3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une feuille de route pour retrouver confiance progressivement.
« Je ne peux même plus aller jusqu’à la boulangerie. »
C’est une phrase que j’entends souvent dans mon cabinet, à Saintes. Elle vient d’un homme de 42 ans, cadre commercial, qui a passé six mois à éviter les supermarchés, les transports en commun, puis les rues un peu trop larges. Elle vient aussi de cette femme de 28 ans, enseignante, qui a dû arrêter de prendre le train pour aller voir sa famille. Et de cet étudiant qui ne peut plus entrer dans un amphithéâtre sans sentir son cœur s’emballer.
L’agoraphobie, ce n’est pas une peur des espaces ouverts, comme le laisse penser son étymologie. C’est la peur de ne pas pouvoir s’échapper, de perdre le contrôle, de faire une crise d’angoisse dans un endroit où l’aide n’est pas immédiatement disponible. C’est un piège qui se referme progressivement : d’abord les lieux précis, puis les situations sociales, puis tout ce qui ressemble à un déplacement non sécurisé.
Et ce qui rend l’agoraphobie particulièrement sournoise, c’est qu’elle se nourrit d’évitement. Plus on évite, plus la peur grandit. Plus on reste chez soi, plus le dehors devient hostile.
Je ne vais pas vous promettre que l’hypnose efface l’agoraphobie en une séance. Ce serait mentir. En revanche, je peux vous proposer une feuille de route en trois étapes, que j’utilise avec les personnes que j’accompagne. Un protocole qui combine hypnose ericksonienne, IFS (Internal Family Systems) et préparation mentale. Trois outils qui, ensemble, permettent de reconstruire la confiance, pièce par pièce.
L’objectif n’est pas de supprimer la peur. C’est de faire en sorte qu’elle ne décide plus à votre place.
Quand quelqu’un arrive avec une agoraphobie installée depuis des mois, parfois des années, la première chose que je fais, ce n’est pas de l’hypnose. C’est de poser une question qui surprend souvent :
« Si cette peur pouvait parler, qu’est-ce qu’elle dirait ? »
Je vois des visages se fermer. « C’est irrationnel », « C’est débile », « Je sais que je ne vais pas mourir, mais mon corps ne le comprend pas ».
Et c’est là que l’IFS entre en jeu. L’Internal Family Systems, développé par Richard Schwartz, part d’un principe simple : notre psychisme est composé de différentes « parties », chacune avec un rôle, une intention, une histoire. La partie agoraphobe n’est pas un ennemi à abattre. C’est une protectrice qui a pris le contrôle parce qu’elle pense que c’est la seule façon de vous garder en sécurité.
Prenons un exemple. Un patient que j’appellerai Marc. 34 ans, commercial, agoraphobie déclenchée après une première crise de panique dans un centre commercial. À force d’éviter, il ne pouvait plus aller au cinéma, au restaurant, ni même faire ses courses dans un magasin de plus de 200 m². Quand je lui ai demandé ce que sa peur disait, il a répondu : « Elle me dit que je vais m’effondrer, que tout le monde va me regarder, que je vais perdre la tête. »
En IFS, on ne combat pas cette voix. On l’écoute. On lui demande : « Qu’est-ce que tu crains qu’il se passe si tu relâches la pression ? » Et la réponse est souvent : « Il va se passer la chose qu’il a déjà vécue, et il n’y survivra pas. »
La partie agoraphobe est une protectrice qui s’est formée après un événement traumatique (une crise de panique, une humiliation, une sensation de perte de contrôle). Elle a pris son rôle très au sérieux. Elle a peut-être même empêché des choses pires de se produire. En cela, elle mérite de la gratitude.
« La peur n’est pas une faiblesse. C’est une sentinelle qui a veillé trop longtemps sans relève. »
En hypnose ericksonienne, on peut ensuite inviter cette partie à se détendre un peu. Pas à disparaître. Juste à prendre du recul. On utilise des métaphores : un gardien de nuit qui peut enfin dormir parce qu’il y a un système d’alarme fiable. Un chef d’orchestre qui peut laisser les musiciens jouer sans diriger chaque note.
Pratiquement, cela donne une séance où je guide la personne vers un état de conscience modifiée (l’hypnose), puis je l’invite à rencontrer cette partie protectrice. Pas pour la chasser. Pour la remercier, négocier, et lui proposer un nouveau rôle : celui de conseillère, plutôt que de directrice des opérations.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez un carnet. Écrivez une lettre à votre peur. Commencez par « Chère peur, je sais que tu essayes de me protéger. Voici ce que tu crains… » Ne jugez pas. Écoutez. Vous venez de poser la première pierre.
L’agoraphobie n’est pas qu’une histoire dans la tête. C’est une histoire dans le corps. Le cœur qui s’emballe, la respiration qui se bloque, les mains qui tremblent, la sensation d’étouffement. Ces signaux physiques sont réels, puissants, et ils renforcent la boucle de la peur : le corps panique → l’esprit interprète → la peur augmente → le corps panique encore plus.
L’étape 2 consiste à casser cette boucle en donnant au corps un signal de sécurité immédiatement accessible. En préparation mentale sportive, on appelle ça un « ancrage ». C’est un geste, un mot, une sensation qui déclenche un état de calme. Les sportifs de haut niveau l’utilisent avant une compétition. Les personnes agoraphobes peuvent l’utiliser avant d’entrer dans un supermarché.
Comment on construit un ancrage solide ?
En hypnose ericksonienne, on utilise la technique de la « ressource ». On va chercher dans la mémoire de la personne un moment où elle s’est sentie totalement en sécurité, confiante, stable. Pas besoin que ce soit un grand événement. Un instant simple : un après-midi dans un hamac, une lecture au coin du feu, un regard échangé avec un ami. L’important, c’est que le corps s’en souvienne.
En séance, je guide la personne pour revivre ce moment avec tous ses sens. Les images, les sons, les sensations tactiles, l’odeur, la température. On intensifie. Puis on associe ce souvenir à un geste précis : presser le pouce et l’index ensemble, poser la main sur le sternum, inspirer profondément en imaginant une couleur.
On répète. Plusieurs fois. Jusqu’à ce que le geste seul déclenche une baisse du rythme cardiaque, un relâchement des épaules, une respiration plus ample.
Je me souviens d’une patiente, Sophie, 45 ans, qui ne pouvait plus prendre le bus. Elle avait peur de faire un malaise et que personne ne l’aide. Nous avons construit un ancrage à partir d’un souvenir : elle était dans le jardin de sa grand-mère, assise sur un banc en pierre, au soleil, avec une tasse de thé. Elle sentait la chaleur sur sa nuque, entendait les oiseaux, voyait les herbes folles. Nous avons associé ce souvenir à un geste : poser sa main droite sur son cœur. Après trois répétitions en hypnose, elle pouvait reproduire l’état de calme en posant simplement sa main sur sa poitrine.
Attention : L’ancrage n’est pas une baguette magique. Il ne supprime pas la peur. Il donne au corps une option. Une porte de sortie. C’est comme un parachute : on espère ne jamais avoir à l’utiliser, mais savoir qu’il est là change tout.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Trouvez un souvenir de sécurité. Fermez les yeux. Revivez-le 30 secondes. Puis choisissez un geste simple (pouce-index, main sur le cœur, etc.). Refaites l’exercice trois fois par jour pendant une semaine. Vous créez un réflexe.
La troisième étape est la plus délicate, et souvent la plus redoutée. C’est celle de l’exposition. Mais attention : il ne s’agit pas de « plonger dans le grand bain » comme on l’entend parfois. Les méthodes d’exposition massive ont fait beaucoup de dégâts. Elles renforcent l’évitement, parce que le cerveau associe la situation à une expérience traumatique supplémentaire.
Non, l’exposition dont je parle est progressive, dosée, et surtout contrôlée par la personne elle-même. En préparation mentale, on appelle ça la « désensibilisation systématique ». On construit une échelle de situations, de la moins anxiogène à la plus anxiogène. Et on monte les échelons un par un, en utilisant l’ancrage sécurité à chaque étape.
Prenons l’exemple d’une personne qui ne peut plus faire ses courses dans un supermarché.
Échelon 1 : Regarder une photo d’un supermarché sur son téléphone, pendant 2 minutes, en utilisant l’ancrage. Échelon 2 : Se tenir devant la porte du supermarché, sans entrer, 30 secondes. Échelon 3 : Entrer, faire trois pas, ressortir immédiatement. Échelon 4 : Faire un aller-retour dans l’allée des produits d’entretien (souvent moins fréquentée). Échelon 5 : Prendre un seul article, passer en caisse rapide. Échelon 6 : Faire une petite course complète (moins de 5 articles). Échelon 7 : Faire une course normale, avec une liste.
Chaque échelon est validé lorsque la personne peut le faire sans que la peur dépasse 4 sur 10 (sur une échelle de 0 à 10). Si elle monte à 7, elle redescend à l’échelon précédent. Pas de faute. Pas d’échec. Juste un réajustement.
Ce qui rend ce protocole efficace, c’est qu’il respecte le rythme du système nerveux. En IFS, on dirait que la partie protectrice accepte de lâcher du lest progressivement, parce qu’elle voit que la situation ne tourne pas au désastre. Elle apprend, par l’expérience, que le supermarché n’est pas un lieu de mort imminente.
« Chaque pas que tu fais vers l’extérieur est un pas que ta peur fait vers l’intérieur. »
J’accompagne un jeune footballeur de 19 ans, Lucas, qui développait une agoraphobie après une blessure. Il ne pouvait plus aller au stade, ni même s’entraîner sur un grand terrain. Nous avons construit une échelle en 12 échelons, du simple fait de mettre ses crampons chez lui, jusqu’à jouer un match amical. Cela a pris 8 semaines. Mais aujourd’hui, il joue à nouveau. Pas sans appréhension. Mais avec une peur qui ne le paralyse plus.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez une situation que vous évitez. Découpez-la en au moins 10 petits pas. Le premier doit être si facile que vous pourriez le faire les yeux fermés. Notez chaque pas sur une feuille. Et commencez par le premier, aujourd’hui, avec votre ancrage.
Vous pourriez me dire : « Mais Thierry, tout ça, je peux le faire tout seul, non ? »
Oui, en théorie. Beaucoup de personnes essaient. Mais elles se heurtent à un mur : la partie protectrice refuse de coopérer. Elle a des années d’entraînement. Elle a des arguments solides. « Et si cette fois-ci, c’était différent ? Et si tu faisais une crise cardiaque ? Et si tu perdais le contrôle ? »
L’hypnose ericksonienne permet de contourner ce mur. Pas en le détruisant, mais en trouvant une porte dérobée. En état d’hypnose, le conscient critique s’efface un peu. Les suggestions passent directement au système nerveux autonome. On peut alors :
L’hypnose n’est pas une thérapie en soi. C’est un accélérateur. Elle permet de faire en quelques séances ce qui prendrait des mois en thérapie classique. Mais elle ne fait pas le travail à votre place. Les trois étapes que je viens de décrire, c’est vous qui les parcourez. Je ne suis qu’un guide.
Je veux être clair : ce protocole en trois étapes n’est pas une solution universelle. Il ne convient pas à tout le monde. Certaines agoraphobies sont liées à des traumatismes complexes, des troubles paniques sévères, ou des comorbidités (dépression, TOC, trouble bipolaire). Dans ces cas, un suivi médical et psychothérapeutique plus large est indispensable.
L’hypnose ne remplace pas un traitement médicamenteux quand il est nécessaire. Elle peut le compléter, mais ne doit pas être utilisée pour arrêter un traitement sans avis médical.
Et surtout, ce protocole demande de la patience. Les changements durables ne se mesurent pas en jours, mais en semaines et en mois. Les rechutes sont possibles. Elles ne sont pas des échecs, mais des informations sur ce qui doit être ajusté.
Si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez cette lutte quotidienne avec l’agoraphobie, je veux vous dire une chose : vous n’êtes pas faible. Vous n’êtes pas « fou » ou « folle ». Vous avez développé un système de protection qui a fonctionné, jusqu’à un certain point. Mais ce système vous coûte aujourd’hui votre liberté.
Les trois étapes que j’ai décrites sont une feuille de route. Vous pouvez commencer dès maintenant : écrire à votre peur, créer un ancrage, découper une situation en petits pas. Mais si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement pour ne pas rester bloqué au premier échelon, sachez que mon cabinet est ouvert.
Je reçois à Saintes, en face-à-face, et aussi en visio pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Parce que je sais que parfois, venir jusqu’à moi est déjà un acte de courage. Et ce courage, je le respecte.
Prenez soin de vous. Et si vous voulez faire ce premier pas, je suis là.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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