3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Apaiser la partie de vous qui a peur pour avancer.
Je les vois arriver dans mon cabinet, le dos souvent un peu voûté, le regard qui balaie la pièce comme s’ils cherchaient une sortie de secours. Ils me disent : « Je ne peux plus aller au supermarché seul. » Ou alors : « Je fais trois fois le tour du parking avant d’oser entrer dans une salle de sport. » Parfois c’est plus insidieux : « Je ne peux pas prendre le train sans être assis près de la porte. » L’agoraphobie, ce n’est pas juste la peur des espaces ouverts. C’est la peur de ne pas pouvoir s’échapper, de perdre le contrôle, de se sentir piégé. Et derrière cette peur, il y a presque toujours une part de vous qui est restée figée dans le temps.
Depuis que j’accompagne des adultes à Saintes, j’ai constaté une chose : on peut essayer de raisonner l’agoraphobie, lui faire des discours sur le fait qu’il n’y a aucun danger réel. Ça ne marche pas. Parce que la peur n’habite pas le cerveau rationnel. Elle habite une partie plus ancienne, plus instinctive, qu’on appelle parfois l’enfant intérieur. Et c’est là que l’hypnose ericksonienne, combinée au modèle IFS (Internal Family Systems), devient vraiment utile. Pas pour faire disparaître la peur par magie, mais pour entrer en dialogue avec elle.
Dans cet article, je vais vous montrer comment l’agoraphobie s’installe, pourquoi elle résiste aux tentatives classiques de contrôle, et comment le travail avec la partie enfant intérieure peut apaiser cette peur à la racine. Je vais être honnête : ce n’est pas une baguette magique. Mais c’est une voie qui permet de retrouver une liberté que vous pensiez avoir perdue.
Prenons un exemple concret. Je reçois Laura, 34 ans, commerciale. Elle vient me voir parce qu’elle a dû refuser une promotion : le nouveau poste impliquait des déplacements en train, et elle ne peut plus monter dans un wagon sans sentir son cœur s’emballer, ses mains devenir moites, et une envie irrépressible de descendre au prochain arrêt. Elle sait que le train est sûr. Elle sait qu’elle ne va pas mourir. Elle a lu des articles sur les attaques de panique, elle a essayé la respiration carrée, les pensées positives. Rien n’y fait. Elle se sent stupide, honteuse. Elle se dit : « Je suis une adulte, je devrais pouvoir gérer ça. »
Mais c’est justement là que le bât blesse. L’agoraphobie n’est pas régie par la logique adulte. C’est un système d’alarme qui s’est déclenché un jour, souvent après un événement vécu comme une menace — une attaque de panique dans un supermarché, une sensation d’étouffement dans un ascenseur, un vertige soudain sur un pont. Et depuis, votre cerveau a associé ces lieux à un danger potentiel. Il ne raisonne pas en termes de probabilités statistiques. Il raisonne en termes de survie.
Ce qui rend l’agoraphobie si tenace, c’est qu’elle installe un cercle vicieux. Vous évitez la situation qui fait peur. Sur le moment, vous êtes soulagé. Mais ce soulagement renforce l’idée que cette situation est dangereuse. Votre cerveau enregistre : « On a évité le danger, bien joué. » Et la prochaine fois, la peur sera encore plus forte. Plus vous évitez, plus votre monde rétrécit. Et plus vous vous sentez impuissant.
Le problème, c’est que vous avez probablement essayé de combattre cette peur en utilisant les armes de l’adulte que vous êtes : la raison, la volonté, la planification. Mais la peur agoraphobique n’est pas une défaillance de votre raison. C’est une partie de vous qui a pris le contrôle des opérations parce qu’elle est convaincue que votre sécurité en dépend. Et cette partie, elle a ses propres raisons, ses propres souvenirs, sa propre logique. Pour la comprendre, il faut changer de niveau de dialogue.
Quand je parle d’enfant intérieur dans mon cabinet, certains lèvent les yeux au ciel. Ils imaginent un truc un peu new age, une espèce de petit moi imaginaire qu’on va câliner. Je les comprends. Mais le modèle IFS (Internal Family Systems), développé par Richard Schwartz, n’a rien de flou. C’est une cartographie précise de notre psyché.
L’idée de base est simple : notre esprit n’est pas un bloc monolithique. Il est composé de différentes « parties » qui ont chacune une fonction, une émotion, une croyance. Il y a la partie qui veut tout contrôler, celle qui critique, celle qui fait tout pour être acceptée. Et il y a aussi — presque toujours — une partie qui est restée bloquée à un âge où vous avez vécu une situation difficile. Cette partie, on l’appelle l’enfant intérieur. Mais c’est moins un concept poétique qu’une réalité neurologique : quand un événement traumatique survient, une partie de notre conscience peut rester figée dans ce moment, comme une photo qui ne se développe plus.
Dans l’agoraphobie, cette partie enfant est souvent celle qui a vécu une première attaque de panique, ou une sensation d’abandon, ou un moment où elle s’est sentie complètement vulnérable sans personne pour la protéger. Elle a enregistré la leçon : « Le monde est dangereux, je dois être hyper-vigilant. » Et depuis, elle actionne l’alarme chaque fois qu’une situation ressemble, même de loin, à ce contexte initial.
« La partie de vous qui panique dans le métro n’est pas votre ennemie. C’est un gardien qui a pris son rôle tellement au sérieux qu’il a oublié que vous avez grandi. »
Quand vous comprenez cela, la honte diminue. Vous n’êtes pas « faible » ou « fou ». Vous avez juste une partie de vous qui fait son boulot, avec des moyens archaïques. Et cette partie a besoin d’être écoutée, pas réprimée. C’est là que l’hypnose ericksonienne devient un outil précieux : elle permet d’entrer en contact avec cette partie dans un état de conscience modifié, où la résistance rationnelle s’abaisse, et où le dialogue devient possible.
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec celle des spectacles. Personne ne va vous faire danser la salsa ou vous faire croire que vous êtes une poule. L’hypnose ericksonienne, c’est un état d’attention focalisée où votre esprit conscient lâche un peu les commandes, et où votre inconscient peut se montrer plus réceptif aux nouvelles possibilités. C’est un peu comme si vous laissiez votre mental critique prendre une pause-café, pendant que d’autres ressources émergent.
Dans le cadre de l’agoraphobie, l’hypnose permet deux choses. D’abord, elle installe un état de sécurité suffisant pour que la partie enfant accepte de se montrer. Imaginez : cette partie a passé des années à sonner l’alarme, et personne ne l’a jamais remerciée pour ça. On lui a dit « arrête d’avoir peur », « tu exagères », « ressaisis-toi ». Elle s’est sentie incomprise, et elle a serré les freins encore plus fort. L’hypnose crée un espace où elle peut dire : « Voilà pourquoi j’ai si peur. Voilà ce qui s’est passé. »
Ensuite, l’hypnose permet de renégocier le rôle de cette partie. Pas pour la faire taire, mais pour la rassurer. On peut lui montrer, en état modifié de conscience, que l’adulte d’aujourd’hui est présent, qu’il est capable de gérer les situations, qu’il a des ressources que l’enfant n’avait pas à l’époque. C’est un travail de reparentage symbolique, mais très concret dans ses effets.
Prenons l’exemple de Marc, 42 ans, qui ne pouvait plus conduire sur autoroute. À chaque fois qu’il prenait la voie rapide, son cœur s’emballait, il avait l’impression de ne plus pouvoir respirer, et il devait s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence. En hypnose, nous sommes allés voir la partie qui avait peur. Elle s’est présentée comme un petit garçon de 6 ans, assis à l’arrière d’une voiture, lors d’un trajet où ses parents se disputaient violemment. Le petit garçon ne pouvait pas sortir, il était coincé, il avait peur que la voiture s’écrase. Cette partie avait grandi avec Marc, mais elle n’avait jamais su qu’elle n’était plus dans cette voiture.
En séance, Marc, en état d’hypnose, a pu parler à ce petit garçon. Il lui a dit : « Je suis là maintenant. Je conduis. Je suis adulte. Tu n’es plus coincé. Tu peux me laisser le volant. » Ce n’est pas un discours que Marc aurait pu tenir en pleine conscience, parce que son mental adulte aurait trouvé ça ridicule. Mais en hypnose, la partie enfant a entendu, et elle a accepté de lâcher un peu la peur. Marc a pu reprendre l’autoroute progressivement. Pas du jour au lendemain, mais avec une liberté nouvelle.
Je ne vais pas vous faire un cours théorique, mais je peux vous décrire à quoi ressemble une séance typique dans mon cabinet à Saintes. Pas pour que vous vous auto-diagnostiquiez, mais pour que vous sachiez à quoi vous attendre si vous franchissez le pas.
1. L’accueil et la cartographie des parties On commence toujours par discuter. Je vous demande : « Quand la peur arrive, qu’est-ce qu’elle vous dit exactement ? » Pas la peur elle-même, mais la voix qui parle. Parfois c’est : « Tu vas t’évanouir et personne ne t’aidera. » Parfois : « Tu vas perdre le contrôle et faire une crise cardiaque. » On identifie cette voix comme une partie. On lui donne un nom, une forme, un âge. On ne la juge pas. On l’écoute.
2. L’induction hypnotique Je vous guide dans un état de relaxation profonde. Souvent, j’utilise une induction indirecte, ericksonienne. Je parle de votre respiration, de la sensation de vos pieds sur le sol, des bruits de la rue. Je vous invite à laisser votre conscient flotter un peu, comme si vous regardiez un film. C’est doux, progressif. Vous restez conscient, mais vous êtes dans un état où les défenses s’assouplissent.
3. La rencontre avec la partie enfant Une fois dans cet état, je vous propose d’aller à la rencontre de la partie qui a peur. Pas pour la forcer, mais pour lui demander la permission. Je pose des questions ouvertes : « Si cette partie pouvait prendre une forme, à quoi ressemblerait-elle ? » « Quel âge a-t-elle ? » « Que veut-elle que vous sachiez ? » Vous répondez avec des mots, des images, des sensations. C’est votre inconscient qui guide.
4. Le déchargement émotionnel et le reparentage Souvent, la partie enfant exprime une émotion qu’elle n’a jamais pu libérer : de la peur, de la tristesse, parfois de la colère. Vous pouvez pleurer, trembler, ou au contraire ressentir un grand calme. Je vous accompagne pour que cette émotion soit accueillie, pas jugée. Ensuite, je vous invite à faire venir la partie « adulte » de vous-même — celle qui a des ressources, de la force, de la bienveillance. Et vous permettez à l’adulte de prendre soin de l’enfant. Vous pouvez lui dire : « Je suis là maintenant. Tu n’es plus seul. Je peux gérer ça. »
5. La réintégration et l’ancrage La séance se termine par un retour progressif à l’état ordinaire de conscience. On vérifie que la partie enfant est apaisée, qu’elle accepte de laisser l’adulte prendre les rênes dans les situations qui déclenchaient la peur. On installe un ancrage : un geste, une respiration, un mot qui vous rappellera cet état de sécurité. Et on parle de ce que vous pouvez faire concrètement entre les séances — des expositions progressives, mais soutenues par ce nouveau dialogue intérieur.
« Ce n’est pas la peur qui disparaît. C’est son pouvoir sur vous qui s’effondre quand vous arrêtez de la combattre et que vous commencez à l’écouter. »
Je ne veux pas vous vendre un rêve. L’hypnose et l’IFS ne sont pas une solution miracle qui efface l’agoraphobie en une séance. Certaines personnes ressentent un soulagement rapide, surtout si la peur est récente ou liée à un événement précis. D’autres ont besoin d’un travail plus long, surtout si l’agoraphobie est ancienne, si elle s’est enkystée dans des années d’évitement, ou si elle est associée à d’autres traumatismes.
Par ailleurs, ce travail demande une certaine capacité à se laisser aller, à faire confiance au processus. Si vous êtes quelqu’un de très cérébral, très contrôlant, l’hypnose peut vous sembler déstabilisante au début. Ce n’est pas un problème : on adapte la méthode. Mais il faut accepter de ne pas tout maîtriser.
Il y a aussi des cas où l’agoraphobie est liée à un trouble plus large — anxiété généralisée, trouble panique, dépression — et où un suivi pluridisciplinaire (psychiatre, psychologue, médecin traitant) est nécessaire. L’hypnose ne remplace pas un traitement médicamenteux quand il est justifié. Elle peut le compléter, l’accompagner, mais je ne suis pas là pour vous faire arrêter vos médicaments du jour au lendemain.
Enfin, le travail avec l’enfant intérieur peut faire remonter des émotions fortes. Certaines personnes revivent des moments douloureux. C’est normal, et c’est même le signe que le processus est en marche. Mais cela peut être éprouvant. Mon rôle est de vous accompagner à votre rythme, sans jamais forcer. Vous restez maître de ce que vous voulez explorer.
Si vous vous reconnaissez dans cet article, vous n’êtes pas obligé de foncer chez un thérapeute dès demain. Il y a des petites choses que vous pouvez essayer par vous-même, en toute sécurité, pour amorcer ce dialogue avec votre partie peureuse.
1. Tenez un journal de vos parties La prochaine fois que la peur agoraphobique se manifeste, au lieu de lutter, prenez un carnet. Écrivez la phrase exacte que vous vous dites : « Je vais m’évanouir », « Je ne peux pas respirer », « Je dois sortir tout de suite ». Puis demandez-vous : « Si cette voix était une partie de moi, quel âge aurait-elle ? À quoi ressemblerait-elle ? » Notez ce qui vient, sans censure. Vous serez surpris de voir à quel point une image émerge souvent rapidement.
2. Pratiquez le « regard compatissant » Asseyez-vous tranquillement, fermez les yeux, et imaginez cette partie peureuse devant vous. Ne cherchez pas à la changer. Regardez-la simplement, comme vous regarderiez un enfant qui a peur dans le noir. Vous pouvez lui dire intérieurement : « Je te vois. Je comprends que tu as peur. Tu as de bonnes raisons. » Pas de solution, pas de discours rassurant forcé. Juste de la présence. Cela suffit parfois à désamorcer un peu la tension.
3. Réduisez l’évitement, mais avec douceur L’évitement est le carburant de l’agoraphobie. Mais je ne vous demande pas de vous jeter dans le grand bain. Choisissez une situation qui est à 3/10 sur votre échelle de peur, pas à 8/10. Allez-y, mais avec une intention différente : non pas « je dois prouver que je n’ai pas peur », mais « je vais observer ma partie peureuse pendant que je fais ça ». Restez 2 minutes. Puis partez. Le but n’est pas de vaincre, mais
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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