3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Traumatisme, conditionnement ou mémoire corporelle ?
Tu es là, dans ce couloir d’hôpital. L’ascenseur est bloqué, ou peut-être que c’est juste toi qui attends l’IRM. Soudain, ta poitrine se serre. Tu as chaud, puis froid. Ta vision se rétrécit. Tu as envie de fuir, mais tu es coincé. Ce n’est pas la première fois. Chaque fois que tu te retrouves dans un espace confiné — voiture, train bondé, salle de réunion sans fenêtre, cabine d’essayage — le même piège se referme. La claustrophobie n’est pas une simple peur de l’espace réduit. C’est une réaction physique et émotionnelle qui te dépasse, qui te fait douter de toi, et qui t’épuise.
Je reçois régulièrement des adultes comme toi, à Saintes, qui vivent cela. Des gens compétents, solides, parfois même des sportifs de haut niveau. Pourtant, dans ces moments-là, ils se sentent réduits à une seule chose : une panique incontrôlable. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle m’ont appris une chose essentielle : cette peur n’est pas un défaut de caractère. C’est un signal. Un message d’une partie de toi qui s’est adaptée, un jour, pour te protéger. Et si on décodait ensemble ce message ?
Voici les trois causes profondes que j’observe le plus souvent derrière la claustrophobie. Elles ne sont pas exclusives — parfois elles se mélangent. Mais les reconnaître, c’est déjà commencer à desserrer l’étau.
Commençons par la cause la plus évidente, mais souvent la plus enfouie : un traumatisme passé. Je ne parle pas forcément d’un grand drame dont tout le monde parle. Parfois, c’est un événement que tu juges « mineur » ou que tu as même oublié consciemment. Mais ton corps, lui, s’en souvient.
Un exemple concret : Un jour, un patient — appelons-le Marc — est venu me voir. La quarantaine, commercial, père de famille. Il ne supportait plus les transports en commun ni les salles de réunion sans fenêtre. Il pensait que c’était lié à son stress professionnel. En creusant, il s’est souvenu d’un épisode à 8 ans : lors d’un jeu de cache-cache, un cousin l’avait enfermé dans un placard à balais. Il avait cru qu’on l’avait oublié. Il avait hurlé, frappé, pleuré. Personne n’était venu pendant ce qui lui avait semblé une éternité (en réalité, 15 minutes). L’oncle l’avait finalement sorti, tout le monde avait ri. « Ce n’était pas grave », lui disait-on. Mais son système nerveux, lui, n’avait pas ri. Il avait enregistré : espace confiné = danger de mort = survie = fuite ou panique.
Ce mécanisme, c’est le traumatisme. Le cerveau n’a pas de montre. Pour lui, un souvenir vécu avec une charge émotionnelle forte reste présent. Aujourd’hui, quand Marc entre dans un ascenseur, son corps revit la détresse du petit garçon dans le placard. La peur n’est pas « irrationnelle » : elle est parfaitement logique pour la partie de lui qui est restée bloquée dans ce moment.
Ce que l’hypnose et l’IFS changent : En hypnose ericksonienne, on ne force pas le souvenir. On va plutôt permettre à cette partie traumatisée de se sentir enfin en sécurité, dans l’ici et maintenant. On peut revisiter la scène en modifiant les perceptions (agrandir l’espace, ajouter une lumière, faire venir un allié). L’IFS, lui, va dialoguer avec la partie qui panique. Souvent, on découvre qu’elle n’est pas « méchante » : elle fait son boulot de protectrice. Elle a juste appris une stratégie qui n’est plus adaptée. Quand on la remercie et qu’on lui montre que l’adulte d’aujourd’hui peut gérer, la panique diminue.
Le traumatisme n’est pas l’événement, c’est la réponse que ton corps a figée dans le temps. Libérer cette réponse, c’est retrouver ta mobilité intérieure.
La deuxième cause est plus silencieuse. Pas de gros traumatisme, pas d’histoire dramatique. Juste une série de petites expériences qui, mises bout à bout, ont programmé ton cerveau à associer un espace confiné à un danger.
Comment ça se passe ? Imagine une jeune femme, Sophie, 35 ans, infirmière. Elle n’a jamais vécu d’enfermement traumatique. Mais elle est très sensible aux sensations corporelles. Un jour, dans un métro bondé, elle commence à avoir chaud, puis à sentir son cœur battre. Elle pense : « Et si je faisais un malaise ? Et si personne ne pouvait m’aider ? » La peur monte. Elle sort à la station suivante, soulagée. Le cerveau enregistre : « métro bondé → peur → sortie → soulagement. » Le problème, c’est que ce schéma se répète. La prochaine fois, le simple fait d’imaginer le métro déclenche l’anxiété. Puis c’est le train. Puis la voiture. Puis la salle d’attente.
C’est ce qu’on appelle le conditionnement classique. Un stimulus neutre (un espace clos) est associé à une réponse de peur, puis la peur devient automatique. Tu n’as pas besoin de penser « j’ai peur » ; ton corps réagit avant ta conscience. C’est le même mécanisme qui fait que tu salives en voyant un citron, ou que tu sursautes en entendant un bruit fort après un accident.
Pourquoi ça s’installe si facilement ? Plusieurs raisons. D’abord, l’évitement. Plus tu évites les situations confinées, plus ton cerveau confirme qu’elles sont dangereuses. Ensuite, l’hypervigilance. Tu commences à scanner ton environnement pour détecter les issues de secours, les fenêtres, les portes. Cette attention constante épuise et amplifie la peur. Enfin, l’anticipation anxieuse : tu passes des heures à imaginer le pire avant un rendez-vous chez le dentiste ou un vol en avion. Cette répétition mentale est aussi puissante qu’une exposition réelle.
Comment on sort de là ? L’hypnose ericksonienne est particulièrement efficace ici. On utilise des métaphores et des suggestions pour « réécrire » le programme. Par exemple, je peux suggérer à ton inconscient de recoder l’ascenseur comme un espace de transition neutre, comme un sas entre deux mondes. On peut aussi travailler sur la respiration et la dissociation : apprendre à observer la peur sans la combattre, comme on regarde passer un nuage. L’Intelligence Relationnelle, de son côté, t’aide à comprendre comment tu te parles à toi-même dans ces moments. Souvent, un dialogue intérieur du genre « je vais étouffer » ou « je vais perdre le contrôle » alimente le conditionnement. En changeant ce récit, on change la réponse.
Voici la cause la plus subtile, et peut-être la plus profonde. Parfois, la claustrophobie n’est ni un traumatisme personnel ni un conditionnement récent. C’est une mémoire qui ne t’appartient pas entièrement. Une mémoire corporelle ou transgénérationnelle.
De quoi s’agit-il ? Le corps enregistre bien plus que nos expériences conscientes. Il capte les émotions de nos parents, les tensions de notre environnement familial, les secrets non dits. Certaines sensations de claustrophobie peuvent être liées à des événements vécus par un parent ou un grand-parent, sans que personne n’en ait parlé.
Un exemple parlant : J’ai accompagné une patiente, Claire, qui avait une peur panique des IRM. Impossible de les supporter. Elle ne comprenait pas pourquoi. Aucun souvenir d’enfermement. En travaillant en IFS, on a rencontré une partie d’elle qui ressentait une oppression thoracique, une sensation d’étouffement. En dialoguant avec cette partie, elle a eu une image : sa mère, enceinte d’elle, lors d’une dispute violente avec son père. Sa mère s’était enfermée dans la salle de bain, pleurant, se sentant piégée. Claire n’était pas encore née, mais son corps, dans le ventre maternel, avait enregistré cette détresse. L’espace confiné déclenchait chez elle une mémoire corporelle de cette époque.
On peut aussi retrouver des héritages plus anciens : un grand-père mineur coincé dans une galerie, une arrière-grand-mère cachée dans une cave pendant la guerre. Ces histoires ne sont pas racontées, mais elles sont transmises par des postures, des tensions, des sensibilités.
L’IFS et l’hypnose pour libérer cette mémoire : L’IFS est très puissant ici car il permet de dialoguer directement avec la partie qui porte cette mémoire. On ne cherche pas à savoir si l’histoire est vraie ou non (d’ailleurs, on ne peut pas toujours vérifier). On accueille la sensation, on la remercie d’avoir porté ce fardeau, et on lui propose de le déposer. En hypnose, on peut utiliser des techniques de « réimprinting » : revisiter la scène d’origine (même symbolique) et lui donner une issue différente. Par exemple, ouvrir une porte imaginaire dans le ventre maternel, ou agrandir l’espace jusqu’à ce que la respiration devienne libre.
Certaines peurs ne sont pas les tiennes. Elles ont juste traversé les générations, cherchant quelqu’un pour les entendre et les libérer.
Tu te demandes peut-être : « Et moi, c’est laquelle ? » C’est une bonne question. Voici quelques indices pour t’aider à y voir plus clair, mais attention : ce n’est pas un diagnostic. C’est une boussole.
Bien sûr, les trois causes peuvent s’entremêler. Un traumatisme peut créer un conditionnement, qui active une mémoire familiale. L’important n’est pas de tout classer parfaitement, mais de commencer à écouter ce que ta peur te dit.
Je ne vais pas te promettre que la claustrophobie disparaît en une séance. Ce serait mentir. Mais je peux te dire ce que j’observe chez les personnes que j’accompagne :
Avec l’hypnose ericksonienne :
Avec l’IFS (Internal Family Systems) :
Avec l’Intelligence Relationnelle :
Un patient, Paul, 48 ans, cadre, ne pouvait plus prendre l’avion. Trois causes étaient mêlées : un traumatisme (il avait été bloqué dans un ascenseur enfant), un conditionnement (il avait évité les vols pendant 10 ans), et une mémoire corporelle (son père, ancien marin, avait vécu un naufrage).
En première séance, on a fait de l’hypnose pour installer une ancre de sécurité. Il a choisi un souvenir de plage, paisible. On a associé ce souvenir à un geste : presser son pouce et son index. En deuxième séance, on a travaillé avec l’IFS sur la partie « panique ». Elle s’est présentée comme un petit garçon enfermé, criant. Paul a pu le rassurer, lui dire qu’il était maintenant un adulte capable de gérer. La partie a fondu en larmes, puis s’est apaisée. En troisième séance, on a exploré la mémoire corporelle. Paul a eu une image de son père en mer, luttant. Il a pu « envoyer » une bouée à son père symboliquement. Résultat : trois mois plus tard, il a pris un vol Paris-New York sans anxiété. Il m’a envoyé une photo de lui dans l’avion, souriant.
Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici trois choses que tu peux essayer seul :
Nomme la partie qui a peur. Donne-lui un nom, un âge, une forme. Par exemple : « C’est ma petite partie de 7 ans qui est terrifiée dans l’ascenseur. » Juste la nommer, c’est déjà créer une distance. Tu n’es pas ta peur ; tu es celui qui l’observe.
Respire en allongeant l’expiration. Quand la panique monte, ton souffle s’accélère. Tu peux inverser cela : inspire 4 secondes, expire 6 secondes. Fais cela 5 fois. L’expiration longue active le système parasympathique, celui du calme.
Pose-toi cette question : « Si cette peur pouvait parler, qu’est-ce qu’elle me dirait exactement ? » Écris la réponse sans censure. Souvent, elle révèle une croyance cachée : « Je vais mourir seul », « Je vais perdre le contrôle », « Je suis piégé ». Noter cela, c’est déjà sortir de la confusion.
Je ne suis pas un magicien. Je suis un praticien qui a vu des dizaines de personnes traverser cette peur. Certaines en quelques séances, d’autres plus longtemps. Ce qui fait la différence, c’est votre volonté de regarder cette peur en face, avec curiosité plutôt qu’avec honte.
Je travaille en hypnose ericksonienne, en IFS et en Intelligence Relationnelle parce que ces approches ne forcent rien. Elles respectent ton rythme. Elles ne te disent pas « arrête d’avoir peur », mais « écoutons ce que cette peur a à nous dire ». Et c’est là que la transformation opère.
Si tu habites Saintes ou les environs, tu peux pousser la porte de mon cabinet. On prendra le temps de comprendre ensemble d’où vient cette claustrophobie
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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