3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Jean, 45 ans, raconte comment il a surmonté sa peur en 3 séances
Je n’ai pas mis les pieds chez un dentiste pendant plus de dix ans. Chaque fois que j’y pensais, c’était la même chose : le ventre qui se noue, les mains moites, cette sensation d’étouffement rien qu’en imaginant le fauteuil. Je préférais supporter une douleur lancinante plutôt que d’affronter cette peur.
Jean s’assied face à moi, les épaules encore un peu rentrées. Il vient d’avoir 45 ans, et pour fêter ça, il a pris rendez-vous chez un dentiste pour la première fois depuis son adolescence. Il me dit ça avec un sourire gêné, comme s’il avouait une faute. Pourtant, ce qu’il a fait est tout sauf une faute : c’est un acte de courage.
Son histoire, je l’entends souvent. Des adultes qui ont laissé leurs dents se dégrader pendant des années, qui ont accepté des douleurs chroniques, des infections, des gênes alimentaires. Pas par négligence. Par peur. Une peur viscérale, irrationnelle, qui prend le dessus sur tout raisonnement.
Jean est venu me voir parce qu’il ne supportait plus cette situation. Son dentiste lui avait parlé de l’hypnose, comme d’une possibilité pour l’accompagner. Il était sceptique, mais désespéré. Il avait besoin de soins importants : plusieurs caries, une racine à dévitaliser, et une couronne à poser. Rien d’exceptionnel pour un dentiste, mais pour lui, c’était un parcours du combattant.
En trois séances d’hypnose, Jean a transformé sa relation avec les soins dentaires. Il a pu se faire soigner sans angoisse, sans crise de panique, sans avoir besoin d’être maintenu de force sur le fauteuil. Aujourd’hui, il rit en racontant ses séances chez le dentiste. Il dit même qu’il trouve ça presque relaxant.
Voici son témoignage, et ce que son parcours peut vous apprendre si vous aussi, la simple idée d’un rendez-vous chez le dentiste vous paralyse.
La phobie du dentiste, qu’on appelle aussi odontophobie, n’est pas une simple appréhension. Ce n’est pas « je n’aime pas trop ça, mais je le fais quand même ». C’est une peur panique qui déclenche des réactions physiques et émotionnelles intenses.
Jean me décrivait ça comme une décharge électrique dans tout le corps. Rien que de passer devant un cabinet dentaire en voiture, son rythme cardiaque s’emballait. Quand il devait prendre rendez-vous par téléphone, il repoussait, trouvait des excuses, oubliait volontairement.
Cette phobie s’installe souvent dans l’enfance. Une expérience douloureuse, un soin fait sans anesthésie suffisante, un dentiste brusque ou pressé. Pour Jean, c’était un souvenir précis : à 9 ans, une extraction sans que l’anesthésie ait eu le temps d’agir. La douleur, l’impression d’être maintenu de force, le sentiment d’impuissance totale.
Ce qui rend cette phobie si tenace, c’est qu’elle se renforce à chaque évitement. Plus on évite, plus la peur grandit. Et plus la peur grandit, plus on évite. C’est un cercle vicieux qui peut durer des décennies.
Le cerveau fait une association très forte entre le contexte du soin dentaire et le danger. Tout y passe : l’odeur du cabinet, le bruit de la fraise, la lumière du scialytique, la position allongée. Chaque élément devient un déclencheur de l’alarme interne.
Jean avait développé des stratégies d’évitement impressionnantes. Il se brossait les dents de façon obsessionnelle pour éviter les caries. Il utilisait des bains de bouche antiseptiques en espérant que ça suffise. Il allait chez le dentiste uniquement pour des détartrages, et encore, en suant à grosses gouttes.
Mais à 45 ans, la réalité a rattrapé son évitement. Une douleur tenace dans une molaire l’a obligé à consulter. Le verdict était sans appel : plusieurs soins urgents, sous peine de complications sérieuses.
« J’ai compris que je ne pouvais plus fuir. Mais l’idée de m’asseoir dans ce fauteuil me terrifiait plus que la douleur elle-même. »
C’est là que son dentiste a évoqué l’hypnose. Pas comme une solution miracle, mais comme un outil pour l’aider à gérer sa peur. Jean était perplexe. Il imaginait l’hypnose de spectacle, avec des gens qui font des choses ridicules sur scène. Il ne voyait pas en quoi ça pourrait l’aider à ne pas paniquer devant une fraise dentaire.
L’hypnose que je pratique, celle de Milton Erickson, n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle. Il n’y a pas de pendule, pas de suggestion autoritaire, pas de perte de contrôle. Erickson disait que l’hypnose est un état de conscience modifié, naturel, que nous expérimentons tous plusieurs fois par jour.
Vous savez, ces moments où vous êtes tellement absorbé par un film que vous ne remarquez plus le temps passer ? Ou quand vous conduisez sur une route familière et que vous vous rendez compte que vous avez parcouru plusieurs kilomètres sans y penser ? C’est ça, l’état hypnotique. Un état de focalisation intérieure où le mental critique s’apaise.
Dans cet état, le cerveau devient plus réceptif aux nouvelles possibilités. Les peurs archaïques, celles qui sont stockées dans le système limbique, peuvent être revisitées sans déclencher l’alarme habituelle.
Avec Jean, nous avons travaillé en trois séances. La première a été consacrée à comprendre sa peur, à la cartographier. Je lui ai demandé de me décrire précisément ce qui se passait en lui quand il imaginait être chez le dentiste.
Il m’a parlé de cette sensation d’oppression dans la poitrine, de cette envie de fuir, de cette voix intérieure qui lui disait « ça va faire mal, tu vas suffoquer, tu n’arriveras pas à t’en sortir ». Il m’a aussi parlé de la honte. La honte d’avoir peur à 45 ans, la honte de devoir se faire aider pour quelque chose que tout le monde fait sans problème.
Cette honte est un piège. Elle empêche de chercher de l’aide, elle isole, elle renforce le sentiment d’être anormal. Pourtant, la phobie du dentiste touche entre 10 et 20% de la population. Jean n’était pas un cas isolé. Il était juste un homme qui avait besoin d’outils pour apprivoiser sa peur.
La deuxième séance a été le cœur du travail. Nous avons utilisé l’hypnose pour permettre à Jean de créer un espace de sécurité intérieur. Un endroit mental où il pouvait se réfugier pendant les soins. Un lieu qu’il a lui-même imaginé : une plage déserte au coucher du soleil, avec le bruit des vagues et la sensation du sable chaud sous ses pieds.
Nous avons aussi travaillé sur la dissociation thérapeutique. C’est une technique qui permet de se sentir présent dans la pièce, mais avec une distance confortable par rapport à ce qui se passe. Jean a appris à observer les sensations dans sa bouche comme s’il regardait un film, sans être complètement dedans.
« Pendant mes soins, j’étais sur ma plage. J’entendais les bruits de la fraise, mais ils étaient comme lointains, comme les vagues au loin. Mon corps était dans le fauteuil, mais ma tête était ailleurs. »
La troisième séance a été une préparation active. Nous avons simulé mentalement le rendez-vous chez le dentiste, étape par étape. L’entrée dans le cabinet, l’installation dans le fauteuil, l’ouverture de la bouche, le début du soin. À chaque étape, Jean apprenait à reconnaître les signaux de stress et à les désamorcer avec ses outils.
Ce qui est important de comprendre, c’est que l’hypnose n’a pas effacé la peur de Jean. Elle lui a donné les moyens de ne plus être submergé par elle. La peur était toujours là, mais elle était devenue une information parmi d’autres, pas une émotion qui prend le contrôle.
Jean est arrivé à sa première séance avec des attentes floues et beaucoup de scepticisme. Il me l’a dit franchement : « Je ne crois pas trop à ces trucs-là, mais je suis prêt à essayer n’importe quoi pour ne plus avoir peur. »
J’aime cette honnêteté. Elle permet de poser un cadre clair. L’hypnose n’est pas une croyance, c’est un outil. On n’a pas besoin d’y croire pour que ça marche. Il suffit d’être prêt à expérimenter.
La première séance a duré une heure et demie. Nous avons passé beaucoup de temps à parler. Jean avait besoin de raconter son histoire, d’être entendu sans jugement. Il avait accumulé tellement de honte et de frustration que le simple fait de verbaliser sa peur l’a soulagé.
Je lui ai expliqué le mécanisme de la phobie. Comment le cerveau associe un stimulus neutre (le cabinet dentaire) à une réponse de peur intense. Comment cette réponse se renforce à chaque évitement. Comment le corps apprend à anticiper la douleur avant même qu’elle n’arrive.
Cette explication rationnelle a aidé Jean à dédramatiser. Sa peur n’était pas un signe de faiblesse, c’était un apprentissage involontaire de son cerveau. Et comme tout apprentissage, il pouvait être modifié.
Nous avons fait une première induction hypnotique légère. Jean était allongé sur un divan, les yeux fermés. Je l’ai guidé vers un état de relaxation profonde, en utilisant sa respiration comme point d’ancrage. Il était surpris de constater à quel point il pouvait se détendre en quelques minutes.
« Je ne pensais pas que mon corps pouvait se relâcher autant. J’ai senti mes épaules descendre, ma mâchoire se décontracter. C’était comme si je flottais. »
La deuxième séance, une semaine plus tard, a été plus intense. Nous avons travaillé sur la dissociation et la création de l’espace de sécurité. Jean a choisi sa plage, avec des détails très précis : la couleur du sable, la température de l’eau, l’odeur de l’air marin.
Je lui ai appris à utiliser un signal kinesthésique : toucher son pouce et son index ensemble pour activer instantanément cet état de calme. Ce geste, répété pendant la séance, est devenu un ancrage. Un déclencheur qui lui permettait de retrouver sa plage en quelques secondes.
La troisième séance a eu lieu juste avant son rendez-vous chez le dentiste. Nous avons fait une répétition mentale complète du soin. Jean fermait les yeux et je décrivais chaque étape. Il apprenait à accueillir les sensations de stress sans les amplifier, à respirer, à activer son ancrage.
Il est ressorti de cette séance calme, concentré. Pas totalement serein, mais avec une confiance nouvelle. Il savait qu’il avait des outils, qu’il n’était plus démuni face à sa peur.
Jean a eu son premier rendez-vous chez le dentiste le lendemain de sa troisième séance d’hypnose. Il m’a rappelé en fin de journée, la voix joyeuse, presque incrédule.
« Ça a marché. Vraiment. J’étais stressé en arrivant, mais dès que je me suis assis dans le fauteuil, j’ai fait mon geste. Je me suis vu sur ma plage. Le dentiste a commencé à travailler, et je n’ai pas paniqué. J’ai senti les vibrations, j’ai entendu le bruit, mais c’était supportable. »
Il a eu besoin de deux séances supplémentaires chez le dentiste pour terminer tous ses soins. À chaque fois, il utilisait ses outils. La première fois, il était encore un peu tendu. La deuxième, il était détendu. La troisième, il a presque somnolé pendant le soin.
Jean a non seulement guéri ses dents, il a guéri sa relation avec le dentiste. Il a repris rendez-vous pour un contrôle six mois plus tard, sans angoisse. Il a même recommandé l’hypnose à un collègue qui avait la même peur.
Mais au-delà des soins dentaires, Jean a vécu quelque chose de plus profond. Il a découvert qu’il pouvait influencer son propre état émotionnel. Qu’il n’était pas victime de ses peurs, mais qu’il pouvait les apprivoiser.
Cette compétence, il l’a utilisée dans d’autres domaines. Pour gérer son stress au travail, pour mieux dormir, pour aborder des situations inconfortables avec plus de sérénité. La peur du dentiste n’était que la pointe de l’iceberg. En travaillant dessus, il a appris à naviguer dans ses émotions.
« Je ne me suis pas seulement débarrassé d’une phobie. J’ai appris à être moins dur avec moi-même. J’ai compris que j’avais le droit d’avoir peur, et que ce n’était pas une fatalité. »
Ce que Jean a vécu n’est pas exceptionnel. Je le vois régulièrement avec les personnes que j’accompagne. La phobie du dentiste est l’une des peurs les plus fréquentes, et l’une de celles qui répondent le mieux à l’hypnose.
Pourquoi ? Parce que cette peur est très liée à la sensation de perte de contrôle. Le patient est allongé, immobile, la bouche ouverte, incapable de parler. Il confie son corps à un inconnu qui va lui faire mal (même si c’est pour son bien). Cette position de vulnérabilité est insupportable pour beaucoup.
L’hypnose redonne du contrôle. Pas sur le geste du dentiste, mais sur sa propre expérience. Le patient apprend à réguler son système nerveux, à utiliser son imagination pour créer une bulle de sécurité, à dissocier pour supporter ce qui est inconfortable.
Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez dans le parcours de Jean, je veux vous dire une chose : vous n’êtes pas seul. Des milliers d’adultes vivent la même chose. Et il existe des solutions.
L’hypnose n’est pas la seule approche, mais elle est particulièrement adaptée pour les phobies. Elle est rapide (souvent 2 à 4 séances suffisent), non invasive, et elle vous donne des outils que vous pourrez réutiliser toute votre vie.
Certains dentistes sont formés à l’hypnose et peuvent vous accompagner directement pendant le soin. D’autres préfèrent que vous veniez préparé en amont. Dans les deux cas, l’important est d’en parler.
Si vous n’osez pas encore prendre rendez-vous chez le dentiste, commencez par une consultation avec un hypnothérapeute. Nous pouvons travailler sur votre peur avant même que vous ne franchissiez la porte du cabinet dentaire. Et quand vous serez prêt, vous pourrez aborder les soins avec des ressources solides.
Voici ce que vous pouvez faire dès maintenant, concrètement :
Reconnaissez votre peur sans honte. Dites-vous que c’est une réaction naturelle de votre cerveau, pas un défaut de caractère. Des millions de personnes partagent cette peur.
Parlez-en à votre dentiste. La plupart des dentistes sont habitués à recevoir des patients anxieux. Beaucoup ont des techniques pour vous mettre à l’aise. Certains pratiquent même l’hypnose.
Cherchez un hypnothérapeute spécialisé dans les phobies. Demandez-lui s’il a l’habitude d’accompagner des personnes qui ont peur du dentiste. Une séance d’information ne vous engage à rien.
Fixez-vous un petit objectif. Pas besoin de faire tous les soins d’un coup. Peut-être que votre premier objectif sera simplement d’aller visiter le cabinet, de vous asseoir dans le fauteuil, de repartir sans soin. Chaque pas compte.
Soyez patient avec vous-même. La guérison d’une phobie prend du temps. Il y aura peut-être des rechutes, des moments de doute. C’est normal. L’important est de continuer à avancer, à votre rythme.
Jean a attendu 35 ans avant de pouvoir se faire soigner
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.