3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Réagissez calmement grâce à une technique rapide.
Vous êtes sous la douche, l’eau coule, vous êtes dans vos pensées. Et puis, votre regard s’arrête sur le lavabo. Une petite forme noire, immobile. Huit pattes. Votre cœur s’emballe, la respiration se bloque, la mousse vous glisse des mains. En une fraction de seconde, vous êtes passé d’un moment de détente à un état d’alerte maximal. La salle de bain, votre refuge, devient une zone de combat.
Je reçois régulièrement des personnes qui vivent cette scène. Pas seulement avec les araignées : avec les guêpes, les souris, les hauteurs, les espaces clos. Mais l’araignée dans la salle de bain, c’est un classique. Le problème, ce n’est pas l’animal. C’est la réaction automatique, incontrôlable, qui vous submerge en une seconde. Vous savez rationnellement qu’elle est inoffensive. Vous savez qu’elle fait partie de l’écosystème. Mais votre corps, lui, ne veut rien savoir. Il part en sauve-qui-peut.
L’autohypnose ne fera pas disparaître l’araignée. Elle ne vous transformera pas non plus en passionné d’arachnides. En revanche, elle peut vous redonner ce que la peur vous vole : le choix. Le choix de réagir plutôt que de subir. Le choix d’observer, de prendre une décision calme, et d’agir en conséquence. Pas de panique, pas de course dehors en peignoir, pas d’appel au secours. Juste vous, l’araignée, et un cerveau qui reste aux commandes.
Dans cet article, je vais vous montrer comment une technique d’autohypnose simple, que vous pouvez apprendre en quelques minutes, peut changer votre relation à ce genre de déclencheur. Je vais vous expliquer ce qui se passe dans votre tête quand la peur surgit, et comment reprendre la main. Et je vous donnerai un exercice immédiat, à faire maintenant, pour commencer à désamorcer ce mécanisme.
Commençons par ce qui se passe dans votre tête. Vous n’êtes pas « folle » ou « faible » d’avoir peur d’une petite bête. Votre cerveau fait exactement ce pour quoi il est programmé : vous protéger. Le problème, c’est qu’il utilise un logiciel ancien, hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Pour eux, une forme sombre et mobile dans un environnement humide pouvait signifier un serpent venimeux ou un scorpion. La réaction de survie – figée, fuite, attaque – était vitale.
Aujourd’hui, vous savez que l’araignée de votre salle de bain n’est pas un danger mortel. Mais votre système limbique, cette partie archaïque du cerveau qui gère les émotions, ne fait pas la différence. Dès que vos yeux envoient l’image « petite chose noire à pattes », l’amygdale – le centre de la peur – s’active en 50 millisecondes. C’est plus rapide que votre cortex préfrontal, la partie rationnelle qui pourrait dire : « Calme-toi, c’est juste une araignée. »
Ce décalage temporel est la clé de tout. Vous êtes en mode réaction avant même d’avoir eu le temps de penser. Votre cœur s’accélère, vos muscles se tendent, votre respiration devient superficielle. Vous êtes en état d’alerte maximal. Et plus vous essayez de lutter contre cette réaction, plus elle s’amplifie. C’est comme crier sur un chien qui aboie : ça ne fait qu’augmenter la panique.
L’hypnose ericksonienne, et plus particulièrement l’autohypnose, ne cherche pas à supprimer cette réaction. Elle cherche à créer un espace entre le stimulus (l’araignée) et la réponse (la panique). En d’autres termes, elle vous donne le temps d’activer votre cortex préfrontal avant que l’amygdale ne prenne le contrôle. Comment ? En utilisant le langage et l’imagination pour recâbler le circuit.
Imaginez que votre peur est un chemin dans une forêt. Plus vous l’empruntez, plus il devient large et facile à suivre. Chaque fois que vous paniquez devant une araignée, vous creusez ce chemin. L’autohypnose va vous permettre de tracer un nouveau sentier, parallèle, qui mène à un état de calme et de choix. Au début, ce sentier est à peine visible. Mais avec la pratique, il devient plus praticable que l’ancien.
« Ce n’est pas la peur elle-même qui est le problème, c’est la réponse automatique qui vous prive de votre liberté. L’autohypnose ne vous enlève pas la peur, elle vous rend le choix. »
Voici le cœur pratique de cet article. Une technique que j’enseigne à tous mes patients, que ce soit pour les phobies, le stress ou la gestion d’émotions fortes. Je l’appelle « la technique du point d’ancrage ». Elle prend trois secondes à exécuter, mais elle demande un peu de préparation en amont. Vous pouvez la faire n’importe où, et surtout, dans votre salle de bain.
Étape 1 : Créer l’ancrage (à faire maintenant, pas en situation de crise)
Asseyez-vous confortablement, les pieds au sol, les mains posées sur les cuisses. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes, en laissant l’expiration plus longue que l’inspiration. Maintenant, évoquez un souvenir agréable. Pas un souvenir spectaculaire : un moment où vous vous êtes senti calme, en sécurité, détendu. Peut-être un après-midi au bord de la mer, une tasse de thé au calme, un instant dans un jardin. Choisissez un souvenir qui fait naître une sensation de bien-être dans votre corps.
Laissez cette sensation s’installer. Sentez-la dans votre ventre, dans votre poitrine, dans vos épaules. Quand elle est bien présente, pressez doucement le pouce et l’index de votre main gauche l’un contre l’autre. Maintenez cette pression quelques secondes, puis relâchez. Vous venez de créer un « ancrage » : un geste physique associé à un état de calme.
Répétez cet enchaînement trois fois : souvenir agréable, sensation de bien-être, pression pouce-index. Au bout de quelques répétitions, le simple geste de presser le pouce et l’index déclenchera automatiquement un début de détente. C’est comme un interrupteur que vous installez dans votre cerveau.
Étape 2 : L’utiliser en situation (face à l’araignée)
Vous êtes sous la douche, vous apercevez l’araignée. La première réaction est là : le cœur qui s’emballe, la respiration qui se bloque. Au lieu de vous laisser emporter, vous avez une fenêtre de tir de trois secondes. Faites ceci :
Ce simple geste va interrompre le cycle de panique. Il va activer votre système parasympathique – celui qui calme le corps – et donner une micro-seconde à votre cortex préfrontal pour reprendre la main. Vous n’êtes plus en mode réaction. Vous êtes en mode observation.
Étape 3 : Observer avant d’agir
Maintenant que vous avez ce petit espace de calme, vous pouvez regarder l’araignée autrement. Pas comme une menace, mais comme un organisme vivant. Vous pouvez vous dire : « Elle est là. Elle ne me veut pas de mal. Elle est probablement plus effrayée que moi. » Cette simple reformulation change tout. Vous passez d’une position de victime à une position d’observateur.
Puis, vous décidez. Vous pouvez l’ignorer, la capturer délicatement avec un verre et une feuille de papier, ou l’éloigner. Mais quoi que vous fassiez, vous le faites avec calme, avec intention. Vous avez choisi, vous n’avez pas subi.
Beaucoup de personnes que je reçois me disent : « Je veux ne plus avoir peur. » C’est compréhensible. Personne n’aime se sentir vulnérable, dominé par une émotion. Mais il y a un piège dans cette formulation. Vouloir « ne plus avoir peur », c’est entrer dans un combat. Et dans un combat contre une partie de soi-même, on est toujours perdant. Plus vous luttez contre la peur, plus vous lui donnez de l’énergie. C’est le paradoxe de l’évitement : plus vous évitez, plus la peur grandit.
L’autohypnose propose une autre voie : l’acceptation active. Ce n’est pas de la résignation. C’est un lâcher-prise stratégique. Au lieu de dire « je ne veux pas avoir peur », vous dites « j’accepte que cette peur soit là, et je choisis de ne pas la laisser me diriger ». C’est un changement de posture fondamental.
Prenons un exemple concret. Imaginez que vous êtes au bord d’une piscine et que vous avez peur de l’eau. Si vous luttez contre cette peur, vous allez vous crisper, vous agripper au bord, respirer superficiellement. Résultat : vous coulez. En revanche, si vous acceptez que la peur est là, si vous laissez votre corps flotter malgré la peur, vous découvrez que l’eau vous porte. La peur est encore présente, mais elle ne contrôle plus vos mouvements.
C’est exactement la même chose avec l’araignée. Vous pouvez avoir une accélération cardiaque, des mains moites, une envie de fuir. Et en même temps, vous pouvez respirer calmement, observer l’animal, et décider quoi faire. Les deux peuvent coexister. Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être parfaitement calme pour agir. Vous pouvez agir avec la peur, comme un passager à l’arrière de la voiture, pendant que vous tenez le volant.
« La peur n’est pas une interdiction. C’est une information. Elle vous dit ‘attention’, pas ‘paralyse-toi’. L’autohypnose vous apprend à entendre l’information sans obéir à l’ordre. »
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec un spectacle de scène ou un état de sommeil profond. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez plusieurs fois par jour sans le savoir. Quand vous lisez un roman et que vous oubliez le temps, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, quand vous êtes absorbé par une musique : vous êtes dans un état hypnotique léger.
L’autohypnose, c’est simplement la capacité à provoquer volontairement cet état pour y installer des ressources. Vous apprenez à parler à votre inconscient dans son propre langage : celui des images, des sensations, des métaphores. Et votre inconscient, contrairement à votre conscient, ne discute pas. Il suit les instructions.
Pour la phobie des araignées, je travaille souvent avec des métaphores. Par exemple, je peux demander à une patiente d’imaginer que sa peur est une vieille radio qui grésille, et qu’elle peut tourner le bouton du volume. Au début, le volume est à fond. Mais avec l’autohypnose, elle apprend à le baisser progressivement, jusqu’à ce que le bruit de fond devienne supportable, puis insignifiant.
Ce n’est pas magique. C’est un apprentissage. Votre cerveau est plastique, il change en fonction de ce que vous lui demandez de faire. Chaque fois que vous utilisez votre ancrage, chaque fois que vous respirez face à un déclencheur, vous renforcez un nouveau circuit neuronal. Et vous affaiblissez l’ancien, celui de la panique.
Au bout de quelques semaines, vous constatez que l’araignée ne provoque plus la même réaction. Vous la voyez, votre cœur s’accélère peut-être un peu, mais vous avez le temps de dire « ah, une araignée », avant de décider quoi faire. Vous avez récupéré votre libre arbitre.
Assez de théorie. Voici un exercice que vous pouvez faire maintenant, assis devant votre écran. Il vous prendra moins de cinq minutes. Il prépare votre cerveau à réagir différemment lors de la prochaine rencontre avec un déclencheur.
Exercice : La respiration du choix
Installez-vous. Posez vos mains sur vos cuisses, les pieds à plat au sol. Fermez les yeux si vous le pouvez. Sinon, fixez un point devant vous.
Respirez en carré. Inspirez par le nez en comptant jusqu’à 4. Retenez votre souffle en comptant jusqu’à 4. Expirez par la bouche en comptant jusqu’à 4. Retenez à vide en comptant jusqu’à 4. Répétez ce cycle trois fois.
Visualisez une situation légèrement inconfortable. Pas une peur intense, juste une petite gêne. Par exemple, imaginez une araignée dans une pièce, mais loin de vous. Observez la réaction de votre corps : une tension dans la mâchoire, un serrement dans la poitrine, une accélération du pouls.
Accueillez cette sensation. Au lieu de la chasser, dites-vous intérieurement : « C’est juste une sensation. Elle est là, elle va passer. » Respirez dans cette sensation. Imaginez que votre souffle l’entoure, l’adoucit.
Activez votre ancrage. Pressez votre pouce et votre index gauche l’un contre l’autre, comme vous l’avez appris plus haut. Tout en maintenant la pression, dites-vous : « Je choisis le calme. » Relâchez.
Revenez. Prenez une respiration normale, ouvrez les yeux, remuez les doigts et les orteils.
Cet exercice peut sembler simple, presque trop simple. C’est justement sa force. En le répétant plusieurs fois par jour – le matin, avant de dormir, dans les moments de calme – vous créez un nouveau réflexe. Le réflexe de la respiration, du choix, de l’ancrage. Et la prochaine fois que l’araignée sera là, votre corps saura quoi faire.
Je veux être honnête avec vous. L’autohypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fera pas disparaître votre peur en une séance. Elle ne vous transformera pas en dresseur d’araignées. Et elle ne remplacera pas un accompagnement thérapeutique si votre phobie est envahissante, qu’elle vous empêche de dormir, de vous laver, d’aller dans certaines pièces de votre maison.
Ce qu’elle fait, c’est vous redonner du pouvoir. Elle vous offre un outil que vous pouvez utiliser seul, à tout moment, sans dépendre de personne. Elle vous apprend à être votre propre ressource. Et ça, c’est immensément précieux.
Beaucoup de mes patients me disent après quelques semaines de pratique : « Je n’ai plus peur comme avant, mais je ne vais pas caresser une araignée non plus. » Et c’est parfait. Le but n’est pas de devenir ami avec l’objet de votre peur. Le but est de ne plus être paralysé par lui. De pouvoir passer de la salle de bain au salon sans crise de panique. De pouvoir dormir tranquille sans vérifier trois fois les coins de la pièce.
L’autohypnose vous donne une marge de manœuvre. Elle transforme une réaction incontrôlable en une réponse choisie. Et ce choix, aussi petit soit-il, change tout.
Vous êtes maintenant face à l’araignée dans votre salle de bain. Vous avez une technique en main, un exercice à pratiquer, et une nouvelle compréhension de ce qui se joue dans votre tête. La question n’est plus « comment la faire disparaître ? », mais « comment vais-je choisir d’être en sa présence ? ».
Je vous invite à faire un essai. La prochaine fois que vous cro
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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