3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comparez les approches pour trouver celle qui vous correspond.
Vous êtes là, devant la porte, et vous ne pouvez pas sortir. Pas parce qu’elle est verrouillée, mais parce que votre corps dit non. Vos jambes refusent d’avancer, votre cœur s’emballe, l’air devient rare. L’agoraphobie, ce n’est pas juste « avoir peur des foules » ou « ne pas aimer les espaces ouverts ». C’est une réaction biologique et émotionnelle qui vous piège chez vous, dans votre zone de confort rétrécie, tandis que le monde extérieur devient une menace potentielle à chaque pas.
Depuis des années, peut-être, vous cherchez une solution. Vous avez consulté votre médecin, peut-être tenté des médicaments, ou entendu parler de thérapies classiques (TCC, psychanalyse, soutien psychologique). Et puis, quelqu’un vous a parlé d’hypnose. Alors, laquelle choisir ? Hypnose ou thérapie classique pour l’agoraphobie ? La réponse n’est pas un simple « l’une est mieux que l’autre », car chaque approche parle à une partie différente de vous. Je vais vous aider à y voir clair, sans parti pris, en vous donnant les clés pour faire un choix éclairé.
Je suis Thierry Sudan, praticien installé à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, je vois chaque semaine des hommes et des femmes qui vivent avec cette peur qui les empêche de faire les courses, de prendre le train, ou simplement de marcher jusqu’au bout de leur rue. Mon travail n’est pas de vous vendre une méthode, mais de vous aider à comprendre ce qui se joue en vous. Alors, prenez une grande inspiration, et lisons ensemble ce qui pourrait vous libérer.
Avant de comparer les approches, il faut poser une base claire. L’agoraphobie est souvent mal comprise. On l’associe à la peur des grands espaces, mais son vrai moteur est la peur de perdre le contrôle dans une situation où il serait difficile, voire humiliant, de s’échapper ou de recevoir de l’aide. Cela inclut les supermarchés, les transports en commun, les files d’attente, les ponts, ou même votre propre voiture dans un embouteillage.
Ce qui se passe, concrètement : votre cerveau, et plus précisément votre amygdale (le centre de la peur), envoie une alerte rouge. Il interprète une situation banale comme un danger vital. Votre corps se prépare à fuir ou à combattre : accélération du rythme cardiaque, transpiration, sensation d’étouffement, vertiges. Et comme vous ne pouvez pas fuir (vous êtes dans la file d’attente du supermarché), la panique monte. Vous rentrez chez vous en vous promettant de ne plus jamais revivre ça.
L’agoraphobie n’est pas un signe de faiblesse. C’est un conditionnement neuronal : votre cerveau a associé un lieu ou une situation à une expérience de panique. Et plus vous évitez, plus ce conditionnement se renforce. C’est un piège dont on peut sortir, mais il faut savoir quel chemin emprunter.
« L’agoraphobie n’est pas une maladie honteuse. C’est une stratégie de protection de votre cerveau qui a mal calculé le danger. »
Voilà pourquoi le choix de la méthode est crucial. Une thérapie classique va souvent s’attaquer à ce conditionnement par l’exposition progressive, la restructuration des pensées, ou l’exploration des causes anciennes. L’hypnose, elle, va parler directement à la partie de votre cerveau qui a créé cette association, pour la défaire de l’intérieur. Mais laquelle est faite pour vous ? Cela dépend de votre histoire, de votre sensibilité, et de ce que vous êtes prêt à vivre en séance.
Commençons par ce que la médecine et la psychologie conventionnelle proposent. Quand vous consultez un psychologue ou un psychiatre pour une agoraphobie, vous allez généralement suivre l’une de ces voies :
Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) : C’est le gold standard dans le traitement des phobies. Le principe est simple : vous apprenez à déconstruire vos pensées catastrophiques (« si je vais au supermarché, je vais faire un malaise et personne ne m’aidera ») et à vous exposer progressivement à la situation redoutée. Vous commencez par imaginer la scène, puis vous vous tenez devant le supermarché, puis vous entrez une minute, puis cinq, etc. Vous tenez un journal, vous notez vos peurs sur une échelle, et vous avancez pas à pas.
C’est efficace. Très efficace même pour beaucoup de personnes. Les études montrent que 60 à 80 % des personnes avec une agoraphobie répondent bien aux TCC. Mais cela demande un investissement : il faut être prêt à ressentir de l’inconfort, à affronter la peur en pleine conscience, et à répéter les exercices chez vous. Pour certains, cette confrontation est trop brutale, même progressive. Pour d’autres, elle est libératrice.
La psychanalyse ou les thérapies d’inspiration analytique : Ici, on va chercher le sens de votre phobie. Pourquoi l’agoraphobie maintenant ? Que représente-t-elle dans votre histoire familiale ? Y a-t-il un événement refoulé ? Le travail est plus long (plusieurs années parfois), moins structuré, mais il peut apporter une compréhension profonde. Cependant, pour une phobie concrète qui vous empêche de vivre, cette approche peut sembler trop lente et indirecte. Vous risquez de comprendre pourquoi vous avez peur, sans pour autant arrêter d’avoir peur.
Les médicaments : Antidépresseurs (ISRS) ou anxiolytiques peuvent être prescrits. Ils calment les symptômes, mais ne traitent pas la cause. Ils sont souvent utiles en première intention si la panique est trop intense pour commencer une thérapie, mais ils ne sont pas une solution durable seuls.
Ce que la thérapie classique fait bien : elle vous donne des outils concrets, elle normalise votre expérience (vous n’êtes pas seul), et elle vous responsabilise. Vous devenez acteur de votre guérison. Ce qu’elle ne fait pas toujours : elle peut laisser de côté la dimension corporelle et émotionnelle non-verbale, celle qui se joue dans l’instant, sans pensée consciente. C’est là que l’hypnose entre en scène.
L’hypnose que je pratique, l’hypnose ericksonienne, n’a rien à voir avec les spectacles de foire ou les pendules. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous vivez tous les jours sans le savoir (quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet). Dans cet état, votre esprit critique conscient se met en retrait, et votre inconscient – cette partie de vous qui gère vos automatismes, vos émotions, vos croyances profondes – devient plus accessible.
Pour l’agoraphobie, l’hypnose agit sur plusieurs niveaux :
Défaire le conditionnement à la source : Votre peur n’est pas une décision consciente. Elle est ancrée dans votre système limbique. En hypnose, on peut « renégocier » l’association entre le supermarché et la panique. On peut recréer mentalement la situation redoutée, mais en y ajoutant des ressources de calme, de sécurité, de contrôle. Votre cerveau apprend alors une nouvelle réponse, sans passer par l’exposition réelle et inconfortable.
Accéder à la partie de vous qui a créé la phobie : Souvent, l’agoraphobie est une protection. Une partie de vous, souvent une partie jeune et vulnérable, a décidé qu’il était trop dangereux de sortir. En hypnose, je peux dialoguer avec cette partie, comprendre ce qu’elle protège, et lui proposer de nouvelles façons de vous protéger, plus adaptées à votre vie d’adulte. C’est ce qu’on appelle le travail avec les parties (IFS – Internal Family Systems). Cela permet de résoudre la cause profonde, pas seulement le symptôme.
Installer des ressources immédiates : En quelques séances, vous pouvez apprendre à déclencher un état de calme profond, même en plein supermarché. Je vous donne des ancrages (un geste, un mot, une respiration) qui activent instantanément une réponse de relaxation. C’est comme avoir un bouton « off » pour la panique.
L’hypnose ne vous demande pas de « faire des efforts » pour affronter la peur. Elle vous demande d’être réceptif, de laisser faire, de faire confiance à votre inconscient. C’est une approche douce, mais qui peut être très rapide. Certaines personnes voient des changements notables en 3 à 5 séances, là où une TCC peut en demander 12 à 20.
« En hypnose, on ne combat pas la peur. On l’écoute, on la remercie, et on lui demande de laisser la place à autre chose. »
Maintenant que vous avez les bases, regardons les différences pratiques. Ce tableau mental peut vous aider à choisir selon votre profil.
1. Le rapport à l’effort et à la confrontation
2. La durée et le rythme
3. La place de la parole et de la conscience
4. Le public idéal
5. Les limites
Voici une question que je pose souvent aux personnes qui me consultent : « Si je vous disais que pour guérir, vous devez aller au supermarché demain et rester 10 minutes, même en ayant peur, qu’est-ce que vous ressentez ? »
Si la réponse est : « Je ne peux pas, c’est trop, je vais paniquer », l’hypnose est probablement plus adaptée pour vous. Elle va d’abord désactiver l’alerte avant de vous exposer, même en imagination.
Si la réponse est : « C’est dur, mais je suis prêt à le faire si ça marche », les TCC ou l’hypnose peuvent convenir. Vous pouvez même combiner les deux : l’hypnose pour installer des ressources de calme, et l’exposition réelle pour consolider.
Si vous avez des antécédents de traumatismes (agression, accident, deuil brutal) qui ont déclenché l’agoraphobie, l’hypnose est souvent plus efficace pour traiter la mémoire traumatique. Elle permet de retraiter l’événement sans le revivre en pleine conscience.
Si vous êtes quelqu’un de très rationnel, qui a besoin de comprendre chaque étape, les TCC vous rassureront peut-être plus. L’hypnose peut sembler trop « floue » pour vous, même si elle fonctionne aussi.
Mon conseil : ne choisissez pas par idéologie. Testez. Beaucoup de thérapeutes proposent un premier entretien gratuit ou à tarif réduit. Allez voir un psychologue TCC, puis un hypnothérapeute. Écoutez votre ressenti. La méthode qui vous convient est celle dans laquelle vous vous sentez en sécurité et en confiance avec le praticien.
« Le meilleur traitement est celui que vous allez suivre jusqu’au bout. Si une méthode vous fait fuir, elle n’est pas bonne pour vous, aussi efficace soit-elle sur le papier. »
Prenons l’exemple de Claire, 42 ans, que j’ai reçue il y a deux ans. Elle ne pouvait plus prendre le train ni aller dans les centres commerciaux. Elle avait fait trois ans de psychanalyse, ce qui l’avait aidée à comprendre son enfance, mais la peur était toujours là. Elle avait ensuite tenté des TCC avec une psychologue, mais elle avait abandonné après la troisième séance d’exposition : elle avait fait une crise d’angoisse dans la voiture en se rendant au centre commercial.
Quand elle est venue me voir, elle était épuisée et résignée. Nous avons fait six séances d’hypnose. La première a été consacrée à installer un lieu de sécurité intérieur. La deuxième, à dialoguer avec la partie d’elle qui avait peur (une partie qui la protégeait d’un sentiment d’étouffement lié à son père). Les séances suivantes ont renforcé sa confiance. À la fin du suivi, elle a pris le train seule pour aller voir sa fille à Bordeaux. Elle m’a dit : « Je n’ai pas eu peur, j’étais juste excitée comme une enfant. »
Son parcours montre que les approches classiques ne sont pas « mauvaises », mais qu’elles n’étaient pas adaptées à sa sensibilité et à son histoire personnelle. L’hypnose a contourné sa résistance consciente et a travaillé avec la partie d’elle qui avait besoin d’être rassurée, pas forcée.
Avant de prendre rendez-vous, vous n’êtes pas obligé d’attendre. Voici trois actions simples qui peuvent déjà apaiser votre système nerveux et vous mettre en mouvement.
1. Respirez en rallongeant l’expiration : La panique est une inhalation excessive (vous hyperventilez sans le savoir). Asseyez-vous, inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez par la bouche pendant 8 secondes. Faites cela 5 fois de suite. Cela active le nerf vague et envoie un signal de calme à votre cerveau. Faites-le chaque fois que l’angoisse monte, même chez vous.
2. Tenez un journal de vos évitements : Notez chaque situation que vous évitez, et sur une échelle de 1 à 10, l’intensité de la peur que vous auriez si vous deviez y aller. Cet exercice simple vous montre que votre peur n’est pas un bloc monolithique. Il y a des situations plus faciles que d’autres. Commencez par la plus facile.
3. Parlez à la partie de vous qui a peur : Oui, je sais, ça peut sembler étrange. Mais posez-vous dans un endroit calme, fermez les yeux, et demandez intérieurement : « Quelle est la peur derrière la peur ? Qu’est-ce qui pourrait arriver de vraiment terrible si je sortais ? » Écoutez la réponse sans jugement. Souvent, c’est une peur de mourir, de perdre le contrôle, ou d’être jugé. La reconnaître, c’est déjà commencer à la désamorcer.
Je ne peux pas vous dire si
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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