3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comparaison des approches pour trouver la vôtre.
Vous avez sans doute déjà vécu cette sensation : le cœur qui s’emballe, les paumes moites, cette impression que les murs se rapprochent. Peut-être est-ce dans un ascenseur, un train bondé, ou simplement chez vous, lorsque vous réalisez que la porte est fermée et que vous ne pouvez pas sortir. La peur du confinement, ou claustrophobie, n’est pas une simple gêne passagère. Pour beaucoup, elle devient une véritable prison mentale, qui dicte leurs choix de vie : éviter les transports en commun, refuser un emploi avec un bureau sans fenêtre, ou même ne pas pouvoir passer une IRM sans panique.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et depuis 2014, je reçois des adultes qui viennent me dire : « Je n’en peux plus, cette peur me pourrit la vie ». Et la première question qui revient souvent, c’est : « Dois-je faire de l’hypnose ou une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ? » C’est une bonne question, car les deux approches sont reconnues pour traiter les phobies. Mais elles ne fonctionnent pas de la même manière, et l’une peut vous convenir mieux que l’autre selon votre personnalité, votre histoire et la façon dont vous voulez aborder le problème.
Dans cet article, je vais vous aider à y voir clair. Pas de jargon inutile, pas de promesses magiques. Juste une comparaison honnête, ancrée dans ce que je vois chaque jour en consultation. Nous allons explorer comment l’hypnose ericksonienne et les TCC agissent sur la peur du confinement, puis je vous donnerai des pistes pour choisir ce qui vous correspond. Et si, à la fin, vous vous sentez un peu perdu, je serai là pour en discuter avec vous.
Avant de comparer les méthodes, il faut comprendre ce qui se joue en vous. La peur du confinement n’est pas une simple « peur des espaces clos ». Si c’était juste ça, on pourrait la résoudre avec une bonne dose de logique. Mais le cerveau ne fonctionne pas comme ça.
Imaginez Marc, 42 ans, commercial. Il y a six mois, il a été coincé dans un ascenseur pendant vingt minutes. Rien de grave en soi : l’ascenseur est reparti, il n’y a pas eu de danger réel. Pourtant, depuis ce jour, Marc évite systématiquement les ascenseurs. Il monte six étages à pied pour ses rendez-vous, et si un client l’attend au huitième, il trouve une excuse. Sa peur a pris le volant.
Ce qui s’est passé, c’est que son cerveau a associé l’espace clos à une alerte maximale. L’amygdale, cette petite zone du cerveau qui gère la peur, a enregistré l’événement comme une menace vitale. Désormais, dès que Marc entre dans une pièce sans issue rapide, son corps se prépare à fuir ou à se battre, alors qu’il n’y a aucun danger objectif. C’est un réflexe conditionné, involontaire, et très puissant.
La claustrophobie peut aussi naître sans événement traumatique. Parfois, elle est liée à une sensation d’étouffement symbolique : une relation étouffante, un travail qui vous emprisonne, ou une période de votre vie où vous vous êtes senti coincé. Le corps garde la mémoire de ces impressions, et les projette sur les espaces physiques.
Concrètement, les symptômes sont toujours les mêmes : accélération du rythme cardiaque, transpiration, sensation d’oppression, vertiges, besoin urgent de sortir. Et surtout, une anticipation anxieuse : vous ne pouvez pas entrer dans un espace confiné sans imaginer le pire. C’est cette anticipation qui vous paralyse, bien plus que le lieu lui-même.
Alors, hypnose ou TCC ? Les deux visent à désamorcer ce réflexe de peur, mais par des chemins très différents. Voyons cela en détail.
L’hypnose que je pratique, l’hypnose ericksonienne, porte le nom de Milton Erickson, un psychiatre qui a révolutionné l’approche thérapeutique. Contrairement à l’hypnose de spectacle, il ne s’agit pas de vous endormir ou de vous faire perdre le contrôle. Il s’agit d’entrer dans un état de conscience modifié, un peu comme lorsque vous êtes absorbé dans un film ou perdu dans vos pensées en conduisant. Dans cet état, votre esprit critique se met en veille, et votre inconscient devient plus réceptif aux suggestions.
Pour la peur du confinement, l’hypnose va travailler sur la mémoire émotionnelle. Votre peur est enregistrée dans votre corps et votre inconscient comme une vérité absolue : « espace clos = danger ». L’hypnose ne va pas effacer ce souvenir, mais elle va le revisiter autrement.
Prenons l’exemple de Sophie, que j’ai reçue l’année dernière. Sophie avait une peur panique des salles de réunion sans fenêtre. Elle devait assister à des réunions stratégiques pour son travail, mais elle passait son temps à guetter la porte, incapable de se concentrer. En séance d’hypnose, je ne lui ai pas demandé de « se détendre » ou de « raisonner ». Je l’ai guidée vers un état de ressourcement, où elle a pu imaginer un lieu sûr, un espace mental où elle se sentait libre et légère.
Puis, progressivement, nous avons introduit l’idée de l’espace clos dans ce lieu sûr. Pas en la forçant à « affronter » mentalement la salle de réunion, mais en créant une association nouvelle. Par exemple, je lui ai suggéré que la porte de la salle de réunion était comme la porte de son jardin secret : une ouverture, pas une fermeture. Nous avons utilisé des métaphores : celle du plongeur qui respire calmement sous l’eau parce qu’il sait qu’il peut remonter, ou celle du cocon qui protège avant de laisser éclore.
« L’hypnose ne vous promet pas de supprimer la peur. Elle vous promet de lui donner une nouvelle place, une place où elle ne vous dirige plus. »
Sophie a eu besoin de trois séances. Aujourd’hui, elle entre dans une salle sans fenêtre avec une légère appréhension, mais elle peut rester, participer, et même oublier la porte. La peur n’a pas disparu à 100 %, mais elle ne la contrôle plus.
Ce qui fait la force de l’hypnose, c’est qu’elle agit sur la racine inconsciente du problème, sans avoir à revivre l’événement traumatique de manière brutale. C’est une approche douce, indirecte, qui respecte votre rythme. Elle est particulièrement adaptée si vous êtes sensible, si vous avez déjà essayé de « vous raisonner » sans succès, ou si votre peur est liée à des émotions anciennes que vous n’arrivez pas à nommer.
Mais attention, l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle demande une certaine capacité à se laisser guider, à accepter de ne pas tout contrôler. Certaines personnes, très cartésiennes ou qui ont besoin de comprendre intellectuellement chaque étape, peuvent se sentir frustrées par le côté métaphorique. Et surtout, l’hypnose ne vous donne pas de « mode d’emploi » conscient pour gérer la peur au quotidien. Vous repartez avec un changement intérieur, mais pas forcément avec des techniques à appliquer dans l’urgence.
Les thérapies cognitivo-comportementales, ou TCC, sont l’autre grande famille des traitements des phobies. Elles sont souvent recommandées par les médecins et les psychiatres, car elles sont validées par de nombreuses études scientifiques. Leur principe est simple : vos pensées (cognitions) influencent vos émotions et vos comportements. Si vous changez vos pensées et vos comportements, vous changez vos émotions.
Concrètement, pour la peur du confinement, une TCC va se dérouler en plusieurs étapes. D’abord, vous allez apprendre à identifier les pensées automatiques qui déclenchent votre peur. Par exemple : « Si je reste enfermé, je vais étouffer » ou « je vais perdre le contrôle ». Ces pensées sont souvent exagérées, mais elles vous semblent réelles sur le moment.
Ensuite, vous allez les remettre en question avec votre thérapeute. Est-ce que vous avez déjà étouffé dans un espace clos ? Quelles sont les preuves que vous allez perdre le contrôle ? C’est un travail de déconstruction rationnelle, un peu comme un détective qui examine les faits.
Mais le cœur des TCC, c’est l’exposition progressive. Vous allez, étape par étape, vous confronter à ce qui vous fait peur, en commençant par des situations très faciles, puis en augmentant la difficulté. Par exemple :
À chaque étape, vous apprenez à gérer votre anxiété avec des techniques de respiration ou de relaxation. Vous constatez que la catastrophe redoutée ne se produit pas, et votre cerveau réapprend progressivement à associer l’espace clos à quelque chose de neutre, voire de banal.
J’ai accompagné un jeune footballeur, Lucas, qui avait développé une peur du confinement après une blessure qui l’avait laissé immobilisé plusieurs jours dans une chambre d’hôpital. Il ne supportait plus les vestiaires fermés avant les matchs. Avec les TCC, nous avons construit une échelle d’exposition. Il a commencé par s’asseoir dans un vestiaire vide pendant 2 minutes, puis 5, puis 10, puis avec d’autres joueurs. À chaque fois, il notait son niveau d’anxiété sur une échelle de 0 à 10. Au bout de six séances, il pouvait passer une heure dans un vestiaire bondé sans paniquer.
Les TCC sont très efficaces, surtout si vous aimez les choses structurées, les objectifs clairs et les résultats mesurables. Vous repartez avec des outils concrets : des fiches, des exercices à faire chez vous, un plan d’action. C’est une thérapie active, où vous êtes pleinement acteur de votre changement.
Mais les TCC ont aussi leurs limites. Elles demandent une certaine discipline et une tolérance à l’inconfort. L’exposition, même progressive, provoque de l’anxiété. Certaines personnes se découragent si elles ne voient pas de résultats rapides. De plus, les TCC travaillent surtout sur le symptôme (la peur du confinement), mais moins sur les causes profondes. Si votre claustrophobie est liée à un traumatisme ancien ou à une angoisse existentielle, les TCC peuvent soulager le symptôme sans toucher à la racine, ce qui peut entraîner des rechutes ou un déplacement de la peur vers autre chose.
Maintenant que vous avez une idée des deux approches, comment trancher ? Il n’y a pas de réponse universelle, mais je peux vous donner des pistes de réflexion basées sur mon expérience.
Choisissez l’hypnose si :
Choisissez les TCC si :
Mais il y a une troisième voie, que j’utilise souvent : combiner les deux. Par exemple, vous pouvez commencer par quelques séances d’hypnose pour apaiser la charge émotionnelle et débloquer les résistances inconscientes, puis utiliser les techniques d’exposition des TCC pour consolider les acquis dans la vie réelle. Ou l’inverse : faire d’abord une TCC pour reprendre le contrôle, puis explorer en hypnose les racines plus profondes.
« Le meilleur outil n’est pas celui qui est le plus puissant, mais celui qui vous correspond. Et parfois, la meilleure stratégie, c’est d’en avoir plusieurs dans votre boîte à outils. »
Je me souviens de Claire, une enseignante de 38 ans. Sa peur du confinement était très spécifique : elle ne pouvait pas rester dans une salle de classe dont la porte était fermée. Elle avait une TCC classique qui l’avait aidée à entrer dans la salle, mais elle restait tendue, avec une sensation d’oppression persistante. Nous avons fait deux séances d’hypnose pour travailler sur une sensation d’étouffement qu’elle associait à son enfance (elle avait été punie enfermée dans un placard à l’école primaire). Après ces séances, l’exposition est devenue naturelle, sans effort. La combinaison a été la clé.
Je veux être honnête avec vous. Ni l’hypnose ni les TCC ne sont des solutions miracles. Voici ce qu’elles ne feront pas :
Et surtout, une bonne thérapie prend du temps. Trois séances, c’est parfois suffisant, mais souvent il en faut six, huit, voire plus. Ne vous mettez pas la pression. Le chemin est aussi important que la destination.
Vous êtes peut-être en train de lire ces lignes et vous vous dites : « D’accord, mais par où commencer ? » Voici trois choses que vous pouvez faire dès aujourd’hui, sans rendez-vous, sans engagement.
1. Observez votre peur sans la juger. Pendant les prochains jours, notez quand et comment votre peur du confinement se manifeste. Est-ce dans l’ascenseur, dans les transports, dans une pièce sans fenêtre ? Quelles sont les pensées qui vous traversent ? Quel est le scénario catastrophe que vous imaginez ? Ce simple travail d’observation vous donne déjà un peu de recul.
2. Posez-vous la question : qu’est-ce que je veux vraiment ? Pas « ne plus avoir peur », mais « qu’est-ce que je veux pouvoir faire que je ne fais pas aujourd’hui ? » Prendre l’avion ? Aller à un concert ? Accepter ce poste avec un bureau fermé ? Avoir un objectif concret vous guidera dans votre choix d’approche.
3. Consultez un professionnel pour un premier échange. La plupart des thérapeutes, moi y compris, proposent un premier contact gratuit ou à tarif réduit, par téléphone ou en visio. Vous pouvez y exposer votre situation et poser toutes vos questions. Ne choisissez pas une méthode parce que vous avez lu un article ou parce qu’un ami vous l’a recommandée. Choisissez-la parce que vous sentez qu’elle résonne avec vous.
Si vous êtes dans la région de Saintes ou si vous préférez les consultations en visio, je suis là pour vous écouter. Nous pourrons discuter de votre peur,
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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