3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Découvrez une approche douce et efficace contre les phobies.
Tu conduis, et soudain, ton cœur s’emballe. Tes mains deviennent moites sur le volant. La respiration se bloque. Tu vois le pont au loin, le tunnel qui approche, ou simplement cette file de voitures qui s’allonge devant toi. Et une voix intérieure crie : « Je ne peux pas. Je vais craquer. Il faut que je sorte d’ici. »
Si tu vis quelque chose comme ça, tu n’es pas seul. Je rencontre régulièrement des personnes qui, chaque jour, doivent composer avec cette peur qui transforme un simple trajet en épreuve. Certaines évitent les autoroutes, d’autres ne prennent plus la voiture que pour des trajets connus, d’autres encore ressentent une angoisse diffuse dès qu’elles montent à bord. C’est épuisant. Cela grignote la liberté, les projets, les vacances.
J’aimerais te parler d’une voie possible, douce et respectueuse de ton rythme, pour que ces trajets redeviennent ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être : des moments ordinaires. Cette voie, c’est l’hypnose ericksonienne. Et je ne te promets pas de miracle. Je te propose une exploration, pas une bagarre contre toi-même.
C’est la première question que l’on se pose. « Je sais que c’est irrationnel. Je sais que le pont est sûr. Je sais que je suis un bon conducteur. Alors pourquoi mon corps ne m’écoute pas ? »
La réponse se trouve dans le fonctionnement de notre cerveau. Quand tu as vécu une première fois une sensation intense de peur au volant – une frayeur, une quasi-collision, une sensation d’étouffement dans un embouteillage – ton cerveau émotionnel, l’amygdale, a pris une décision très rapide. Il a dit : « Attention, danger. Enregistre tout ce qui est présent : la position assise, l’odeur de l’habitacle, le bruit du moteur, la vue de la route. »
Ce n’est pas une décision réfléchie. C’est un réflexe de survie. Le problème, c’est que la prochaine fois que tu te retrouves dans une situation qui ressemble à ce souvenir – même sans le danger réel – l’amygdale se réactive. Elle ne fait pas la différence entre une menace réelle et une menace imaginée. Elle allume le même signal d’alarme.
Et toi, tu te retrouves à lutter. Tu essaies de raisonner, de te dire « calme-toi », de serrer les dents. Mais c’est comme essayer d’éteindre un incendie avec des arguments. La lutte aggrave souvent la peur. Plus tu résistes, plus la tension monte. C’est ce que j’appelle le syndrome du « je dois me contrôler ». Et ce contrôle forcé est exactement ce qui nourrit le cercle vicieux.
L’hypnose ericksonienne ne va pas te demander de lutter. Elle va te proposer autre chose : écouter cette peur sans la combattre, et lui offrir un chemin de transformation.
Milton Erickson, le père de cette approche, avait une conviction profonde : chaque personne possède en elle les ressources nécessaires pour résoudre ses difficultés. Mais souvent, ces ressources sont bloquées, inaccessibles, parce que la peur les a recouvertes.
L’hypnose ericksonienne ne cherche pas à te faire perdre le contrôle. Elle t’invite à un état de conscience modifié, un peu comme lorsque tu es absorbé par un film ou perdu dans tes pensées en marchant. Dans cet état, ton esprit critique, celui qui analyse et juge, se met en retrait. Ton inconscient, cette partie immense et créative de toi, devient plus accessible.
C’est là que la magie opère. Pas une magie de spectacle, mais une magie de réorganisation. Je ne vais pas te dire « tu n’auras plus peur ». Je vais plutôt utiliser des métaphores, des histoires, des suggestions indirectes, pour que ton inconscient trouve sa propre solution.
Par exemple, je me souviens d’un patient, appelons-le Marc. Il était commercial et devait prendre l’autoroute deux fois par semaine. Il arrivait au péage, et la panique montait. Il avait tout essayé : la respiration, les médicaments, la visualisation positive. Rien ne tenait. Lors de notre première séance, je ne lui ai pas demandé de visualiser la route. Je lui ai parlé d’un jardin. D’un chemin de pierres. D’un ruisseau. Il a fermé les yeux, et son corps a commencé à se détendre. Puis, j’ai glissé une suggestion : « Et peut-être que, comme ce ruisseau, tes trajets peuvent devenir plus fluides, sans que tu aies à forcer le courant. »
Il n’a pas changé du jour au lendemain. Mais la semaine suivante, il m’a dit : « C’est bizarre, je n’ai pas eu la crise. J’ai senti la peur arriver, mais elle est passée. Comme si elle n’avait plus de prise. » C’est ça, le travail. Pas d’élimination brutale, mais une transformation discrète.
« L’hypnose ne supprime pas la peur. Elle lui offre un nouveau territoire, où elle peut s’apaiser sans avoir à disparaître. »
Les phobies de conduite ne naissent pas toujours d’un accident spectaculaire. Parfois, c’est une accumulation de petites choses. Un jour, tu es coincé dans un bouchon et tu commences à avoir chaud. Tu te dis « et si je ne pouvais pas sortir ? ». La panique monte. Tu ouvres la fenêtre, mais ça ne suffit pas. La prochaine fois, le simple fait de penser à un bouchon déclenche la même réaction.
C’est ce qu’on appelle le conditionnement. Ton cerveau a associé la conduite (ou un aspect précis : le tunnel, le pont, la nuit) à une réponse de peur. Et cette association s’est renforcée à chaque fois que tu as évité la situation ou que tu l’as affrontée avec angoisse.
Pour déconstruire ce conditionnement, l’hypnose ericksonienne utilise plusieurs leviers :
La dissociation douce : On peut t’apprendre à observer ta peur comme si tu regardais un film. Tu es dans le public, pas sur l’écran. Cela crée une distance qui diminue l’intensité.
La réassociation positive : On va retrouver un moment dans ta vie où tu te sentais calme, confiant, en sécurité. Peut-être un souvenir d’enfance, un paysage, un sentiment de bien-être. En hypnose, on va ancrer cette sensation dans ton corps, et on va la relier à des éléments de la conduite (le volant, le bruit du moteur, la vue de la route).
La métaphore thérapeutique : Je vais te raconter une histoire qui, sans parler directement de ta phobie, va agir sur les mécanismes sous-jacents. Par exemple, l’histoire d’un arbre qui plie sous le vent sans casser, ou d’un marin qui apprend à lire les courants plutôt qu’à les combattre. Ton inconscient, lui, comprendra le message.
Je travaille aussi avec l’IFS (Internal Family Systems), qui considère que la peur est une « partie » de toi qui a été blessée ou qui essaie de te protéger. Au lieu de la rejeter, on l’écoute. On lui demande : « Qu’est-ce que tu crains vraiment ? » Souvent, la peur de conduire cache une peur plus profonde : perdre le contrôle, être piégé, ne pas être à la hauteur, ou même un souvenir ancien de vulnérabilité. Quand cette partie se sent entendue, elle se calme.
Je veux être clair. L’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas :
Ce qu’elle fait, c’est créer les conditions pour que ton système nerveux apprenne de nouvelles réponses. C’est un peu comme réparer un chemin dans une forêt. Au début, il y a un seul sentier (la peur). Grâce à l’hypnose, on va tracer d’autres sentiers, plus larges, plus confortables. Et progressivement, le chemin de la peur va s’effacer, faute d’être emprunté.
Cela demande du temps. Certaines personnes ressentent un soulagement après 2 ou 3 séances. D’autres ont besoin de 6 à 8 séances, surtout si la phobie est ancienne ou liée à un traumatisme plus large. Et ce n’est pas un problème. Le rythme, c’est toi qui le fixes.
Sophie est venue me voir il y a deux ans. Elle avait 35 ans, deux enfants, et un mari qui conduisait dès qu’il fallait prendre l’autoroute. Elle, elle ne pouvait plus. Le simple fait de penser à un tunnel – n’importe lequel – la faisait suffoquer. Elle avait vécu un incident banal : une panne dans un tunnel, quelques minutes d’attente, mais la sensation d’étouffement était restée gravée.
On a travaillé en trois temps :
Première séance : On a installé un lieu de sécurité intérieur. En hypnose, elle a construit un espace imaginaire – une cabane au bord de la mer – où elle se sentait totalement en paix. On a ancré cette sensation dans un geste simple : poser sa main sur son ventre.
Deuxième séance : On a abordé le tunnel. Mais pas en le visualisant de face. Je lui ai proposé de le voir comme un tube lumineux, avec des parois souples. On a joué avec les couleurs, les sons. Son inconscient a commencé à associer le tunnel à quelque chose de moins rigide, de moins menaçant. À la fin de la séance, elle a dit : « C’est étrange, je n’ai pas eu de montée d’angoisse en y pensant. »
Troisième séance : On a préparé un « scénario de sortie ». En hypnose, elle a imaginé conduire vers un tunnel, s’arrêter à l’entrée, puis faire demi-tour. Puis, la fois d’après, entrer sur 100 mètres, et ressortir. Chaque étape était accompagnée de la main sur le ventre, du lieu de sécurité. Elle a répété mentalement ce processus plusieurs fois.
Résultat ? Un mois plus tard, elle a pris l’autoroute seule, pour la première fois en trois ans. Elle a traversé un tunnel de 2 kilomètres. Elle m’a envoyé un message : « J’ai eu peur, mais c’était une peur supportable. Je n’ai pas paniqué. Je suis fière. »
Je ne dis pas que ce sera aussi rapide pour toi. Mais je dis que c’est possible.
Tu as peut-être déjà essayé des choses : la relaxation, les exercices de respiration, les thérapies comportementales (TCC) où l’on t’expose progressivement à la peur. Ces méthodes ont leur place, et elles fonctionnent pour certains. Mais elles demandent souvent une confrontation volontaire, une force de volonté, une discipline.
L’hypnose ericksonienne a une philosophie différente : elle ne demande pas d’effort. Elle invite à lâcher prise. Erickson disait : « Le patient a toutes les ressources. Mon travail est de les libérer. » Cela signifie que tu n’as pas à te battre contre ta peur. Tu peux l’accueillir, la comprendre, et la laisser se transformer sans résistance.
C’est particulièrement utile pour les personnes qui ont déjà épuisé leur énergie à essayer de se contrôler. La peur de conduire est souvent liée à une peur de perdre le contrôle. L’hypnose, en te montrant que tu peux être en sécurité même en lâchant prise, casse ce cercle.
Je combine aussi l’hypnose avec l’Intelligence Relationnelle, qui t’aide à comprendre comment tu te relationnes à toi-même dans ces moments de peur. Est-ce que tu te parles durement ? Est-ce que tu te juges ? Est-ce que tu attends que quelqu’un vienne te sauver ? En prenant conscience de ces schémas, tu peux choisir une autre posture, plus douce, plus bienveillante.
Si tu te reconnais dans ces lignes, voici une petite chose que tu peux essayer ce soir, chez toi, sans pression.
Fais cela 5 minutes par jour. Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est un début. C’est un geste qui dit à ton système nerveux : « Je peux être en sécurité, même en imagination. »
Je ne sais pas où tu en es aujourd’hui. Peut-être que tu lis ces lignes en tremblant, ou peut-être que tu as juste une petite appréhension qui te gâche la vie. Dans les deux cas, sache que tu n’es pas obligé de rester avec cette peur. Tu n’es pas obligé de te battre seul.
L’hypnose ericksonienne, c’est un peu comme un guide qui marche à côté de toi dans une forêt que tu ne connais pas. Il ne te porte pas, il ne te force pas à courir. Il te montre des sentiers que tu n’avais pas vus. Et un jour, tu réalises que tu n’as plus besoin de lui. Tu connais le chemin.
Si tu veux explorer cette voie, je suis là. On peut se rencontrer, sans engagement, pour que tu voies si cette approche te parle. Pas de protocole rigide. Juste une conversation, une écoute, et peut-être, un début de transformation.
Prends soin de toi. La route peut être douce, même quand elle a été cabossée.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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