3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le protocole pas à pas utilisé par les praticiens spécialisés
Tu ouvres l’application Doctolib, tu vois le rendez-vous de contrôle semestriel chez le dentiste. Là, tout de suite, une sueur froide te parcourt l’échine. Ton cœur s’accélère, ta mâchoire se serre, et tu te promets, comme toujours, de rappeler « plus tard ». Sauf que « plus tard » dure depuis trois ans. Tu n’es pas seul : une personne sur quatre évite les soins dentaires par peur, parfois jusqu’à mettre en danger sa santé bucco-dentaire. J’accompagne régulièrement des adultes comme toi qui, après des années d’évitement, viennent me voir avec une demande simple : « Je veux pouvoir ouvrir la bouche sans trembler. » L’hypnose ericksonienne, associée à d’autres outils comme l’IFS (Internal Family Systems), permet souvent de transformer cette peur en quelques séances seulement. Pas par magie, mais par un travail précis qui démonte pièce par pièce le mécanisme de la phobie. Voici comment on s’y prend.
Avant de parler d’hypnose, il faut comprendre ce qui se passe dans ton cerveau quand tu entends le mot « dentiste ». Tu ne décides pas d’avoir peur. C’est ton système d’alarme interne qui s’enclenche tout seul, comme un détecteur de fumée qui se déclenche parce que tu as fait griller du pain. La peur du dentiste n’est pas un choix conscient. Elle est le résultat d’un circuit neuronal qui a été conditionné. Peut-être as-tu eu une expérience douloureuse enfant : une injection mal faite, une fraise qui a touché un nerf, un praticien pressé qui t’a dit « arrête de pleurer ». Peut-être n’as-tu aucun souvenir précis, mais tu as entendu des récits terrifiants de tes parents ou des amis. Le cerveau associe alors l’environnement du cabinet (odeur, bruit de la turbine, lumière blanche) à un danger potentiel. L’amygdale, cette petite structure en forme d’amande dans ton cerveau, prend le contrôle et coupe la connexion avec ton cortex préfrontal, celui qui pourrait te dire : « C’est juste un détartrage, ça dure vingt minutes. »
En hypnose, on ne combat pas cette peur. On ne te dit pas de « respirer calmement » ou de « penser à autre chose ». Ce serait comme demander à un cheval effrayé par un sac plastique de raisonner. Non, on va plutôt reprogrammer ce circuit. L’hypnose ericksonienne est particulièrement adaptée parce qu’elle utilise le langage indirect et les métaphores pour contourner les défenses conscientes. Là où la parole rationnelle bute sur un mur, l’hypnose glisse sous la porte. C’est pour ça qu’elle fonctionne souvent là où des années de « je dois me forcer » ont échoué.
Point clé : La peur du dentiste n’est pas un ennemi à vaincre, mais un programme obsolète que ton cerveau a installé pour te protéger. L’hypnose ne l’efface pas, elle le met à jour.
Concrètement, comment se passe une séance ? J’ai développé un protocole en trois phases que j’adapte à chaque personne, mais qui suit une trame précise. La première étape, c’est la désensibilisation en état modifié de conscience. Avant même de parler du dentiste, on installe une ressource de sécurité. En hypnose, on appelle ça un « ancrage ». Je vais te guider vers un souvenir où tu t’es senti calme, confiant, en contrôle. Ça peut être un moment dans la nature, une lecture, une musique. On ancre cette sensation sur un geste simple, comme le contact du pouce et de l’index. Ensuite, on imagine la situation dentaire par petits bouts, comme on regarde un film en accéléré. On commence par le hall d’attente, puis la salle de soin, puis le fauteuil. À chaque étape, si une tension apparaît, on revient à l’ancrage de sécurité. Le cerveau apprend progressivement que le stimulus « dentiste » peut coexister avec le calme.
La deuxième étape est la dissociation thérapeutique. C’est une technique puissante, surtout pour les peurs intenses. En hypnose, on peut t’aider à te « séparer » de ton corps le temps du soin. Je ne parle pas de dédoublement de personnalité, mais d’une capacité naturelle qu’on utilise tous quand on regarde un film d’horreur en sachant que ce n’est pas réel. On va créer un « lieu sûr » dans ton esprit, une plage, un nuage, une bulle, à partir duquel tu peux observer le dentiste s’occuper de ta bouche comme si tu regardais la télé. Tu restes conscient, tu peux réagir si besoin, mais la distance émotionnelle réduit considérablement la sensation de menace. J’ai accompagné un patient qui ne pouvait même pas prononcer le mot « fraise » sans transpirer. Après deux séances de dissociation, il a pu subir un détartrage complet en écoutant une playlist de vagues sur son casque.
La troisième étape, la plus importante à mon sens, est la restructuration de l’histoire personnelle. Avec l’IFS (Internal Family Systems), on identifie la « partie » de toi qui a peur. Oui, tu as une partie qui veut te protéger, même si elle le fait maladroitement. On ne cherche pas à la faire taire, on la remercie, on lui demande ce dont elle a vraiment besoin. Souvent, cette partie a un âge : elle a 7 ans, 10 ans, et elle est restée bloquée dans le souvenir de la piqûre qui a fait mal. En hypnose, on peut « aller » voir cette partie, la rassurer, lui montrer que le temps a passé, que tu es maintenant un adulte capable de dire stop, de demander une pause, de choisir un praticien qui prend le temps. Quand cette partie lâche prise, la peur s’évanouit souvent d’elle-même, comme un ballon qui se dégonfle.
J’entends souvent des idées reçues : « L’hypnose, c’est comme un interrupteur qu’on éteint », ou « Le praticien va prendre le contrôle de mon esprit ». Alors, mettons les choses au clair. L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, ne te fait pas perdre conscience. Tu restes aux commandes. Tu peux ouvrir les yeux à tout moment, parler, bouger. L’état hypnotique, c’est simplement un état d’attention focalisée, un peu comme quand tu es tellement absorbé par un bon livre que tu n’entends plus le bruit de la rue. Dans cet état, ton cerveau est plus réceptif aux suggestions, mais il les filtre toujours. Si on te suggère quelque chose qui va contre tes valeurs, ton cerveau refuse. C’est pour ça que personne ne peut te faire faire quoi que ce soit contre ta volonté sous hypnose.
Alors, qu’est-ce qui change concrètement ? On observe des modifications dans l’activité cérébrale. L’amygdale, cette centrale d’alarme, réduit son activité. Le cortex préfrontal, celui qui analyse rationnellement, reprend le dessus. Les connexions neuronales associées à la peur s’affaiblissent, tandis que de nouvelles connexions se créent autour du calme et du contrôle. C’est un peu comme si on traçait un nouveau chemin dans l’herbe : au début, il faut insister, mais après quelques passages, l’herbe ne repousse plus sur l’ancien chemin. La peur n’est pas « effacée » au sens où elle disparaîtrait pour toujours. Elle devient juste une option parmi d’autres. Tu pourras encore sentir une petite tension résiduelle, mais elle ne te paralysera plus. Tu pourras prendre rendez-vous, t’asseoir dans le fauteuil, et même sourire à ton dentiste.
Moment fort : Une patiente m’a dit après trois séances : « La peur est encore là, mais elle est assise à côté de moi, pas devant moi. Je la vois, elle ne me bloque plus. » C’est exactement ça, l’objectif.
La durée du travail varie selon plusieurs facteurs. Le premier, c’est l’ancienneté de la phobie. Une peur installée depuis l’enfance, avec des expériences traumatiques répétées, demandera plus de temps qu’une peur récente liée à un seul incident. Le deuxième facteur, c’est la motivation réelle. Je ne parle pas de « je sais qu’il faut y aller », mais de « je veux vraiment changer parce que cette peur m’empêche de vivre ». J’ai reçu un jour un homme de 55 ans qui n’avait pas mis les pieds chez un dentiste depuis 20 ans. Il avait perdu plusieurs dents, avait des infections chroniques. Sa motivation était vitale. En trois séances, il a pu subir un bilan complet. À l’inverse, une jeune femme qui venait « parce que sa mère l’avait inscrite » a mis six séances, car une partie d’elle ne voulait pas lâcher la peur, qui lui permettait d’être « spéciale » dans sa famille.
Le troisième facteur est la qualité de l’alliance avec le praticien. L’hypnose, ce n’est pas une technique qu’on applique comme une recette de cuisine. C’est une relation. Si tu ne te sens pas en confiance avec moi, si tu sens que je ne comprends pas ta peur, le travail sera plus long. C’est pour ça que je prends toujours le temps d’écouter ton histoire, sans jugement. Je ne te demande pas de « rationaliser » ta peur. Je te demande juste de me raconter ce qui se passe pour toi. Parfois, la peur du dentiste cache autre chose : une peur de perdre le contrôle, une peur d’être vulnérable, une peur de la douleur en général. En explorant ça, on peut gagner du temps.
Enfin, il y a un facteur qu’on oublie souvent : la préparation en amont. Je conseille toujours à mes patients de regarder des vidéos de soins dentaires sans le son, ou de visiter le cabinet avant le rendez-vous, juste pour voir la salle. Plus tu exposes ton cerveau à l’environnement sans danger, plus il s’habitue. C’est la base de la thérapie d’exposition, mais en hypnose, on fait ça en état modifié de conscience, ce qui est plus rapide et moins éprouvant. Certaines personnes ressentent un soulagement immédiat après la première séance, d’autres ont besoin de répétitions pour que le nouveau circuit s’installe. Dans tous les cas, le processus est prévisible et sécurisé.
Je veux être honnête avec toi : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas pour tout le monde, et elle ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique si ta phobie est très sévère ou associée à d’autres troubles comme un trouble panique ou un état de stress post-traumatique complexe. Si tu fais des attaques de panique à la simple vue d’une seringue, il est possible qu’un travail préparatoire avec un psychothérapeute soit nécessaire avant l’hypnose. De même, si tu as une peur du dentiste liée à un abus ou une violence dans l’enfance, le travail sera plus long et devra aborder le trauma en profondeur. L’hypnose peut être un outil précieux dans ce cadre, mais pas un traitement isolé.
Autre limite : l’hypnose ne t’empêchera pas de ressentir de la douleur physique pendant un soin. Elle peut modifier ta perception de la douleur, la rendre plus supportable, mais ce n’est pas une anesthésie. Si tu as besoin d’un traitement lourd (extraction, dévitalisation), l’anesthésie locale reste indispensable. Ce que l’hypnose change, c’est la peur avant et pendant le soin. La tension musculaire, l’hypervigilance, l’envie de fuir. Certains patients me disent : « Avant, je serrais la mâchoire tellement fort que le dentiste n’arrivait pas à travailler. Maintenant, je peux ouvrir grand et rester détendu. » C’est énorme, mais ce n’est pas une suppression de la sensation.
Enfin, sache que les résultats ne sont pas toujours linéaires. Tu peux avoir une première séance géniale, te sentir libéré, puis une rechute quelques jours plus tard. C’est normal. Le cerveau a besoin de consolider les nouveaux apprentissages. Je compare souvent ça à l’apprentissage du vélo : tu tombes, tu te relèves, et un jour tu pédales sans y penser. Si tu ressens une rechute, ce n’est pas un échec, c’est une information. On ajuste le protocole, on creuse un peu plus, et on avance. La clé, c’est la persévérance et la confiance dans le processus.
Si tu te reconnais dans cet article, tu n’as pas besoin d’attendre d’avoir un rendez-vous pour agir. Voici trois choses que tu peux faire dès aujourd’hui, chez toi, pour amorcer le changement.
Premièrement, identifie le déclencheur précis de ta peur. Est-ce le bruit de la turbine ? L’odeur du latex ? La sensation d’étouffement quand on te met la bavette ? La piqûre ? Note-le sur un carnet. Sois le plus précis possible. Plus tu connais ton ennemi, mieux tu peux le désarmer. Ensuite, imagine ce déclencheur dans un contexte absurde ou drôle. Par exemple, si c’est le bruit de la turbine, imagine que c’est le ronronnement d’un petit chat mécanique. Fais-le plusieurs fois par jour, pendant 30 secondes. Ça semble ridicule, mais ça commence à créer une dissociation entre le stimulus et la réponse de peur.
Deuxièmement, pratique la respiration consciente. Pas n’importe comment. Inspire en comptant jusqu’à 4, bloque en comptant jusqu’à 4, expire en comptant jusqu’à 6. Pourquoi 6 ? Parce que l’expiration longue active le système parasympathique, celui qui calme le corps. Fais ça 5 minutes par jour, sans attendre d’avoir peur. Tu entraînes ton système nerveux à revenir au calme plus rapidement. Le jour J, tu auras un réflexe.
Troisièmement, change ton discours intérieur. Au lieu de te dire « Je vais chez le dentiste, j’ai peur », dis-toi « Je vais chez le dentiste, et une partie de moi a peur ». Cette nuance est énorme. Tu passes d’une identité (« je suis quelqu’un de peureux ») à une observation (« j’ai une partie peureuse »). Ça te redonne du pouvoir. Tu n’es pas ta peur, tu es bien plus que ça. Tu peux même nommer cette partie, lui donner un surnom. « Tiens, voilà Panique qui arrive. » En la reconnaissant, tu cesses de la combattre, et elle s’apaise.
Je sais que ce n’est pas facile. La peur du dentiste est l’une des phobies les plus handicapantes, parce qu’elle touche à la santé physique. Tu as probablement déjà repoussé des soins importants, accumulé des douleurs, perdu des dents. Mais ce n’est pas une fatalité. L’hypnose ne promet pas une guérison instantanée, mais elle offre une porte de sortie concrète, rapide et respectueuse de ton rythme. Les protocoles que j’ai décrits sont utilisés par des centaines de praticiens et validés par des années de pratique.
Si tu veux franchir le pas, tu peux me contacter pour un premier échange gratuit, sans engagement. On discutera de ta situation, de tes craintes, et je te dirai honnêtement si l’hypnose est adaptée pour toi, ou si un autre accompagnement serait plus pertinent. Il n’y a aucun jugement. J’ai vu des hommes, des femmes, des jeunes, des seniors, tous avec une histoire différente, tous avec cette même lueur d’espoir dans les yeux. Et presque tous repartent avec un sourire qu’ils n’avaient pas osé
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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