3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Vaincre la peur du regard des autres.
Vous les sentez peser sur vous dès que vous entrez dans une pièce. Ces regards. Celui du collègue qui vous observe en réunion. Celui du commerçant quand vous hésitez trop longtemps devant un produit. Celui des inconnus dans la rue, qui semblent deviner votre malaise. Votre cœur s’accélère, votre gorge se serre, et cette petite voix intérieure se met à scander : « Ils voient que tu es mal à l’aise. Ils se moquent de toi. Tu vas dire une bêtise. »
Vous n’êtes pas seul. La phobie sociale touche des millions de personnes, et elle ne se résume pas à une simple timidité. C’est une peur intense et persistante d’être jugé, humilié ou rejeté dans les situations sociales. Elle vous vole des opportunités professionnelles, des amitiés, des amours. Elle vous isole dans une cage invisible dont les barreaux sont faits d’anxiété et de pensées négatives.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien en hypnose et thérapies brèves à Saintes. Depuis 2014, j’accompagne des adultes qui, comme vous, vivent cette souffrance au quotidien. Dans cet article, je vais vous expliquer ce qui se joue vraiment dans votre cerveau quand la phobie sociale vous paralyse, et comment l’hypnose ericksonienne, combinée à d’autres approches comme l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle, peut vous aider à desserrer cet étau.
Pas de promesses miracles. Je suis honnête avec vous : retrouver confiance demande un travail. Mais c’est un chemin possible, et il commence par comprendre ce qui vous arrive.
J’ai reçu Émilie il y a quelques mois. Cadre dans une entreprise de services, elle était compétente, appréciée de ses collègues. Pourtant, chaque réunion d’équipe était un calvaire. Elle arrivait préparée, mais dès que quelqu’un la regardait pour lui donner la parole, son esprit se vidait. Elle bafouillait, rougissait, transpirait. En sortant, elle se traitait intérieurement de tous les noms : « Tu es ridicule. Tu n’es pas à ta place. »
Émilie avait développé ce que les psychologues appellent une hypervigilance sociale. Son cerveau, en alerté permanente, scannait l’environnement à la recherche de signes de danger : un froncement de sourcils, un silence, un rire étouffé. Et il les interprétait systématiquement comme une menace.
Ce mécanisme n’est pas un caprice. C’est le résultat d’un conditionnement. Peut-être avez-vous vécu une expérience humiliante enfant : une moquerie en classe, un parent qui vous critiquait en public, un professeur qui vous a ridiculisé. Votre cerveau, pour vous protéger, a alors associé les situations sociales à un danger potentiel. Il a créé une ancre : un déclencheur automatique qui active la réponse de stress (fight, flight, freeze) dès que vous êtes exposé au regard des autres.
Le problème, c’est que cette protection est devenue un boulet. Elle vous empêche d’accéder à vos ressources réelles : votre intelligence, votre humour, votre capacité à créer du lien. Vous fonctionnez en mode survie, pas en mode confiance.
L’hypnose ericksonienne permet justement de désactiver ce conditionnement. Pas en effaçant le souvenir, mais en le recontextualisant, en donnant à votre cerveau de nouvelles informations pour qu’il cesse de vous envoyer des signaux d’alarme à chaque regard.
« La phobie sociale, c’est un peu comme un détecteur de fumée qui se déclenche à la vapeur d’une douche. L’hypnose ne retire pas le détecteur, elle lui réapprend à faire la différence entre une vraie menace et une simple interaction sociale. »
Vous êtes peut-être sceptique. C’est normal. Quand on pense hypnose, on imagine souvent un spectacle ou un état de sommeil où l’on perd le contrôle. Rassurez-vous : l’hypnose ericksonienne, que je pratique, n’a rien à voir avec ça.
C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, quand vous rêvassez. Dans cet état, votre esprit critique est moins actif, et votre inconscient devient plus réceptif aux suggestions.
Pourquoi est-ce utile dans la phobie sociale ? Parce que la peur du regard des autres est largement inconsciente. Vous ne décidez pas de rougir, de trembler ou d’avoir la gorge serrée. Ces réactions sont automatiques, programmées par votre cerveau limbique (la partie émotionnelle et instinctive). Votre conscient peut bien se répéter « calme-toi, ce n’est pas grave », cela ne change rien. Le pilote automatique est aux commandes.
L’hypnose permet d’accéder directement à ce pilote automatique pour le reprogrammer. C’est comme modifier le logiciel plutôt que de marteler l’écran.
Prenons un exemple concret. Antoine, un jeune commercial, venait me voir parce qu’il paniquait à l’idée de démarcher des clients par téléphone. Sa voix devenait chevrotante, il oubliait ses arguments, et il raccrochait en se sentant nul. En hypnose, nous avons travaillé à dissocier la sensation de panique de l’acte de parler. Je lui ai proposé d’imaginer qu’il regardait la scène depuis un écran de cinéma, comme un spectateur. Puis, progressivement, nous avons modifié l’image : la couleur, le son, la distance. La scène est devenue moins menaçante. Ensuite, nous avons installé une ressource : un souvenir où il s’était senti confiant et compétent. Nous avons ancré cette sensation dans un geste simple (presser le pouce et l’index). Désormais, avant chaque appel, il peut activer cet ancrage et retrouver son calme.
Ce n’est pas de la magie. C’est une technique qui utilise les mécanismes naturels de votre cerveau pour créer de nouvelles associations.
Quand je reçois une personne souffrant de phobie sociale, je ne me contente pas de travailler sur un seul aspect. La peur du regard des autres est un phénomène à trois dimensions, et il faut les adresser toutes.
Vous avez probablement un critique intérieur très actif. Il vous dit que vous êtes nul, que vous allez vous ridiculiser, que les autres sont meilleurs que vous. C’est ce que j’appelle le scénario catastrophe. Votre cerveau imagine le pire, et vous y croyez.
L’hypnose peut vous aider à prendre du recul par rapport à ces pensées. En état modifié de conscience, nous pouvons externaliser ce critique : lui donner une forme, une voix, une couleur. Puis lui fixer des limites. Vous n’êtes pas vos pensées. Vous êtes celui qui les observe. L’Intelligence Relationnelle (IR) que j’enseigne va plus loin : elle vous apprend à dialoguer avec ces parties de vous-même, à comprendre leur intention positive (protéger, éviter l’échec) et à les rassurer.
L’anxiété sociale est une émotion intense. Votre corps vous envoie des signaux forts : cœur qui bat, mains moites, bouffée de chaleur. La réaction naturelle est de vouloir fuir ou de lutter contre. Mais cela ne fait qu’amplifier le problème.
L’hypnose vous apprend une autre voie : l’accueil conscient. Vous pouvez ressentir l’émotion sans vous identifier à elle. C’est comme observer une vague : elle monte, atteint son pic, puis redescend. Vous n’êtes pas la vague, vous êtes l’océan qui la porte. En séance, je guide les personnes vers un état de pleine conscience hypnotique où elles apprennent à laisser l’anxiété traverser leur corps sans réagir. Progressivement, l’émotion perd de son intensité.
La phobie sociale s’imprime dans le corps. Épaules remontées, mâchoire serrée, respiration courte, posture fermée. Ces tensions envoient un signal de danger à votre cerveau, qui renforce l’anxiété. C’est une boucle.
En hypnose, nous pouvons travailler directement sur le corps. Par des suggestions de relaxation profonde, de lâcher-prise, de visualisation de la tension qui s’écoule. Je demande souvent aux personnes d’imaginer que leur anxiété est une substance (couleur, texture) qui quitte leur corps par les pieds. C’est simple, mais extrêmement efficace pour briser le cercle vicieux.
« La confiance sociale, ce n’est pas l’absence de peur. C’est la capacité à agir malgré la peur, en sachant qu’elle est une information, pas une vérité absolue. »
Vous vous demandez peut-être concrètement ce qui se passe dans mon cabinet. Je vais vous décrire le déroulement typique d’une séance, pour lever tout mystère.
Première séance : l’écoute et le diagnostic. Nous passons environ une heure à parler. Je vous pose des questions précises : dans quelles situations la peur se déclenche-t-elle ? Quelles sensations physiques ressentez-vous ? Quelles pensées automatiques surgissent ? Quel est l’impact sur votre vie ? Je cherche aussi à comprendre l’origine : un événement déclencheur, un schéma familial, une sensibilité particulière. Cette phase est cruciale, car elle me permet de construire une stratégie sur mesure.
Deuxième temps : l’induction hypnotique. Je vous invite à vous installer confortablement dans un fauteuil. Je commence par une relaxation guidée : vous portez votre attention sur votre respiration, sur les sensations de votre corps. Je parle d’une voix calme, rythmée. Peu à peu, vous entrez dans un état de conscience modifié. Certaines personnes disent se sentir lourdes, d’autres légères. Certaines voient des images, d’autres non. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de vivre l’hypnose.
Troisième temps : le travail thérapeutique. C’est là que la magie opère, mais une magie très structurée. Selon votre profil, je peux utiliser différentes techniques :
Quatrième temps : le retour et l’intégration. Je vous ramène doucement à l’état de conscience ordinaire. Nous échangeons sur ce que vous avez vécu. Je vous donne parfois un petit exercice à faire chez vous (un auto-enregistrement, une pratique de respiration, un ancrage).
Une séance dure entre 60 et 90 minutes. Le nombre de séances varie : certaines personnes ressentent un soulagement significatif après 2 ou 3 séances, d’autres ont besoin de 6 à 8 séances pour un changement durable. Je ne vous promets pas une guérison en une heure, mais une évolution progressive et solide.
C’est un angle que j’aborde souvent avec les personnes que j’accompagne, et qui peut sembler surprenant au premier abord. Et si votre peur du regard des autres n’était pas un ennemi à éliminer, mais une partie de vous qui essaie de vous protéger ?
Je pratique l’IFS (Internal Family Systems) , un modèle thérapeutique qui considère que notre psyché est composée de multiples « parties ». Chaque partie a une intention positive, même celles qui nous causent des problèmes. La partie phobique, celle qui vous fait trembler et rougir, a probablement été créée pour vous protéger d’un danger réel (une humiliation passée) ou perçu (un rejet potentiel). Elle a pris le pouvoir pour vous éviter de souffrir.
Le problème, c’est qu’elle est restée bloquée dans le passé. Elle continue à vous protéger d’une menace qui n’existe plus. Et elle vous empêche de vivre pleinement.
En IFS, nous apprenons à dialoguer avec cette partie. À la remercier pour son travail. À lui montrer que vous êtes désormais adulte, capable de gérer les situations sociales. À lui demander de se détendre et de vous laisser prendre les rênes. C’est un travail profond de réconciliation intérieure.
Cela rejoint ce que je fais aussi en Intelligence Relationnelle : améliorer la relation avec soi-même avant d’améliorer la relation avec les autres. Quand vous apprenez à vous parler avec bienveillance, à accueillir vos peurs sans les juger, vous changez la dynamique intérieure. Et cela se reflète immanquablement dans vos interactions sociales.
J’ai vu des personnes qui passaient des années en thérapie classique sans réel changement, trouver un apaisement durable en quelques séances d’hypnose combinées à l’IFS. Non pas parce que c’est plus fort, mais parce que cela adresse la racine du problème : le conditionnement automatique et la fragmentation intérieure.
Je veux être clair avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas :
Ce qu’elle peut faire en revanche, c’est :
La confiance ne se trouve pas, elle se construit. Et l’hypnose est un formidable accélérateur pour ce chantier intérieur.
Si vous vous reconnaissez dans ce que j’ai décrit, voici trois choses que vous pouvez mettre en place dès aujourd’hui, avant même de prendre rendez-vous.
1. Observez votre critique intérieur sans le croire. La prochaine fois que vous êtes en situation sociale et que la petite voix se met à vous critiquer, contentez-vous de l’observer. Dites-vous : « Ah, voilà mon critique qui s’active. C’est une vieille habitude de mon cerveau, ce n’est pas la réalité. » Ne cherchez pas à le faire taire. Observez-le comme vous observeriez une radio allumée dans la pièce d’à côté. Ce simple décentrage diminue son pouvoir.
2. Pratiquez la respiration 4-7-8. C’est une technique simple pour calmer le système nerveux. Inspirez par le nez en comptant jusqu’à 4. Retenez votre souffle en comptant jusqu’à 7. Expirez lentement par la bouche en comptant jusqu’à 8. Répétez 4 à 5 fois. Faites-le avant une situation stressante, ou même pendant si vous pouvez vous isoler quelques instants. Cela envoie un signal de sécurité à votre cerveau.
3. Ralentissez. La phobie sociale vous pousse à accélérer : parler vite, fuir, bafouiller. Essayez l’inverse. Si vous sentez l’anxiété monter, ralentissez délibérément. Parlez plus lentement. Respirez plus lentement. Bougez plus lentement. Ce contrepied désamorce la panique et vous redonne un sentiment de contrôle.
Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement professionnel, mais ils vous donnent un premier levier d’action. Et c’est déjà un pas immense.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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