3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les astuces pour arriver serein et optimiste
Tu regardes l’écran de ton téléphone pour la dixième fois en cinq minutes. Le rendez-vous est confirmé : demain, 14 heures. Tu as pris ta décision il y a trois semaines, après avoir lu un article, après avoir pesé le pour, le contre, après t’être dit que “cette fois, il faut que ça change”. Mais maintenant que l’échéance approche, une petite voix intérieure te souffle des doutes. Est-ce que je vais vraiment y arriver ? Et si je me sens ridicule ? Et si ça ne marche pas pour moi ?
Ces questions, je les entends presque chaque jour. Pas parce que mes patients doutent de moi, mais parce qu’ils doutent d’eux-mêmes. Et c’est normal. L’hypnose sociale – celle que je pratique, qui n’a rien à voir avec un spectacle ou un numéro de cabaret – reste pour beaucoup un territoire inconnu. On imagine un fauteuil, un pendule, une perte de contrôle. La réalité est bien plus sobre, et bien plus puissante. Mais pour en profiter, il faut d’abord arriver jusqu’à la séance sans avoir le ventre noué.
Alors voici comment préparer votre première séance d’hypnose sociale, non pas comme un examen à réussir, mais comme un moment offert à vous-même.
Commençons par une évidence que beaucoup ignorent : l’appréhension avant une première séance d’hypnose est non seulement normale, mais elle est souvent un indicateur que vous êtes prêt à travailler sur quelque chose qui compte vraiment. Les personnes qui arrivent sans aucune émotion, complètement détachées, sont souvent celles qui n’ont pas encore identifié leur vraie demande. Elles viennent “voir”, “essayer”, sans savoir ce qu’elles veulent changer. Et l’hypnose, contrairement à un médicament qu’on avale passivement, demande une forme d’engagement.
Votre stress, vos doutes, vos “et si…” sont en réalité les gardiens de votre zone de confort. Ils essaient de vous protéger d’un changement qui, justement, vous fait peur parce qu’il est nécessaire. Si vous n’aviez aucune peur de changer, vous auriez déjà changé tout seul. Le fait que vous ressentiez une tension avant la séance signifie que votre inconscient a déjà repéré que quelque chose d’important va se jouer. Il se met en alerte, comme un vigile un peu zélé.
Je me souviens d’un patient, ingénieur dans une grande entreprise, venu pour une phobie sociale qui lui pourrissait sa vie professionnelle. Il est arrivé 20 minutes en avance, s’est assis dans la salle d’attente, et a failli repartir trois fois. Quand je suis venu le chercher, il avait les mains moites et le souffle court. Il m’a dit : “Je ne sais même pas pourquoi je suis là, je ne crois pas à tout ça.” Je lui ai souri et j’ai répondu : “C’est parfait. Le fait que vous soyez là malgré votre incrédulité, c’est déjà un acte de courage.” Cette séance a été l’une des plus efficaces que j’aie jamais conduites. Pourquoi ? Parce que son appréhension n’était pas un obstacle, c’était le carburant de son désir de changement.
Alors si vous lisez ces lignes avec une boule au ventre, sachez-le : vous êtes exactement là où il faut être. L’appréhension n’est pas une ennemie à éliminer, c’est une alliée à apprivoiser. Elle vous dit que vous êtes vivant, que vous tenez à quelque chose, et que vous êtes prêt à sortir de votre routine. Le vrai problème, ce ne serait pas d’avoir peur, mais de ne plus rien ressentir du tout.
“L’hypnose sociale ne vous demande pas d’y croire. Elle vous demande juste d’être présent. Le reste, c’est mon travail.”
Avant de préparer quoi que ce soit, il faut déminer le terrain. Beaucoup de mes nouveaux patients arrivent avec une image de l’hypnose héritée des films, des spectacles ou des vidéos YouTube un peu sensationnalistes. Ils imaginent que je vais les endormir, les faire obéir à des ordres absurdes, ou pire, qu’ils vont perdre le contrôle d’eux-mêmes. Ces croyances sont tenaces, et elles sont compréhensibles. Mais elles vous empêchent de vivre l’expérience pour ce qu’elle est vraiment.
L’hypnose sociale que je pratique – celle de l’école ericksonienne, enrichie par l’IFS (Internal Family Systems) et l’intelligence relationnelle – n’a rien à voir avec un état de sommeil ou de soumission. Vous ne serez pas inconscient. Vous n’allez pas vous réveiller en ne sachant plus ce qui s’est passé. Vous ne ferez rien contre votre volonté. Si je vous demandais de vous lever et de danser la salsa en plein milieu de la séance, vous ouvririez les yeux et vous me regarderiez comme si j’étais fou. Et vous auriez raison. Parce que l’hypnose ne supprime pas votre libre arbitre. Elle le contourne temporairement pour accéder à des ressources que votre conscient a oubliées ou verrouillées.
Concrètement, l’état hypnotique, c’est comme quand vous êtes tellement absorbé par un film que vous en oubliez que vous êtes dans un fauteuil. Ou comme quand vous conduisez sur une route familière et que vous arrivez chez vous sans vous souvenir du trajet. Vous n’étiez pas endormi. Vous étiez simplement dans un état de conscience modifié, focalisé sur autre chose. Votre corps conduisait, votre inconscient gérait les virages et les feux, pendant que votre esprit vagabondait. C’est exactement cela, l’hypnose : un état de concentration naturelle où votre conscient se met en retrait pour laisser place à des processus plus profonds.
Un autre mythe tenace est celui de la “guérison miracle”. Certains arrivent en espérant qu’une seule séance va effacer vingt ans d’anxiété sociale ou de phobie. Ce n’est pas impossible – j’ai vu des transformations spectaculaires en une séance – mais ce n’est pas la règle. L’hypnose sociale est un outil, pas un tour de magie. Elle va vous aider à déverrouiller des portes, mais c’est vous qui devrez les franchir. Mon rôle est de vous guider, de créer un espace sécurisé, de vous donner des clés. Le travail de changement, lui, vous appartient.
Alors si vous arrivez en vous disant “je vais voir si ça marche”, vous passez à côté de l’essentiel. L’hypnose sociale, ce n’est pas quelque chose qu’on subit. C’est quelque chose qu’on vit, qu’on expérimente, qu’on co-construit avec le praticien. Et pour cela, il faut laisser de côté le jugement et la méfiance, ne serait-ce que pour une heure.
La préparation d’une séance d’hypnose sociale commence bien avant de franchir la porte de mon cabinet. Elle commence dans votre quotidien, dans les heures qui précèdent le rendez-vous. Et c’est là que beaucoup font une erreur : ils arrivent en courant, le téléphone à la main, stressés par leur journée, et ils espèrent que l’hypnose va miraculeusement dissoudre toute cette agitation en cinq minutes. C’est possible, mais c’est se compliquer la tâche inutilement.
Voici ce que je recommande à tous mes nouveaux patients, et que j’applique moi-même avant chaque séance que je conduis :
Choisissez un créneau où vous ne serez pas sous pression. Si vous devez repartir en courant pour récupérer vos enfants à l’école ou pour un appel professionnel important, votre inconscient restera en alerte. Il ne se laissera pas aller complètement. Préférez un moment où vous avez au moins une heure de tranquillité derrière vous et une heure de tranquillité devant vous. Le samedi matin, un après-midi de congé, une pause déjeuner allongée. Le contexte temporel compte autant que le contexte spatial.
Évitez les stimulants avant la séance. Café, thé fort, boissons énergisantes, cigarettes en excès : tout ce qui active votre système nerveux sympathique (celui de l’action et du stress) va rendre l’induction hypnotique plus difficile. Ce n’est pas rédhibitoire, mais si vous arrivez avec 200 mg de caféine dans le sang et une montée d’adrénaline, votre conscient sera comme un cheval fougueux qu’il faudra longuement calmer. Une tasse de tisane, un verre d’eau, une respiration tranquille dans la salle d’attente : c’est déjà un meilleur départ.
Habillez-vous confortablement. Cela semble anodin, mais une ceinture trop serrée, un col qui gratte, des chaussures inconfortables sont autant de micro-stimuli qui ramènent votre attention vers votre corps et vous empêchent de vous abandonner à l’expérience. Vous n’êtes pas obligé de venir en pyjama, mais choisissez des vêtements dans lesquels vous pouvez vous asseoir, vous allonger et respirer profondément sans gêne.
L’état d’esprit, lui, se prépare en amont. Je ne vous demande pas d’y croire. Je vous demande juste de vous autoriser à être curieux. La curiosité est une disposition bien plus utile que la foi. Elle ouvre, elle explore, elle accepte de ne pas tout comprendre tout de suite. Si vous arrivez en vous disant “je vais voir ce qui se passe, sans attente, sans jugement”, vous êtes dans les meilleures conditions possibles.
Un exercice simple que je donne souvent : cinq minutes avant d’entrer dans le cabinet, fermez les yeux et prenez trois respirations profondes. À l’inspire, imaginez que vous accueillez ce qui vient. À l’expire, imaginez que vous laissez partir vos attentes et vos peurs. Juste trois fois. C’est un petit rituel qui signale à votre cerveau : “On change de mode, on entre dans un espace différent.”
Une séance d’hypnose sociale, ce n’est pas un monologue du praticien pendant que vous restez passif. C’est un échange. Et vous avez le droit – même le devoir – de poser des questions. Beaucoup de mes patients n’osent pas, par peur de paraître ignorants ou de déranger. Mais une question posée au bon moment peut transformer toute la suite de la séance.
Voici les questions que je trouve les plus utiles pour une première rencontre :
“Est-ce que je vais me souvenir de tout ?” C’est la question la plus fréquente, et elle mérite une réponse claire. Oui, vous vous souviendrez de l’essentiel. L’hypnose sociale n’efface pas la mémoire. Vous pouvez même vous souvenir de tout si votre conscient reste en veille. Parfois, certaines sensations ou images vous échapperont, comme un rêve qui s’estompe au réveil, mais vous garderez une trace consciente de l’expérience.
“Et si je ne réagis pas ?” Autre grande peur : celle de “résister” à l’hypnose, de ne pas être hypnotisable. Laissez-moi dissiper ce mythe une fois pour toutes : tout le monde est hypnotisable, à des degrés divers. Certaines personnes entrent rapidement dans un état profond, d’autres restent plus légères, mais l’hypnose fonctionne même avec un léger état modifié. Si vous êtes capable de vous absorber dans un film ou de rêvasser en regardant par la fenêtre, vous êtes capable d’entrer en hypnose. Le “je n’ai rien senti” n’est pas un échec, c’est parfois juste une perception différente.
“Pouvez-vous m’expliquer ce que vous êtes en train de faire ?” N’hésitez jamais à demander des explications. Un bon praticien sait adapter son langage et son rythme. Si une métaphore vous paraît obscure, si une consigne vous met mal à l’aise, dites-le. L’hypnose sociale est une danse à deux. Si vous êtes perdu, la danse s’arrête. Mon travail est de vous guider, mais vous devez me dire quand le chemin n’est pas clair.
“Combien de séances sont nécessaires ?” Question légitime, mais la réponse est toujours : “Ça dépend.” Cela dépend de la complexité de votre problématique, de votre histoire, de votre capacité à intégrer les changements entre les séances. Certaines phobies simples peuvent être traitées en 3 à 5 séances. Des schémas plus anciens, plus enracinés, peuvent nécessiter un accompagnement plus long. L’important n’est pas la quantité, mais la qualité de votre engagement.
Poser ces questions, c’est déjà un acte de préparation. Cela montre que vous prenez votre séance au sérieux, que vous voulez comprendre ce qui se joue. Et cela crée une relation de confiance avec votre praticien, qui est le terreau de tout travail hypnotique efficace.
“Un patient qui pose des questions n’est pas un patient difficile. C’est un patient qui veut apprendre à collaborer. Et en hypnose, la collaboration est la clé.”
Vous êtes allongé, les yeux fermés, vous écoutez ma voix. Et soudain, une pensée surgit : “Je ne sens rien, ça ne marche pas, je perds mon temps.” Cette pensée, elle est normale. Elle survient chez au moins un patient sur deux lors d’une première séance. Et elle n’est pas un problème en soi. Ce qui est problématique, c’est ce que vous faites avec.
La plupart des gens, quand cette pensée arrive, se mettent à analyser, à juger, à vouloir “forcer” l’état hypnotique. Ils se disent : “Je dois me détendre plus”, “Je dois faire le vide”, “Je dois y croire plus fort”. Et plus ils essaient, plus ils s’éloignent de l’état recherché. C’est comme vouloir s’endormir en se répétant “je dois m’endormir” : ça ne marche jamais.
La bonne attitude, c’est l’acceptation. Quand la pensée “ça ne marche pas” arrive, au lieu de lutter, dites-vous simplement : “Ah, voilà cette pensée. Elle est là. Je la remarque.” Puis ramenez doucement votre attention sur ma voix, sur votre respiration, sur les sensations dans votre corps. Vous n’avez pas besoin de chasser la pensée. Vous avez juste besoin de ne pas la suivre.
Un autre piège fréquent est de vouloir “voir” ou “ressentir” des choses spectaculaires : des images vives, des fourmillements, une sensation de flottement. L’hypnose sociale n’est pas toujours sensoriellement intense. Parfois, c’est juste un sentiment de calme, une légère somnolence, une impression d’être “ailleurs” sans pouvoir le décrire précisément. C’est suffisant. Les changements les plus profonds se produisent souvent dans les séances les plus discrètes.
Si vous sentez que vous “décrochez” complètement, que vous vous mettez à penser à votre liste de courses ou à votre prochain rendez-vous, ne culpabilisez pas. Cela arrive. Le simple fait de vous rendre compte que vous avez décroché est déjà un retour à la conscience. Et vous pouvez, à ce moment-là, choisir de revenir à ma voix. C’est un mouvement naturel, comme une vague qui monte et qui descend. L’hypnose n’est pas un état linéaire, c’est un va-et-vient permanent entre conscience modifiée et conscience ordinaire.
Enfin, si vraiment vous êtes mal à l’aise – physiquement ou émotionnellement – vous avez le droit d’ouvrir les yeux et de dire stop. L’hypnose sociale ne vous enferme pas. Vous pouvez interrompre la séance à tout moment. C’est votre espace, votre sécurité. Un bon praticien respectera toujours cette limite et vous aidera à comprendre ce qui s’est passé.
La séance dure une heure, parfois un peu plus. Mais son effet ne s’arrête pas quand vous ouvrez les yeux et que vous remettez vos chaussures. Le véritable travail d’intégration commence dans les heures et les jours qui suivent. C’est là que votre inconscient continue à trier, à associer, à remodeler les schémas que nous avons commencé à déverrouiller.
Beaucoup de mes patients me disent : “Je me suis senti bien pendant la séance, mais une fois dehors, tout est reven
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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