3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le mécanisme qui remplace la peur par la sérénité.
Vous avez probablement déjà vécu cette sensation : le cœur qui s’emballe, les paumes moites, cette impression que quelque chose de terrible va arriver, sans raison apparente. Peut-être que c’est en montant dans une voiture, en entrant dans un ascenseur, ou simplement en pensant à une réunion importante. L’anxiété n’est pas une faiblesse de caractère. C’est un circuit neuronal qui tourne en boucle, un peu comme un disque rayé dans votre tête. Mon métier, c’est de vous aider à changer ce disque.
Depuis que j’ai installé mon cabinet à Saintes en 2014, j’ai vu des centaines de personnes arriver avec cette même phrase : « Je n’en peux plus, mon cerveau ne s’arrête jamais. » Et si je vous disais que l’hypnose ericksonienne offre un chemin concret pour sortir de ce tourbillon ? Non pas en effaçant vos peurs, mais en reprogrammant les automatismes qui les déclenchent. C’est ce que nous allons voir ensemble dans cet article.
Pour comprendre comment l’hypnose peut vous aider, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans votre tête quand l’anxiété s’installe. Imaginez votre cerveau comme un système de sécurité ultra-sophistiqué. Dans un monde idéal, il détecte un vrai danger – un tigre qui court vers vous – et déclenche l’alarme : le cœur s’accélère, les muscles se tendent, vous êtes prêt à fuir ou à combattre. C’est ce qu’on appelle la réponse de stress, un mécanisme ancestral qui nous a permis de survivre.
Le problème, dans l’anxiété chronique ou les phobies, c’est que ce système d’alarme se dérègle. Il se met à sonner pour des dangers qui n’existent pas. Vous n’êtes pas face à un tigre, mais face à une simple présentation PowerPoint. Pourtant, votre cerveau réagit comme si votre vie était en jeu. Pourquoi ? Parce qu’il a appris, souvent inconsciemment, à associer une situation neutre à une menace. C’est ce qu’on appelle un conditionnement.
Prenons un exemple concret. Je reçois un jour un coureur amateur, appelons-le Marc. Marc avait développé une anxiété paralysante avant chaque compétition. Il n’avait jamais eu d’accident grave, mais un jour, lors d’un marathon, il avait ressenti une douleur cardiaque (qui s’est avérée bénigne). Son cerveau a fait une association : « course intense = danger cardiaque ». À chaque départ, son alarme s’activait. Il transpirait, avait des palpitations, et finissait par abandonner. Son cerveau n’était pas « cassé », il était simplement programmé pour une fausse alerte.
Ce mécanisme est au cœur de l’anxiété : votre cerveau, pour vous protéger, crée des raccourcis. Il généralise une expérience passée à toutes les situations similaires. C’est un peu comme si un détecteur de fumée devenait si sensible qu’il se déclenchait à la simple odeur d’un grille-pain. L’hypnose ne va pas arracher le détecteur, mais elle va recalibrer sa sensibilité.
« L’anxiété n’est pas un défaut de fabrication, c’est un système de protection qui a perdu le sens des proportions. L’hypnose lui redonne un cadre. »
C’est là que l’hypnose entre en jeu, et c’est souvent là que les gens ont des idées reçues. Non, vous ne serez pas endormi. Non, je ne vais pas vous faire faire des choses contre votre volonté. Et non, vous ne perdrez pas le contrôle. L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, est un état de conscience modifié, naturel et agréable. Vous êtes pleinement présent, mais votre attention se focalise vers l’intérieur, un peu comme quand vous êtes absorbé par un bon film ou une longue route.
La force de cette approche, c’est qu’elle parle directement à votre inconscient, cette partie de vous qui gère vos automatismes – la respiration, la digestion, mais aussi les peurs conditionnées. Votre cerveau conscient, celui qui analyse, raisonne et se dit « arrête de stresser, c’est idiot », est souvent impuissant face à l’anxiété. Vous pouvez vous répéter cent fois que l’ascenseur est sûr, votre corps tremblera encore. Pourquoi ? Parce que la peur n’est pas logique. Elle est émotionnelle et enracinée dans l’inconscient.
En hypnose, on ne lutte pas contre l’anxiété. On l’accueille, on la regarde, et on négocie avec elle. C’est ce que j’appelle « parler la langue du cerveau primitif ». Par exemple, au lieu de dire à une personne phobique des araignées : « regarde, elle est petite, elle ne peut pas te faire de mal », ce qui est une approche rationnelle qui échoue, je vais l’amener en état d’hypnose à revisiter la situation avec des ressources nouvelles. Je vais lui proposer de remplacer l’image de l’araignée par une image de sécurité, ou de créer une distance entre elle et la peur.
Un de mes patients, footballeur amateur, avait une peur panique de rater un penalty. Consciemment, il savait que ce n’était qu’un match. Mais inconsciemment, son corps revivait une humiliation passée. En hypnose, nous n’avons pas parlé de football. Nous avons travaillé sur une sensation de calme dans son ventre, une image de succès, et nous avons « ancré » cette ressource à un geste simple – toucher son pouce et son index. Ensuite, sur le terrain, ce geste déclenchait automatiquement le calme. Son cerveau avait été reprogrammé.
Je vais être honnête avec vous : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fait pas disparaître la peur d’un claquement de doigts. Mais elle crée les conditions pour que votre cerveau apprenne de nouvelles associations. C’est un peu comme débroussailler un chemin dans une forêt. Le vieux chemin de la peur est large et bien tracé. Le nouveau chemin de la sérénité est étroit et envahi d’herbes. En hypnose, on marche sur ce nouveau chemin encore et encore, jusqu’à ce qu’il devienne l’autoroute.
Voici les mécanismes concrets qui entrent en jeu :
La dissociation : En hypnose, vous pouvez apprendre à vous séparer de votre anxiété. Au lieu de dire « je suis anxieux », vous dites « une partie de moi ressent de l’anxiété ». Cette simple distance change tout. Vous n’êtes plus la peur, vous êtes l’observateur de la peur. C’est un concept clé de l’IFS (Internal Family Systems) que j’utilise souvent en complément.
La restructuration du sens : Votre cerveau donne un sens à chaque sensation. Palpitations = danger. En hypnose, on peut recadrer cela. « Ces palpitations ne sont pas un signal d’alarme, elles sont l’énergie de votre corps qui se prépare à performer. » C’est ce que je fais avec les sportifs : transformer le trac en excitation positive.
L’ancrage : C’est la technique que j’ai mentionnée avec le footballeur. On associe un état de sérénité profonde à un stimulus (un toucher, un mot, une image). Ensuite, dans la vie réelle, ce stimulus déclenche automatiquement cet état. C’est une reprogrammation pure et simple.
La régression : Parfois, l’anxiété actuelle est liée à un événement passé que vous avez « oublié » consciemment, mais que votre corps garde en mémoire. En hypnose, on peut revisiter cet événement en toute sécurité, en apportant des ressources que vous n’aviez pas à l’époque – la force, la protection, la compréhension. Cela désamorce la charge émotionnelle.
Je me souviens d’une patiente, commerciale, qui avait une phobie des appels téléphoniques. Chaque fois qu’elle devait décrocher, sa gorge se serrait. En régression hypnotique, elle a retrouvé un souvenir : à 8 ans, elle avait été grondée sévèrement au téléphone par sa grand-mère. Son cerveau avait associé « téléphone = danger ». En revisitant cette scène avec l’adulte qu’elle était devenue, elle a pu dire à la petite fille : « Tu n’es plus en danger, tu es compétente. » La phobie a disparu en trois séances.
Les phobies sont peut-être ce que l’hypnose traite le plus rapidement. Pourquoi ? Parce qu’elles sont très spécifiques et souvent liées à un seul déclencheur : l’avion, l’ascenseur, l’araignée, le vide. C’est un conditionnement pur, sans les couches complexes de l’anxiété généralisée. C’est comme une prise électrique défectueuse : on peut la changer sans refaire toute l’installation.
Prenons la phobie de l’avion. Beaucoup de gens viennent me voir en disant : « Je sais que c’est statistiquement sûr, mais mon corps ne le sait pas. » En hypnose, on va travailler sur plusieurs niveaux. D’abord, on crée un « état ressource » de calme profond. Ensuite, on désensibilise progressivement : on imagine monter dans l’avion, puis décoller, puis voler, tout en maintenant cet état de calme. On peut aussi utiliser la technique du « cinéma » : vous regardez la situation anxiogène sur un écran, en noir et blanc, avec une musique amusante. Cela brise l’association peur-situation.
Un cas qui m’a marqué : un homme d’une cinquantaine d’années, cadre dirigeant, qui ne prenait plus l’avion depuis dix ans. Il avait développé des stratégies de contournement incroyables : voyages en train de 20 heures, refus de promotions à l’étranger. En hypnose, nous avons découvert que sa phobie était liée à un film d’avion catastrophe vu à 10 ans. Le cerveau avait généralisé : film d’avion = crash = danger de mort. En trois séances, nous avons « réécrit » le film : l’avion est devenu un lieu de calme, de lecture, de détente. Il a pris un vol Paris-New York un mois plus tard. Il m’a envoyé une photo du cockpit.
Attention, je ne promets pas de miracles en une séance pour tout le monde. Mais pour les phobies simples, le taux de succès est très élevé. L’hypnose permet de court-circuiter le circuit de la peur en quelques séances, là où une thérapie classique peut prendre des mois.
Dans mon cabinet, je ne travaille pas qu’avec l’hypnose. Je suis un peu comme un cuisinier qui utilise plusieurs épices. L’hypnose est un outil puissant, mais elle gagne à être combinée avec d’autres approches pour des résultats durables. L’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle sont deux de mes alliées principales.
L’IFS, ou le « système familial intérieur », part du principe que notre psyché est composée de plusieurs « parties » ou sous-personnalités. Vous avez peut-être une partie anxieuse qui veut vous protéger, une partie critique qui vous juge, une partie qui veut fuir. L’hypnose permet d’entrer en contact avec ces parties de manière douce. Par exemple, je peux guider une personne en hypnose à dialoguer avec sa « partie phobique » : « Que veux-tu pour moi ? Qu’essaies-tu de protéger ? » Souvent, la réponse est surprenante : « Je te protège de la honte de l’échec. » Une fois que la partie comprend qu’elle n’a plus besoin de jouer ce rôle, la peur se dissout.
L’Intelligence Relationnelle, elle, travaille sur la relation à soi et aux autres. L’anxiété est souvent alimentée par des schémas relationnels : peur du rejet, peur du jugement, besoin de perfection. En hypnose, on peut renforcer la confiance en soi, la capacité à dire non, ou à s’affirmer. Un patient anxieux social, par exemple, peut apprendre en hypnose à ressentir une sécurité intérieure même sous le regard des autres.
Je pense à une jeune femme, professeure, qui avait des crises d’angoisse avant chaque conseil de classe. Elle avait peur d’être jugée par ses collègues. En hypnose, nous avons travaillé sur une image de sa « salle de conseil intérieure », un espace sûr où elle pouvait parler sans peur. En parallèle, avec l’Intelligence Relationnelle, nous avons exploré son besoin de validation et appris à s’autoriser à être imparfaite. L’hypnose a ancré les ressources, la relation thérapeutique a construit le sens.
« L’hypnose ouvre la porte, mais c’est vous qui traversez le seuil. Les autres approches vous aident à savoir où vous voulez aller. »
Je dois être transparent avec vous. L’hypnose n’est pas une solution universelle, et il y a des limites que j’observe dans ma pratique. D’abord, elle ne fonctionne pas si vous êtes totalement réticent ou si vous attendez passivement que quelqu’un vous « guérisse ». L’hypnose est une collaboration. Je suis le guide, vous êtes l’explorateur. Si vous n’êtes pas prêt à vous engager dans le processus, les résultats seront limités.
Ensuite, l’hypnose ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique pour les troubles sévères. Si vous souffrez de dépression majeure, de troubles bipolaires ou de psychose, l’hypnose peut être un complément, mais pas un traitement de première ligne. Je travaille souvent en lien avec des médecins et des psychiatres. Mon rôle est d’apporter un outil supplémentaire, pas de tout remplacer.
L’hypnose ne fait pas non plus disparaître les émotions. Elle ne vous transforme pas en robot serein. La peur est une émotion utile quand elle est proportionnée. L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir d’anxiété, mais de ne plus être paralysé par elle. Vous pourrez encore avoir des papillons dans le ventre avant un événement important, mais ils ne vous empêcheront plus d’agir. C’est ce que j’appelle « une anxiété apprivoisée ».
Enfin, l’hypnose ne donne pas de résultats instantanés pour tout le monde. Certaines personnes sont très réceptives et ressentent un changement dès la première séance. D’autres ont besoin de plusieurs séances pour que les nouveaux chemins neuronaux s’installent. C’est normal. Votre cerveau a passé des années à renforcer le circuit de l’anxiété ; il a besoin de temps pour en construire un nouveau.
Vous êtes peut-être en train de vous dire : « D’accord, tout cela est intéressant, mais par où je commence ? » La première étape est simple : arrêtez de lutter contre votre anxiété. Plus vous essayez de la contrôler, plus elle résiste. C’est comme essayer d’appuyer sur un ballon sous l’eau : plus vous poussez, plus il remonte fort. L’hypnose vous apprend à lâcher prise, à faire confiance à votre inconscient.
Voici ce que vous pouvez faire dès maintenant, avant même de prendre rendez-vous :
Observez sans juger : Pendant les prochaines 24 heures, quand une vague d’anxiété monte, ne dites pas « c’est nul, je dois arrêter ». Dites plutôt : « Tiens, voilà cette sensation. » Observez-la comme une météo intérieure. Où est-elle dans votre corps ? Quelle forme a-t-elle ? Ce simple geste crée une distance.
Respirez en ralentissant l’expiration : L’anxiété accélère votre souffle. Pour calmer le système nerveux, expirez lentement, deux fois plus longtemps que l’inspiration. Inspirez sur 3 secondes, expirez sur 6. Faites-le 5 fois. C’est un ancrage de base que vous pouvez utiliser n’importe où.
Questionnez la peur : Demandez-vous : « Si cette peur pouvait
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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