3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Aidez votre enfant à voler sereinement grâce à l’hypnose.
« Maman, je ne veux pas monter dans l’avion. J’ai peur qu’il tombe. »
Lucas a 8 ans. Il serre la main de sa mère si fort que ses jointures blanchissent. Dans le hall d’embarquement, il regarde les avions décoller avec des yeux ronds comme des soucoupes. La dernière fois qu’il a pris l’avion pour aller chez ses grands-parents au Maroc, il a passé les trois heures de vol à pleurer, à refuser de lâcher la tablette, et à demander toutes les cinq minutes : « On arrive bientôt ? » La famille a atterri épuisée, et les parents ont juré que plus jamais ça.
Sauf que cette fois, c’est les vacances d’été. Le voyage est prévu depuis des mois, les valises sont presque prêtes, et le petit frère de 5 ans, lui, trépigne d’impatience. Alors que faire ? Annuler ? Prendre la voiture sur 1 500 kilomètres ? Donner un cachet à Lucas pour qu’il dorme ?
Je comprends cette détresse. En tant que praticien à Saintes, je vois régulièrement des parents arriver avec cette demande : « Mon enfant a peur de l’avion, on ne sait plus comment l’aider. » Et souvent, ils ont tout essayé : les explications rassurantes, les jeux sur tablette, les bonbons, les menaces, la promesse d’une récompense. Rien n’y fait. La peur est plus forte que tout.
Alors oui, l’hypnose peut aider. Mais pas comme une baguette magique qui ferait disparaître la peur en un claquement de doigts. Plutôt comme un apprentissage : celui de faire ami-ami avec cette peur, de lui donner une forme, un nom, et de la mettre à sa place. Et ça marche aussi bien pour un enfant de 6 ans que pour un ado de 16 ans, à condition de s’y prendre avec la bonne approche.
Dans cet article, je vais vous montrer concrètement comment l’hypnose peut aider votre enfant à vaincre sa peur de l’avion. Je vais vous expliquer ce qui se passe dans sa tête, pourquoi les paroles rassurantes ne suffisent pas toujours, et comment on peut l’accompagner pas à pas vers un vol serein. Et si vous êtes vous-même angoissé(e) à l’idée de prendre l’avion avec lui, je vous donnerai aussi quelques clés pour vous aussi respirer un bon coup.
Ce que l’hypnose fait – et ne fait pas – face à la peur de l’avion
Commençons par une vérité simple : l’hypnose ne va pas « effacer » la peur de votre enfant. Ce n’est pas un lavage de cerveau, ni une manipulation. Votre enfant ne va pas se retrouver dans un état second où il ne se souvient de rien. Au contraire, l’hypnose va lui donner des outils pour gérer sa peur.
Imaginez que la peur de l’avion soit un gros chien qui aboie très fort dans sa tête. Plus il essaie de l’ignorer, plus le chien aboie. Plus vous lui dites « n’aie pas peur », plus le chien se sent menacé et aboie encore plus fort. L’hypnose, c’est apprendre à votre enfant à caresser ce chien, à le regarder, à lui dire « je te vois, tu es là, mais tu ne décides pas pour moi ». Peu à peu, le chien se calme. Il peut même devenir un compagnon qui veille sur lui.
Concrètement, l’hypnose pour la peur de l’avion repose sur trois piliers :
C’est un apprentissage, pas une guérison instantanée. Cela demande une ou deux séances, parfois trois pour les peurs très ancrées. Mais à la fin, votre enfant repart avec une « boîte à outils » mentale qu’il peut utiliser seul.
Pourquoi votre enfant a peur de l’avion (et ce n’est pas de sa faute)
Avant de parler de solution, il faut comprendre le problème. La peur de l’avion chez l’enfant n’est pas une « bêtise » ou un caprice. Elle a des racines profondes, et elles sont souvent différentes de celles des adultes.
1. Le manque de contrôle Un adulte peut se dire : « Je choisis de prendre l’avion, je sais que c’est statistiquement sûr, je peux lire un livre pour me distraire. » Un enfant, lui, est totalement passif. Il ne comprend pas comment un truc aussi lourd reste en l’air. Il ne peut pas ouvrir la porte et sortir. Il est coincé. Cette perte de contrôle est terrifiante pour un cerveau en développement.
2. L’imagination débordante Un enfant de 7 ans n’a pas encore un cortex préfrontal hyper-développé pour raisonner. Son cerveau fonctionne beaucoup par images mentales. Si quelqu’un dit « avion », il peut voir une boîte en fer qui tombe du ciel. Son imagination crée des scénarios catastrophe bien plus vite qu’il ne peut les raisonner.
3. La contagion émotionnelle Les enfants sont des éponges émotionnelles. Si vous, parent, êtes tendu(e) à l’idée de prendre l’avion, si vous serrez les mâchoires au décollage, si vous pâlissez pendant les turbulences, votre enfant le capte. Pas besoin de mots. Il ressent votre peur et se dit : « Si maman a peur, c’est qu’il y a vraiment un danger. »
4. Un déclencheur spécifique Parfois, la peur vient d’un événement précis : un film catastrophe vu à la télé, une histoire racontée par un copain, ou même une expérience de turbulence forte lors d’un précédent vol. Le cerveau de l’enfant a fait une association : « avion = danger », et il la rejoue à chaque fois.
Point clé : La peur de l’avion chez l’enfant n’est pas un problème de logique. C’est un problème de programmation émotionnelle. On ne raisonne pas une émotion. On l’apprivoise.
Comment l’hypnose peut aider votre enfant : 4 étapes concrètes
Je vais vous décrire comment se déroule une séance d’hypnose pour un enfant qui a peur de l’avion. Pas de jargon, juste du concret. Gardez à l’esprit que chaque enfant est unique, mais le fil conducteur est souvent le même.
Étape 1 : On met la peur sur le tapis, sans jugement
La première séance, je ne fais pas d’hypnose tout de suite. Je parle avec l’enfant (et vous, si vous voulez). Je lui demande : « C’est quoi ta peur exactement ? Qu’est-ce qui se passe dans ta tête quand tu penses à l’avion ? »
Souvent, les enfants répondent des choses surprenantes. Un petit garçon m’a dit un jour : « J’ai peur que les ailes se plient comme des ailes de papillon. » Une fillette de 9 ans : « J’ai peur qu’on reste coincé dans le ciel et qu’on ne puisse plus jamais redescendre. » Un ado : « C’est pas la peur de tomber, c’est la peur d’étouffer dans l’habitacle. »
Je ne corrige pas, je ne dis pas « mais non, c’est pas possible ». J’accueille. Je valide. Je dis : « C’est normal d’avoir peur de ça. Beaucoup d’enfants ont cette peur. » Cela seul soulage déjà énormément l’enfant. Il se sent entendu, pas jugé.
Ensuite, je propose de « dessiner » la peur. Pas forcément sur une feuille, mais dans l’imaginaire. Je demande : « Si ta peur était un personnage, à quoi ressemblerait-elle ? Un monstre ? Un nuage noir ? Un petit bonhomme vert ? » L’enfant invente. Ça devient concret. On peut alors dialoguer avec ce personnage.
Étape 2 : On crée un « endroit sûr » dans l’imaginaire
C’est le cœur de l’hypnose pour enfant. Je guide l’enfant dans un état de relaxation léger, les yeux fermés, confortablement installé. Je lui propose d’imaginer un lieu où il se sent parfaitement bien : une plage, sa chambre, un jardin secret, une cabane dans les arbres.
Je l’aide à rendre cet endroit très vivant : les couleurs, les sons, les odeurs, la température. « Est-ce qu’il y a du sable sous tes pieds ? Est-ce que tu entends des oiseaux ? Est-ce que tu sens l’odeur des cookies ? »
Cet endroit sûr devient une ressource. Un refuge mental que l’enfant peut apprendre à rejoindre en quelques secondes. Quand il sentira la peur monter dans l’avion, il pourra fermer les yeux (même brièvement) et se transporter dans son lieu sûr. C’est comme un bouton « pause » sur l’anxiété.
Étape 3 : On « reprogramme » le scénario du vol
Une fois que l’enfant est détendu et connecté à son lieu sûr, on peut commencer à travailler sur le vol lui-même. Je lui propose de visualiser le voyage comme une histoire, mais en changeant le scénario.
Par exemple : « Imagine que tu es un super-héros qui monte dans l’avion. Tu as une cape invisible qui te protège. Chaque fois que tu as peur, tu touches ta cape et elle devient plus forte. »
Ou encore : « Le bruit des réacteurs, ce n’est pas un bruit effrayant. C’est le rugissement d’un dragon amical qui te porte. Tu peux lui parler dans ta tête. Tu peux lui dire : “Merci de me porter, dragon.” »
Je peux aussi utiliser la technique du « film mental » : l’enfant regarde le vol comme s’il était dans une salle de cinéma, avec un pop-corn, confortablement assis. Il peut appuyer sur « pause », « avance rapide », « retour arrière ». S’il y a une scène qui lui fait peur (le décollage, les turbulences), on peut la ralentir, la transformer, lui donner des couleurs douces.
L’idée n’est pas de nier la réalité, mais de donner à l’enfant le pouvoir de rejouer la scène dans sa tête, et donc de se sentir acteur plutôt que victime.
Étape 4 : On installe un « signal » de sécurité
À la fin de la séance, on crée un petit rituel. Je propose à l’enfant de choisir un geste ou un mot qui lui rappelle son calme. Par exemple :
Ce signal est comme un déclencheur. Quand il le fait, son cerveau se souvient de l’état de calme qu’il a ressenti pendant l’hypnose. C’est un réflexe conditionné, mais positif.
Et vous, parents ? Le rôle clé que vous jouez
Un enfant ne peut pas vaincre sa peur de l’avion tout seul. Il a besoin de vous. Mais attention : votre rôle n’est pas de le rassurer à tout prix. Voici quelques conseils concrets pour les jours précédant le vol, et le jour J.
Avant le vol :
Le jour du vol :
Moment fort : Un parent m’a dit un jour, après une séance : « Mon fils de 7 ans a passé tout le vol à dessiner des dragons dans les nuages. Il m’a dit : “Maman, le dragon nous porte, c’est génial.” Il n’a pas eu peur une seule seconde. » Ce n’est pas de la magie. C’est juste que son cerveau avait appris une nouvelle histoire.
Quand l’hypnose ne suffit pas (et ce qu’on peut faire d’autre)
Je veux être honnête avec vous : l’hypnose n’est pas toujours la solution miracle. Dans certains cas, la peur de l’avion est tellement intense qu’elle nécessite un accompagnement plus large.
Si votre enfant a des crises d’angoisse sévères (difficulté à respirer, tremblements, nausées, envie de fuir), l’hypnose peut aider, mais il faut aussi consulter un médecin ou un pédopsychiatre. Parfois, une anxiété généralisée se cache derrière la peur de l’avion.
Si la peur est liée à un traumatisme (par exemple, un vol avec de très fortes turbulences, ou un accident d’avion vu dans l’actualité), une thérapie plus longue (EMDR, IFS) peut être nécessaire. L’hypnose est alors un complément, pas un traitement principal.
Si l’enfant est trop jeune (moins de 5 ans), l’hypnose formelle est moins adaptée. On utilise plutôt des techniques de relaxation, de contes thérapeutiques, ou de jeu. Mais l’approche reste la même : donner des outils de régulation émotionnelle.
Si c’est vous, parent, qui avez très peur de l’avion et que vous transmettez cette peur, il peut être utile que vous consultiez aussi pour vous. Un enfant ne peut pas être serein si son parent est en panique. C’est un travail d’équipe.
Et après l’hypnose ? Comment consolider les acquis
Une fois que votre enfant a appris à gérer sa peur de l’avion, il ne faut pas que cela reste une expérience isolée. Voici comment ancrer ces apprentissages dans la durée.
1. Félicitez-le, mais pas trop Dites-lui : « Je suis fier de toi, tu as été très courageux. » Mais évitez de faire de ce vol un exploit héroïque. Plus vous en faites un événement exceptionnel, plus il risque de se dire que c’était difficile, et donc de reproduire la peur la prochaine fois. Dites plutôt : « Tu as bien géré. C’est normal d’avoir un peu peur, et tu as su utiliser tes outils. »
2. Parlez du voyage avec des mots positifs Après le vol, racontez les bons moments : les nuages vus du hublot, le goûter servi, l’atterrissage en douceur. Ne passez pas des heures à analyser la peur. Laissez les souvenirs positifs prendre le dessus.
3. Revenez sur les outils utilisés Quelques jours après, demandez-lui : « Qu’est-ce qui t
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.