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Après l’hypnose : comment maintenir votre sérénité en avion

Des astuces simples pour ne pas retomber dans la peur.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Vous êtes assis dans le couloir de l’avion, la ceinture bouclée, les mains moites. L’hôtesse ferme les soutes à bagages. Votre cœur s’emballe. Vous inspirez un grand coup en vous répétant : « Ça va aller, j’ai fait une séance d’hypnose la semaine dernière. »

Et en effet, le décollage se passe mieux que d’habitude. Moins de sueurs froides, moins de cette envie de hurler. Vous vous dites que c’est gagné.

Puis, trois semaines plus tard, vous prenez un autre vol. Et là, sans prévenir, la peur revient. Pas aussi forte qu’avant, mais bien là. Vous culpabilisez : « J’ai pourtant fait l’hypnose, qu’est-ce qui cloche chez moi ? »

Rien ne cloche. Vous êtes juste humain.

L’hypnose ericksonienne, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle que j’utilise dans mon cabinet à Saintes ne sont pas des baguettes magiques. Ce sont des outils qui transforment votre relation à la peur, mais cette transformation a besoin d’être entretenue, comme un jardin qu’on arrose après l’avoir planté.

Alors, comment faire concrètement pour que votre sérénité en avion ne soit pas un feu de paille, mais une compétence durable ? Voici ce que j’ai vu fonctionner avec les adultes que j’accompagne, et que vous pouvez appliquer dès aujourd’hui.

Pourquoi la peur de l’avion revient parfois après une séance d’hypnose ?

Commençons par une histoire. Il y a quelques mois, un homme de 42 ans vient me voir. Cadre commercial, il voyage trois fois par mois. Il a fait deux séances d’hypnose avec un confrère l’année précédente, et ça avait très bien marché pendant six mois. Puis, lors d’un vol avec des turbulences un peu fortes, la peur est réapparue, plus vicieuse qu’avant. Il se disait : « Je suis un cas désespéré. »

Je lui ai posé une question simple : « Qu’est-ce que tu faisais dans l’avion avant que la peur ne revienne ? » Il m’a répondu : « Je me forçais à regarder par le hublot pour me prouver que je n’avais plus peur. »

C’est là que le bât blesse. L’hypnose – qu’elle soit ericksonienne ou autre – ne supprime pas la peur. Elle désactive les circuits de réaction automatique qui vous font paniquer. Mais ces circuits peuvent se réactiver si vous les rebrancez avec des comportements de contrôle ou de lutte.

En IFS (Internal Family Systems), on dirait que votre « pompier » intérieur – cette partie qui gère les urgences – a appris à se calmer grâce à l’hypnose. Mais si vous le remettez en situation de stress sans lui donner de nouveau mode d’emploi, il reprend ses vieilles habitudes.

La peur de l’avion est rarement une peur de l’avion. C’est souvent une peur de perdre le contrôle, de l’enfermement, ou de sensations corporelles intenses (comme la pression dans les oreilles ou les vibrations). L’hypnose vous aide à contacter une partie plus calme de vous-même. Mais cette partie a besoin d’être reconnue et invitée régulièrement, pas seulement pendant la séance.

Point clé : L’hypnose ne vaccine pas contre la peur. Elle vous apprend à l’accueillir sans vous laisser submerger. C’est une compétence qui s’entretient, comme un muscle.

Comment désamorcer les déclencheurs avant même d’entrer dans l’avion ?

La plupart des personnes que je reçois à Saintes me disent que leur peur commence bien avant le vol. Parfois 48 heures avant, parfois dès qu’elles réservent le billet. Le cerveau anticipe, et il anticipe souvent le pire. C’est normal : c’est son boulot de nous protéger.

Mais vous pouvez reprendre la main en amont. Voici une technique que j’appelle le « rituel du départ serein » , que vous pouvez faire chez vous, la veille ou le matin du vol.

1. Identifiez votre « scénario catastrophe »

Asseyez-vous tranquillement. Prenez un carnet. Notez la peur précise qui vous habite. Pas « j’ai peur de l’avion », mais plutôt : « J’ai peur que l’avion tremble et que je perde le contrôle de mon corps. » Ou : « J’ai peur de ne pas pouvoir sortir. » Soyez précis.

Ensuite, regardez cette peur comme vous regarderiez un film. Dites-vous : « C’est une histoire que mon cerveau me raconte pour me protéger. » En IFS, on appellerait ça une « partie protectrice ». Elle fait son job, mais elle est un peu trop zélée.

2. Respirez avec votre « partie calme »

Placez une main sur votre ventre. Inspirez en gonflant le ventre (pas la poitrine) pendant 4 secondes. Expirez lentement pendant 6 secondes. Pendant l’expiration, imaginez que vous soufflez sur une bougie sans l’éteindre. Faites ça 5 fois.

Ce n’est pas une technique de relaxation bidon. C’est un signal que vous envoyez à votre système nerveux : « On est au sol, en sécurité, on peut ralentir. » Plus vous le faites avant le vol, plus ce geste deviendra un ancrage que vous pourrez utiliser dans l’avion.

3. Préparez une « ancre sensorielle »

Choisissez un objet que vous pouvez emporter : une pierre lisse, un bracelet, une photo dans votre téléphone. Avant de partir, associez cet objet à un souvenir de calme. Par exemple, tenez la pierre dans votre main tout en vous remémorant un moment où vous étiez parfaitement serein (une promenade en forêt, un bain chaud, un câlin). Ressentez les sensations dans votre corps.

Pendant le vol, si l’anxiété monte, touchez cet objet. Votre cerveau aura appris à associer ce geste à un état de calme. C’est une forme d’hypnose que vous vous auto-administrez.

Un de mes clients, un footballeur que je prépare mentalement, utilise sa gourde. Avant chaque match, il la touche trois fois en se rappelant une victoire. Dans l’avion, il fait pareil avec sa bouteille d’eau. Ça lui prend trois secondes, et ça change tout.

Que faire concrètement dans l’avion pour rester serein ?

Vous êtes en vol. L’avion roule sur le tarmac. Votre cœur s’accélère. Vous avez fait votre rituel avant, mais là, c’est le moment de vérité. Voici ce que vous pouvez faire, pas à pas.

1. Ne luttez pas contre les sensations

La première erreur que je vois, c’est de vouloir absolument ne pas avoir peur. « Je dois rester calme, je dois rester calme. » Cette lutte alimente la peur. En IFS, on appelle ça la « fusion » avec la partie anxieuse : vous êtes tellement occupé à la combattre que vous lui donnez toute votre énergie.

Au lieu de ça, dites-vous intérieurement : « Je remarque que j’ai peur. C’est normal. Je peux avoir peur et être en sécurité en même temps. » Vous n’essayez pas de chasser la peur, vous l’accueillez comme une passagère. Elle est là, mais elle ne conduit pas.

2. Utilisez vos sens pour vous ancrer dans le présent

La peur de l’avion est souvent une peur du futur (« Et si… »). Vous pouvez la contrer en revenant à votre corps, ici et maintenant. Essayez la technique 5-4-3-2-1 :

  • Regardez autour de vous et nommez 5 choses que vous voyez (le hublot, la ceinture, le dossier, le sac, une lumière).
  • Touchez 4 choses (le tissu du siège, l’accoudoir, votre peau, votre vêtement).
  • Écoutez 3 sons (le moteur, la respiration, les conversations).
  • Sentez 2 odeurs (l’air de la cabine, votre propre parfum).
  • Goûtez 1 saveur (un peu d’eau, un bonbon).

Ça paraît simple, mais c’est neurobiologiquement puissant. Vous forcez votre cerveau à quitter le mode « alarme » pour revenir au mode « observation ». Je le fais faire à mes clients sportifs avant une compétition, et ça marche aussi bien dans un avion.

3. Respirez en « carré »

Si l’anxiété monte, respirez en carré : inspirez 4 secondes, bloquez 4 secondes, expirez 4 secondes, bloquez 4 secondes. Répétez 3 à 5 fois. Cela régule votre système nerveux autonome. Pas besoin de le faire pendant tout le vol, juste quand vous sentez la vague monter.

4. Parlez à votre peur comme à un enfant

C’est une technique d’Intelligence Relationnelle que j’adapte souvent. Imaginez que votre peur est une petite partie de vous, effrayée, qui a besoin d’être rassurée. Intérieurement, dites-lui : « Je te remercie de vouloir me protéger. Je suis en sécurité. L’équipage est formé, l’avion est conçu pour ça. Tu peux te reposer, je veille. »

Ça peut sembler étrange, mais ça désamorce la lutte. Vous passez d’un rapport de force à un rapport de coopération avec vous-même.

Moment fort : Un jour, un client m’a dit : « J’ai passé tout un vol à parler à ma peur comme à un gamin de 5 ans. Elle s’est calmée au bout de 20 minutes, et j’ai même dormi. » La peur n’est pas une ennemie, c’est une partie de vous qui a besoin d’être entendue.

Comment gérer les turbulences sans paniquer ?

Les turbulences sont le grand classique. L’avion vibre, votre estomac fait un looping, et votre cerveau crie : « On va tomber ! » Pourtant, les turbulences ne font pas tomber les avions. Elles sont inconfortables, mais pas dangereuses. Le problème, c’est que votre corps interprète le malaise comme un danger.

Voici comment inverser la donne.

1. Changez votre discours intérieur

Au lieu de penser « C’est la fin », dites-vous : « C’est comme une route cabossée. L’avion est fait pour ça. » Les pilotes appellent ça « de l’air rugueux ». Rien de plus. Vous pouvez même vous amuser à imaginer que vous êtes dans un bus à la campagne.

2. Utilisez la « technique du surf »

Quand l’avion tremble, au lieu de vous raidir, relâchez vos épaules et vos mâchoires. Imaginez que vous êtes sur une planche de surf, que vous épousez les mouvements. Vous n’êtes pas en lutte contre les turbulences, vous les accompagnez. C’est contre-intuitif, mais ça réduit la tension.

3. Ancrez-vous dans un souvenir de stabilité

Rappelez-vous un moment où vous vous êtes senti solide et stable : debout sur la terre ferme, les pieds bien plantés. Ressentez cette stabilité dans vos jambes. Puis, imaginez que cette stabilité vous accompagne dans l’avion. Vous pouvez même poser vos pieds à plat sur le sol de la cabine et sentir le contact.

Un de mes clients, un coureur de trail, utilise une variante : il se rappelle ses sensations quand il court sur un sentier technique, avec des cailloux qui roulent sous ses pieds. Il me dit : « Si je sais gérer ça en courant, je peux gérer des turbulences assis. » Il a raison.

Comment transformer chaque vol en entraînement pour le suivant ?

Vous avez réussi un vol. Vous êtes fier, soulagé. Mais le piège, c’est de croire que c’est gagné pour toujours et de ne rien faire jusqu’au prochain vol. La sérénité en avion se construit comme une compétence sportive : par répétition et par intégration.

1. Débriefez votre vol

Après l’atterrissage, prenez 5 minutes. Pas pour vous juger, mais pour observer. Notez sur votre téléphone :

  • Qu’est-ce qui a bien fonctionné ?
  • À quel moment la peur est-elle montée ?
  • Qu’est-ce qui vous a aidé à la calmer ?

Ce débriefing renforce les connexions neuronales de la réussite. Votre cerveau enregistre : « J’ai survécu, et j’ai des outils qui marchent. »

2. Exposez-vous progressivement

Si vous avez très peur, ne réservez pas un vol de 10 heures tout de suite. Commencez par un vol court (30 minutes), puis un moyen (1h30), puis un long. Chaque vol réussi consolide votre confiance.

Un de mes patients, qui était tétanisé, a commencé par aller à l’aéroport juste pour regarder les avions décoller, sans monter à bord. Puis il a fait un vol de 20 minutes. Puis 2 heures. Six mois plus tard, il prenait un vol transatlantique. La clé, c’est la progressivité.

3. Pratiquez l’auto-hypnose entre les vols

L’auto-hypnose, c’est comme faire des gammes pour un musicien. Vous n’avez pas besoin d’un hypnothérapeute à chaque fois. Asseyez-vous dans un endroit calme, fermez les yeux, et revivez mentalement un vol réussi. Ressentez les sensations de calme, de sécurité. Faites-le 5 minutes par jour, trois fois par semaine.

Vous pouvez aussi utiliser des enregistrements audio que je donne parfois à mes clients. L’idée, c’est de renforcer l’ancrage de sérénité dans votre corps, pour qu’il devienne automatique.

Quand faut-il revenir consulter ?

Il y a des moments où la peur résiste, malgré tous vos efforts. Ce n’est pas un échec. C’est juste le signe qu’il y a une partie plus profonde à explorer.

Si vous remarquez que :

  • Vous évitez systématiquement de prendre l’avion depuis plusieurs mois
  • Vous faites des crises d’angoisse plusieurs jours avant le vol
  • Vous avez des pensées obsessionnelles sur un crash
  • Les techniques ci-dessus ne fonctionnent pas après 3-4 tentatives

Alors, oui, il peut être utile de revenir me voir, ou de consulter un confrère. Parfois, la peur de l’avion cache une peur plus ancienne : une perte de contrôle dans l’enfance, un deuil, une période de stress intense. L’hypnose ericksonienne et l’IFS permettent d’aller dénouer ces nœuds à la racine.

Je reçois à Saintes des adultes qui ont tout essayé : médicaments, thérapies classiques, lectures. Ce qui fait la différence, c’est quand on travaille non pas sur la peur, mais sur la partie d’eux qui a peur d’avoir peur. L’Intelligence Relationnelle, c’est ça : apprendre à dialoguer avec toutes ses parties, même les plus effrayées.

À retenir : Si vous sentez que vous tournez en rond avec la peur, ce n’est pas de votre faute. C’est peut-être juste le signe qu’il faut un regard extérieur pour débloquer une couche plus profonde. Et c’est OK.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Vous n’êtes pas obligé de tout appliquer d’un coup. Choisissez une seule chose, la plus simple pour vous.

Aujourd’hui : Prenez 2 minutes pour faire le rituel du départ serein (le scénario catastrophe + la respiration ventrale). Notez-le sur un post-it.

Avant votre prochain vol : Préparez votre ancre sensorielle (un objet + un souvenir calme). Entraînez-vous 3 fois avant de partir.

Pendant le vol : Si la peur monte, essayez la technique 5-4-3-2-1. Rien de plus. Vous verrez, ça fait une différence.

Et si vous voulez aller plus loin, si vous sentez que cette peur vous pourrit la vie ou vous empêche de voyager pour le travail ou les loisirs, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert aux adultes qui veulent transformer leur relation à la peur, pas seulement la gérer. On peut travailler en quelques séances, avec des outils concrets que vous pourrez réutiliser seul ensuite.

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À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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