3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Techniques hypnotiques pour stopper les scénarios catastrophes.
Tu es dans l’avion. Les moteurs grondent, l’appareil prend de la vitesse sur la piste. Toi, tu es vissé à ton siège, les mains moites, le cœur qui tape contre les côtes. Tu regardes par le hublot et tu ne vois pas le ciel : tu vois un incident. Une aile qui se détache. Un feu. Une chute. Ton esprit a déjà tourné le film du pire, et tu n’es même pas encore en l’air.
Ce n’est pas une question de courage. Tu es quelqu’un de solide dans ta vie : tu gères ton boulot, ta famille, les imprévus du quotidien. Mais là, coincé dans ce tube d’aluminium, ton cerveau déraille. Tu n’es pas seul. J’accompagne des adultes comme toi depuis des années à Saintes, et je vois ce mécanisme chez beaucoup de personnes intelligentes, lucides, qui savent pertinemment que l’avion est statistiquement le moyen de transport le plus sûr. Mais le savoir ne calme rien. Parce que la peur en avion, ce n’est pas une question de chiffres. C’est une question de scénario.
Alors comment arrêter d’imaginer le pire ? Comment faire taire ce metteur en scène intérieur qui te projette systématiquement dans une catastrophe ? Je vais te montrer comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle peuvent t’aider à reprendre le contrôle. Pas en niant ta peur, mais en désamorçant le mécanisme qui la fabrique.
Avant de chercher à arrêter le film, il faut comprendre pourquoi il se lance. Ce n’est pas un caprice. C’est un réflexe de survie ancestral. Ton cerveau, et plus précisément ton système limbique – cette partie ancienne qui ne fait pas la différence entre un danger réel (un tigre) et un danger imaginé (une turbulence) – fait son boulot : te protéger. Le problème, c’est qu’il est trop bon.
Quand tu es en avion, tu es dans un environnement où tu n’as aucun contrôle direct. Tu ne peux pas ouvrir la porte, tu ne peux pas freiner, tu ne peux pas sortir. Pour ton cerveau, c’est une situation de vulnérabilité extrême. Alors il comble le vide d’informations par des histoires. Et comme il est programmé pour anticiper le danger, il choisit les histoires les plus dramatiques. C’est ce qu’on appelle le biais de négativité : ton cerveau accorde plus de poids à une menace potentielle qu’à une sécurité avérée.
Je me souviens d’un patient, appelons-le Marc. Marc est chef d’entreprise, il gère des équipes, des crises, des décisions complexes. Mais dans un avion, il se transformait en enfant terrorisé. Il me disait : « Je sais que c’est irrationnel, mais je ne peux pas m’empêcher de voir l’accident. C’est plus fort que moi. » Ce « plus fort que moi », c’est exactement le piège. Ce n’est pas une faiblesse de caractère. C’est une partie de toi – une partie protectrice, dans le langage de l’IFS – qui a pris le volant. Elle croit sincèrement qu’en imaginant le pire, elle te prépare au pire. Elle te donne l’illusion de contrôler l’incontrôlable.
L’hypnose ericksonienne, dans son approche, ne combat pas cette partie. Elle ne dit pas « arrête de penser ça ». Parce que si je te dis de ne pas penser à un ours blanc, tu vas immédiatement penser à un ours blanc. La résistance ne fait que renforcer le scénario. L’idée, c’est d’abord de reconnaître ce mécanisme, de l’observer sans le juger. Et ça, c’est la première étape pour reprendre le pouvoir.
« La peur n’est pas l’ennemi. L’ennemi, c’est l’identification à la peur. Quand tu cesses de lutter contre le scénario, tu cesses de l’alimenter. »
L’hypnose ericksonienne, c’est un peu comme un langage secret que tu parles à ton propre cerveau. Pas pour l’endormir ou le contrôler, mais pour lui suggérer d’autres chemins. L’état hypnotique est un état naturel : tu le vis tous les jours quand tu es absorbé dans un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir du trajet, quand tu rêvasses. Dans cet état, ton esprit critique est un peu moins vigilant, et ton inconscient devient plus réceptif aux nouvelles suggestions.
Alors, comment on fait concrètement pour arrêter d’imaginer le pire en avion ? On ne va pas effacer les images. On va les remplacer. Pas par des images positives forcées – ce serait du déni – mais par des images qui changent la relation au scénario.
Je vais te donner un exercice que j’utilise souvent avec mes patients. C’est un exercice de dissociation hypnotique. Avant ton prochain vol, ou même maintenant si tu es en train de lire cet article et que l’angoisse monte, installe-toi confortablement. Ferme les yeux. Imagine que tu es assis dans une salle de cinéma, seul. Sur l’écran, tu vois un film de toi dans l’avion. Tu es le spectateur, pas l’acteur. Regarde ce toi qui est assis dans le siège, qui regarde par le hublot, qui a les mains moites. Observe-le comme si tu regardais un documentaire.
Maintenant, projette sur l’écran le scénario catastrophe que ton esprit aime tant. Regarde-le se dérouler. Mais toi, dans la salle, tu es en sécurité. Tu as une télécommande. Tu peux mettre le film en noir et blanc. Tu peux le ralentir. Tu peux le passer en accéléré. Tu peux même ajouter une bande-son ridicule – une musique de cirque, par exemple. Ce que tu fais, c’est que tu changes le contexte sensoriel de l’image. Tu enlèves son pouvoir émotionnel.
Pourquoi ça marche ? Parce que ton cerveau ne peut pas être à la fois terrifié et amusé par la même image. En modifiant le son, la couleur, la vitesse, tu sors du mode « danger immédiat » et tu entres dans un mode « traitement de l’information ». Tu n’as pas supprimé le scénario, tu l’as désamorcé. C’est ce qu’on appelle une restructuration hypnotique. Avec la pratique, ce geste devient automatique. Au lieu de te laisser happer par le film catastrophe, tu deviens le réalisateur.
C’est un point que j’aborde systématiquement avec les personnes que je reçois. Très souvent, la peur de l’avion n’est pas une peur isolée. C’est le symptôme d’un conflit intérieur plus profond. En IFS, on considère que chaque peur est portée par une « partie » de nous. Cette partie a une fonction, une histoire, une croyance.
Prenons un exemple. Une patiente, Sophie, venait me voir pour sa peur panique des décollages. Elle était incapable de prendre l’avion sans une dose de anxiolytiques. En travaillant avec elle, on a découvert que cette partie « peur du décollage » était en réalité une partie qui avait peur de perdre le contrôle. Sophie était une personne qui planifiait tout dans sa vie : son agenda, ses repas, les vacances, les projets professionnels. L’avion, c’était l’endroit où elle ne pouvait rien planifier. Le décollage, c’était le moment où tout lui échappait. La partie qui imaginait le pire n’était pas une partie idiote : c’était une partie qui essayait de la protéger de l’inconnu.
En IFS, on ne cherche pas à se débarrasser de cette partie. On l’écoute. On lui demande : « Qu’est-ce que tu crains vraiment ? Qu’est-ce qui se passerait si tu lâchais prise ? » Souvent, la réponse est : « Si je lâche prise, je vais mourir. » C’est une croyance ancienne, souvent liée à des expériences d’enfance où le contrôle était la seule façon de se sentir en sécurité. Une fois que tu identifies cette croyance, tu peux commencer à la déconstruire. Pas en la niant, mais en lui offrant une autre perspective.
L’Intelligence Relationnelle entre en jeu ici. Elle t’apprend à dialoguer avec cette partie comme tu le ferais avec un enfant inquiet. Tu ne lui dis pas « tais-toi ». Tu lui dis « je t’entends, je comprends que tu veux me protéger. Mais aujourd’hui, je suis adulte. Je peux gérer l’incertitude. » Ce dialogue intérieur, c’est la clé pour arrêter de nourrir le scénario catastrophe. Parce que le scénario, c’est la voix de cette partie qui parle fort. Quand tu l’écoutes vraiment, elle peut baisser le volume.
« La partie de toi qui imagine le pire n’est pas ton ennemie. Elle est ton ange gardien fatigué, qui ne sait pas encore que tu as grandi. »
On entre maintenant dans le concret. Tu es dans l’avion, les turbulences commencent, et ton esprit part en vrille. Tu as beau savoir que c’est normal, que l’avion est conçu pour ça, ton corps réagit : cœur qui s’emballe, souffle court, mains qui serrent l’accoudoir. Le scénario catastrophe est déjà lancé. Comment l’arrêter en moins de trente secondes ?
La réponse, c’est l’ancrage sensoriel. C’est une technique d’hypnose ericksonienne simple et redoutable. Le principe : tu vas créer un déclencheur physique qui ramène ton système nerveux à un état de calme. Ce déclencheur, tu le construis à l’avance, quand tu es détendu.
Voici comment faire. Chez toi, dans un moment tranquille, ferme les yeux et te souviens d’un endroit où tu t’es senti parfaitement en sécurité. Une plage, une forêt, un coin de ton salon. Plonge dans cette sensation. Ressens la température sur ta peau, les sons, les odeurs. Quand cette sensation est forte, touche doucement ton pouce et ton index ensemble, ou pose ta main sur ton ventre. C’est un geste simple, discret. Répète cette association plusieurs fois : sensation de sécurité + geste. Tu es en train de créer un ancrage.
Le jour du vol, dès que le scénario catastrophe commence à pointer, tu fais ce geste. Pas en force. Pas en panique. Doucement. Tu poses ta main sur ton ventre, tu souffles, et tu laisses la sensation de sécurité remonter. Ce n’est pas magique. Ça ne va pas effacer la peur instantanément. Mais ça va créer une brèche. Une micro-pause dans le déroulement du film. Et cette micro-pause, c’est tout ce dont tu as besoin pour reprendre le contrôle.
Pourquoi ça marche ? Parce que le cerveau ne peut pas maintenir un état de panique intense et un état de relaxation en même temps. C’est physiologiquement incompatible. L’ancrage, c’est comme un interrupteur. Tu ne peux pas allumer la lumière et l’éteindre en même temps. En activant l’ancrage, tu donnes à ton système nerveux une autre option.
C’est un piège dans lequel tombent beaucoup de personnes anxieuses. Elles se disent : « Je dois arrêter de penser à ça. Je dois contrôler mes pensées. » Et plus elles essaient, plus les pensées reviennent fortes. C’est ce qu’on appelle la suppression mentale. Plus tu pousses une pensée sous l’eau, plus elle remonte violemment.
L’hypnose ericksonienne et l’IFS t’apprennent une autre voie : l’acceptation active. Tu n’essaies pas d’arrêter le scénario. Tu l’observes. Tu le laisse passer. Tu lui dis : « D’accord, je te vois. Tu es là. Tu peux rester un moment, mais je ne vais pas jouer avec toi. »
Un patient, Julien, était obsédé par l’idée de l’explosion du moteur. Il passait ses vols à scruter les vibrations, à écouter les bruits anormaux. On a travaillé sur une technique de « pensée flottante ». Je lui ai demandé d’imaginer ses pensées comme des nuages dans le ciel. Certains nuages sont noirs, d’autres blancs. Tu ne peux pas les faire disparaître en les agitant. Tu les regardes passer. Le scénario catastrophe, c’est un nuage noir. Tu le regardes. Tu notes sa forme. Et tu le laisse filer.
C’est contre-intuitif. On t’a toujours dit qu’il fallait être positif. Mais la positivité forcée est une violence faite à toi-même. L’idée, ce n’est pas de remplacer le noir par du blanc. C’est d’apprendre à cohabiter avec le noir sans qu’il te gouverne. Quand tu arrêtes de lutter contre le scénario, tu arrêtes de lui donner de l’énergie. Il s’épuise tout seul.
« La paix ne vient pas quand tu arrêtes d’imaginer le pire. Elle vient quand tu arrêtes de croire que tes pensées sont des prédictions. »
Je termine par une perspective qui peut sembler provocante, mais que j’ai vu fonctionner chez plusieurs sportifs que j’accompagne en préparation mentale. Et si l’avion devenait un espace de ressourcement ? Et si, au lieu d’être un lieu de stress, il devenait un cocon ?
Les coureurs et footballeurs avec qui je travaille utilisent souvent la visualisation avant une compétition. Ils ferment les yeux et imaginent leur course, leur match, avec tous les détails sensoriels. L’avion, c’est pareil. C’est un temps hors du temps. Tu es suspendu entre deux mondes. Personne ne peut te joindre. Tu es dans une bulle. Pourquoi ne pas utiliser ce temps pour te ressourcer plutôt que pour te vider ?
Avant le vol, prépare-toi. Prends un casque, une playlist de musique ou de sons que tu associes à un état de calme profond. Peut-être le bruit de la mer, une musique instrumentale. Quand tu montes dans l’avion, tu mets ce casque. Tu fermes les yeux. Tu fais ton ancrage. Et tu laisses ton esprit vagabonder vers un lieu intérieur de sécurité. Tu peux même te dire : « Pendant ces deux heures, je n’ai rien à faire. Je suis juste là. Je respire. »
Je ne te promets pas que la peur disparaîtra du jour au lendemain. Mais je te promets que si tu pratiques ces techniques – l’observation du scénario, l’ancrage sensoriel, le dialogue avec la partie protectrice – tu vas progressivement changer ta relation à l’avion. Tu ne seras plus passif. Tu deviendras acteur de ton expérience. Le film catastrophe, tu pourras le regarder sans y croire. Et un jour, peut-être, tu le trouveras même un peu ennuyeux.
Tu es peut-être en train de lire ces lignes et tu te dis : « Oui, mais moi, je n’y arriverai pas. C’est trop fort. » Je t’entends. Je le dis souvent à mes patients : la première étape, ce n’est pas de monter dans un avion sans peur. C’est d’accepter que tu as peur, et de commencer à observer comment cette peur fonctionne.
Commence par un petit exercice, tout de suite. Prends un carnet ou une note sur ton téléphone. Note une phrase : « Quelle est la première image qui me vient quand je pense à l’avion ? » Ne la juge pas. Note-la. Puis, à côté, écris : « Quelle est la sensation dans mon corps quand j’imagine cette image ? » Juste observer. Sans vouloir changer quoi que ce soit. Ce simple geste d’observation, c’est déjà un pas hors du scénario. Tu passes de l’acteur au spectateur.
Si tu sens que tu as besoin d’un accompagnement plus personnalisé, je suis là. Je reçois en cabinet à Saintes, et je propose aussi des séances en visio pour les personnes qui voyagent ou qui habitent loin. Ce n
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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