3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des techniques pratiques pour calmer l’anxiété au quotidien.
Tu poses le pied dehors, et là, c’est le même scénario. Le cœur qui s’emballe, la respiration qui se coupe, une sensation étrange de déréalisation. Tu te dis que tu vas tomber, perdre le contrôle, ou pire, faire quelque chose d’humiliant devant les autres. Alors tu fais demi-tour. Pour beaucoup de personnes que je reçois à Saintes, l’agoraphobie n’est pas une « peur des espaces ouverts », comme on l’entend parfois. C’est une peur de la peur elle-même. Une peur de ce qui pourrait arriver si tu n’as pas d’issue, si tu ne peux pas t’échapper, si tu te retrouves coincé dans un supermarché, un train, ou même une simple file d’attente.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien en hypnose et en thérapie IFS (Internal Family Systems) à Saintes depuis 2014. Chaque semaine, je vois des adultes qui viennent avec cette boule au ventre, épuisés par cette anxiété qui les empêche de vivre normalement. L’agoraphobie peut sembler une prison, mais ce que j’ai appris en accompagnant des sportifs de haut niveau, des coureurs ou des footballeurs, c’est que le cerveau est plastique. Il peut apprendre à répondre différemment. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des outils puissants pour cela. Mais en attendant de pouvoir venir consulter, ou pour compléter ton travail, tu peux commencer chez toi.
Voici 5 exercices simples, issus de l’hypnose et des approches que j’utilise, pour calmer l’anxiété et reprendre pied.
Tu es dans ton salon, tu sens monter cette agitation. Avant même de vouloir affronter la porte d’entrée, il faut d’abord calmer le système nerveux. L’agoraphobie active ton système sympathique – celui qui prépare à la fuite ou au combat. Le premier réflexe, c’est souvent d’essayer de chasser la peur par la raison : « Arrête, c’est dans ta tête, il n’y a aucun danger. » Mais ça ne marche pas, parce que ton cerveau limbique, la partie émotionnelle, ne comprend pas les arguments logiques. Il a besoin d’un signal corporel fort pour redescendre.
L’exercice de la respiration en boîte, ou respiration carrée, est utilisé par les forces spéciales et les sportifs de haut niveau pour gérer le stress intense. C’est un outil d’hypnose simple, mais incroyablement efficace. Pourquoi ? Parce qu’il donne à ton cerveau une structure, un rythme. Tu reprends le contrôle sur ta respiration, et par ricochet, sur ton rythme cardiaque.
Comment faire :
Tu vois le carré ? Inspire – blocage – expire – blocage. Le piège, c’est de vouloir faire des grandes respirations. Ne cherche pas à vider l’air complètement. L’important, c’est le tempo. Si tu sens que 4 secondes c’est trop long, commence par 3 secondes. L’idée n’est pas de te mettre en difficulté, mais de créer une sécurité.
Ce n’est pas l’air qui manque, c’est le rythme qui s’est perdu. La respiration en boîte recrée une cadence intérieure.
Après deux ou trois cycles, tu sentiras souvent une baisse de la tension. Ce n’est pas magique, c’est physiologique. Tu envoies un signal à ton nerf vague, le grand chef d’orchestre du système parasympathique (le frein), pour dire : « On peut ralentir. » Fais cet exercice matin et soir, et surtout juste avant une situation qui te stresse. Il deviendra ton ancrage de sécurité.
L’agoraphobie est souvent liée à une hypersensibilité à l’environnement. Tu captes tout : les regards, les bruits, les mouvements. C’est comme si tu n’avais pas de filtre. Tu te sens exposé, vulnérable. En hypnose ericksonienne, on utilise beaucoup la dissociation et la création d’un espace de sécurité interne. L’idée ici n’est pas de nier l’environnement, mais de créer une frontière symbolique.
Cet exercice est parfait à faire chez toi, dans un endroit calme, avant de sortir ou après une journée éprouvante. Il va t’aider à reprendre possession de ton espace personnel.
Comment faire :
Ce n’est pas un exercice d’évitement. C’est un exercice de régulation. En IFS, on dirait que tu aides une partie de toi qui a besoin de protection à se sentir en sécurité. Quand tu marches dans la rue, tu peux réactiver cette bulle en une seconde. Tu poses une main sur ton ventre, tu inspires, et tu visualises la bulle qui se reforme. C’est un rappel que tu as le droit d’exister sans être envahi.
Un des symptômes les plus troublants de l’agoraphobie, c’est la déréalisation ou la dépersonnalisation. Soudainement, tu as l’impression d’être dans un rêve, que tout est irréel, ou que tu es spectateur de ta propre vie. C’est une réaction de protection du cerveau face à une surcharge sensorielle. Mais c’est terrifiant. Tu te dis : « Je deviens fou. »
Non, tu ne deviens pas fou. C’est juste que ton cerveau a mis le système « hors-ligne » pour te protéger. L’ancrage au sol (ou grounding en anglais) est l’antidote direct. Il force ton cerveau à revenir dans le présent, dans le corps, dans le réel.
Comment faire : Cet exercice se fait debout ou assis, mais idéalement debout pour sentir le poids du corps.
Cet exercice force ton cerveau à passer du mode « pilotage automatique de la peur » au mode « attention consciente ». La déréalisation fond souvent en quelques minutes. Fais-le dès que tu sens que l’anxiété monte ou que tu perds le contact avec la réalité. C’est un outil de premier secours.
L’agoraphobie est souvent alimentée par une mémoire traumatique. Un jour, tu as eu une crise de panique dans un lieu public. Depuis, ton cerveau a associé ce lieu (et tous les lieux similaires) à un danger. C’est ce que l’on appelle un conditionnement. L’hypnose ericksonienne permet de travailler sur cette mémoire, non pas en l’effaçant, mais en changeant la façon dont elle est stockée.
On ne peut pas changer ce qui s’est passé, mais on peut changer la charge émotionnelle qui y est attachée. C’est le principe de la réassociation. Tu vas chez toi, en sécurité, et tu revis la scène, mais en la modifiant.
Comment faire :
Ce que tu fais ici, c’est de l’EMDR simplifié, couplé à de l’hypnose. Tu dis à ton cerveau : « Ce souvenir n’est plus une menace immédiate. Il est passé, je peux le regarder en sécurité. » En répétant cet exercice pour différents souvenirs, tu désamorces les bombes à retardement émotionnelles. Ne force pas si un souvenir est trop violent. Dans ce cas, arrête-toi et reviens à l’ancrage au sol.
C’est l’exercice le plus profond, directement inspiré de l’IFS (Internal Family Systems). L’idée est simple : tu n’es pas « agoraphobe ». Tu as une partie de toi qui a peur. Et cette partie a une bonne raison. Elle essaie de te protéger. Elle est comme un ange gardien un peu trop zélé. Au lieu de la combattre, de la juger, de vouloir la faire taire, tu vas l’écouter. C’est le cœur de l’Intelligence Relationnelle : entrer en relation avec soi-même avec curiosité et compassion.
Comment faire :
Cet exercice est puissant. Il transforme la relation avec la peur. Tu passes d’un combat à une collaboration. En IFS, on dit que quand on écoute la partie qui a peur, elle se calme. Elle n’a plus besoin de crier. Elle peut se reposer. C’est un chemin de guérison durable.
Quand tu accueilles une partie de toi qui a peur, elle cesse d’être un ennemi. Elle devient un allié.
Je ne vais pas te mentir. L’agoraphobie ne se dissout pas en un jour. Ces exercices ne sont pas une baguette magique. Mais ce sont des outils concrets. Tu as désormais cinq clés dans ta poche : la respiration en boîte pour calmer le système nerveux, la bulle pour te protéger, l’ancrage au sol pour revenir à la réalité, la réécriture pour désamorcer les souvenirs, et le dialogue IFS pour apaiser la partie qui a peur.
Choisis-en un. Teste-le. Pas pour qu’il marche parfaitement, mais pour faire connaissance avec lui. L’important, c’est de commencer. Un petit geste. Une minute. Puis deux.
Je reçois à Saintes, dans mon cabinet, des personnes qui ont souvent essayé beaucoup de choses avant de venir. Je ne suis pas là pour te « guérir » à ta place. Je suis là pour t’accompagner à retrouver ton propre pouvoir. Si tu sens que tu as besoin d’un cadre, d’un regard extérieur, ou simplement de poser des mots sur ce que tu vis, tu peux me contacter. Une séance d’hypnose, c’est parfois juste ce petit coup de pouce pour que les exercices que tu fais chez toi deviennent vraiment efficaces.
Prends soin de toi. Et souviens-toi : la peur n’est pas une faiblesse. C’est une partie de toi qui a besoin de sécurité. Et tu peux commencer à la lui offrir, ici, maintenant, chez toi.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.