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Hypnose pour phobie médicale : comment se déroule une séance

Ce qui vous attend concrètement chez un praticien spécialisé

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Vous avez peut-être repoussé une consultation chez le dentiste pendant des mois, voire des années. Ce n’est pas par manque de volonté. C’est parce que, rien que l’idée de vous asseoir sur ce fauteuil, d’entendre le bruit de la fraise, ou de sentir l’odeur du cabinet, suffit à déclencher une bouffée d’angoisse. Votre cœur s’emballe, vos mains deviennent moites, et vous trouvez toujours une bonne excuse pour annuler. Je reçois régulièrement des personnes comme vous, qui vivent la même chose avec les prises de sang, les IRM, ou même la simple visite chez le gynécologue.

Ces réactions ne sont pas un caprice. Votre cerveau a associé un stimulus médical à un danger, même si vous savez rationnellement qu’il n’y en a pas. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’intelligence relationnelle permettent de défaire ce lien automatique. Mais concrètement, comment cela se passe-t-il ? Qu’allez-vous vivre lors d’une séance ? Je vais vous décrire le déroulement typique, sans jargon, avec des exemples réels.

Pourquoi votre phobie médicale n’est pas une faiblesse, mais un mécanisme de protection

Avant de parler du déroulement d’une séance, je dois vous rassurer sur un point : votre phobie n’est pas un défaut de caractère. C’est un mécanisme de survie qui a mal tourné. Votre système nerveux a enregistré une expérience – une piqûre douloureuse, une mauvaise nouvelle annoncée dans un cabinet froid, ou même un récit terrifiant entendu dans l’enfance – et l’a classée comme dangereuse. Depuis, chaque fois que vous êtes confronté à un contexte médical, votre amygdale (une petite zone du cerveau qui gère la peur) sonne l’alerte avant même que votre cortex préfrontal (la partie rationnelle) ait eu le temps de dire : « Tout va bien, c’est juste un vaccin. »

Je pense à ce patient, appelons-le Marc, qui venait pour une phobie des aiguilles. Il avait 35 ans, un poste à responsabilités, et il était incapable de se faire vacciner contre la grippe. Lors de notre premier échange, il m’a dit : « Je sais que c’est stupide, je sais que ça dure deux secondes, mais mon corps refuse. » Cette dissociation entre ce qu’il sait et ce qu’il ressent est typique. L’hypnose ne va pas combattre cette peur, ni la nier. Elle va plutôt entrer en dialogue avec la partie de lui qui a décidé, un jour, que les aiguilles étaient dangereuses.

En IFS, on appelle cette partie un « protecteur ». Son rôle est légitime : elle a probablement évité à Marc une situation encore plus désagréable dans le passé. Le problème, c’est qu’elle continue à appliquer une stratégie obsolète. L’hypnose ericksonienne permet de créer un état de conscience modifié où cette partie peut se sentir entendue, et où elle accepte de lâcher prise. Ce n’est pas un combat, c’est une négociation respectueuse.

Le premier contact : un échange qui pose les bases de la confiance

Quand vous arrivez dans mon cabinet, à Saintes, la première chose que nous faisons, c’est parler. Pas de l’hypnose tout de suite, mais de vous, de votre histoire, de ce qui déclenche votre peur. Cette étape est cruciale, car la phobie médicale est souvent liée à une perte de contrôle. En prenant le temps de vous écouter, je vous rends ce contrôle. Vous n’êtes pas un patient qu’on endort pour appliquer une technique ; vous êtes une personne qui va décider, à chaque instant, si elle se sent en sécurité.

Je pose des questions précises : « Qu’est-ce qui est le plus difficile pour vous ? Le bruit ? La sensation de l’aiguille ? L’odeur de l’alcool ? L’attente dans la salle ? » Parfois, la réponse surprend. Une patiente, Sophie, m’a raconté que ce n’était pas la douleur de la prise de sang qui la terrifiait, mais la vue de son propre sang. Une autre fois, un homme m’a dit que c’était le geste du médecin qui lui tournait le dos pour préparer la seringue qui le paniquait, car il se sentait vulnérable.

Pendant cette phase, j’explique aussi comment fonctionne l’hypnose ericksonienne. Je ne vais pas vous endormir ni vous faire perdre conscience. Vous resterez présent, capable de parler et de bouger si nécessaire. L’état hypnotique est un état de concentration naturelle, comme quand vous êtes absorbé par un film ou que vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet. C’est un état que vous expérimentez déjà tous les jours, sans le savoir. Mon rôle est simplement de vous y guider intentionnellement.

Nous fixons ensemble un objectif concret. Pas « ne plus avoir peur », car c’est trop vague. Plutôt : « Être capable de tendre le bras pour une prise de sang sans que le cœur ne s’emballe » ou « Entrer dans le cabinet du dentiste et m’asseoir sans avoir envie de fuir ». Cet objectif devient la boussole de la séance.

La séance d’hypnose proprement dite : un voyage sur mesure

Une fois que nous avons défini le cadre, nous passons à la séance d’hypnose. Vous êtes installé confortablement dans un fauteuil, souvent en position semi-allongée. Je vous invite à fermer les yeux si vous le souhaitez, mais ce n’est pas obligatoire. Certaines personnes préfèrent garder un point de repère visuel, surtout si la phobie est liée à une sensation d’enfermement.

Je commence par une induction, c’est-à-dire une série de suggestions qui attirent votre attention vers l’intérieur. Je peux vous demander de vous concentrer sur votre respiration, sur les sensations de votre corps au contact du fauteuil, ou sur un son ambiant. Le but est de calmer le rythme de votre système nerveux, de passer du mode « alerte » au mode « repos ». Cela prend généralement quelques minutes.

Ensuite, je vais utiliser des métaphores et des histoires. L’hypnose ericksonienne est célèbre pour cela. Plutôt que de dire directement « Vous n’aurez plus peur des aiguilles », je vais raconter l’histoire d’une rivière qui contourne un rocher, ou d’un jardinier qui taille une branche pour que l’arbre pousse mieux. Votre inconscient, cette partie de vous qui gère vos automatismes, va capter le sens caché de l’histoire et l’appliquer à votre situation. C’est un langage indirect, qui contourne les résistances conscientes.

Prenons l’exemple de Julien, un footballeur que j’accompagne aussi en préparation mentale. Il avait une phobie des soins médicaux après une blessure mal gérée. Pendant l’hypnose, je ne lui ai pas parlé de médecins. Je lui ai parlé d’un rugbyman qui, après une chute, avait peur de retourner sur le terrain. Dans l’histoire, le rugbyman découvrait que la douleur n’était pas un ennemi, mais un signal qui lui apprenait à mieux bouger. Julien a fait le lien tout seul, sans que j’aie besoin de le lui expliquer. La semaine suivante, il a pris rendez-vous chez le kiné sans angoisse.

Si je combine l’hypnose avec l’IFS, je peux aussi dialoguer directement avec la partie phobique. Je vous propose d’imaginer cette peur comme un personnage ou une forme. « Si la partie de vous qui a peur des aiguilles avait une couleur, une forme, un âge, à quoi ressemblerait-elle ? » Certaines personnes voient un enfant recroquevillé, d’autres un mur de briques. Je dialogue avec cette partie, je lui demande ce qu’elle protège, ce dont elle a besoin pour se sentir en sécurité. Souvent, la réponse est simple : « J’ai besoin qu’on me prévienne avant chaque geste » ou « J’ai besoin de savoir que je peux dire stop à tout moment ». Une fois que cette partie se sent entendue, elle accepte de se détendre.

« La peur n’est pas une ennemie à éliminer. C’est une sentinelle fatiguée qui a besoin qu’on lui dise que le danger est passé. En hypnose, on ne force pas la porte, on remercie le gardien et on lui propose de prendre un café. »

Ce que vous ressentez pendant et après : des sensations qui vous surprennent

Pendant la séance, vous allez vivre des sensations variables. Certaines personnes décrivent une lourdeur dans les membres, comme si elles s’enfonçaient dans le fauteuil. D’autres ressentent au contraire une légèreté, une impression de flotter. Il est fréquent que la perception du temps se modifie : cinq minutes peuvent sembler une heure, ou l’inverse. Vous pouvez avoir des images qui traversent votre esprit, des souvenirs qui remontent, ou simplement une grande paix intérieure.

Je vous préviens toujours : vous entendrez tout ce que je dis, même en hypnose. Vous pourrez ouvrir les yeux à tout moment si vous le souhaitez. Il n’y a pas de perte de contrôle. En réalité, c’est vous qui gardez le contrôle, simplement vous êtes dans un état de réceptivité accru.

Une fois la séance terminée, je vous ramène doucement à l’état de conscience ordinaire. Je compte de 1 à 5, je vous propose de bouger les doigts, les pieds, de vous étirer. Vous êtes souvent étonné de vous sentir aussi détendu. Mais le plus important vient après : le changement ne se produit pas toujours immédiatement.

Prenons le cas de Claire, qui avait une phobie des scanners. Après sa première séance, elle m’a dit : « Je ne sens rien de différent, j’ai toujours peur en y pensant. » Je lui ai répondu que c’était normal. Le travail de l’hypnose est souvent souterrain. Trois jours plus tard, elle devait passer un scanner. Elle m’a envoyé un message : « Je suis entrée dans la machine, mon cœur battait, mais j’ai soudain eu une image de la plage dont vous aviez parlé, et la peur est redescendue. Je suis restée 10 minutes sans paniquer. » Le changement était là, discret mais réel.

Il arrive aussi que des émotions refassent surface après la séance. Vous pouvez vous sentir un peu fatigué, ou au contraire très énergique. Vous pouvez avoir des rêves plus intenses. C’est le signe que votre inconscient continue à traiter l’information. Je vous conseille de noter ce qui se passe dans les jours qui suivent : vos réactions, vos pensées, vos sensations. Cela nous servira pour la séance suivante.

Combien de séances pour une phobie médicale ? Une réponse honnête

Je ne vais pas vous promettre une guérison en une séance. Cela arrive, surtout si la phobie est récente ou liée à un événement unique. Mais la plupart du temps, il faut compter entre 3 et 6 séances pour un résultat solide. La première séance est souvent exploratoire, la deuxième permet de commencer à défaire le mécanisme, et les suivantes renforcent les nouvelles associations.

La fréquence est généralement d’une séance par semaine ou toutes les deux semaines. Ce rythme laisse le temps à votre système nerveux de s’adapter. L’hypnose n’est pas une baguette magique, c’est un réapprentissage. Vous avez appris à avoir peur, vous pouvez apprendre à ne plus avoir peur. Mais cela demande de la répétition.

Je suis aussi transparent sur les limites. Si votre phobie médicale est liée à un traumatisme grave (violence médicale, abus sous anesthésie, etc.), l’hypnose seule peut ne pas suffire. Dans ce cas, je peux vous orienter vers un thérapeute spécialisé en EMDR ou en thérapie des schémas, en complément de mon travail. L’important est que vous trouviez la bonne approche pour vous.

Parfois, les personnes viennent avec une attente irréaliste : « Je veux ne plus jamais ressentir de peur. » Or, la peur est une émotion normale et utile. L’objectif n’est pas de la supprimer, mais de la réduire à un niveau gérable. Vous aurez peut-être encore un petit pincement au cœur avant une prise de sang, mais vous serez capable de tendre le bras et de respirer. C’est déjà une victoire énorme.

Les outils concrets que vous repartez avec : au-delà de la séance

L’hypnose ericksonienne ne s’arrête pas à la porte du cabinet. Je vous donne toujours des outils à utiliser chez vous. Le plus courant est l’auto-hypnose. Je vous enregistre une courte séance audio, personnalisée, que vous pouvez écouter avant un rendez-vous médical ou le soir pour vous détendre. Cela ancre les changements dans votre quotidien.

Un autre outil que j’utilise beaucoup, emprunté à l’intelligence relationnelle, est le « point d’ancrage ». Pendant l’hypnose, je vous propose d’associer un geste simple (presser le pouce et l’index ensemble) à un état de calme profond. Ensuite, vous pouvez reproduire ce geste dans une situation réelle pour déclencher cet état. C’est comme un interrupteur que vous apprenez à actionner.

Pour les sportifs que je suis, je crée des routines de centrage avant une compétition. Pour les phobies médicales, je crée des routines avant le soin. Par exemple : arriver 10 minutes en avance, écouter l’audio d’hypnose dans la salle d’attente, faire le geste d’ancrage, et entrer dans le cabinet en ayant déjà installé un état de sécurité intérieure.

Voici un exemple de ce que je peux vous proposer comme exercice simple, à faire dès aujourd’hui :

  1. Asseyez-vous confortablement et fermez les yeux.
  2. Prenez trois respirations lentes, en imaginant que l’air entre par le nez et ressort par la bouche, comme si vous souffliez doucement sur une bougie.
  3. Rappelez-vous un moment où vous vous êtes senti parfaitement en sécurité : un lieu, une personne, une sensation. Laissez cette image s’installer.
  4. Au moment où la sensation de sécurité est la plus forte, pressez doucement votre pouce et votre index ensemble, et maintenez ce contact pendant quelques secondes.
  5. Ouvrez les yeux. Ce geste est désormais votre ancre. Vous pouvez le refaire avant un moment stressant.

Cet exercice ne remplace pas une séance, mais il vous montre que vous avez déjà en vous les ressources pour vous apaiser. L’hypnose ne fait que les révéler.

Une invitation à faire le premier pas, à votre rythme

Je ne vais pas terminer cet article en vous disant « Prenez rendez-vous tout de suite ». Je sais que si vous lisez ces lignes, vous êtes probablement dans une ambivalence : une partie de vous veut changer, et une autre partie préfère éviter. C’est humain. La phobie médicale est l’une des plus tenaces, car elle touche à la vulnérabilité du corps.

Ce que je vous propose, c’est un premier pas sans engagement. Vous pouvez m’appeler ou m’écrire pour un échange téléphonique gratuit de 15 minutes. On parlera de votre situation, je répondrai à vos questions concrètes sur le déroulement, et vous déciderez ensuite si vous voulez franchir le pas. Il n’y a aucune pression. Mon cabinet à Saintes est un espace où vous venez comme vous êtes, avec vos peurs, vos doutes, et votre espoir.

J’accompagne des adultes depuis 2014. J’ai vu des dentistes devenir supportables, des prises de sang devenir banales, des IRM se passer sans crise d’angoisse. Chaque fois, la personne repart avec un peu plus de liberté. Pas une liberté parfaite, mais une liberté suffisante pour ne plus laisser la peur décider à sa place.

Si vous sentez que le moment est venu de faire quelque chose pour vous, sachez que la porte est ouverte. Vous n’avez pas à affronter cela seul. Et surtout, vous n’avez pas à avoir honte de votre peur. Elle a une histoire, et elle mérite d’être écoutée. C’est exactement ce que nous ferons ensemble.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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