, c’est qu’ils sont inaccessibles quand l’alarme sonne. En hypnose, nous allons activer ces ressources, les renforcer, et les associer à des déclencheurs simples (un geste, une respiration, un mot). Ainsi, quand la peur monte, vous pouvez volontairement rappeler un état de calme.
Troisième pilier : la généralisation. Une fois que vous avez réussi à gérer une situation spécifique (par exemple, le supermarché du centre-ville), nous travaillons à étendre cette compétence à d’autres contextes : les transports, les salles de spectacle, les espaces ouverts. Le cerveau apprend par généralisation. Si vous pouvez rester calme dans un endroit, vous pouvez l’être ailleurs.
Ces trois piliers ne sont pas théoriques. Ce sont les étapes que je suis avec chaque patient. Et ils fonctionnent parce qu’ils respectent le fonctionnement naturel de votre cerveau.
Je ne veux pas vous vendre un rêve. L’hypnose ericksonienne a des limites, et je préfère les poser clairement.
L’hypnose ne supprime pas les émotions. Vous continuerez à ressentir de l’appréhension dans certaines situations, surtout au début. Ce qui change, c’est votre rapport à cette émotion. Elle ne vous paralyse plus.
L’hypnose ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique. Si vous avez des attaques de panique sévères, un traitement médicamenteux peut être nécessaire en parallèle. Je travaille souvent en complément de médecins.
L’hypnose ne vous transforme pas en quelqu’un d’autre. Vous restez vous-même, avec votre histoire, votre sensibilité. Le but n’est pas de devenir extraverti si vous êtes introverti. Le but est de pouvoir aller au supermarché sans souffrir.
Et surtout, l’hypnose demande votre participation. Je suis un guide, pas un magicien. Je vous donne les clés, mais c’est vous qui tournez la serrure. Votre motivation, votre implication, votre confiance dans le processus sont essentielles.
Je ne guéris personne. Je crée les conditions pour que vous vous guérissiez vous-même.
Vous êtes peut-être en train de lire cet article, chez vous, sur votre canapé, avec cette boule au ventre qui ne vous quitte pas. Vous vous dites peut-être : « C’est intéressant, mais est-ce que ça peut vraiment marcher pour moi ? »
Je ne peux pas vous le garantir à 100 %, personne ne le peut. Mais je peux vous dire ceci : sur la centaine de personnes que j’ai accompagnées pour des phobies et de l’agoraphobie, la grande majorité a retrouvé une vie normale. Pas parfaite, mais normale. Elles ont repris le métro, fait les courses, voyagé, assisté à des concerts.
Voici ce que vous pouvez faire, maintenant, sans attendre :
Arrêtez de vous juger. Vous n’êtes pas faible, vous n’êtes pas lâche. Vous avez un système nerveux qui s’est emballé. C’est une condition, pas une identité.
Notez une situation précise que vous aimeriez pouvoir gérer. Pas « être guéri », mais quelque chose de concret : « aller au supermarché le samedi matin pendant 20 minutes ». Un objectif mesurable.
Observez vos sensations sans vouloir les chasser. Juste les nommer : « Voilà, mon cœur s’accélère, mes mains deviennent moites. » Cette simple observation crée un début de dissociation.
Contactez-moi si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement. Je reçois à Saintes, en cabinet, et je propose aussi des séances à distance pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. On commence toujours par un échange gratuit de 20 minutes, sans engagement, pour voir si le courant passe.
L’agoraphobie vous a volé des moments, des relations, des expériences. Elle vous a fait croire que vous étiez prisonnier de votre propre corps. Mais ce n’est pas vrai. Votre cerveau a appris à avoir peur, il peut apprendre à se calmer.
L’hypnose n’efface pas le passé, mais elle peut vous aider à écrire un présent différent. Et ce présent, il commence maintenant, avec ce premier pas que vous venez de faire en lisant jusqu’ici.
Si cet article vous a parlé, si
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.