3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Démêlez le vrai du faux sur cette approche thérapeutique.
Tu n’oses plus sortir de chez toi. Ou alors, tu sors, mais à quel prix. Le cœur qui s’emballe dès que tu aperçois une rue commerçante, les mains moites quand tu penses à faire la queue dans un supermarché, cette boule au ventre qui grandit à mesure que tu t’éloignes de ta porte d’entrée. Parfois, tu trouves des astuces : des itinéraires bis, des créneaux où il y a moins de monde, un ami qui t’accompagne. Mais au fond, tu sais que tu organises ta vie autour de cette peur de l’espace public. L’agoraphobie, ce mot un peu savant qui colle à ta peau, t’a volé des morceaux de liberté.
Quand tu commences à chercher des solutions, tu tombes sur l’hypnose. Et là, les avis fusent. « L’hypnose efface la phobie en une séance. » « C’est un truc de gourou. » « Il faut être suggestible, sinon ça ne marche pas. » Le bruit autour de cette approche est tel que tu ne sais plus quoi penser. Alors, on va faire simple : je vais te dire ce que l’hypnose peut vraiment faire pour l’agoraphobie, et ce qu’elle ne fera pas. Sans bullshit. Sans promesse miracle. Juste ce que j’observe depuis onze ans dans mon cabinet à Saintes, avec des adultes qui, comme toi, ont cru que leur monde allait rétrécir pour toujours.
L’hypnose ne te donne pas des ailes pour voler. Elle t’aide à retrouver la mémoire de tes jambes.
C’est le premier mythe à déconstruire. On croit souvent que l’agoraphobie, c’est la peur des grands espaces, des places publiques, des centres commerciaux. En réalité, le mécanisme est plus subtil. Ce que tu redoutes, ce n’est pas le lieu en lui-même, mais ce qui pourrait t’y arriver. Et plus précisément, tu as peur de ne pas pouvoir t’en échapper ou de ne pas recevoir d’aide si quelque chose tourne mal.
Je reçois souvent des personnes qui disent : « J’ai peur de faire un malaise dans le bus et que personne ne m’aide. » Ou : « Je panique à l’idée de me sentir coincé dans une file d’attente, sans pouvoir partir. » Parfois, c’est plus sournois : la peur de perdre le contrôle, de faire une crise d’angoisse en public, de se ridiculiser. L’agoraphobie, c’est une peur de la peur. Un cercle vicieux où l’anticipation de l’angoisse déclenche… l’angoisse.
Concrètement, ton cerveau a associé certains contextes — transports en commun, files d’attente, foules, ponts, tunnels — à un signal de danger. L’amygdale, cette petite structure cérébrale qui gère la peur, s’emballe avant même que tu aies eu le temps de réfléchir. Elle te dit : « Danger ! On se prépare à fuir ou à se figer. » Ton cœur s’accélère, ta respiration se bloque, tu as des vertiges. Et ces sensations physiques viennent confirmer le message : « Tu vois, c’est grave, tu es vraiment en danger. »
L’hypnose va travailler là-dessus. Pas en te faisant croire que le monde est sûr — ce serait mentir — mais en désamorçant le signal d’alarme. On va apprendre à ton système nerveux à ne plus confondre une file d’attente avec une menace vitale. C’est un réapprentissage, pas un effacement magique.
Un des mythes les plus tenaces, c’est celui de la séance unique qui efface tout. Je vois passer des vidéos sur les réseaux : « J’ai guéri mon agoraphobie en une heure. » Franchement, ça me fait sourire, mais ça me désole aussi. Parce que si tu y crois et que ça ne marche pas, tu vas te sentir encore plus nul. Tu vas te dire : « Je suis un cas désespéré, même l’hypnose n’a pas marché. »
Alors, soyons clairs. L’hypnose ericksonienne — celle que je pratique — ne vise pas à supprimer la peur. Elle vise à modifier la relation que tu entretiens avec elle. C’est la différence entre essayer d’arracher une mauvaise herbe (qui repousse toujours) et apprendre à cultiver un jardin où elle a moins de place.
Prenons un exemple. J’ai accompagné un homme d’une quarantaine d’années, commercial, qui devait prendre le train deux fois par semaine pour aller voir ses clients. Depuis six mois, il annulait ses rendez-vous au dernier moment, prétextant des migraines. En réalité, il passait ses nuits à imaginer le trajet : le quai bondé, la porte qui se ferme, l’impossibilité de descendre avant l’arrêt suivant. En séance, on n’a pas cherché à lui faire aimer le train. On a travaillé sur la dissociation entre l’image du train et la réaction de panique. On a utilisé l’hypnose pour lui permettre de se voir, en sécurité, dans un état de calme, tout en étant dans le train. Et surtout, on a travaillé sur ce qui se passait avant la peur : les pensées automatiques, les images mentales catastrophiques.
Au bout de six séances, il a repris le train. Pas sans stress. Mais sans panique. Il avait retrouvé une marge de manœuvre. C’est ça, l’objectif réaliste : non pas ne plus jamais avoir peur, mais pouvoir faire ce que tu veux malgré la peur. L’hypnose t’aide à élargir ta zone de confort, centimètre par centimètre.
Le but n’est pas d’éteindre le feu, mais d’apprendre à traverser la braise.
On entend souvent : « Il faut être réceptif à l’hypnose, sinon ça ne sert à rien. » C’est un autre mythe qui traîne. L’idée que certains auraient un don, et d’autres non. En réalité, l’hypnose n’est pas un état de sommeil ou de transe profonde réservé à des élus. C’est un état naturel que tu expérimentes plusieurs fois par jour sans t’en rendre compte.
Tu sais quand tu es au volant, que tu arrives chez toi sans te souvenir du trajet ? Ou quand tu es tellement absorbé par un film que tu sursautes quand on te parle ? Ça, c’est de l’hypnose légère. Un état de focalisation de l’attention où ton conscient se met en retrait et où ton inconscient prend le relais. Tout le monde le vit, à des degrés divers.
Dans mon cabinet, je ne cherche pas à te « mettre en transe » comme on le voit dans les spectacles. Je crée un cadre où tu te sens en sécurité, où tu peux laisser ton esprit vagabonder. Certaines personnes entrent très vite dans un état de relaxation profonde, d’autres restent plus en surface. Les deux fonctionnent. L’important, ce n’est pas la profondeur de la transe, c’est la qualité de l’expérience et la manière dont on va utiliser cet état pour amorcer des changements.
Un patient m’a dit un jour : « Je ne crois pas que j’étais hypnotisé, j’étais juste détendu. » Pourtant, les résultats étaient là. Parce que la détente, ce n’est pas juste « ne rien faire ». C’est un état où ton système nerveux parasympathique prend le dessus, où la production de cortisol diminue, où ton cerveau devient plus plastique, plus ouvert à de nouvelles associations. C’est dans cet état que tu peux commencer à dénouer les liens entre un lieu et une peur panique. Peu importe que tu appelles ça hypnose, relaxation profonde ou visualisation. Ce qui compte, c’est que ça marche pour toi.
Entrons un peu dans le moteur. L’agoraphobie, ce n’est pas un défaut de caractère ou un manque de volonté. C’est un dysfonctionnement de certains circuits cérébraux. Le principal coupable, je te l’ai dit, c’est l’amygdale. Elle est hyperactive. Elle envoie des signaux de peur pour des stimuli qui ne devraient pas en déclencher.
À côté de ça, tu as le cortex préfrontal, la partie « intelligente » de ton cerveau, celle qui analyse, raisonne, temporise. Normalement, quand l’amygdale s’affole, le cortex préfrontal intervient : « Calme-toi, on est dans une boulangerie, pas dans une savane avec un lion. » Sauf que dans l’agoraphobie, ce dialogue est court-circuité. L’amygdale crie si fort que le cortex préfrontal n’arrive pas à se faire entendre.
L’hypnose va agir à plusieurs niveaux. D’abord, elle va calmer l’amygdale. En induisant un état de relaxation profonde, tu réduis le niveau d’activation général de ton système nerveux. C’est comme si tu baissais le volume de l’alarme. Ensuite, elle va renforcer la connexion entre le cortex préfrontal et l’amygdale. On utilise des métaphores, des visualisations, des suggestions indirectes pour créer de nouveaux chemins neuronaux. Par exemple, je peux te proposer d’imaginer que ta peur est une vieille radio qui grésille, et que tu as la possibilité de tourner le bouton du volume. Ou de visualiser un espace de sécurité intérieur que tu peux emporter partout avec toi.
Enfin, l’hypnose permet de revisiter des souvenirs ou des anticipations. On peut, en état de transe, te faire revivre une situation redoutée, mais en la modifiant. Tu te vois dans le supermarché, mais cette fois, tu respires calmement, tu te sens ancré, tu sais que tu peux partir à tout moment. Le cerveau ne fait pas bien la différence entre une expérience vécue et une expérience imaginée de manière vivante. En répétant mentalement un scénario réussi, tu reprogrammes ta réponse automatique.
C’est pour ça que l’hypnose est particulièrement efficace pour les phobies. Elle travaille directement sur les circuits émotionnels et inconscients, là où la peur s’est installée. Mais attention : ce n’est pas un bouton « off ». C’est un entraînement. Comme pour les muscles, il faut répéter, consolider.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose a des limites. Et si tu viens me voir en espérant que je vais agiter une montre et que tu repartiras guéri, tu risques d’être déçu. Alors voici ce qu’elle ne fait pas.
Elle ne remplace pas un traitement médical. Si tu es sous antidépresseurs ou anxiolytiques, ne les arrête pas brutalement. L’hypnose peut t’aider à réduire les doses à terme, mais ça se fait en coordination avec ton médecin.
Elle ne résout pas les causes profondes. Parfois, l’agoraphobie est liée à un traumatisme ancien, à un deuil non fait, à une anxiété généralisée. L’hypnose peut apaiser les symptômes, mais si la racine est ailleurs, il faudra peut-être creuser plus loin, avec d’autres approches comme l’IFS (Internal Family Systems) ou une thérapie plus longue.
Elle demande un engagement de ta part. Je ne peux pas tout faire tout seul. L’hypnose, c’est un outil. C’est toi qui conduis la voiture. Je t’aide à lire la carte, à trouver le chemin, mais c’est toi qui tournes le volant. Entre les séances, il y a des exercices à faire, des petits défis à relever. Si tu n’es pas prêt à sortir de chez toi entre deux rendez-vous, les progrès seront lents.
Elle ne marche pas pour tout le monde de la même façon. Certaines personnes réagissent très vite, d’autres ont besoin de plus de temps. Parfois, l’hypnose n’est tout simplement pas la bonne porte d’entrée. Et c’est OK. Mon rôle, c’est aussi de te le dire et de t’orienter vers autre chose si besoin : thérapie cognitivo-comportementale, EMDR, suivi psychiatrique.
L’hypnose n’est pas une baguette magique. C’est un levier. Encore faut-il que tu acceptes de pousser.
Tu te demandes peut-être : « Est-ce que ça vaut le coup pour moi ? » Voici quelques questions à te poser.
Es-tu prêt à expérimenter ? L’hypnose, ce n’est pas un discours théorique. On va faire des choses concrètes : des exercices de respiration, des visualisations, des mises en situation imaginaires. Si tu es du genre à vouloir tout contrôler, à analyser chaque étape, ça peut être inconfortable au début. Mais c’est justement ce lâcher-prise qui est thérapeutique.
As-tu une motivation claire ? « Je veux ne plus avoir peur » est trop vague. Un objectif concret, c’est : « Je veux pouvoir aller au supermarché le samedi matin sans faire de détour. » Ou : « Je veux prendre le train pour voir ma fille à Bordeaux. » Plus ton objectif est précis, plus on peut travailler efficacement.
Es-tu prêt à ressentir de l’inconfort ? L’hypnose ne fait pas mal, mais elle peut te confronter à des émotions que tu évites. Parfois, en séance, tu vas sentir la peur monter, et on va apprendre à rester avec elle, à la traverser, sans fuir. C’est inconfortable, mais c’est ainsi que tu reprogrammes ton cerveau.
Si tu réponds oui à ces trois questions, l’hypnose peut être une excellente piste pour toi. Et même si tu hésites encore, tu peux venir pour un premier rendez-vous sans engagement. On discute, je t’explique comment je travaille, tu vois si le cadre te convient. Il n’y a pas de pression.
Avant même de pousser la porte d’un cabinet, tu peux commencer à poser des fondations. Voici deux petites choses à essayer chez toi.
D’abord, observe ton souffle. Pas pour le modifier, juste pour le regarder. Pose-toi cinq minutes, assis, les pieds à plat sur le sol. Mets une main sur ton ventre. Et sens l’air qui entre, qui sort. Sans jugement. Si ton esprit s’évade, ramène-le doucement sur le mouvement de ta main. C’est un mini-entraînement à la pleine conscience. Ça calme le système nerveux. Fais-le une fois par jour.
Ensuite, tiens un petit carnet. Chaque fois que tu ressens une montée d’angoisse liée à l’agoraphobie, note trois choses : où tu es, ce que tu ressens dans ton corps, et la pensée automatique qui te traverse (« Je vais m’évanouir », « Je ne peux pas m’en sortir », etc.). Sans chercher à la corriger. Juste pour commencer à voir le schéma. C’est le début du travail conscient.
Ces deux gestes te reconnectent à toi-même, à ton corps, à tes pensées. Ils te préparent au travail plus profond que l’hypnose peut offrir.
Je ne peux pas te promettre que l’hypnose va tout résoudre. Mais je peux te promettre que si tu es prêt à t’engager dans ce chemin, tu vas retrouver des morceaux de liberté que tu croyais perdus. Tu vas peut-être même découvrir que la peur n’est pas une ennemie à abattre, mais une partie de toi qui a besoin d’être rassurée.
Si tu sens que le moment est venu, si tu en as assez de rétrécir ton monde, prends contact. On se rencontrera à Saintes, dans mon cabinet, sans costume ni montre. Juste deux humains autour d’une question : comment faire pour que ta vie redevienne plus grande que ta peur.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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